‹ Histoire de FranceChapitre 44 sur 116 · LIV DISCOURS SUR LA RELIGION · texte numérisé non relu

LIV DISCOURS SUR LA RELIGION

lente, si fiére, livrée à des passions si violentes et si guerrières, s'ils n'eussent eu des vassaux yîrfè/e<f, certes, jamais les rois franks n'eussent pu contenir tant de vassaux qui se révoltaient; et l'anarcliie qui troubla trop souvent leur empire n'eût cessé qu'avec l'entier anéantissement de cette nation, qui portait en elle-même un principe de destruction auquel jamais gouvernement monarchique n'a pu résister. Ce principe de destruction était l'incertitude de l'hérédité et de la succession au trône dans la famille du souverain.

La race de Clovis ayant commencé à dégénérer, les maires du palais s'emparèrent du pouvoir, et ce changement produisit des guerres et des dissensions nouvelles. Une confusion horrible bouleversa l'empire français; et dans ce désordre général chacun put méconnaître une autorité qui n'avait plus la force ni de punir ni de protéger. Cette autorité suprême ne fut point cependant tellement méconnue, qu'une main vigoureuse ne pût encore rassembler ces parties éparses d'un grand Etat, et leur imprimer, de nouveau, le mouvement et la vie. C'est ce que fit Charlemagne, le plus grand homme de son temps, et l'un des hommes les plus étonnants qui aient paru dans aucun temps. Mais après sa mort , la faiblesse de ses successeurs amena des troubles nouveaux, et peut-être encore une plus grande confusion. A ces calamités domestiques se joignit une autre calamité, les incursions terribles des Normands, nouveaux Barbares qui, pendant près d'un siècle, ne cessèrent de tra-

» comme aussi les frères puînés doivent porter honneur à leur frère aîné *. Si » le vassal est convaincu par justice avoir mis la main violentement sur son )) seigneur, il perd le fief, et toute la droiture qu'il y a revient au seigneur. Pa- M reillement le seigneur qui met la main sur son homme et vassal pour l'ou- « trager perd l'hommage et tenures, rentes et devoirs à lui dus à cause du fief » de son vassal, et sont ses foi et hommage dévolus et acquis au seigneur su- » périeur ; et ne paie le vassal outragé rentes de son fief, fors ce qui en est dû » au chef-seigneur. » {Coutume de Normandie, art. 124, 125, 120.)

* Le respect que les cadets devaient à leur frère aîné e'tait tellement le modèle de celui que les vassaux devaient à leur suzerain, que ce droit d'aînesse se confondit longtemps avec la suzeraineté'. C'e'tait là ce qu'on appelait le parage, que le pre'sidenl He'naiilt a mal entendu, et dont il a donné une fausse de'finition. (Otton de Freisengen, 1. 1, de Gett, Freder. Voyez aussi le pre'sident He'naulf, Règne de Charles le Chauve.)

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