LU DISCOURS SUR LA RELIGION
les revenus du fisc, on trouve qu'ils répondaient à autant de branches des finances de l'Empire : ces revenus présentent de môme les contributions des villes qui, chez les Romains, entraient dans le trésor des largesses, les parties casuelles, et le produit des terres fiscales dont se composait l'épargne du prince '. Quant à fadministration de la justice, aux diverses juridictions des tribunaux, depuis le conseil suprême du monarque jusqu'à la justice des propriétaires, qu'il nous suffise de dire que le droit romain fut conservé parles rois franks partout où il était établi avant la conquête, et que le clergé ne cessa pas de vivre un seul instant sous la protection de la loi romaine, qui était sa loi nationale '^. Cependant, au milieu de tant de lois et de coutumes anciennes, fut introduite une loi politique nouvelle que les Romains n'avaient point connue : c'est le vasselage, [o'i dont l'origine est toute barbare, et qui devint le perfectionnement de la police des fiefs. Comme bénéfice, le fief n'était autre chose que la récompense des vétérans ; comme terre frontière, il imposait seulement l'obligation de défendre une tour, un château ou toute autre espèce de retranchement. Le vasselage faisait d'un Barbare Y homme de son seigneur; par la cérémonie de la recommandation., il lui vouait un attachement et un service personnel : et comme il fut établi, sous les rois franks, qu'on ne pourrait obtenir un fief et devenir bénéficier sans être vassal, il en résulta que tout propriétaire de
' Les monuments anciens nous apprennent queleproduit de ces terres fiscales suffisait à rentretien de la maison du prince, à sa représentation et au soulagement de ceux qui étaient dans l'indigence ; et l'on peut croire que ce dernier emploi en était le plus considérable, puisque ron appelait aumôniers plusieurs des trésoriers des finances royales, et aumône du roi le trésor dans lequel certains revenus étaient déposés. Ces mêmes actes nous offrent des témoignages authentiques de cette charité admirable des rois des deux premières races en- Ters les malheureux. Les sommes qu'ils consacraient annuellement au soulagement des pauvres étaient immenses, et la partie la plus considérable de l'argent monnoyéqui entrait dans leurs coffres y était destinée. {Cap. Car. Cali'., tit. 27, 53. Cap. syn. Vernens., ann. 755, c. 23. Cap., ann. 802, c. 29.) De Buat, t. 2, p. 444 et suiv.
" Cap- Car. Cali,'.., tit. 36, c. 20. Les Franks étaient de même jugés selon leur loi, quelque part qu'ils se trouvassent (Cap., de P'illis); mais il est certain que, dans la punition des crimes, lorsque les parties intéressées étaient de loi différente, on suivait toujours la loi de l'offensé. ((7«/>. Car. Cali<,, tit. 36,c. 20.)