‹ Histoire de FranceChapitre 66 sur 116 · LXXXII DISCOURS SUR LA. RELIGION · texte numérisé non relu

LXXXII DISCOURS SUR LA. RELIGION

Lcncfices royaux, et furent soumis à la môme juridiction. Mais, si la première disposition était favorable au elergé et conservatrice des biens dont il avait la jouissance, la seconde lui fut très-nuisible; et l'on conçoit facilement que de lels bénélices obtenus de la munificence royale durent être bientôt considérés comme des fiefs par ceux qui les possédèrent, et, lorsque l'hérédité s'y fut établie, devenir aussi des fiefs héréditaires : c'est ce qui arriva en elfet de tous ces bénéfices ecclésiastiques dont l'Église se vit une seconde fois et successivement dépouillée.

A peine rentrée dans la possession de ses biens, l'Eglise fut de nouveau menacée de les perdre. Entourés de bénéficiers armés, beaucoup plus puissants qu'eux, qui, ne supportant qu'avec impatience une dépendance dont ils étaient humiliés et importunés, profilaient du moindre prétexte pour s'en affranchir ', les titulaires des propriétés ecclésiastiques étaient en danger non -seulement d'être privés de toute espèce de droit sur les bénéfices qu'ils avaient concédés, mais encore de se voir enlever la propriété de ce qui leur avait été rendu, et avec plus de facilité peut-être qu'auparavant, parce qu'ils étaient plus faibles encore, presque tous leurs hommes libres étant devenus vassaux de leurs bénéficiers.

Dans ce péril imminent, dans cette situation extraordinaire où son existence était sans cesse menacée par ces hommes violents, qui se souvenaient encore d'avoir été les \ainqueurs des Gaules, et qui se montraient toujours prêts à agir comme du temps de la conquête, le clergé, réduit en quelque sorte au droit de la défense naturelle, ne crut pas, et sans doute avec quelque raison, devoir rester scrupuleusement soumis aux capitulaires et aux canons qui défendaient aux ecclésiastiques de porter les armes. 11 demanda et obtint les honneurs du baudrier ^. Les évêques prirent

• Cap. Car. Cal., lit. 7, c. 63. Dans ce capituiaire, qui est celui d'Épernay, les évêques demandaient qu'on renouvelât, à l'égard des redevances des bénéficiers eccîc-siastiques, les lois de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve ; mais ces bénéficiers, qui étaient tous puissants stiiîneurs, rejetcireut cette dc- Eiauflc, refusèrent les corvées, et j^ardèrt nt les précaires.

* Aim.,1. 5, c. 2. Les honneurs, chez les Ffanks couiuic chez les Ilomaiiis

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