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ET LES MOEURS DES FRANKS. XLIX

V. De l'origine des bénéfices., des fiefs cl de lit fcodcdité.

Les idées que nous venons d'émettre d'après M. de Saint- Yictor vont se reproduire dans l'examen que nous allons faire de l'origine des bénéfices, des fiefs et delà féodalité. Ce n'est pas sans dessein que nous insistons sur ces notions, sans les(juelles on ne saisirait pas le véritable caractère de l'état social dans les premiers temps.

Dès l'époque où les Barbares pressaient l'Empire de toutes parts, où tous les jx)ints de ses immenses frontières étaient menacés à la fois, tandis qu'à l'intérieur les factions militaires le déchiraient, se disputant sans cesse le pouvoir politique, devenu par ces disputes sanglantes et acharnées le fléau des peuples dont il devrait être le protecteur, les plus habiles d'entre les empereurs reconnurent que tout était perdu s'ils ne trouvaient un moyen d'attacher par quelque intérêt qui leur fût propre, à la défense de la société, des hommes qui ne tenaient plus que par de faibles liens, toujours prêts à se briser, à l'autorité suprême, autorité à qui seule il aurait appartenu de conserver et de défendre les intérêts communs'. Parmi tous les intérêts particuliers, il n'en était point sans doute de plus puissant que celui de la propriété ; et ce fut une combinaison aussi heureuse que le malheur des temps permettait de la concevoir, que de faire partout les soldats propriétaires des frontières qu'ils étaient chargés de défendre. Ainsi la société politique, près de se dissoudre, appelait à son secours la société domestique ou la famille, qui, de même que dans l'enfance de la civilisation, se trouvait ainsi chargée de pourvoir à sa propre défense ; mais de telle manière cependant que, de l'agrégation d'un nombre considérable de petites sociétés de ce genre, à la fois distinctes et réunies, le pouvoir politique composait un système de défense générale pour la société entière, usant ainsi dans l'intérêt de tous, que lui seul pouvait connaître, diriger et défendre, de tant d'intérêts particuliers, et en quelque sorte indépendants les uns des autres, qu'il s'était vu forcé de

* De Saint-Victor, Taltleau de Paris, t. 1, part, t , p. 52.

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