KT I.F.S MOEURS DES FRANKS. LXXVII
aux personnes; et c'est par là que les seigneurs particuliers continuèrent d'avoir des vassaux obligés à certaines corvées ou servitudes. On nomma vassaux ceux qui tenaient des fiefs, et vavasseurs ceux qui tenaient des arrière-fiefs.
YIII. De la pos'il'ioii, de C'mjluence et des biens du Clercjé.
Au moment de la conquête, les évoques et les prêtres furent le refuge des Romains désarmés. Ils se rendirent leurs intercesseurs auprès des rois franks, leurs médiateurs auprès des seigneurs, leurs patrons auprès des juges; et, devenus ainsi le lien qui rapprochait les deux nations, et le principal instrument de cette concorde qui devait les confondre en un seul peuple, leur crédit s'affermit au point de devenir en très-peu de temps une autorité régulière et légitime, qui, dès les premiers siècles de la monarchie, était déjà la plus considérable dans l'Etat'. Il n'était pas rare qu'un duc quittât son duché pour devenir évoque; et un ministre superstitieux, à qui une devineresse avait prédit son élévation à l'épiscopat, considérait une telle prédiction comme la plus heureuse qui pût jamais se réaliser en sa faveur^. Ce même esprit de conciliation et de paix, les prêtres chrétiens le portèrent au milieu des guerres civiles dont la nation ne cessa point d'être déchirée, aussitôt que se furent développés au milieu d'elle les vices et la faiblesse de son pouvoir politique; et ainsi s'accrut encore, sous la seconde race, la puissance des évêques.
Ainsi s'accrurent aussi les richesses du clergé, que la conquête avait extrêmement diminuées. Quoique les prêtres romains eussent été d'un grand secours aux Franks dans la conquête des Gaules, etqueClovis, déjà chrétien, les eut traités avec beaucoup de ménagements, il est vrai dédire cpie les Romains armés, qui étaient en mesure de composer avec lui, en avaient reçu des conditions bien plus favorables; et, comme l'Eglise n'avait point de résistance à opposer à
' De Saint-Victor, Tabledii de Paris.t, 1, part. 1, p. 19(1. * Gipg. Tiir., flisf., lib. i, r. li et 18.