ET LES MOEURS DES GAULOIS. XXV
celle des IVÏarseillais, furent les plus célèbres. Cicéron fait l'éloge (lu gouvernement aristocratique de Marseille'. Si nous en croyons Yalère Maxime, la discipline y était sévère, et l'on n'y permettait pas aux comédiens de jouer des pièces qui pussent corrompre les mœurs '^ On y conservait, depuis la fondation de la ville, l'épée qui servait à décapiter les criminels. On gardait aussi du poison par autorité publique : et quand quelqu'un voulait se procurer la mort, il exposait ses raisons au magistrat ; si elles étaient trouvées bonnes, on lui faisait délivrer du poison. Quelle morale, en définitive, que celle qui admet le suicide!
Nous ignorons le détail des coutumes observées dans les autres villes des Gaules. Ce qu'on sait en général, c'est que chaque père de famille était comme le roi de sa maison ; qu'il avait droit de vie et de mort sur sa femme et ses enfants; que ceux-ci ne se présentaient pas devant lui, qu'ils ne fussent en âge de porter les armes. Le mari mettait en communauté autant de bien que sa femme lui en apportait, et le tout demeurait au survivant. Nous ne devons pas omettre que les femmes étaient fort respectées dans la Gaule. On y faisait tant de cas de leur prudence et de leur équité, qu'il y eut un temps où on leur déféra le soin de rendre la justice et de juger les procès. On ne sait ce qui les fit déchoir de cette autorité, dont les Druides s'emparèrent.
Le commerce des Romains donna aux Gaulois une politesse qui leur manquait, mais qui énerva un peu leur bravoure par l'amour des plaisirs; car, comme les Romains avaient emporté chez eux non-seulement les dépouilles, mais encore les vices des nations vaincues, et notamment les délices de l'Asie et les jeux de la Grèce, ils les apportèrent dans les Gaules. Les Gaulois se conformèrent sans peine en cela au goût de leurs nouveaux maîtres. On bâtit, dans la plupart des villes, des cirques et des amphithéâtres, dont on voit encore en quelques endroits de superbes débris. Ce furent apparemment des ouvrages des Romains,
' Ciccr., pro Flacco.
* Valcr. Max., 1. 1, p. 18, e«lit. varior., Amstclod.