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IIISTOIBE DE FRANCE.
mo ee s e ait émue des persécutions que l'on préparait çon re le clergé réfrac.aire. et le décret du 29 novSe 1 m isposa profondément. D'autre part, les girondinrrnl contents de son opposition, s'en prirent à ses minisi is et accusèrent Delessart de ne pas tenir un lanlag as'se, ferme aux cabinets étrangers. Du Portail et D;rfrand de Mollevdle, de négliger la défense des frontières et des cùL en môme temps, ils firent envoyer un message au roi poT,; 1 engager a demander des explications formelfes aux p;iSs d Allemagne, qu. souffraient sur leur territoire les m^ g es en armes. Louis XV. oWit aux désirs de l'assemblé et adressa des représentations aux princes allemands pu ^ I remplaça (6 décembre) le ministre de la guerre Du Po tail. par un homme rempli d'ambition, et qui nourrissait e vastes espérances. Narbonne s'était promis i's^r" out a la fois le ro> et la consliiution. et de fonder sa réputation sur leur accord durable; il croyait avec rai.on à .mmmence de la guerre, et il s'y prépLa séri u ment cent cmquante mille hommes furent mis en réquiS' et trois armées se formèrent sous les ordres du mare bai Rochambeau, e Lafayette et de Luckner; le comte dP^ vence déchu de la régence, puisqu'il ava.t laissé passer le delà, fixé pour son retour, le comte d'Artois et le prinrede
temaNetT"""""'''''*^"'''"""' '=*^"'"'« Prévenusdït! tenais et de conspnalion contre la sûreté générale de l'État LélecU^ur de Trêves promit d'exiger le licencieme t des corps émigrés, mais la diète de Ratisbonnc demanda le rétablKssement en Alsace, des princes possessionnés. que la mnt dn 4 août avait dépouillés de leur« droits féoda ix et
ii"t.; '-''"'.'?' ''"''"""'' """«hommes dans les Pays-Bas. en appela trente mille de la Bohème. Le rôle de
Narbonne était malaisé au milieu de tous ces apprêts belliqueux, entre les méfiances du roi et les dispositions tracas s.eres de l'assemblée .• des divisions éclatèLtÎans S
ASSEMBLÉS LÉGISLATIVE
du conseil, et après quelques jours de lutte, il fut obligé de se retirer, mais il entraîna dans sa chute Bertrand de Molleville, qui en fut quitte pour la perte de son portefeuille, et le malheureux Delessart qui dût être traduit devant la haute cour nationale, séant à Orléans.
Les girondins parvinrent ainsi à se saisir de toutes les avenues du pouvoir ; ils maîtrisaient l'assemblée par leur entraînante faconde, qui secouait merveilleusement l'indifférence habituelle des centres; ils eurent la puissance executive par l'entrée au ministère de tous leurs amis, Lacoste Clavière, Duranthon, Servan, Dumouriez et Roland • l'élection de Pétion aux fonctions de maire, en remplacement de Bailly, qui venait de se mettre à l'écart, leur valut le concours de la municipalité de Paris, qui régentait toutes les communes de France. Les deux hommes importants du nouveau cabinet, étaient les ministres des relations extérieures et de l'intérieur, Dumouriez et Roland : Dumouriez intrigant habile , girondin par calcul, mais doué des talents les plus éminents; Roland, esprit étroit et quelque peu systématique, caractère probe et austère, qui a dû la plus grande partie de sa renommée au génie et à la grâce de sa femme, le véritable chef du parti de la Gironde. Le ministère sans-culotte, comme on l'appelait à la cour avait pour mission pnncipalcde déclarer la guerre qui ne pouvait plus être évitée. Le pacifique Léopold était mort, et il n'y avait pas d'apparence que son jeune successeur' François II, donnât satisfaction aux griefs formulés par la France. L'organisation des corps d'émigrés se poursuivait ouvertement à Bruxelles, et l'ultimatum de l'Autriche avait pour base la réintégration des princes possessionnés en Alsace, la restitution d'Avignon et du comtat Venaissin au pape, et le retour aux principes de gouvernement exprimés dans la déclaration royale du 23 juin 1789. C'étaient Jà des conditions dérisoires; aussi, le 20 avril, Louis XVI
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HiSiOlHfc DE thA>CE.
ASSEMULËE LËUISLATIVE.
prenant l'iniliative en vertu de son droit constitutionnel, se rendit à rassemblée, et sur le rapport de Dumouriez, qui exposa nettement la situation politique, la guerre fut déclarée au roi de Hongrie et de Bohême. L'épée était enfin sortie du fourreau ; la révolution se posait audacieusement en face des coalitions européennes, et bientôt elle allait se légitimer par la conquête.
Lorsque la nation se résolut par l'organe de ses représentants, à cette extrémité périlleuse, c'est à peine s'il restait assez d'hommes sous les armes pour suffire aux premières nécessités de la défense du royaume ; quarante mille hommes et huit mille chevaux, sous les ordres de Rocharnbeau, de Dunkerque à Philippeville, quarante-cinq mille, sous Lafayette, vers les lignes de Weissembourg, trentecinq mille, sous Luckner, aux environs de Bàle ; le général Montesquiou gardailles Pyrénées avec quelques faibles détachements. L'incurable désordre qui avait présidé à tous les services de l'ancienne administration, s'était perpétué dans l'armée, malgré les réformes apportées à son organisation par la Constituante, et le mauvais vouloir delà noblesse, qui occupait là, plus encore qu'ailleurs, les postes élevés, n'avait pas peu contribué à compléter sa démoralisation. Dans les camps comme dans les provinces, et à la tribune nationale, une scission profonde s'était opérée entre les officiers gentilshommes et les soldats plébéiens ; puis les premiei-s s'étaient hâtés d'émigrer, lorsque le prince de Condé, au nom de l'honneur, les avait appelés au delà du Rhin, et l'expérience du commandement manquait à leurs successeur, qui n'avaient pas encore subi le baptême du feu. Peut-être était-ce là le motif principal de l'avis de Rochambeau, qui voulait qu'on gardât une prudente défensive; Dumouriez, emporté par son impétueuse nature, préféra le système des invasions, et lança sur la Belgique, où se trouvaient aussi des patriotes vaincus par l'Autriche
en 1790, les corps d'armée de Rochambeau etde Lafayette. Il arriva alors ce qui, dans l'état des esprits, avec toutes les méfiances et tous les soupçons de perfidie, n'était qu'un accident facile à prévoir. Une terreur panique s'empara des troupes en mouvement, et, le 28 avril, à la première vue de l'ennemi, la division de Théobald Dillon, se débanda au cri de « sauve qui peut, » et massacra son chef ; la colonne du général Biron, ne se comporta guère mieux, et lorsque Lafayette qui marchait rapidement sur Namur, entra à son tour en ligne, il n'y avait plus personne pour lui donner la main, et il fut contraint de se replier en toute hâte. Ce début militaire n'était pas encourageant, et tous les partis s'accusèrent de l'échec. Rochambeau, mécontent des plans émanés du ministère de la guerre, donna sa démission, et son commandement lut partagé entre Lafayette et Luckner. Les girondins qui partageaient l'indignation populaire, prirent des mesures vigoureuses; l'assemblée se déclara en permanence, fit dissoudre la garde constitutionnelle du roi, qui s'était élevée de dix-huit cents hommes à six mille, rendit un décret d'exil contre les prêtres insermentés, et ordonna (8 juin) la formation, sous Paris, d'un camp de vingt mille hommes fournis par les départements. La milice parisienne contre laquelle cette dernière précaution semblait dirigée, plutôt que contre l'ennemi du dehoi^s, protesta énergiquement, et son état-major où dominaient les constitutionnels, fut cassé ; les hommes à piques s'introduisirent dans les rangs de la bourgeoisie armée. Louis XVI, qu'on n'avait pas consulté, n'opposa pas une résistance moins vive ; Dumouriez qui s'était détaché des girondins, lui conseillait de renvoyer son ministère, et de sanctionner les derniers décrets ; il n'accepta que la moitié de l'avis, et se débarrassa de Roland, de Servan etde Clavière (13 juin), sauf à rejeter les décrets un peu plus tard. Ceux qui succédèrent aux ministres disgraciés, étaient des
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hommes sans considération et sans influence, dont les noms n-apprennent rien à l'histoire, Scipion Chambonnas, Terner-Monteil, Beaulieu, Lajarre; néanmoins, lesconstil tutionnels félicitèrent le roi de cet acte de vigueur et Lafayette écrivit le IC juin, du camp de Maubeuge, une lellre dans laquelle il dénonçait à l'assemblée la faclion jacobme, et réclamait une répression sévère des violences des clubs Mais ce n'était pas là le compte des girondins, elLafayette dont on n'avait rien dit jusqu'alore, eut à subir de dures récriminations; les dq.utés les plus fougueux do 1 extrême gauche, s'entendaient avec les faubourgs diricés par le boucher Legendre, le brasseur Sanlerre. et l'ex-marquis de Samt-IIurugues ; un mouvement insurrectionnel se préparait pour le 20 juin, anniversaire du fameux serment du Jeu de Paume.
Ce jour-là. en effet, plusieurs milliers d'hommes descendirent des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau sous le prétexte de planter un arbre de la liberté, et se présentèrent aux portes de l'assemblée ; une dépulation fut admise à la barre, après une orageuse discussion soulevée par les membres du c6té droit qui refusaient de recevoir des pétitionnaires armés. Le langage de l'orateur fut vé-
''T*"'' " " n'est plus temps de le dissimuler, dit-il
« a trame est découverte; l'heure est arrivée. Lesanccoul « lera, ou l'arbre de la liberté que nous allons planter flcu- « nra en paix.... Le pouvoir exécutif n'est point d'accord « avecvous, nous n'en voulons pour preuve que le renvoi « des ministres patriotes. C'est donc ainsi que le bonheur « d un peuple dépendra du caprice d'un roi? Mais ce roi « doit-il avoir d'autre volonté que celledelaloi ? Le peuple « le veut ainsi, et sa tète vaut bien celle des dcsnoles cou- « ronnés. Celte tête est l'arbre généalogique de la nation « etdevantcechène robuste, le faible roseau doit plier. Nous « nous plaignons, messieurs, de l'inaction de nos armées.
ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE. 303
.< Nous demandons que vous en pénétriez la cause Si elle « dérive du pouvoirexécutif, qu'il soit anéanti ! Le sang des « patriotes ne doit point couler pour satisfaire l'orgueil et « l'ambilion du château perfide des Tuileries.... » Le rassemblement obtint ensuite la permission de défiler dans la salle, et trente mille personnes, hommes et femmes passèrent en chantant : ça ira, et en criant : vive la mtion ' a bas h veto ! De là ils se rendirent aux Tuileries dont le roi avait fait ouvrir les portes, et envahirent les appartements ; bientôt Louis XVI se trouva presque seul au milieu de cette multitude sans frein, retiré dans l'embrasure d'une fenêtre, élevé sur une lable au-devant de laquelle se tenaient quelques gardes nationaux, prêts à lui faire un rempart de leurs corps ; son admirable courage ne se démentit pas un instant pendant cette terrible journée • il consentit bien à se coiffer d'un bonnet rouge, qu'on lui avait offert au bout d'une pique, mais il refusa constamment la sanction des décrets dont nous avons parlé. Accablé de soif, il but, sans hésiter, dans le verre d'un ouvrier et la foule applaudit. A la première nouvelle de cette irruption quelques députés accoururent pour protéger le monarque! Pétion se montra le dernier et harangua le peuple, il voulut aussi rassurer Louis XVI, qui, prenant la main d'un grenadier, la posa sur son cœur, en lui disant : « Voyez s'il bat plus vite qu'à l'ordinaire. .. Enfin, sur les représentations du maire, les assaillants se déterminèrent à la retraite, et le château fut évacué. Cette audacieuse violation de la demeure royale eut momentanément un résultat contraire à celui qu'en espéraient ses auteurs. Les partisans de la cour s'indignèrent hautement contre les outrages prodigués au roi et à la reine, qui avait entendu plus d'une fois, pendant la scène du 20 juin, retentir à ses oreilles le en menaçant de : Voilà «'au/n'c/i/enne/ les constitutionnels deplorè«nt les attentats commis contre les lois et la trau-
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HISTOIRE DE FRANCK
quiilité publique. Louis XVI put à son aise rejeter les décrets, dont on avait voulu lui imposer la sanction (29 juin); quelques serviteurs fidèles essayèrent de lui inspirer de nouvelles idées de fuite, mais ce fut en vain, car ce prince attendait tout désormais de l'invasion des coalisés. Lafayette, abandonnant pour quelques jours son armée, vint, en son nom, déposer dans le sein de l'assemblée l'exprès • sion de ses sentiments d'horreur contre les événements du 20 juin, et demander que les coupables fussent poursuivis et punis comme criminels de lèze-nation, que la secte jacobine fût détruite, que le sort de la constitution fût assuré contre les atteintes des factions de l'intérieur. La démarche du général était hardie, et Guadet lui reprocha d'avoir quitté son poste sans congé et de parler sans mission ; Lafayette n'obtint que les stériles honneurs de la séance ; lorsqu'il essaya de se tourner du côté de la garde nationale, dont il avait été l'idole, il rencontra sur son chemin la cour qui redoutait presqu'autant le triomphe des constitutionnels que celui des révolutionnaires ; la revue qu'il avait indiquée aux milices parisiennes manqua par suite des manœuvres du château, et il dut repartir pour son armée découragé et dépopularisé.
Les dangers étaient imminents à la frontière. Les Prussiens, d'abord indécis, s'étaient mis en mouvement et s'avançaient au nombre de quatre-vingt mille hommes, sous le duc de Brunswick, le vieux compagnon de Frédéric II ; l'alarme régnait dans Paris, car on avait appris la retraite de Luckner, très-inférieur en forces, sous les murs de Lille et de Valenciennes. A cette nouvelle, les orateurs de la Gironde redoublèrent de véhémence; Vergniaud, supposant le cas où Louis XVI chercherait à paralyser les moyens de défense de la patrie, s'écria : « 0 roi, qui sans doute « avez cru avec le tyran Lysandre, que la vérité ne valait « pas mieux que le mensonge, et qu'il fallait amuser les
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« hommes par des serments, comme on amuse des enfants « avec des osselets. . . , pensez-vous nous abuser par d'hy po- « crites protestations? pensez-vous nous donner le change « sur nos malheurs, par l'artifice de vos excuses?... Non, « non, homme que la générosité des Français n'a pu ren- 0 dre sensible, que le seul amour du despotisme a pu toua cher..., vous n'êtes plus rien pour cette constitution que « vous avez si indignement violée, pour le peuple que « vous avez si indignement trahi ! » Brissot, plus explicite, n'employa même pas la voie détournée de l'hypothèse, et dénonça formellement le roi comme donnant, par sa conduite, une grande force morale aux coalisés. Alors, un des députés les plus honnêtes et les plus sincères, l'évêque constitutionnel de Lyon, qui prévoyait tous les maux de l'avenir, voulut opérer une réconciliation générale entre les divers partis, et fit un si touchant discours, que tous les membres de l'assemblée, saisis d'un généreux enthousiasme, se jetèrent dans les bras les uns des autres, et jurèrent d'oublier toutes leurs divisions passées (7 juillet) ; mais presque aussitôt on apprit que le maire Pétion et le procureur-général de la commune, Manuel, avaient été suspendus de leurs fonctions par l'administration du département, à cause de la journée du 20 juin, et le baiser-Lamourette, comme on l'a surnommé, devint un acte ridicule. Le 11 juillet, le président, après un rapport de Hérault de Séchellcs. prononça la formule solennelle arrêtée le 7, et qui déclarait la patrie en danger. Aussitôt, selon la teneur du décret, tous les conseils de département et de district, toutes les municipalités et tous les conseils-généraux de communes, durent se rassembler en surveillance permanente; il fut interdit aux fonctionnaires publics de s'éloigner de leurs postes, quelque fût le prétexte; tous les citoyens en étal de porter les armes, et compris dans les cadres des gardes nationales, furent sommés de se lever; "• 28
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on lit un appel aux volontaires; on lournit des piques à ceux qui manquaient de fusils ; on créa à Soissons, un camp de réserve pour alimenter les armées du Nord et de l'Est. Les imaginations populaires sémurent vivement de tout cet appareil de guerre, et la seconde fête de la Fédéralion (14 juillet 1792) fit éclater contre la royauté, déshéritée désormais de toute sympathie, des démonstrations menaçantes ; on se réunit au cri de : Pélian ou la mort; on insulta les bataillons de la milice, qu'on savait dévoués à la cause de la monarchie ; on s'empressa autour des fédérés, dont les dispositions hostiles à la cour se manifestaient à tout propos. Bientôt, des actes plus signilicatifs encore vinrent s'ajouter à tous ces apprêts d'insurrection. Le club des Feuillants fut obligé de suspendre ses séances ; la garde nationale eut à subir des mutilations calculées ; la troupe de ligne et les Suisses, qui portaient ombrage aux meneurs révolutionnaires, furent en partie éloignés de Paris. On était ainsi parvenu à priver l'infortuné Louis XVI de la plupart de ses défenseurs, et tout était préparé pour l'attaque, lorsque parut le célèbre manifeste du duc de Brunswick.
La coalition avait massé environ cent cinquante mille hommes sur le Rhin. L'Espagne, gouvernée par le comte d'Aranda, se tenait à l'écart ; l'Angleterre et la Russie hésitaient à se jeter dans la lutte ; la Suède avait été arrêtée par l'assassinat de Gustave III, le prince chevaleresque qui s'était déclaré le champion quand même des droits absolus de la couronne; mais l'Autriche, la Prusse et le Piémont étaient sur pied, et c'était déjà trop pour une nation en travail, qui n'avait pas eu le temps d'organiser ses moyens de défense, qui ne possédait que des armées incomplètes, et qui ne s'était pas éprouvée. Soixante-dix mille Prussiens et soixante-huit mille Autrichiens, Hessois ou émigiés, allaient se diriger sur Paris par la Moselle, le
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Rhin et les Pays-Bas, en culbutant tout devant eux. Le 25 juillet, au quartier-général de Coblentz, le ducde Brunswick sentant que l'étrangeté des ciromslances au milieu desquelles commençait la guerre, nécessitait une solennelle déclaration de principes, annonça au nom de l'empereur et du roi de Prusse, que la mesure avait été comblée par ceux qui avaient usurpé en France, les rênes de l'administration, qu'ils avaient supprimé arbitrairement les droits et possessions des princes allemands en Alsace et en Lorraine, renversé dans l'intérieur le bon ordre et le gouvernement légitime, exercé contre la personne sacrée du roi, et contre son auguste famille, de coupables violences; il ajouta que leurs majestés autrichienne et prussienne n'avaient d'autre but que de faire cesser l'anarchie dans le royaume, d'arrêter les attaques portées au trône et à l'autel, de rétablir le pouvoir légal, de rendre au roi la liberté dont il était privé, et de le mettre en état d'exercer l'autorité légitime qui lui était due. Convaincu que la partie saine de la nation française, abhorrait les excès de la faction victorieuse, il s'engagea à protéger les villes, bourgs et villages qui se soumettraient au roi, c'est-à-dire aux armées combinées, et concourraient au rétablissement de l'ordre. Tous les généraux, officiers et soldats étaient sommés de revenir à leur ancienne fidélité ; toutes les gardes nationales, tous les membres des départements, des districts et des municipalités, étaient tenus de veiller provisoirement à la tranquillité des villes et des campagnes, et rendus responsables sur leurs têtes, de tous les délits, incendies, assassinats, pillages, voies de fait qu'ils laisseraient commettre ; tous les habitants qui oseraient se défendre, devaient être punis sur-le-champ, suivant la rigueur du droit de la guerre, et leurs maisons démolies ou brûlées. A Paris, tous les membres de l'assemblée nationale, du département, du district, de la municipalité, de la garde nationale, étaient menacés d'un
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jugement militaire, sans espoir de pardon, s'il survenait des événements fâcheux à la royauté, et les deux princes déclaraient sur leur foi et parole d'empereur et roi, que si le château des Tuileries était forcé ou insulté, que s'il était fait la moindre violence, le moindre outrage à Louis XVI à la reine, à la famille royale, que s'il n'était pas immédiatement pourvu à leur sûreté, conservation et liberté, ils en tireraient une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville â une exécution militaire, et à une subversion totale.
Ce manifeste violent, que nous avons cité longuement , vu son importance politique , excita au plus haut degré l'ardeur révolutionnaire et hâta la terrible journée du 10 août. Les sections s'agitèrent; les clubs discutèrent ouvertement la question de la déchéance, qui avait sommeillé depuis la fuite de Varennes. Les chefs du parti populaire , en dehors de l'assemblée , Robespierre, Danton , Fabre d'Eglantine, Camille Desmoulins, Santerre, Marati ce cynique odieux, dont le nom reparaîtra plus tard, tinrent de fréquents conciliabules et remuèrent les faubourgs. Une insurrection mal conçue avait failli éclater dès le 26 juillet ; Pétion , qui avait été rétabli dans ses fonctions par un décret législatif, la fit ajourner de peur d'insuccès. Le 30 juillet, cinq cent seize Marseillais, qui se rendaient au camp de Soissons, arrivèrent à Paris suivis de trois pièces de canon, et tout aussitôt ils s'essayèrent à la lutte dans une rixe qui s'éleva aux Champs-Elysées entre eux et des grenadiers des sections royalistes des Petits-Pères et des Filles- St-Thomas. Le 3 août, Pétion, au nom de la commune, vint accuser le roi en pleine assemblée et demander sa déchéance ; la pétition fut renvoyée au comité de l'extraordinaire. La législative était dans le plus grand tumulte; les constitutionnels savaient les projets de leurs ennemis et faisaient des efforts désespérés pour en prévenir l'explo-
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sion par des actes de vigueur ; le 8, on agita la mise en accusation de Lafayette, et à grand' peine obtinrent -ils la majorité en faveur d'un acquittement; au sortir de la séance, ils furent maltraités, et des paroles menaçantes retentirent à leurs oreilles. Paris, abandonné à lui-même, appartenait désormais aux meneurs du parti populaire, et le mouvement insurrectionnel avait été fixé au surlendemain. L'alarme régnait au château, et la cour avait pris quelques mesures de défense. Huit à neuf cents Suisses s'étaient échelonnés dans l'intérieur; les officiers de l'ancienne garde soldée et des gentilshommes, mal armés de sabres, d'épées et de pistolets étaient accourus pour prêter main-forte à la royauté dans ce péril extrême; les ministres avaient accompli leur devoir et occupaient leur place auprès du roi; le commandant-général de la garde nationale. Mandat, avait donné ordre aux bataillons les plus fidèles de se rendre aux Tuileries, et la demeure royale était entourée d'artillerie. Vers quatre heures du matin, la reine manda auprès d'elle le procureur-syndic du département, Roederer, et lui demanda conseil. Rœderer répondit qu'il ne voyait pour le roi d'autre moyen de salut que de se rendre à l'assemblée nationale , et cet avis, qui n'était pas alors le meilleur , puisqu'on pouvait résister , ne prévalut pas. A cinq heures, Louis XVI descendit dans les cours, et passa en revue les défenseurs du château qui l'accueillirent aux cris répétés de : Vive le roi ! Mais en même temps arrivèrent des bataillons à piques , qui criaient : A bas le veto ! à bas le traître! et le malheureux monarque rentra découragé. La'division s'était glissée dans les rangs de ceux qui avaient la pénible mission de défendre les Tuileries. La garde nationale avait vu avec peine se mêler à elle la troupe suspecte des gentilshommes , et des murmures improbateurs avaient circulé contre les aristocrates. Mandat, appelé par la commune à l'hùlel-de-ville, n'avait pas reparu, et l'on
allait bientôt apprendre qu'il avait été égorgé. L'unité du commandement n'existait donc plus, et le moment suprême de la crise approchait.
A minuit, les chefs de l'insurrection, qui s'ourdissait au faubourg Saint-Antoine, avaient donné le signal du mouvement, on avait battu la générale, sonné le tocsin, réuni tous ceux qui devaient être les héros de la journée Les sections assemblées avaient retii-é à la municipalité la confiance du peuple, et un nouveau conseil-général de la commune, nommé par elles, s'était installé à l'hôlel-deville; c'était ce pouvoir insurrectionnel qui, pour désorganiser la défense du château , avait fait venir l'infortuné Mandat. Vers six heures du matin, les hommes des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau s'ébranlèrent, au nombre d'environ vingt mille, après avoir pillé l'Arsenal • Ils descendirent vers les Tuileries par les deux rives de la Seine ; les fédérés marseillais et bretons, venus par la rue Saint-Honoré, avaient déjà envahi le Carrousel et dirigé vers le château la gueule de leurs canons. Rœderer, à la tête du département, voulut les haranguer ; ils ne tinrent nul compte de ses paroles. La garde nationale, postée en face d'eux, montra peu de résolution ; les artilleurs déchargèrent leurs bouches à feu. L'instant était critique- Rœderer alla dire au roi ce qu'il avait vu , et le pressa vil vement de se rendre dans le sein de l'assemblée; la reine résistait et parlait de repousser la force par la force ; mais la pensée du sang près d'être versé répugnait à Louis XVI et la démoralisation que le procureur-syndic avait remarquée dans les rangs de la milice, acheva de le décider : « Marchons » , dit-il avec fermeté, et il partit avec sa famille, ses ministres et les membres du département, entre deux haies de gardes nationaux. L'assemblée envoya une députation à sa rencontre; la foule, qu'ils rencontrèrent en chemin sur la terrasse des Feuillants , n'épargna au
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monarque déchu, ni les qualifications injurieuses, ni même les menaces grossières. Lorsqu'il entra dans la salle des séances : « Messieurs, dit-il, je suis venu ici pour éviter « un grand crime, et je pense que je ne saurais être plus en « sûreté qu'au milieu de vous.— Sire, lui répondit lepré- « sident Vergniaud, vous pouvez compter sur la fermeté « de l'assemblée nationale; ses membres ont juré de mourir « en soutenant les droits du peuple et les autorités consti- « tuées. » Le roi se plaça sur un fauteuil , à côté du président , mais un député ayant foit observer que sa présence interdisait toute espèce de délibération , il dut se retirer , accompagné de sa famille et de ses ministres, dans la loge du logogmphe, située derrière le bureau présidentiel. Son départ avait consterné les défenseurs des Tuileries , et la gendarmerie en avait profité pour se débander au cri de ; Vive la nation ! les artilleurs de la garde nationale s'étaient réunis aux Marseillais. Il n'était plus besoin de défendre le château , puisque le roi en était sorti , mais il restait une terrible question à résoudre entre les assaillants et les assiégés , une question de vie et de mort. Les Suisses, postés aux fenêtres, se tenaient l'arme au bras, dans une attente pleine d'anxiété ; un moment on put croire que tout se passerait sans effusion de sang; puis , lorsqu'on s'avança des deux côtés comme pour fraterniser, des coups de fusil furent tirés, et la mêlée devint générale. Aux premières décharges de mousqueterie parties de l'intérieur, les Marseillais, saisis de frayeur, se dispersèrent, et la place du Carrousel lut dégagée. Bientôt cependant les agresseurs reparurent plus ardents et plus nombreux à l'heure où les Suisses recevaient l'ordre royal de ne pas tirer sur le peuple. Le canon des insurgés fit bruyamment son devoir, et les boulets populaires allèrent s'enfoncer dans les murs des Tuileries ; les Suisses, fidèles jusqu'au bout, obéirent au commandement de celui qui n'était plus le maître, et cherchèrent à fuir, la multitude.
ASSEI^BLËE LEGISLATIVE.
voyant cesser le feu , s'élança dans les appartements , et ce fut alors une affreuse boucherie. Les relations abondent sur ce sanglant épisode ; à d'autres les détails.
Louis XVI entendit, du fond de son étroite loge, le canon qui sonnait l'heure dernière de la monarchie ; le temps de la captivité était venu. L'assemblée, qui avait écouté avec effroi le bruit de l'artillerie, qui avait presque redouté une attaque à main armée contre son inviolabilité, se rassura lorsque la victoire de l'insurrection fut complète, et se mit en mesure d'en régulariser les suites. Les girondins, qui avaient joue un rôle tout à fait passif dans cette journée a commencer par le maire Pétion, séquestré à l'hôtel-de- Jin!, ".?r 'f /^^P^"^^^i^ité fût à couvert, se crurent appelés d abord a hériter de la royauté, et se firent une arge part dans l'avenir de la révolution ; mais les véritables vainqueurs avaient la voix haute et comptaient bien exploiter le mouvement qui était leur ouvrage. La municipalité du 10 août se présenta à la barre, comme pour reclamer la sanction de son existence, et demanda la déchéance du roi; c'était là le vœu unanime des pétitionnaires et 1 assemblée, qui n'osait décréter une si grande spoliation adopta un moyen terme qui ajournait le débat et en rejetait sur d'autres le redoutable poids. Louis XVI fut suspendu; ses ministres durent résigner leurs fonctions et le jugement définitif du procès qui s'était élevé entre la couronne et le peuple, fut remis à la prochaine assemblée nationale dont la commission des douze, par l'organe de Vergniaud, proposa et fit décider la convocation. En attendant, les ministres de la Gironde, Roland et autres rentrèrent en possession de leurs portefeuilles, et l'audacieux Danton, le principal moteur de la conspiration du 10 août, pru place dans le conseil à leurs côtés ; le décret contre les prêtres insermentés, si obstinément repoussé parle roi reçut son exécution, et quatre raille ecclésiasti(,ues environ
furent chassés de France. Louis XVI, à qui l'on avait d'abord assigné le Luxembourg pour demeure, fut déposé au Temple , sur l'observation faite par la commune que c'était le seul lieu dans lequel elle pût répondre de sa sûreté ; enfin, il fallut , malgré toutes les justes répugnances de l'assemblée pour les juridictions exceptionnelles, céder aux impérieuses exigences de la nouvelle municipalité, qui avait envoyé députations sur députalions à la barre , et dont un des membres s'était écrié : « Comme citoyen , comme ma- « gislrat du peuple, je viens vous annoncer que ce soir, « à minuit , le tocsin sonnera et la générale battra. Le « peuple est las de n'être point vengé. Craignez qu'il ne « se fasse justice lui-môme. » Un tribunal extraordinaire fut créé pour juger les crimes du 10 août et punir les conspirateurs royalistes de cette fameuse journée (17 août). L'organisation provisoire des moyens de gouvernement une fois achevée , il restait à faire accepter cette seconde révolution aux départements et aux armées- Les départements se soumirent sans murmures. Les armées qui, grâce à la solennité du serment militaire et à l'empire de la discipline, conservaient encore un reste de fidélité à la constitution, apprirent le renversement du trône avec une sorte de douleur. Lafayette, qui avait au plus haut degré la religion de la foi promise, souleva ses soldats contre les événements du 10 août, s'entendit avec la municipalité de Sedan et avec le directoire du déparlement des Ardennes, pour établir à son quartier-général un centre de réunion constitutionnel , fît arrêter les trois commissaires envoyés dans son camp par la législative , Antonelle , Kersaint et Péraldy , et entraîna même son vieux collègue Luckner. Mais ce ne pouvait être là qu'une impuissante tentative ; l'ennemi devenait trop menaçant pour que l'armée songeât sérieusement à autre chose qu'à la défense de la patrie; les généraux subalternes d'ailleurs ne voyaient pour eux, dans
cette défection du chef, qu'une question d'avancement et Duraounez qui commandait en sous-ordre, mit à profit 1 occasion de se réhabiliter dans l'esprit des girondinfun décret d-accusalion fut lancé contre Lafayette Luckner appelé devant la municipalité de Metz, len pleuTant ^ ré racauon et prouva, parles complaisances de'son al ratmn, qu'il n'avait jamais été un homme dangereux Le héros populaire des premiei^ temps de la Constituante compru que sa carrière révolutionnaire était termin et
comme lui, Alexandre Lamelh, Lalour-Maubourg Lannoi Lacombe, Bureau de Puzy, etc. (19 août). Son LSa I de gagner, à travei. les postes ennemi , la Hoïï e 1 Amérique, où il aurait attendu paisiblement la nn dS Mages; mais il fut découvert etarrtté; son nom étoU odieux aux coalisés, comme tous ceux des partisans det
droit des gens; on le traina de forteresse en forteresse jusqu à Olmutz, d'où il ne devait sortir que queS années plus tard, à l'époque de )a paix de ampî-For^ mio et par la généreuse intervention du génémi BonamoÛriez '°"""'"''^'"«"' ^"' donné à l'ambitieux Du-
Au milieu des hésitations motivées par cet incident les coalises avaient dépassé la frontière, et le 20 S' les Prussiens étaient arrivés sous les murs deLong,vy e 4 la place, cruellement bombardée, capitula. Le 30 le d"uc
Clan-fait au blocus de Montmédy, pendant que le prince de Hohenlohe contenait Luckncr et marchait vere Thionvdle couronna les hauteurs de Verdun et commença le s ége de la ville. Ce fut là le moment le plus crit'ique de 1 invasion. Entre Verdun et Paris, il ne restait pis de places fortes, plus d'armée, plus rien qui pût ero!
ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
pécher l'accomplissement des menaces formulées dans le manifeste du général prussien ; le corps des émigrés, qui avait accompagné l'ennemi, se livrait à l'espérance et laissait éclater toute la joit du prochain triomphe. Une consternation, mêlée de fureur, se répandit dans Paris, à la nouvelle de ces alarmants progrès ; la prise de Longwy et le bombardement de Verdun provoquèrent les terribles massacres de septembre. Quelques Girondins effrayés avaient eu la pensée d'abandonner la capitale à son sort et de transporter le siège du gouvernement au delà de la Loire; si cet avis inspiré par l'ignorance de la situation, eût prévalu, la France était perdue, et la révolution rétrogradait. Mais ce n'était pas le compte des révolutionnaires exaltés, et surtout de Danton, le plus hardi de tous. Ce Mirabeau de la populace, comme on l'a surnommé, savait que toute la puissance de son parti était dans Paris et que tout accès de peur serait fatal ; il sentait que le moment était venu de vaincre ou de périr, d'assurer l'avenir de la révolution ou de s'ensevelir sous ses ruines ; il était de ces hommes qui ne reculent pas et qui triomphent ou meurent en s'écriant : de l'audace, de l'audace et toujours de l'audace; il avait résolu presque seul l'insurrection du 10 août, lorsque tout le monde n'envisageait qu'avec effroi les chances d'un échec, et il n'avait garde de se démentir dans ces circonstances périlleuses. Mandé au comité de défense générale avec ses collègues du pouvoir exécutif, il manifesta la plus grande énergie et foudroya de son âpre et sauvage éloquence les partisans d'une translation; puis il alla plus loin, et laissa entrevoir la nécessité d'une épouvantable mesure, froidement conçue, et quiavait pour but d'engager le peuple dans une irrémédiable voie de vengeance, tout en frappant de terreur les royalistes du dedans et les ennemis du dehors. Repoussé par les autres ministres, Roland, bervan, Clavière, Moûge et Lebrun, qui étaient trop bon-
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