‹ Histoire de FranceChapitre 26 sur 116 · XXXIV DISCOURS SUR LA RELIGION · texte numérisé non relu

XXXIV DISCOURS SUR LA RELIGION

Jes Gaulois, les Bretons, les Visigoths, les Bourguignons, les Lombards et les Saxons.

Nous ne dissimulerons pas que Salvien accuse les Franks d'être menteurs et perfides, perfidi Vranci, mendaces Francî ; et qu'un autre ancien orateur leur reproche qu'ils se faisaient un jeu de manquer à leur parole. Mais, outre que c'était là un vice assez ordinaire à toutes les nations barbares et idolâtres, peut-être les auteurs romains n'en ont-ils accusé en particulier les Franks que parce qu'ils les voyaient toujours prêts à reprendre les ai'mcs pour les intérêts de leur liberté qu'on voulait opprimer. Quoi qu'il en soit, ils firent dans la suite paraître tant de droiture dans leur conduite, qu'une manière d'agir ouverte et sincère fut appelée de leur nom franchise.

Dès que les Franks se furent établis dans les Gaules, ils firent éclater les vertus qui leur méritèrent l'estime des Grecs et des Romains. Yoici le portrait qu'en fait l'historien Agathias : « Les Franks, dit-il ', ne sont pas errants » çà et là, comme la plupart des Barbares. Ils suivent la » police et les lois romaines, et le culte du vrai Dieu ; car » ils sont tous chrétiens. Ils ont des évêques et des magis- ».trats dans les villes, et ils observent comme nous les jours » de fêtes. En un mot, pour des Barbares, ils me paraissent » avoir beaucoup de politesse et d'urbanité. Il n'y a que leur » langage et leur manière de s'habiller qui se ressentent de » la barbarie. Pour moi, entre plusieurs qualités dont ils » sont doués, j'admire surtout la justice et la concorde qui » régnent entre eux. » Cet éloge de la part d'un auteur grec est d'autant moins suspect, qu'on sait que les Grecs craignaient fort les Franks, à cause des conquêtes qu'ils leur voyaient faire. C'est ce qui donna naissance parmi eux au proverbe : Ayez le Frank pour ami., ne l'ayez pas pour voisin ^.

Quant aux Romains, les Franks les contraignirent, par leurs bienfaits, de les aimer. Rome regarda nos rois de la seconde race comme ses libérateurs, et il serait difiicile

* Agath., 1. 1, p. 13, edit. reg.

* Egiohard., Fi ta Carol.

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