‹ Histoire de FranceChapitre 52 sur 116 · T LES MOEURS DES FRANK.S. LXIII · texte numérisé non relu

T LES MOEURS DES FRANK.S. LXIII

nanl pourquoi la noblesse resta confinée dans ses terres où elle jouissait, au milieu de ses vassaux, de tous les honneurs et prérogatives qui lui appartenaient, et comment elle tint à déshonneur d'habiter des lieux où elle eût été confondue avec les classes inférieures de la société.

Un capitulaire de Charlemagne établit une distinction entre ces maisons royales. Celles qui se nommaient villœ capitaneœ étaient le séjour des rois pendant la paix j c'était là qu'ils déployaient toute la magnificence de leur représentation. Elles se composaient d'un palais pour le monarque et de bâtiments suffisants pour loger la suite nombreuse de ses domestiques et de ses officiers 5 et il n'y en avait aucune qui n'eut un château fortifié, ce qui, par la suite, fit de ces demeures l'asile de toute la contrée environnante, pendant les longues incursions des Normands. Les autres manoirs royaux, désignés sous le nom de villœ mansioncdes, héberfjements, parements^ se composaient de simples bâtiments militaires ^ établis dans diverses parties du royaume, où les rois étaient reçus lorsqu'ils voyageaient, ou qu'ils se portaient sur le théâtre de la guerre. Telles étaient les habitations royales sous les deux premières races^, et l'on peut dire qu'il n'y eut point de capitale du royaume, avant qu'un comte de Paris fût devenu roi, bien qu'au milieu d'un grand fleuve qui était pour elle une sorte de fortification naturelle, la ville de Paris fût toujours considérée comme un des points les plus importants du royaume.

VI. Des assemblées générales, et de l'administration de la justice sous les deux premières races de nos rois.

Les assemblées de grands vassaux, que l'on voit consacrées dès les premiers temps de la monarchie sous le nom

' Ceux-ci étaient à la charge des fidèles, dont le devoir était de les bâtir, de les entretenir et de les fournir de toutes les provisions nécessaires, lorsque les rois venaienty étal)lir leur résidence momentanée. {Crip. Car. CV/A-., tit. 3C, c. 37.)

* On comptait dans les diverses provinces qui composaient le royaume cent soixante habitations de ce genre. Les monnaies des rois franks, leurs chartes, leurs synodes portent souvent le nom de quelques-unes de ces forteresses ou maisons de campagne qu'ils habitaient successivement.

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