‹ Histoire de FranceChapitre 29 sur 116 · IV. De la Royauté chez les Franks · texte numérisé non relu

IV. De la Royauté chez les Franks

La royauté était héréditaire par rapport à la famille, élective par rapport aux individus '; le pouvoir pouvait être

' Aui^ustin Thierry, Lettres sur ihisî- de France, p. lOS

2 Hist. de l'Eglise golL, t. 1, p. Xiv

= Constitut. Clôt., t. t, Conc. Gall. ,

* De Saint-Victor, Tableau de Paris, t. 1, part. 2, p. 472.;

ET LES MÔEtlRS DKS FRANKS. XXXVH

reconnu à plusieurs ou à un seul, selon le caprice de la nation, c'est-à-dire de tous ceux qui avaient la noblesse et la liberté, soit qu'ils fussent vassaux, soit qu'ils fussent libres propriétaires, la mort du seigneur déliant le vassal de toute espèce d'engagement envers son héritier'. C'est que les Franks avaient apporté de la Germanie dans les Gaules leurs coutumes barbares, leurs habitudes altières, et toutes leurs vieilles traditions : ils les conservèrent longtemps, parce qu'ils dédaignèrent longtemps de sortir de leur ignorance; et en efïét ce sont presque toujours les peuples savants qui détruisent, ce sont les peuples ignorants qui conservent, et c'est avec eux et par eux qu'on rétablit.

Qu'on ouvre Ammien Marcellin -, qu'on le suive au milieu de ces forets de la Germanie et de ces sociétés qui s'y étaient formées : on y trouvera, avec moins de puissance et d'éclat, une image frappante et naïve de ce que fut depuis la monarchie des Franks. Là il y avait aussi des rois et des princes, et au-dessous d'eux des grands qui se mettaient volontairement sous leur dépendance, et leur promettaient assistance et fidélité sons certaines conditions^, d'où résultaient des devoirs réciproques entre le chef et ces sujets puissants dont l'alliance faisait sa plus grande force et établissait sa prééminence. On voit que ces grands étaient eux-mêmes chefs de petites peuplades qu'ils gouvernaient avec une autorité égale à celle de leur roi, mais non pas avec la même indépendance, puisqu'ils étaient en même temps tenus d'obéir aux commandements de celui-ci, et de se rallier à ses propres guerriers au premier signal qu'il lui convenait de donner ''.

' Nous trouvons expressément dit « que tout homme libre devait rester fidèle » au prince à qui il s'était une fois recommandé, tant que ce prince était vini'ant; mais qu'après sa mort, il lui était permis de se recommander à qui il "jugerait à propos de le faire. » {Corps diplomatique de Dumont, t. 1.)

^ Les grands qui se donnaient à un roi ne pouvaient traiter en leur nom avec des princes étrangers, ni se rendre leurs clients; obligés de le suivre à la guerre, ils devaient être compris dans tous les traités qu'il lui arrivait de faire, et aucune guerre ne pouvait être légitimement entreprise sans leur avis. C'était encore parmi eux que ces rois barbares choisissaient leurs ambassadeur?, vA ceux qui étaient chargés de leurs négociations.

* (ireg. Tiir., I. 2, r. 3u.

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