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entrée à Paris, d'où Louis XVIII était sorti la veille, presque seul, pour se réfugier à Gand, et sa brillante cour se reforma comme au meilleur temps de sa prospérité. La révolution était faite ; la France se soumit ; le duc d'Angoulêmefut arrêté dans le Midi parle général Grouchy et mis hors du territoire ; la Vendée, qui essayait de se soulever avec MM. de Sapinaud, d'Autichamp et de Larochejacquelin, dut être pacifiée par le général Lamarque, et la lutte, terminée à l'intérieur sans effusion de sang, se dessina nettement entre l'Europe et l'Empereur. Le roi de Napies, menacé par la coalition, avait déjà pris l'initiative des hostilités ; mais, vaincu par les Autrichiens à Macerata et à Tolentino, il perdit sa couronne, et son beau-frère impérial, qui lui gardait rancune, le vit bientôt arriver au golfe Juan (28 mai.)
Napoléon avait paru d'abord vouloir décliner le combat ; il avait dit : « Nous devons oublier que nous avons été les « maîtres des nations ; » il offrit même aux puissances de sanctionner le traité de Paris, et protesta hautement de ses dispositions pacifiques. Le congrès de Vienne refusa de l'écouter ; ses lettres autographes aux souverains ne furent point admises, et les alliés s'( ngagèrent, par de solennelles stipulations, à diriger tous leurs efforts contre lui, afin de le mettre hors d'état de troubler à l'avenir la tranquillité et la paix générale. Wellington et Blûcher coururent rejoindre leurs armées de Belgique ; un million d'ennemis s'ébranla pour la seconde invasion. De grands préparatifs de guerre se faisaient à l'intérieur ; les vieux soldats rejoignaient leurs drapeaux ; la garde nationale se levait tout entière, et deux cent quatre de ses bataillons, formant un effectif de cent quarante-six mille hommes, étaient mis à la disposition du ministre de la guerre; les manufactures d'armes étaient en pleine activité, et celles de Paris fabriquaient trois mille fusils par jour ;
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cent balleries d'artillerie étaient mises en ligne ; on réunissait à la hâte vingt-mille chevaux pour les trains et les équipages, quarante-six mille pour la cavalerie ; on armait les places fortes des frontières et les cAtes ; on imprimait une merveilleuse activité à la fabrication des poudres. Napoléon se montrait partout, pourvoyait à tout, passait journellement des revues, distribuait des aigles aux nouveaux corps, cherchait tous les moyens d'éveiller l'enthousiasme des populations et de s'entourer de défenseurs dévoués. Il avait annoncé sa ferme intention d'établir la monarchie constitutionnelle , et les masses attendaient avec anxiété la réalisation de ses promesses. La publication de l'acte additionnel aux constitutions de l'Empire (22 avril) ne satisfit point l'opinion ; on avait espéré que l'assemblée du Champ-de-Mai serait chargée de discuter les institutions nouvelles, et que le présent ne relèverait point d'un passé devenu impopulaire. L'acte émané de la volonté impériale fut considéré comme un nouvel acheminement vers le despotisme, et l'ardeur des patriotes se refroidit. Néanmoins cette constitution fut acceptée, telle quelle, par plus de quinze cent mille votants, et l'opposition ne compta que quatre ou cinq mille votes négatifs. L'assemblée solennelle du Champ-de-Mai eut lieu le l**" juin; c'était une cérémonie imposante ; l'Empereur y prêta le serment constitutionnel, et de vives acclamations, parties du sein de l'armée qui s'était groupée autour du trône, retentirent dans la vaste enceinte du Champ-de-Mars. Trois jours après, la chambre des représentants se constitua, sous la présidence du comte Lanjuinais, et l'union parut régner entre elle et le chef de l'État. C'est que les circonstances étaient critiques ; les alliés se disposaient à commencer leur marche agressive ; il ne s'agissait plus à cette heure que de sauver la patrie, sauf à débattre plus tard les conditions du système représentatif. Cent quatre-
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vingt mille Anglais et Prussiens occupaient la Belgique sous les ordres de Wellington et de Bliicher. Napoléon partit, le 12 juin, avec cent dix mille hommes, dans l'espoir de les anéantir par des manœuvres rapides et de désorganiser ainsi la coalition ; le 16, il rencontra à Ligny, dans la plaine de Fleurus, l'armée de Blûcher, etlui tua vingt-deux mille hommes ; puis, laissant au maréchal Grouchy le soin de poursuivre les vaincus avec une forte division, il se rabattit sur le général anglais, qui avait pris position à l'entrée de la forêt de Soignies, en avant de Bruxelles. La mêlée fut terrible; les ennemis soutinrent le choc de la cavalerie de Kellermann avec un courage admirable; toutefois la victoire se déclarait pour les Français, lorsqu'un corps de trente mille hommes se montra sur leur droite ; les Prussiens avaient trompé Grouchy , et l'Empereur avait maintenant deux armées sur les bras ; il ordonna alors une dernière charge, et la garde impériale fit noblement son devoir; mais le moment de vaincre était passé ; le désordre se mit dans les rangs des assaillants. Tout se débanda à la fois, et lacavalerie des alliés accrut la confusion des fuyards. Le général Cambronne rallia, sous une épouvantable mitraille, quelques bataillons de ces vieilles troupes qui avaient parcouru tous les champs de bataille de l'Europe, et se battit jusqu'à la nuit avec le courage du désespoir. Vingt-cinq mille hommes avaient succombé (i8 juin), et la journéede Waterloo allait acquérir une triste célébrité dans l'histoire de nos désastres militaires. Napoléon, qui n'avait pu mourir, confia au maréchal Soult la tâche diflicile de rallier les fuyards, et revint à Paris, où la nouvelle de cet immense revers avait frappé tout le monde de stupeur. Tout aussitôt, la chambre des représentants, en appelant aux souvenirs révolutionnaires par l'organe du général Lafayette, se mit en permanence et déclara que l'indépendance de la patrie était II. ^2
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menaaS;; avertie par h's briiils sinisln;s qui circulaient et redoutant un nouvel essai de dictature, elle décréta que toute tentative faite pour la dissoudre serait un crime de haute trahison, et que quiconque s'en rendrait coupable serait traître à la patrie et jugé comme tel. Napoléon comprit le sens de ces mesures énergiques, et, dédaignant l'avis de ceux qui lui conseillaient un autre 18 brumaire, il se démit du pouvoir en faveur de son fds (22 juin). Un gouvernement provisoire fut formé, dans lequel entrèrent le baron Quinette, ex-conventionnel, leducdeVicence, leduc d'Otrante, le général Grenier et le ministre Carnot. Les Anglais et les Prussiens s'étaient lancés sur la route de Paris, négligeant les places fortes et luttant de vitesse, comme si la capitale eût dû appartenir au premier occupant. Napoléon, qui s'était retiré à la Malmaison, vit le moyen de les écraser et fit proposer au gouvernement provisoire de servir comme simple général ; mais Fouché lui répondit par un refus brutal, et le monarque déchu résolut de se retirer en Amérique. Malheureusement pour lui l'Angleterre était avertie, et des croisières nombreuses bloquaient le port deRochefort; il fallut se soumettre à la destinée, qui avait joué un si grand rôle dans les diverses phases de cette existence extraordinaire : « En butte aux factions qui divisent « mon pays, écrivit le gran I I omme au pr nce régent de « la Grande-Bretagne, et à l'inimitié des plus grandes puis- « sancesde l'Europe, j'ai terminé ma carrière politique, et je « viens, comme Thémistocle, m'asseoir au foyer du peuple « britannique; je me mets sous la protection de ses lois, que « je réclame de V. A. R. comme du plus puissant, du plus « constant, du plus généreux de mes ennemis. » Le cabinet de Saint-James montra peu de souci de la dernière épithète ; le iîe??fro/)/ion reçut l'illustre prisonnier (45 juillet) et le 'îsoTihumUrlanà fut chargé de le conduire à l'ile Sainte- Hélène, afin que rien ne manquât à la glorification histo-