‹ Histoire de France [microform], tirée de Ducoudray;Chapitre 14 sur 33 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

CHARLES Vn- JEANNE D'ARC

Charles VII; la France en 1429; Jeanne d'Arc

En 1422, Henri V et Charles VI moururent tous deux à quelques mois l'un de l'autre. Suivant le traité de Troyes, Henri VI, fils de Catherine de 5 France et de Henri V d'Angleterre, fut proclamé à Paris roi de France et d'Angleterre. Plusieurs seigneurs restés fidèles à l'héritier légitime, au représentant de la nationalité française, proclamèrent Charles VIL II y eut ainsi deux rois, l'un anglais,

10 l'autre français ; deux Frances, la France anglaise et la vraie P>ance. D'ailleurs Charles \^II paraissait avoir peu de chances et même nulle volonté de recouvrer sa couronne; ses emicniis l'appelaient par dérision le roi de Bourges. Le découragement

'S gs^iiait les meilleurs capitaines. Toujours battus, ils ne pouvaient arrêter les Anglais qui s'emparaient successivement de toutes les cités et en 1428 vinrent mettre le siège devant Orléans. Le pays semblait perdu quand Jeanne d'Arc parut.

20 Jeanne d*Arc. — Jeanne était Lorraine. Le village fie Domrémy, où elle est née, est situé sur la rive gauche de la lieuse et l'on y montre la maison où s'écoula son enfance. Son père, Jacques d'Arc, et sa mère, Isabelle Romée, vivaient, comme de la-

borieux paysans, du travail des champs et avaient élevé cinq enfants, trois garçons et deux filles. Jeanne, ou comme on disait dans le village. Jeannette, était l'aînée des deux filles: simple et douce, elle s'occupait des soins du ménage et ne savait rien 5 de plus que ses parents et ses compagnes, dans ces temps de profonde ignorance. Sa piété faisait l'admiration de tous. Charitable envers les pauvres et les malades, Jeanne était d'ailleurs si bonne pour tous que tous l'aimaient. ïo

Un jour d'été, dans le jardin de son père, qui touchait à l'église, elle vit, à midi, ainsi (qu'elle le raconta, une grande lumière ; elle entendit une voix céleste qui lui disait de se bien conduire, d'être toujours douce et pieuse, et qu'elle était appelée à aller 15 au secours du roi. Jusqu'à l'âge de dix-sept ans, Jeanne ne cessa d'avoir des visions et de s'entretenir avec ses voix qui la guidaient et lui racontaient « la grande pitié du royaume de France.»

Elle la connaissait bien d'ailleurs cette misère: 20 car son pays même avait ressenti les maux de la guerre civile et de la guerre étrangère. Malgré ses parents, qui ne comprenaient rien à sa résolution, elle vînt à Vaucouleurs trouver le capitaine Robert de Baudricourt. auquel elle expliqua sa mis- 25 sion. demandant qu'on la conduisit vers le roi. « Et certes, disait-elle, j 'aimeras mieux filer auprès de ma pauvre mère, mais il faut que j'aille; mon seigneur le veut. — Et qui est votre seigneur ? diton. — C'est Dieu,» répondit-elle. Robert riait d'à- 30 bord, mais le peuple de Vaucouleurs crut en la jeune fille, et le seigneur de Baudricourt, ému luimême, donna à Jeanne une escorte.

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