‹ Histoire de FranceChapitre 35 sur 116 · ET LES MOEURS DES FRANK S. XLV · texte numérisé non relu

ET LES MOEURS DES FRANK S. XLV

moyens d'exercer sur le royaume entier une influence que les autres ducs ne pouvaient avoir. Ce fut avec lui, ou plutôt sous ses ordres, que les vassaux de la seconde classe se confédérèrent ; ce fut à lui que se réunirent ces hommes libres plus nombreux encore, qui n'avaient d'autre fortune que leur épée, et dont le nombre et la valeur faisaient la force des armées. Ces puissants auxiliaires suivirent après lui son fds Charles-Martel. Ce fut avec leur secours que celui-ci mit à la fois vaincre l'ennemi extérieur ' qui menaçait l'existence même de la société; et, combattant les uns après les autres tous ces vassaux orgueilleux, qui, comme autant d'ennemis intérieurs, la détruisaient en la divisant sans cesse, les contraindre de rentrer dans l'alliance commune: c'est-à-dire que, lorsqu'il les avait vaincus, il les forçait à renouveler cette alliance, et s'assurait de leur foi en leur faisant donner des otages. Toutefois, alors même qu'il les replaçait sous la dépendance de la couronne, il ne leur enlevait ni les principautés qu'ils s'étaient faites, ni le droit héréditaire qu'ils y avaient usurpé. Ce droit qu'il consentait ainsi à leur laisser, confirmait le droit qu'il s'était fait à luimême, comme duc d'Austrasie, ou plutôt celui que son père lui avait transmis. Ainsi la suzeraineté finit par être entièrement détachée de la royauté; et les attributions de celle-ci se trouvèrent réduites au gouvernement des cités et à l'administration d'un domaine qui alors était immense, attributions dont le duc d'Austrasie devenait encore le dépositaire en sa qualité de maire du palais. La Providence, dont les grands desseins sur la France devaient être accomplis, voulut que la race du premier Pépin présentât, dans trois générations successives, trois hommes extraordinaires qui d'abord, sous une suite de rois enfants ou fainéants, soutinrent la monarchie toujours prête à se dissoudre; cpii, ralliant autour deux la multitude (et par muUiiude, il faut toujours entendre les hommes libres et armés ou minores, qui composaient la noblesse du second ordre), surent habilement s'opposer à celte haute noblesse qui prétendait marcher 1'*^-

* Les Sarrasins.

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