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ET LES MOEURS DES GAULOIS. XIX

à la vie solitaire qu'ils menaient dans de vieilles forêts consacrées au culte, et qui étaient de préférence des forêts de chênes ' j ils formaient la classe supérieure et savante de l'ordre, car l'étude des hautes sciences religieuses et civiles, de la théologie, de la morale, de la législation, leur était dévolue exclusivement ^. L'éducation publique faisait aussi partie de leurs attributions, et n'en était pas la moins importante. Leur enseignement, tout verbal, était rédigé en vers, pour qu'il se gravât mieux dans la mémoire. Ils n'écrivaient rien, ou du moins, lorsque, par suite des relations commerciales avec Marseille (Massalie), l'usage des caractères grecs fut devenu commun dans la Gaule ^ , ils ne permirent pas aux profanes de rien écrire de ce qu'ils enseignaient.

Les Ovates étaient chargés de la partie extérieure et matérielle du culte et de la célébration des sacrifices. En cette qualité, ils étudiaient spécialement les sciences naturelles appliquées à la religion, l'astronomie, la divination par les oiseaux et par les entrailles des victimes, la médecine, en un mot, ce que les Grecs entendaient sous le nom de physiologie *. Ils vivaient dans la société, dont ils dirigeaient, en grande partie, les mouvements. Au sein des villes, à la cour des chefs, à la suite des armées, dans toutes les circonstances de la vie, ils imposaient la volonté du corps puissant dont ils étaient les interprètes : aucune cérémonie publique ou privée, aucun acte civil ou religieux ne pouvait s'accomplir sans leur ministère.

Deru (arm), Daër (gaël) : clicne. Diodore de Sicile traduit ce mot en grec, qui signifie aussi hommes des chênes.

* Clàm in abditis saltibus. (Mol., 1. 3, c. 2.)

2 Diod. Sicul., 1. 5, p. 308. Strab., 1. 4, p. 197. Druida; ingeniis celsiores, quœstionibus occultarum rerum altarumque erecli sunt. (Anim. Marcell., 1- 15, c. 9.)

^ Neque fas esse existimant ea litteris mandare, quùm in reliquis ferè rébus publiais, privatisque rationibus, gracis litteris utantur. (Cœs., de Bello GalL, 1.6, c. 14.)

* strab., 1. 4, p. 197. Diod. Sicul., loc. cit. Eubates vcr«j scrutantes seriem et sublimia naturae panderc conabantur. (Amm. Marcell., 1. 15, c. 9.) Physiologîam Grœci appcHant, (Cicer., de Diyinat.-, 1. 1, p. 270.)

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