‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 39 sur 50 · TOM · texte numérisé non relu

TOM

S46 HIS1«m BS FHAHGB.

toiUd la Flandre lui fU obédisnee. Une assemblée générale des yille^ vint délibérer à Gand; on y tratna les gentilshooNnas comnu^ atages. Le comte \oulut y paraître pour les retraire hoù de leu/r erreur; on 7e retint captif : mais f F s'échappa* Toute la Flandre arait juré d'avance de s'ai^ mer pour Edouard, et par là furent hâtés les événements. Le comte de Haioaui venait de mourir ;• c'est lui qui étdtle lien de toniie la ligue de Flandre et des Pays-Bas. Le comtd de Brabant restait incertain. Darthevelt manda au roi d'Angleterre qu'il était tenu de se déclarer. Edouard' passa la mec à. l'appel de son étrange allié.

La gueore- a'avait plus qu'à éclater par des batailles; Louis de Baivitee, jusquer-là indécis, fit alliance avec Edouard, et alors le comte de Brabant, gendre du roi de France V céda au mouv,ement qui semblait emporter la plu* part des peuples contre la France.

Il n;'était plus possible d'hésiter. Philippe envoya à son sénéchal de Périgord l'ordre de saisir la Guyenne, et au bailli d'Amiens de saisir le comté de Ponthieu.

Et à ce signal toute la France s'émut ; on voyait apparattre une guene nationale par le caractère des ligues qu'Edouard avait faitea contre le roi. Peuple et noblesse se: seniireot animés de courage, et l'histoire signale dans ce^ mouvement patriotique l'exaltation des Normands, qui envoyàrept des députés au roi pour lui offrir d'attaquer l'Angleterre avec une flotte qui porterait quatre mille hommes d'armes, et quarante mille hommes de pied; mais l'Angleterre était gardée avec un redoublement de soins , et ce plan d'attaque ne pouvait réussir.

Cependant les ligues des Pays-Bas s'étaient lentement réunies autour d'Edouard. Lorsque toutes les forces furent amassées et prfites è se mouvoir à sa voix , il envoya l'évoque de Lincoln défier le roi de France. Cétait la formule de déclaratiun de guerre. Et aussitôt il mit le siège devant Cambrai ; mais il y avait dans cette ville un brave chevalier de Savoie, nommé le Galois de la Baume, avec deux autres chevaliers que le roi lui avait donnés pour auxiliaires , messire Thibaut de Marneil et le seigneur de

HisTonorns fkahcb^. 84T

Rojec IIs.ré8wtdrent'à'towies:etlérts dttteiéfy. SSoiiarch conseillé par Robert d* Artois, se dirigea vers la PieQfdie; pajrs ouvert à ses ravegesi •

A . ce moment , detnc . défections ' vinreni • l'^ènaer: Le nouveau comte de llainaat, qui 'avait -concoupo 'ai» siège de Gainhrni, déclara qu'il ne passerait pas oatre. Il avait, comme vassal de Tempire^ suivi lès ordres"- dè^Locnsder Bavière , . mais il n'cntreraii'paseD ennemi swr'lés terres' du roi dec France, son omele. Et en métne temps, il ni dé-» fensev sons peine de 7a hurt^ à tèt»<les'sieirs d'éilèr pi-us loin,, et ilretiirtt par 'son exemples le' comtè'dé N)imiir. Edouard, dissimula sai vengeance ; ï\ compta 'sur'd'ëutres' intrigues pour réparer celte double infidélité.

Cependant Philippe VI, de son cbâteav'de.Compiigfre; régléit la marche des troupes qui de^vaieoi s'<ypp.oser a cette invasion. Le connétable Raoul, comte d'Eu; marcha le premier vers Saint*Quentin ; les forteresses avaient des gnrnisons; les Anglais ne purent que faire* dès' eotrrscs dans les campagnes. Ils voulurent prendre Hbmetourt^ ils furent repoussés; mais, après des excursions et des pillages, les Anglais marchèrent avec plus d^ensemble, et bientôt toutes leurs forces se trouvèrent en face dé rarmée* de France, conduite par le roi, non loin de Saint-Quentin, en un lieu nommié Yironfos^e^ Tout semblait ' propice pour uBe bataille, et le roi brûlait de tenter aussitôt lé sort des armes ; mais il se trouva des conseillers, le chroniquenf dit aucuns grans seigneurs , poar le dJssuader. Varmée venait dé faire une marche de cinq heures; il fallait, disaient-ils, la laisser reposer, et puis ce jour-là était un vendredi : il était peu digne de la piété du roi d'engager la bataille en uv tel jour. Le roi résistait à ces conseils ; mais toutes voies fu-il tant mené xta'Ù $i accorda amsi comme malgré luy, et alors il commanda que chacun* s'apprêtât à la bataille pour le lendemain ; et toui fut disposé dans la nuit. Mais le lendemain Edouard n'était

* Boirenfosse ou Buironfosse, à deux ou .trois litiues de laf Chapelle, bourg d a département de rAbDa^

548 HISTOIBB DE FEAHCB.

plus en face de rarmée de France ; il se retirait vers les Pays-Bas.

La guerre ne s'ouvrait pas heureusement pour Edouard, et sa retraite attestait la faute commise par les Français , en négligeant cette occasion d*une bataille.

1339. — ^En Guyenne, les citadelles anglaises s*ouyraient aux armes du roi. Un combat s*était livré sur mer , et les Français avaient été victorieux ; ils étaient allés surprendre Portsmoulh et en avaient rapporté un riche butin, et deli ils étaient tombés sur Ftle de Guernesey , etTavaient saccagée. Edouard put craindre que son entreprise ne lui devînt fatale. Toutefois il se vengeait par des ravages et par des incendies; sa flotte avait brûlé les faubourgs de Boulogne, et quelques barques qui étaient dans le port; mais ce n'étaient pas là des exploits dignes des longs préparatifs d'intrigues qui avaient trois ans remué TEurope.

Edouard voulut rendre à la guerre un caractère nouveau. Darthevelt, le tratlre séditieux de Gand, n'avait point paru dans cette expédition ; je ne sais quel scrupule de fidélité à la France restait en cette ftme dressée aux perfidies. Edouard résolut de vaincre ces incertitudes; on vit le roi d'Angleterre s'aller humilier devant le républicain de Gand. Darthevelt se laissa flatter, et puis il se rendit. Il était maître de la ville, et sous le nom de république il y exerçait une tyrannie atroce ; il consentit à paraître dans une assemblée générale des communes de Flandres i Bruxelles^ et il était sûr par son opinion d'entraîner l'assentiment de tout le peuple. Edouard promettait aux Flamands de les aider à reprendre toute la partie de leur pays tombée au pouvoir des rois de France, par la victoire ou par les traités, depuis Philippe Auguste. Cette espérance plut à leur patriotisme; toutefois ils-étaient liés par des serments, et l'excommunication pendait sur leurs têtes j en vertu des conventions, s'ils prenaient les armes contre le roi de France. De plus, en vertu des mêmes traités, ils auraient à payer en ce cas deux millions de florins à la chambre apostolique; et ce scrupule pesait sans doute plus qu'un autre dans l'ftme des séditieux. Darthevelt

HISTOIBE DE FRANGB. 549

proposa un accommodement. Edouard n^avait-il pas prétendu au trône de France? n'avait-il pas des droits de succession? Il n'avait donc qu'à prendre ce titre de roi de France qu'il avait' disputé. Les Flamands n'étaient pas juges de son droit; mais, dès que les armes de Franco brilleraient sur son écu, ils seraient ses féaux, ils lui foraient serment; après cela les batailles décideraient. Telle fut l'opinion ingénieuse du républicain ; dans les temps modernes, on a fait de Darthevelt un patriote; c'était tout simplement un astucieux hypocrite. 11 s* était fait tjran par la liberté, et il vendait le peuple pour de For. Edouard porta en son conseil la proposition de l'aventurier ; on la jugea bizarre, mais utile. Un traité fut fait; Edouard s'obligea à prendre le titre de roi de France, et à ce titre Darthevelt lui promit la fidélité de ses vassaux ; après cela Edouard courut en Angleterre chercher des secours d'argent. Dès ce moment la guerre devenait sérieuse et formidable.

Le roi fît des tentatives pour ramener les Flamands ; elles furent vaines; le pape se plaignit, sa voix ne fut pas entendue. 11 écrivit à Edouard pour lui reprocher son alliance avec Louis ^de Bavière, qui était excommunié; Edouard passa outre. Il n'y avait plus que les armes pour s'opposer aux trahisons ; Philippe envoya ravager la Flandre par le maréchal de Trie. Darthevelt voulut l'arrêter , et il devait marcher de concert avec les généraux anglais, les comtes de Salisbury et de Suiïolk; mais ceux-ci furent pris dans une embuscade des habitants de Lille, et Darthevelt fut contraint de s'éloigner.

Hais les infidélités se multipliaient. Ce jeune comte de Hainaut qui, naguère, avait abandonné Edouard, abandonna Philippe à son tour, et le comte de Namur, qui Tavait suivi dans sa première défection , le suivit dans la seconde. Tout semblait douteux , le devoir, Taffection, et chacun épiait Ta venir pour en faire sa règle.

Le roi envoya de nouveau son armée venger ces trahisons par des ravages. Le Hainaut fut saccagé, et le comte courut en Angleterre solliciter les secours d'Edouard. Pendant ce

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temps, Jean, duc de Normandiei, fils du roi de France, ^âtta<^a'mi'*^àteau nommé Escandeuvre;' le roi vînt au ' siège; leêhâtoau&it emporté et rasé. De. là on courut à vne petite 'place nommée Trin-TEvéque , au-dessous xle Cambray, et ce sîége 'aiffit encore dénouer la guerre d'une façon décisive. Les "Français' pressaient la place a?ec Vi* ^aetir. Us 'arâîent des machines qui lançaient au loin «rénormes pierres; les toits 'des.maisons étaient brisés^tOt les habitant» étaient obligés de se cacher dans'leurs caves; «t , selon Fhistorien S ces nièmes machines jetaient dans les murs de la place les cadavres des chevaux et autres bêtes qui mtMiraieiit dans le camp, et la petite ville était infectée -par cet amas ide pourriture. Les maladies se déclarèrent. On demanda à capituler.'B fut t^onvenu .queila ville se rendrait si le comte 'de'Hàinaut ne paraissait dans quinze jotrrs' avec une armée. 'Le comte de IHainaut parut, et après hii'Dartfaewelt avec soixante miQe Flamands* X'armée française n^était plus de' force à soutenir la lutte. Philippe était à Péronne ; il accourut. Les deux armées setrouVèreiit ilors en présence. L*Escaut les séparait.Lo •eomte de Haînaût voulait combattre; le roi temporisait; et ti*ailkrurs'un singulier scrupule le retenait. Lesanciens traités obligeaient les rois de France à ne point fàire'.la guerre sur les terres de Pempire , et Philippe crut être agréable à Louis de Bavière en se montrant Bdèle à ces eonventions ^d*honneur, car on était sur le domaine. impérial. Mais, -pour concilier tous les devoirs, Je roi tse démit du commandement de son armée, et Jean, son fils, 'ait libre de tirer Tépée. Telle était la politique en un temps où la chevalerie gardait encore un souvenir de loyauté.Touiefois^le ducde Normandie nese pressa pointde combattae. 'ke *conlte tieMSâinant.ravait défié deux fois. Le. jeune princexrut pruident de' temporiser. La ligue ne partageait pas la eoiffiance du comte de Hainaut. Elle craignait de tout compromettre dans une' bataille. Le comte de Braiant conseilla îde &*î6toigner.' La petite ville assiégée tomba

f nQlB8ard>clit^.iO,

«8T0IBE DB niAHGE. tl51

4ia pouvoir du roi de France. Tout le^pc^s de Sûtiaiit cou* tioua d*êtpe ravagé *.

Copeftidani Philippe avait d*autfes desseins. Il bavait qu'Edouard ne tarde/ait point à paraître en mer avec une •expédition imposante^ et qu'il se proposait d* aborder à 9*édlase en Flandre. Il voulut lui apposer une flotte, et Tempècher de toucher au rivage. Quatre cents aa^res furein armés ; ils portaient quarante mille hommes, Normands, Picards et Génois; matsTunité du commandement manqua à ces forces redoutables. Les Français étaient commandés par Hue Quieret eft messire Nicbole Beoohet* >(Hne de Keruel et Bahuchet); les Génois par Barbevère , amiral de leur nation. L'harmonie ne pouvait régner entre eux ; la flotte était allée se placer devant le port de TËcluse ; dès que la flotte anglaise parut , l'amiral génois, qui peut- •Àlre avait une plus grande expiérience de la «ner^ dit à :ses compagnons : « Sedgneors, voz ci le roy d'Angletterre à toute sa navire qui vie&t sur noits ; se vous voulez croire mon conseil , vous vous trairez en haute mer : car se vous demeurez yci , parmi ce qu'il ont le vent, )e souleilet le flot de l'ynue, ilis vous tendront si court que vous ne vous ne pourrés aidier.» Nichole BenchM dédaigna ce conseil. '« Bonnissoit qui se partira de oi , drt-il^ car yci les attendrons et prendrons notre aventure. — SeigoeiQrs, répcmdit Barbevère, puisque vous ne voulez croire mon conseH, je ne mo veulx mie perdre , je me mettrai avecqnes mes quatre galées .h<nrs de ce trou*. » Bt lè^iessus il s'éloigna avec totftes ses gMe^. La flotte anglaise arrivait en même temps , et la bataille fiït biewtAt engagée. Les français «ureni d'abord l'avankdge , 'et un dès plus gros vaîsMaux 'Oimemis, qu$ cm appelait la Ri(9te de l'Eure, tomha en kurs mains. Une perlait ^ue des cbevaliers : tom fanent «ais à mort. Mais bientôt la flotte entière vint serrer de près les vaisseaux de France , et en mtème temps les FlanMods ao^

* erwiiSetVkrmu

• Ubid.

852 HISTOIRE DE FRAHCB.

couraient au rivage armés de flèches. « Les François estoient si entassés, dit le chroniqueur, qu'il ne se povoieat aidier. o Cest ce qu'avait prévu Vamiral génois. Dans celte situation, le combat ne fut pas même possible. Il ne resta que la destruction. Près de trente mille hommes périrent de part et d'autre «ians cette lutte inégale* ; mais le plus grand nombre du côté des Français. Hue Quieret , Tun des amiraux, fut tué en combattant; l'autre, Nichole Beuchet, fut pendu au mât de la nef, en dépit du roi de France. Les plus petits vaisseaux purent s'échapper. Tout le reste était aux mains dos Anglais. Ils recouvrèrent deux grands vaisseaux qu'ils avaient perdus dans les batailles précédentes, le Christofle et VÉdouarde,

Edouard avait été blessé à la' cuisse ; il fut obligé de rester sur son vaisseau ; mais Robert d'Artois descendit à l'Écluse avec les barons d'Angleterre. Peu après, Edouard allait en pèlerinage à Notre-Dame de Rotembourg remercier Dieu de sa victoire ; et de là il passa à Bruges, oîi il prit tous les mestiers de la ville, pour aller avec ce cortège recevoir à Gand les triomphes que lui préparait Darthevelt. Un grand conseil fut tenu pour délibérer de la guerre ; les ligues furent renouvelées, et l'on résolut de faire deux corps d'armée); l'un, sous les ordres d'Edouard, qui commencerait par assiéger Toumay; l'autre, sous les ordres de Robert d'Artois, qui s'acheminerait par Cassel vers Saint-Omer.

Celui-ci, avec sa fougue haineuse et précipitée, alla se faire battre sous les murs de Saint-Omer. Son corps était composé de soixante mille hommes; le duc de Bourgogne le surprit et le dispersa. Robert faillit périr dans la fuite, de la main de ses Flamands ; il se sauva à Ypres, et de là sous les tentes d'Edouard, près de Tournay*.

* Grandes Chron. — D'après le P. Daniel , du côté des Français, dix mille hommes tués et dix mille prisonniers ; du côté des Anglais, quatre mille morts.

* Voir les détails de cette bataille dans les Grandes Chron, de M. P. Paris. Ils n'ayaient point été publiés Jusqu'ici; et Us font omtraste airec les récits antifrançais de Froissard.

1340—1350 H18T0IES DB fraucb. 553

Edouard avait déjà commencé le siège de cette ville, et Philippe s^avançait pour la secourir avec toute la chevalerie de France. Il vint se camper à deux lieues de Tarmée anglaise , et tout annonçait enfin une bataille entre les deux rois.

1340. -^ Tout à coup on reçoit au camp français un message d*Edouard ; c'était une provocation de duel, « de par Edouard , roy de France et d'Angleterre , seigneur d'Irlande. » Tel était le début du cartel. Edouard proposait un combat singulier, ou bien un combat de cent hommes dei plus souffisans ou bien enfin une bataille, potoir contre pacoir, dans dix jours devant la cité de Tournay.

Philippe , armé pour défendre la France , ne pouvait point et ne devait peint atténuer sa querelle en acceptant un tel défi. Sa réponse fut noble.

« Phelippe, par la grâce de Dieu, roy de France, à Edouart, roy d'Angleterre. Nous avons veues unes lettres apportées en notre court, envoiées à Phelippe de Valois» esquelles lettres estoient aucunes requestes. Et pour co que les dictes lettres ne venoient pas à nous, et les dictes requestes n'estoient pas à nous faictes , ainsi comme il appert par la teneur des dictes lettres , nous ne vous en jTaisons nulles responses. »

Toutefois , le roi répondait aux grieCs du roi d'Angleterre. « Et notre entente, lui disait-il, est quant bon nous semblera de vous chacierde nostre royaume, à l'honneur de nous et de nostre majesté royale, et au profit de nostro peuple. »

Mais en même temps Jeanne de Valois , sœur de Philippe, mère du comte de Hainaut elbelle-mère d'Edouard, s'entremettait pour désarmer ces colères. Elle fit si bien qu'elle arracua une trêve d^un an, espérant la changer en une paix plus durable sous la médiation difpape. Le siège do Tournay fut levé , et Edouard passa la mer. Philippe semblait garder l'avantage. D entra à Tournay, aux acclamations populaires, fit honneur aux défenseurs de la cité, rétablit les privilèges de la commune, et de là retourna i Paris.

SS4 SBsroiu DK muuMX.

134L. — Cette année de 1rè«re fut pleine 'd'ttftrigoes. Le voi détacha rempereor du 'parti d'Ângletenre ; mais il Inasa les affaires d'Ecosse seipacifienrà-som grand dommage. Da- %-id de Bruce s'était jeté en son pnys pendant la guenre<de Flandre. (Tétait une puissante diversion. Edouard Inipmposa une trêve, et Philippe la conseilla. KTétart une fiiute.

Quant aux Flamands, il ne fut pas possible de les arracher à leurs {actions. Le roi avait sollicité poxir enxlalevée de Texcommunication. « ^Serez-nrous fidèles su m de France? » dit le pape à leurs députés. « 11 nous en eolMeroit la tète de le promettre , « rëpoirdirent4b. « S n*y a point de pardon ponr ceux qui ne se corrigent pas, 'v reprit le pape; et tout resta dans la^èmeonarchie.

La Guyenne restait amssi Feiccasion perpëtnefle des ruptures, et les conférences Toulaient sur les condifiens de cette vassalité subsistance. Hais terot à €i«p tme nutre occasion éclata *. elle ^taîtlocrt impnivne.

Jean m , duc de Bretagne , <« qui en tout son temps Tut i)on François , preudhons et joyenx *, ^» et qu*on arôifya dans les guerres de Flandre à «cOtë des rois, n^avait peint d'enfants. On l'appelait ffean TeBon. Cesl un snrnomrare* ment donné par les peuples; et à^aose 8e rabouté il avait depuis longtemps sa pensée préoocupëe des 'déchirements qu'il léguerait à son pays, i^t{lBvaiitvouhiles>prévenir en disposant d'avance de sonliëritage. fl avait une nièce, Jeanne de Penthièvre, fille de'Guy,'Son ft%re, q^Nl iroalait rendre héritière de ses Etats, enîui donnatft nn mari qoi les pût défendre par Tépée. Le choix de ce mari fut (fifficile. Les barons de Bretagne assemblés apportaient -dans cette recherche des Tues personnelles ëi diverses. U y avait d^ail* leurs une concurrence déjîà prête à parattre. Le père du duc de Bretagne, marié deux -Tais, avait laissé du second IH un fils nommé Jean de Bretagne, comte fle Montfort. On savait que cdlui-ci rervendiqueràit «on droit. Tont était plein d'anxiétés. Enfin, >on laissa faire le dno. Il désigna,

' Chron. 00 du Vueselîn, TMÎét pnV.Vkisû Aamla BOiHotlUqyê thoùie de M. Laurenlie

iBifilOIBB DB EBAKCE. JI55

pour fttrele.mari de sanièee, Charles de. Blois, fils de Guy de ChàtiUon , comte de.Btois et de Dunoia , et de Hargnerite, de Valois, sœur du roi Philippe. Celte parenté le rendait imposant. On fit le I mariage. Charles de Montfinrt y assista, mais en frémissant. On connaissait d^avance .ses vues d*ambition ou de Tengeancef CharlBs .de Blois ne reçut, pas .moins Thommage des Jbacons .

ISilv^-rlrois ans après, Jean le (Boa mourut.. Ansskdt .laBretagne-ae trouva divisée en deux pattisriviaox^Parmi . la Bretagne alla le comte de Hontfort , obafengeant viUes et châteaux. d!une part, et monseigneur .Charles »d* autre part; dont Bretagne fu moult djommA^éejet ies nobles abaissés ; car adonc le père guerreoit contre le fite ! • • IBt, comme le icomte de Blois était protégé par le .toi < do Trance^, Edouard. se déclara pour le comte. de. MontCort. iTel {ut le^ germe d'un incendie nouveau *.

.Hontfort débuta ^ par des coups d'habileté. ICharlss. de Bloi&^'iétait rendu à Péris pour {èdre: reconnaître son droit ;par le,parlement, «t recevoir Tinvestiture du duché.' Ben- .danl ce\ten|p9» Hontfort s'empara de Nantes, de Rennes, de Breat,.d'Hennebon;laplus grande, partie dupays était .dinsif8aus:SB.main<£t, .comme il s'agissait de ise maintenir dansAeltevCOBflpuète, il jcouru ta. Londres sTassurerleBO- •.ciOJUis.d/'Edouard; etipouT'cela iL lui .fit. hommage comme ,aa-vraii6DttVjeiain de Franœ. C'était souiller sa cause,mais la rendre redoutable. A Paris, on dissimula cette injustice; .maiSvOB^cita.le'.eomte devant le cour. des pabs. n compa- .rut,^et;per Jà.ilacceptait uneijuridiclion .en contsadietion avec riuunm^ge aqu!iL avait fait eu Toi d^Aogleteere.!Oes deux câtés>on évitait de prime sboiU las conflits violeats. Le roitrefuttlacomte^avec^politasse. Le comte, parut .empressé et soumisaupcès duiroi. Uaî^ la cour de» pairs porta une seAtence gui confirmait .k droite du comte deJBIeis i se fondant .snr la .coutume .de Bretagne, où Ja loLsidiBue

* Chfwa, dt du GuetcUn,

« Voir le lédt des dlssenaious de laBr«li^goajtas.FteiMnd;f.i2xtB et Txtvui.

JiS6 HISTOHŒ DE feaugb.

n'avait point pénétré , et aussi sur le droit de représentation , en vertu duquel Guy, frère putné du dernier duc , aurait été duc s'il avait été vivant, et, par conséquent, avait laissé son droit entier à sa fille Jeanne de Penlhièvre, qui lui avait survécu. ^

Dès que Montfort entrevit la décision de la cour des pairs , il s'enfuit de Paris déguisé , dit-on , comme s'il avait eu à redouter une autre justice pour ses forfaitures.

Après cela , il n'y avait plus qu'à soutenir parles armes Charles de Blois. Le duc de Normandie fut chargé de conduire une armée vers la Bretagne. « Mains bons chevaliers de France et d'aultres contrées se tirèrent de la partie de Charles de Blois ^ ; » et entre eux l'histoire aime à citer un chevalier d'un nom qui devait devenir éclatant, et qui alors paraissait pour la première fois dans ces vaillantes et fatales rivalités. « Bertrand (du Guesclin)qui ces nouvelles sceut, dit que jà en son vivant ne soustiendroit maulvaise querelle ; aingois feroit tousjours avec droicture. Si se mist à tenir le party de Charles de Bloys, et pour sa vaillance il actrahy à soy plusieurs jeunes gens désirant des guerres savoir, et tant que en brieftems se trouvèrent bien soixante compaignons armés , qui dessus eulx firent capitayne Bertrand *. » Ainsi débutait dans les batailles le vaillant Breton , et le choix de son party suffit pour dter à l'histoire tous ses doutes sur la justice et sur le droit de cette cause.

Déjà Montfort était à Nantes. L'armée de France s'était arrêtée devant quelques châteaux qu'elle avait fait tomber; elle parut enfin devant Nantes. D'abord , il y eut quelques combats acharnés; puis , les plus notables habitants commencèrent à s'effrayer d'avoir à lutter centre le fils du roi en personne. L'arrêt de la cour des pairs troublait leur zèle pour Montfort ; ils résolurent de l'abandonner. Une porte delà villefùt ouverte aux Français. Montfort, instruit de cette trahison , n'eut que le temps de courir au châ-

* Chron. de du Gueselin, citée.

HISTOI&B DE FRARGB. 5S7

teau ; mais on enfonça les portes, on s'empara de lui , et on l'envoya prisonnier à Paris. Là, il fut enfermé au château du Louvre.

Tout semblait devoir se terminer à ce rapide enlèvement. Montfort était captif; sa femme le suppléa.

Jeanne de Flandre, comtesse de Montfort, révéla tout à coup son génie. Elle était à Rennes, lorsqu'elle apprit le malheur de son mari. Son courage fut plus fort que sa douleur; elle annonça tout aussitôt son dessein de tirer le glaive , et de paraître dans les batailles. Dès ce moment, elle se montra comme une femme extraordinaire. On la vit descendre au milieu de la place publique , tenant son fils , âgé de cinq ans , dans ses bras , et là haranguer les bourgeois et les soldats en termes pathétiques, et leur remettre la défense de cet enfant , dernier reste , disait-elle, des vrais ducs de la Bretagne. Il se trouva un chevalier breton digne de seconder ce mâle courage. Il avait nom Guillaume Cadoudal ; elle le laissa pour commander dans la ville , et puis elle courut dans les places visiter les garnisons , les fortifier, les encourager , les payer , et enfin elle s^enferma dans Hennebon , attendant la fortune des batailles.

Charles de Blois s'était mis à la tète de l'armée que le duc de Normandie lui avait laissée , avec la plus brillante chevalerie de France; et la comtesse de Montfort avait envoyé Amaury de Clisson solliciter la venue des secours d'Angleterre. Gautier de Mauny, l'un des vaillants capitaines d'Edouard, fut envoyé en Bretagne avec des vaisseaux et des soldats; pendant ce temps. Rennes tombait au pouvoir de Charles de Blois.

Le vainqueur courut à Hennebon. La comtesse soutint le siège ; elle y combattit comme un homme. Le siège était poussé avec vigueur ; les murs commençaient à crouler sous Teffort des machines. L'évèque craignit les fatales extrémités d'un assaut; il proposa une capitulation. Les conditions étaient convenues; la comtesse seule résistait, et ne demandait que des coups de lance. Enfin la ville ne

598 HISTOtl» BB mÙlfGBk

pouvait plosIèTiir'; les Fraoçâisallaiént entrer : tonti coop apparattao loin Jairs latiner la flotte anglai-se. La comtesse en vit briller les voiles du haut d'une tour, etaos^ sitM elle S'ëcria : « Voilà le secours ^Gôurege!' enfants, nous sommes sauvés! 9 Ce signal et oe* ori rendb^entle courage aux assiégés. On résista>quelques tieuress Hënnefcon fut déKvré. -,

Mais Auray tombait au pouvoir du comte de' Bfois^ puis Vann'es suivait, et peu après Louis <i'£spagn(>, un de ses lieutenants, s*emparait deDinan et de Gli^andè. Oedernier fbt pourtant batta par Ito troupes ^rglaises^ dirigées par Amaury de QissoiX. La guerre avait ses alternatives ; mais le parti du comte de Blois restait le plusfort. Laplus grande partie de la Bretagne lui était soumise. La comtesse devMontfort se sauva par une trêve.

1342.— *Alôrs elle courut en Angleterre allamer de non» veau les haines d'Edouard. Il fallait que la guerre de Bretagne fût une guerre entte lès deuxrois; Fintrépide femme la fit telle, en 'demandant à Edouard une flotte et une armée, avec Robert d* Artois pour général. Dès que Ton vit' voguer ces nouvelles fôpces , on s'efforça de les arrè* ter. Une flotte française de trente-deux vaisseaux alla les attendre vis-à^vis de rflè d^ Guernesey. Une bataille tu^ rieuse s'engagea sans succès; elle devait se reprendre le lendemain : une tempête sépara les flottes. Hais les An* gUis purent descendre : et aussitôt Robert d'Artois, avec la comtesse de Hontfort, s*en alla faire des sièges et prendre des villes. Us parurent devant Vannes, qu*il était important de reconquérir. Qaatre nobles cheyaùers défendaient la ville : c'étaient Henri de Léon, Olivier de Clisson, les sires de Tournemine et de^ Lohéac. Il y eut sous les murs de beaux faits d*armes ; mais un stratagème fit tomber la ville. Robert d'Artois resta pourla garder, et la comtesse s'en revint à son château dllennebon. Peu après, Henri de Léon et Olivier de Glhson vengeaient la perte de Vannes par une victoire qui les ramena dans la vHIe. Robert d^ Artois avait été blessé dans ce combat imprévu. On

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fe transporta à lennebon pour le soigner ; mais il voulut, retourner à Londres. Il alla y mourir de sa blessqf e^ triste lin d*un prince fui, doué d'éclatantes •qualités'^ sîemblail devoir compteo sur de la gloires et ne sut , à foDce de cp* lëre , arriver qu'à Tignominie. (Test lui qui vêBsa sur la France les maux de la guerre civile et de la guerre étrangère. Il crut venger une injure ; il ruina sans profit- tout le royaume. L'histoire flétrit ces caractères d'hommes en quelque rang qu'ils soient placés, près du trône ou près du peuple. Avec du courage et du génie , ils restent voués aux anathèmes , et tons les peuples les maudissent , parce qu'As n'ont pas eu de patrie.

Edouard avait besoin d'honorer la mémoire de Robert; il lui fit des obsèques magnifiques , et puis il jura de venger sa mort, comme pour se donner un prétexte de reparaître en armes sur les terres de France.

En effet il arma précipitamment une flotte et débarqua près de Vannes. Là se trouvaient les nobles chevaliers qui avaient battu Robert d'Artois; il courut les assiéger. Peu après, la comtesse de Montfort arrivait dans son camp pour des conférences; mais elle s'en revint aussitôt à Hennebon. Vannes tenait contre les armes d'Edouard. 11 s'étonna de la résistance, et s'éloigna comme pour dissimuler la honte ou le dépit d'un mauvais succès. Toutes les places bretonnes étaient fortement défendues. Edouard alla essayer ses armes contre Rennes et ne fut pas plus h.eureux. Dans cette ville étaient des chevaliers intrépides, et entre eux Rertrand du Guesclin , qui déjà préparait sa renommée par de beaux faits d'armes. Alors il provoqua Charles de Blois à une bataille; celui-ci attendait des secours de France ; il évita de combattre. Edouard prit Dtnan pour se dédommager; mais dans les combats devant Rennes, Nantes et Vannes, les armes de France restaient maîtresses. Seulement^rien de décisif ne se produisait. Enfin on vit arriver le duc de Normandie avec* quatre mille hommes de chevalerie et une armée de trente mille soldats. Edouard craignit les hasards d'une bataille contre ces forces nouvelles. Tous les sièges semblèrent suspen^

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dus. Il reparut devant Vannes , et le duc de Normandie alla le bloquer dans son camp.

La fortune semblait propice à la France. Edouard, selon son habitude en de telles rencontres i laissa reparaître les négociations de paix.

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