‹ Histoire de FranceChapitre 28 sur 116 · XXXVI DISCOURS SUR LA REUGIOX · texte numérisé non relu

XXXVI DISCOURS SUR LA REUGIOX

du pouvoir royal; bien que la loi des Franks, en excluant les femmes de la succession au domaine paternel, n'eût assimilé aucune magistrature à la propriété d'une terre, et qu'elle n'eût traité en aucun endroit de la succession aux magistratures ^

La loi salique, avec les additions et les changements que plusieurs rois jugèrent à propos d'y faire, fut longtemps l'unique loi des Franks ". Mais les nouveaux abus demandèrent de nouveaux règlements. Les rois de la seconde race en publièrent un grand nombre, qui furent nommées Capituknres. C'était le résultat des assemblées générales de la nation, composées du roi, des évêques, des abbés et des seigneurs laïques. Le nombre prodigieux des nouveaux règlements qui furent faits dans ces assemblées nuisit à leur observation. Il faut faire peu de lois quand on veut les faire garder.

Nos rois n'obligèrent pas les anciens habitants de la Gaule à suivre la loi salique. Clotaire 1" déclara dans sa Constitution qu'il permettait aux Romains, c'est-à-dire aux Gaulois, de vivre selon la loi romaine ^. Les Visigoths leur donnèrent la même permission ; et Alaric II publia dans l'Aquitaine le Code théodosien. Après la conquête de la Bourgogne, les Franks laissèrent aussi aux Bourguignons la liberté de vivre selon la loi de Gondebaud ; et les Visigoths ne rendirent Narbonne qu'après que les assiégeants leur eurent promis qu'on leur permettrait de conserver leurs usages et leurs lois. Ainsi dans le même royaume et sous le même prince chaque peuple avait sa loi différente, selon laquelle il était jugé. C'est la première cause d'une si grande diversité de lois et de coutumes ({ui existèrent en France jusqu'à la révolution.

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