‹ Histoire de France [microform]Chapitre 40 sur 48 · SS · texte numérisé non relu

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HISTOIRK DR FRANCE.

nêtes et trop purs pour le comprendre, il se tourna du côté de la commune, où se trouvaient alors des hommes déterminés à ne plus rien ménager et capables des plus atroces exagérations, CoUot-d'Herbois, Billaud-Varennes, Tallien, Panis, Sergent, etc. , et ils se concertèrent tous ensemble pour mener abonne fin un horrible plan d'extermination. Le peuple exaspéré criait à la trahison, s'indignait des lenteurs de l'assemblée, accusait l'insuflisance de la haute copr nationale d'Orléans et demandait en vain que les prisonniers fussent amenés à Paris et jugés sans délai par le tribunal du 17 août. VA7ni du peuple, rédigé par Marat, qui marchait toujours en avant de l'opinion, prêchait l'incarcération et le meurtre, et les esprits se disposaient peu à peu aux plus affreuses mesures. Sous le prétexte de mettre Paris en état de défense, la commune, qui avait fait décréter l'envoi de trente mille hommes fournis par la capitale et les départements voisins, aux armées du Nord, résolut d'opérer le recensement de tous les indigents et de leur donner des armes avec une paie ; puis elle imagina de déclarer suspects tous ceux qui avaient prolesté contre le 20 juin, de les désarmer et de les jeter en masse dans les prisons. Le 27 août, les barrières furent fermées pour quarante-huit heures ; tous les citoyens durent se renfermer chez eux pour recevoir les commissaires de l'Hôtel-de- Ville, assistés de la force armée, et l'on procéda avec la plus grande rigueur aux visites domiciliaires. Le 30, toutes les maisons d'arrêt regorgeaient de monde, et les bruits les plus sinistres circulaient sur le sort de ces malheureux détenus, qui appartenaient en grande partie aux deux classes proscrites de la noblesse et du clergé. Dans la nuit du 1" au 2 septembre, au moment où les citoyens mis en réquisition venaient de partir pour la frontière, on apprit que Verdun s'était rendu aux Prussiens ; alors on sonna le tocsin, on battit la générale, on tira le canon d'alarme

ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE

Sîî?

le peuple se réunit au Champ-de-Mars, à l'Hôtel-de-Ville, à l'assemblée ; les fédérés marseillais et bretons égorgèrent vingt -quatre prêtres que l'on conduisait à l'Abbaye, et l'œuvre de sang une fois commencée, le bras des exécuteurs ne se reposa que lorsqu'il ne resta plus personne dans les prisons. A l'heure du massacre, Billaud-Varennes avait paru, revêtu de son écharpe municipale, et il s'était écrié : « Peuple, tu immoles tes ennemis, tu fais ton devoir. » Maillard, qui avait conduit à Versailles les femmes insurgées aux 5 et 6 octobre i789, dirigea les bandes des égorgeurs; aux Carmes, à l'Abbaye, au Châtelet, à la Force, à la Conciergerie, aux Bernardins, à Saint-Firmin, à la Salpêtrière, à Bicêtre, tout tomba sous le glaive des trois cents meurtriers, et cette effroyable exécution dura trois jours. La commune, qui l'avait ordonnée, s'était bien gardée d'intervenir ; les commissaires de l'assemblée n'avaient pu se faire écouter ; toutes les autorités avaient été paralysées et le maire Pétion, qui avait tout fait pour arrêter le carnage, avait vu son pouvoir méconnu par ces hordes furieuses. Lorsque tout fut fini, personne ne voulut accepter hautement la responsabilité de ces tristes journées, mais la commune avait atteint son but; Danton, qui était sans haine, mais aussi sans pitié, avait fait peur aux royalistes, selon son affreuse expression, et l'indignation qui s'éleva de toutes parts contre les massacreurs des 2, 3 et 4 septembre ne rappela pas à la vie les six mille victimes, et plus peutêtre, qui avaient payé un si douloureux tribut au malheur des temps de révolution. Telle était du reste l'irrésistible influence du conseil général de la commune, que les Girondins n'osèrent point prescrire une enquête, et que l'un des hommes les plus courageux de cette époque, le ministre Roland fut obligé de dire en pleine tribune : « Hier fut un jour sur les événements duquel il faut peutu être jeter un voile. Je sais que le peuple, terrible dans

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