‹ Histoire de FranceChapitre 51 sur 116 · LXII DISCOURS SUR LA RELIGION · texte numérisé non relu

LXII DISCOURS SUR LA RELIGION

(l'être possédés uniquement par les familles militaires ^ : il y eut (les cantonniers franks, romains et barbares, parce qu'en cfïct, après la conquête, l'armée du conquérant se trouva composée d'un mélange de soldats de ces diverses nations; et tant (fue les chefs furent amovibles, ils prêtèrent hommage au roi comme vassaux de la couronne''*. Quant aux bourgades et cités, elles étaient la demeure des bourgeois et plébéiens, et de toute personne qui n'était point assujettie au service militaire. L'histoire nous apprend qu'elles appartenaient en toute propriété aux rois, dont les lils se les partageaient comme un patrimoine héréditaire, ou qui en faisaient don aux personnes qu'ils voulaient gratifier ; qu'une telle possession n'avait rien de commun avec le commandement militaire de la province, puisque des femmes pouvaieirt y prétendre, et que plusieurs reines reçurent de semblables donations à titre de douaire; que les bourgeois et plébéiens, désignés sous le titre commun de provinciaux, bien qu'ils fussent distingués en plusieurs ordres de citoyens, étaient cependant, et quel que pût être leur rang, fort au-dessous des hommes militaires; qu'ils payaient des tributs comme sujets du fisc, et que, sous ce rapport, comme sous plusieurs autres, ils étaient soumis à la juridiction du comte ^. On y apprend encore que, dans les environs des maisons royales, que ces provinciaux \ sujets du fisc, étaient tenus de bâtir et d'entretenir, s'élevèrent des habitations où affluèrent des plébéiens de toutes classes, attirés auprès de ces demeures privilégiées par diverses causes. Ainsi se formèrent les villes, qui reçurent ce nom de celui de villa, que portait tout manoir royal : et elles devinrent plus ou moins considérables, selon que le souverain faisait plus ou moins de séjour dans le palais autour duquel elles s'étaient formées ; mais elles n'en restèrent pas moins soumises aux mêmes redevances que les bourgs et les cités. L'on peut concevoir mainte-

' Décrétai, prec. Bal....^ t* 1, P- 199. ^ Marculf. Form., lib.l,tit. 40.

' Convent. apiid Jndelan., ann. 587. Aim., lib. 1, c. 7 ; lih. 3, c. 48. Ibid., c. 4, 6. Cap., an. 819, til. 2, c, 19.

•* Cap. Car. Calv., tit. 27, c. 14.

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