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nie fut pompeusement célébrée à Saint-Denis le 13 mai. Marie devait faire le lendemain son entrée à Paris. Le roi y était revenu pour surveiller les préparatifs. 11 y trouva la mort.
« Le vendredi 14 du mois de may 1610, jour triste et fatal pour la France, le roy, sur les dix heures du matin, fut entendre la messe aux Feuillants : au retour, il se retira dans son cabinet, où le duc de Vendôme, son fils naturel, qu'il aimoit fort, vint lui dire qu'un nommé La Brosse, qui faisait profession d'astrologie, lui avoit dit que la constellation sous laquelle Sa Majesté étoit née le menaçoit d'un grand danger ce jour-là : ainsi, qu'il l'avertit de se bien garder. A quoi le roy répondit en riant à M. de Vendôme : « La Brosse est un vieil matois qui a envie d'avoir de votre « argent, et vous un jeune fol de le croire. Nos jours sont « comptez devant Dieu. » Et sur ce, le duc de Vendôme fut avertir la reine, qui pria le roy de ne pas sortir du Louvre le reste du jour. A quoi il lit la môme réponse.
« Après dîné, le roy s'est mis sur son lit pour dormir; mais ne pouvant recevoir de sommeil, il s'est levé triste, inquiet et rêveur, et a promené dans sa chambre quelque temps, et s'est jeté de rechef sur le lit. Mais ne pouvant dormir encore, il s'est levé, et a demandé à l'exempt des gardes quelle heure il étoit. L'exempt des gardes lui a répondu qu'il étoit quatre heures, et a dit : « Sire, je vois « votre Majesté triste et toute pensive ; il vaudroit mieux « prendre un peu l'air : cela la réjouiroit. — C'est bien dit, « Hé bien, faites apprêter mon carrosse; j'irai à l'Arsenal « voir le duc de Sully, qui est indisposé, et qui se baigne « aujourd'hui. »
« Le carrosse étant prêt, il est sorti du Louvre, accompagné du duc de Montbazon, du duc d'Espernon, du maréchal de Lavardin, Roquelaure, La Force, Mirabeau et Liancourt, premier écuyer. En même temps il chargea le sieur
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de Vitry, capitaine de ses gardes, d'aller au palais faire diligenter les apprêts qui s'y faisoient pour l'entrée de la reine, et fit demeurer ses gardes au Louvre. De façon que le roy ne fut suivi que d'un petit nombre de gentilshommes à cheval, et de quelques valets de pied. Le carrosse étoit malheureusement ouvert de chaque portière, parce qu'il faisoit beau temps, et que le roy vouloit voir en passant les préparatifs qu'on faisoit dans la ville. Son carrosse, entrant de la rue Saint-Honoré dans celle de la Ferronnerie, trouva d'un côté un chariot chargé de vin, et de l'autre côté un autre chargé de foin, lesquels faisoient embarras ; il fut contraint de s'arrêter à cause que la rue est fort étroite, par les boutiques qui sont bâties contre la muraille du cimetière des Saints-Innocents.
Dans cet embarras, une grande partie des valets de pied passa dans le cimetière pour courir plus à l'aise, et devancer le carrosse du roy au bout de ladite rue. De deux seuls valets de pied qui avoient suivi le carrosse, l'un s'avança pour détourner cet embarras, et l'autre s'abaissa pour renouer sa jartière, lorsqu'un scélérat sorti des enfers, appelé François Ravaillac, natif d'Angoulême, qui avoit eu le temps, pendant cet embarras, de remarquer le côté où étoit le roy, monte sur la roue dudit carrosse, et d'un couteau tranchant de deux cotez, lui porte un coup entre la seconde et la troisième côte, un peu au-dessus du cœur, qui a fait que le roy s'est écrié : « Je suis blessé ! » Mais le scélérat, sans s'effrayer, a redoublé et l'a frappé d'un second coup dans le cœur, dont le roy est mort, sans avoir pu jeter qu'un grand soupir. Ce second a été suivi d'un troisième, tant le parricide étoit animé contre son roy, mais qui n'a porté que dans la manche du duc de Montbazon.
« Chose surprenante ! nul des seigneurs qui étoient dans le carrosise n'a vu frapper le roy, et si ce monstre d'enfer
HISTOIHK UK FRANCE.
nie fut pompeusemenl célébrée à Sainl-Denis le 13 mai. Marie devait faire le lendemain son entrée à Paris. Le roi y était revenu pour surveiller les préparatifs. 11 y trouva la mort.
a Le vendredi 14 du mois de may 1610, jour triste et fatal pour la France, le roy, sur les dix heures du matin, fut entendre la messe aux Feuillants : au retour, il se retira dans son cabinet, où le duc de Vendôme, son fils naturel, qu'il aimoit fort, vint lui dire qu'un nommé La Brosse, qui faisait profession d'astrologie, luiavoit dit que la constellation sous laquelle Sa Majesté étoit néelemenaçoitd'un grand danger ce jour-là : ainsi, qu'il l'avertit de se bien garder. A quoi le roy répondit en riant à M. de Vendôme : « La Brosse est un vieil matois qui a envie d'avoir de votre « argent, et vous un jeune fol de le croire. Nos jours sont « comptez devant Dieu. » Et sur ce, le duc de Vendôme fut avertir la reine, qui pria le roy de ne pas sortir du Louvre le reste du jour. A quoi il lit la môme réponse.
« Après diné, le roy s'est mis sur son lit pour dormir; mais ne pouvant recevoir de sommeil, il s'est levé triste, inquiet et rêveur, et a promené dans sa chambre quelque temps, et s'est jeté de rechef sur le lit. Mais ne pouvant dormir encore, il s'est levé, et a demandé à l'exempt des gardes quelle heure il étoit. L'exempt des gardes lui a répondu qu'il étoit quatre heures, et a dit : « Sire, je vois « votre Majesté triste et toute pensive ; il vaudroit mieux « prendre un peu l'air : cela la réjouiroit. — C'est bien dit, « Hé bien, faites apprêter mon carrosse; j'irai à l'Arsenal « voir le duc de Sully, qui est indisposé, et qui se baigne a aujourd'hui. »
« Le carrosse étant prêt, il est sorti du Louvre, accompagné du duc de Montbazon, du duc d'Espernon, du maréchal de Lavardin, Roquelaure, La Force, Mirabeau et Liancourt, premier écuyer. En même temps il chargea le sieiu-
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de Vitry, capitaine de ses gardes, d'aller au palais faire diligenter les apprêts qui s'y faisoient pour l'entrée de la reine, et fit demeurer ses gardes au Louvre. De façon que le roy ne fut suivi que d'un petit nombre de gentilshommes à cheval, et de quelques valets de pied. Le carrosse étoit malheureusement ouvert de chaque portière, parce qu'il faisoit beau temps, et que le roy vouloit voir en passant les préparatifs qu'on faisoit dans la ville. Son carrosse, entrant de la rue Saint-Honoré dans celle de la Ferronnerie, trouva d'un côté un chariot chargé de vin, et de l'autre côté un autre chargé de foin, lesquels faisoient embarras; il fut contraint de s'arrêter à cause que la rue est fort étroite, par les boutiques qui sont bâties contre la muraille du cimetière des Saints-Innocents.
Dans cet embarras, une grande partie des valets de pied passa dans le cimetière pour courir plus à l'aise, et devancer le carrosse du roy au bout de ladite rue. De deux seuls valets de pied qui avoient suivi le carrosse, l'un s'avança pour détourner cet embarras, et l'autre s'abaissa pour renouer sa jartière, lorsqu'un scélérat sorti des enfers, appelé François Ravaillac, natif d'Angoulême, qui avoit eu le temps, pendant cet embarras, de remarquer le côté où étoit le roy, monte sur la roue dudit carrosse, et d'un couteau tranchant de deux cotez, lui porte un coup entre la seconde et la troisième côte, un peu au-dessus du cœur, qui a fait que le roy s'est écrié : « Je suis blessé ! » Mais le scélérat, sans s'effrayer, a redoublé et l'a frappé d'un second coup dans le cœur, dont le roy est mort, sans avoir pu jeter qu'un grand soupir. Ce second a été suivi d'un troisième, tant le parricide étoit animé contre son roy, mais qui n'a porté que dans la manche du ouc de Montbazon.
« Chose surprenante ! nul des seigneurs qui étoient dans le carrosse n'a vu frapper le roy, et si ce monstre d'enfer 11. il
HISTOItiE DE FRANCE.
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eût jeté son couteau, on n'eût sçu à qui s'en prendre. Mais il s'est tenu là comme pour se faire voir et pour se glorifier du plus grand des assassinats. » {L'Etoile.)
« A force de courage et de constance, Henri IV avait recouvré son royaume, mais pauvre, déchiré, et dans la même subversion où il avait été du temps de Philippe de Valois, du roi Jean et de Charles VI. Les finances surtout, étaient dans l'état le plus déplorable. François d'O les avait administrées en qualité de surintendant, sous Henri III, et au commencement du règne de Henri IV. Il était mort en 1594, avec une fortune immense, et avait laissé l'État endetté de trois cent trente millions, qui faisaient près de neuf cents millions de notre monnaie actuelle : somme effrayante, puisque le revenu annuel de l'État, s'élevait à peine à vingt-cinq millions. Cependant les peuples en payaient annuellement cent cinquante ; mais il n'entrait guère que le sixième de cette somme dans le trésor royal. Cet ordre de choses tenait au mode de perception, à l'avidité des employés des finances, et à la méthode qu'un suivait pour satisfaire les créanciers du fisc. Les diverses branches du revenu public étaient louées à un prix modique à des fermiers-généraux , qui les établissaient en sous-fermes, et celles-ci étaient encore divisées en un grand nombre de sous-baux. Afin que tous ces agents intermédiaires trouvassent leur profit à ces opérations, les derniers pesaient sur le pauvre peuple, et l'obligeaient à payer bien au delà de ce qu'ils étaient en droit d'exiger de lui. D'un autre côté, au sortir des guerres civiles, le roi s'étant vu dans la nécessité d'acheter la soumission des gouverneurs de provinces et des principaux seigneurs, avait accordé à chacun d'eux des sommes plus considé-
rables. Il avait eu la faiblesse de leur en abandonner la perception, qu'ils exerçaient avec violence, et qui leur produisait le double et le triple de ce qui leur revenait, d'après les conventions. On s'était même arrangé de la sorte avec le grand-duc de Toscane, et plusieurs princes d'Allemagne pour quelques sommes qui leur étaient dues ; et une grande partie de la France se trouvait engjigée aux créanciers de l'État. On ne dressait point de rôle annuel de la recette et de la dépense ; il n'y avait point d'ordre dans la comptabilité, point de surveillance sévère sur l'emploi fidèle de$ deniers publics. Aussi, l'argent manquait pour toutes les entreprises utiles, et même pour les dépenses les plus nécessaires. Les troupes, quoique peu nombreuses, ne recevaient point exactement leur solde, et se dédommageaient aux frais des campagnes, les arsenaux étaient vides, la marine détruite ; les bâtiments publics tombaient en ruines; le roi lui-même ne pouvait pas entretenir sa maison, et se trouvait réduit à mendier les secours des traitants qui le volaient. L'agriculture, l'industrie et le commerce languissaient, faute de capitaux, de bras et de sécurité. Henri IV, passionné pour le bien public, voulait le rétablissement des finances, de l'ordre et du travail. Mais il lui fallait un homme assez éclairé en administration, pour lui montrer ce qui avait besoin de réforme, et assez ferme pour suivre son plan, sans s'inquiéter des obstacles : il eut le bonheur de le trouver dans Sully.
Après la mort de François d'O, un conseil de huit magistrats avait remplacé la surintendance. Sous ces nouveaux administrateurs, le mal s'accrut encore, et le brigandage était au comble, lorsque Sully (1595) fut admis à ce conseil de finances. Il osa s'établir le censeur de tous ses collègues, se chargea des opérations les plus difficiles, voulut connaître les revenus du roi dès leur première source, et signaler tous les abimes où ils allaient se perdre. Il voya-
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gea dans les provinces pour se faire une idée exacte de leurs besoins et de leurs ressources, pour déterminer le genre d'industrie qui convenait à chacune d'elles, et ce qu'elles pouvaient payer d'impôts sans inconvénient. Partout, portant un regard pénétrant dans le chaos des finances, il dévoila les fraudes et les erreurs. De retour à Paris, sans avoir encore aucun titre de supériorité sur ses collègues, il devint le véritable régulateur du conseil.
Le roi prévoyait beaucoup de résistances à ces projets de réformes. Voulant opposer le vœu national aux intrigues et aux clameurs des intéressés, il convoqua à Rouen, une assemblée de notables (1596). Cette assemblée désirait le bien ; mais ses lumières ne répondaient point à son zèle : elle ne proposa que des mesures peu efficaces. Désormais, le roi ne chercha plus de ressources que dans son génie, et dans celui de Sully, qui, de ce moment, gouverna seul les finances. Le premier effet des soins et de l'économie de ce grand ministre, fut de procurer au roi les moyens de lever une armée florissante, dont les succès amenèrent la paix de Vervins.
La conclusion de cette paix glorieuse permettant au roi de s'occuper uniquement des réformes qu'il méditait, elles s'opérèrent rapidement. Les fermes particulières étaient presque doubles du prix des premiers baux : elles furent cassées par un édit royal, et le prix des baux élevé à celui des sous-fermes abolies. Par une seconde opération, Sully exclut de l'administration de nos finances, le grand-duc de Toscane, le duc de Wurtemberg, et d'autres princes étrangers qui tenaient nos fermes de moitié avec des traitants qui leur prêtaient leurs noms. Les titres des créanciers et des pensionnaires de l'Etat, furent soumis à une révision sévère. Les rentes, déclarées légitimes, furent acquittées avec une scrupuleuse exactitude. On respecta les capitulations mêmes des chefs de la ligue ; mais le paiement de leurs
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créances fut assigné sur le trésor royal, et on ne leur abandonna plus aucune branche du revenu public. Les domaines du roi furent régis avec un soin qui doubla bientôt leurs produits. Henri IV en choisit quelques parties pour y faire lui-même des essais d'agriculture. Par la suppression d'un grand nombre de brevets de noblesse, follement prodigués ou insolemment fabriqués depuis trente ans sous ses prédécesseurs, il augmenta le nombre des contribuables, et soulagea par là les cultivateurs. Tous les offices inutiles de finances furent abolis, en attendant que la réforme pût s'étendre aux offices surabondants de la magistrature. On créa des formes fixes et déterminées pour constater les recettes et les dépenses. Enfin, les impôts ne furent plus dévorés par les collecteurs ; et, versés plus directement au trésor du souverain , ils en sortirent pour être appliqués à tous les objets utiles. En peu de temps on vit les places fortes réparées, les magasins, les arsenaux remplis, les grands chemins entretenus et plantés d'arbres, la solde des troupes assurée, la marine rétablie. On institua un hôpital militaire pour les soldats et officiers invalides; on forma le plan d'une école militaire pour la jeune noblesse. De ces deux établissements, le premier a été perfectionné par Louis XFV, le second n'a été exécuté que sous Louis XV. L'agriculture fixa principalement l'attention etles soins de Henri IV et de Sully. Ils furent secondés par Olivier de Serres, comme eux l'ami du laboureur, et dont les traités d'agriculture devinrent la règle des campagnes. D'abord Sully avait imposé quelques conditions à la sortie des blés hors du royaume ; mais bientôt l'abondance rendit cette précaution superflue : la libre exportation fut permise, et la France devint le grenier de l'Europe. Elle jouit de cet avantage pendant les règnes de Henri IV, de Louis XIII, et dans les premiers temps du règne de Louis XIV, jusqu'à l'époque où Colbert, voulant favo-
riser les manufactures, fit défendre l'exportation des grains, pour que la subsistance des ouvriers fût à plus bas prix.
Ennemi du luxe, Henri IV le décréditait par ses discours; il invitait les seigneurs à se retirer dans leurs terres , leur aTp'prenant, dit Péréfixe, que le meWeur fonds qu'on puisse faire est le bon ménage. Il ralliait ceux qui portaient sur leur dos les bois et le$ moulins de leurs pères. Sully pensait que les arls du luxe ne doivent occuper que la moindre partie du peuple : Cette vie sédentaire, disait-il, ne peut faire de bons soldats; la France n'est pas propre à de telles babioles. Cependant l'industrie française prit, sous le règne de Henri IV, un essor inconnu sous les règnes précédents. Les étoffes d'or et d'argent, proscrites d'abord par un édit sompluaire au commencement d'un règne difficile, reparurent avec plus d'éclat, et enrichirent Lyon et la France. Le roi introduisit, en 1003, par le ministère d'Olivier de Serres, des plantations de mûriers et des manufactures de soie; il établit aussi des manufactures de tapisseries, de glaces, de faïence, de verreries, etc. Pour faciliter le commerce, il fit creuser le canal de Briare, qui unit la Loire à la Seine. Cette utile entreprise, interrompue sous Henri IV, ne fut achevée que sous Louis XÏH. 11 eut aussi le projet de faire communiquer les deux mers en joignant la Garonne et l'Aude, dont l'une se jette dans l'Océan, et l'autre dans la Méditerranée Le temps seul l'empêcha d'exécuter cette merveilleuse entreprise réservée au règne de Louis XIV. L'an 1 604, Henri IV conclut avec le sultan Achmet un traité dont l'art. 4 porte que toutes les nations de V Europe, y compris les Anglais, pourront commercer librement dans le Levant, sous la bannière et protection de la France, et sous l'obéissance des consuls français.
Il est peu de grands princes qui n'aient aimé les arts et laissé des monuments de leur règne. Henri IV, quoiqu'il soulageât chaque année son peuple de quelque impôt, con-
tinua le Louvre, commença la galerie qui joint ce palais aux Tuileries, fit construire ce beau pont où l'on aime à contempler sa statue, bâtit la place et la rue Dauphine, le collège royal (car François I" et Henri II avaient seulement créé les différentes chaires de cet établissement); fonda divers hospices pour les militaires blessés invalides, et le bel hôpital Saint-Louis: établit à La Flèche un collège pour l'instruction de la jeune noblesse , éleva le château de Saint-Germain, embellit ceux de Monceaux et de Fontainebleau. Il appela autour de sa personne des artistes en tout genre, el leur donna des logements dans le Louvre , où il les encourageait souvent de ses regards non moins que de ses récompenses. Il fut enfin le véritable fondateur de la Bibliothèque royale.
En 1603, Henri IV rendit un édit contre les duels, dont la fureur était poussée si loin, qu'elle avait coûté, dans une seule année, quatre mille gentilshommes à la France. Le nouvel édit renvoyait les différends des nobles au tribunal des maréchaux de France, et la peine de mort était prononcée contre les duellistes. Mais cette rigueur eut peu d'effet. L'appréhension du déshonneur, qu'un préjugé invétéré attachait au refus des satisfactions par la voie des armes prévalut sur la crainte des châtiments ; et le roi lui-même ,* qui affectait trop de se dire gentilhomme, fut le premier à infirmer sa propre loi, tantôt par des railleries piquantes, tantôt par des saillies chevaleresques.
C'est au règne de Henri IV, qu'appartient l'institution de de la Paulette (1604), qui rendit les charges de judicature héréditaires dans les familles, moyennant une somme modique que ceux qui en étaient pourvus devaient payer tous les ans. On appela ce droit le droit annuel, ou autrement la Paulette , du nom du traitant Paulet , qui en donna l'idée , et qui en fut le premier fermier. (Bagon, Histoire moderne.)
LOdS XIII.