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X-a Porte St-Denis, au temps de Louis XIV

bourg, Lew et Puycerda. Elle garda Saint-Omer, Cassel, Aire, Bailleul,

Poperinghe, Ypres, Werwick, Warneton, Cambrai, Bouchain, Valenciennes, Condé, IMaubeuge et la Franche-Comté. L'empereur fit la paix le 15 janvier 1679. Les traités de Westphalie furent rétablis. Les princes allemands reçurent des indemnités pécuniaires, l'électeur de Brandebourg, forcé par Créqui, restitua, par les stipulations de Saint-Germain, aux Suédois ce qu'il leur avait enlevé. Le Danemark en fit autant après la convention de Fontainebleau (2 septembre 1679).

Cette guerre, que l'ambition seule avait inspirée, porta très haut la gloire militaire de la France et celle de Louis XIV. La France avait tenu tête à l'Europe, et ne s'était pas montrée moins habile dans la diplomatie que vigoureuse sur les champs de bataille. Le roi avait payé de sa personne. Il voulait que la France fût souveraine partout, et cette souveraineté morale, fondée sur le sentiment de sa force, était partout acceptée. Les agrandissements territoriaux que le traité de Nimègue lui avaient donnés étaient peu de chose en comparaison de cette suprématie morale.

Le traité de Nimègue marque l'apogée de Louis XI \'.

Les magistrats ds Paris, qui avaient élevé en son honneur les portes triomphales de Saint- I\Iartin et de Saint-Denis, lui décernèrent en 1680 le titre de Grand, que l'Europe confirma et que justifie, malgré de nombreuses fautes, ce qu'il a fait pour organiser la France à l'intérieur et lui donner le premier rang dans le monde.

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lïl. — La Ligue d'Augsbourg. 16S8-1697.

|A France garda son armée m.algré la paix. Les traités de Westphalie, d'Aix-la-Chapelle et de Nimègue portaient que les villes cédées nous appartiendraient avec leurs dépendances. Ces termes vagues préparaient de nouvelles difficultés. Le roi créa dans les parlements de Metz, de Brisach et de Besançon des chambres chargées de rechercher ce que la France avait le droit de réclamer. Quatre-vingts fiefs furent ainsi enlevés à l'électeur de Trêves, à l'électeur Palatin, au roi de Suède, à l'évêque de Spire et au duc de Wurtemberg. En Alsace, presque toute la province fut adjugée à la France. Les magistrats de Strasbourg, effrayés, demandèrent l'appui de

l'empereur, pendant que la population catholique montrait ses sympathies pour la France. Louvois avait envoyé des troupes ; leur présence enhardit nos partisans et découragea ceux de l'Empire. La capitulation

Le maréchal Gatinat, d'apiés le poiliait de Troy.

sans combat fut signée le 30 septembre 16S1, et le 24 octobre Louis XIV faisait dans la ville une entrée solennelle au milieu d'une foule enthousiaste. Le même jour Catinat entrait à Casai, que rendait le duc de

Mantoue. Des conférences ouvertes à Courtrai au mois de décembre -devaient résoudre toutes les difficultés relatives aux frontières.

L'Europe s'inquiéta et Guillaume, stathouder de Hollande, accusant l'ambition de Louis XIV, prépara une ligue. La Hollande et la Suède s'unirent par le traité du 30 septembre 1681, auquel accédèrent l'empereur le 28 février 1682 et l'Espagne le 2 mai. Au moment même où se faisaient contre la France ces préparatifs, Duquesne bombardait Alger, ■et Tourville le forçait à rendre ses captifs et à respecter le pavillon français (30 août 1682, juin et août 16S3, 25 avril 1684). L'abaissement des puissances Barbaresques avançait la décadence de l'Islamisme dont la bataille de Lépante (1571) avait donné le signal, et que Sobieski venait de constater aux yeux de l'Europe, sous les murs de Vienne (1683), par la destruction d'une armée qui se proclamait invinci'ole.

Louis XIV ayant levé des contributions sur le territoire Espagnol, Charles II lui déclara la guerre (26 octobre). La médiation des Hollandais amena une trêve de vincît ans, sio-née à Ratisbonne le 1 1 août avec l'Espagne et le 15 avec l'Empire. Au mois de mai, Seignelay avait bombardé Gênes et obligé le duc à venir à Versailles présenter ses €.KCuses, témoignant par cette violation des lois de la République, qui ne permettaient pas au doge de quitter ses Etats, de la terreur inspirée par le roi.

Cependant la Ligue se fortifiait, et Louis XIV, malgré ses assurances pacifiques, la justifiait par sa conduite. Le pape ayant voulu modérer les privilèges excessifs des ambassadeurs, il menaça d'occuper Avignon. A la mort du prince-évêque de Cologne, le chapitre s'étant divisé entre le prince de Furstemberg, que l'infiuence de la France avait fait élire coadjuteur, et Clément de Bavière, le choix fut remis au pape, qui se prononça pour Clément. Le roi fit arrêter le nonce et occuper le Comtat Venaissin. Cette conduite à l'égard de la puissance morale la plus haute qui soit au monde, devait inquiéter tous les gouvernements. La Ligue comprit que le moment de l'action était venu, et le roi, pour la prévenir, adressa un manifeste à l'Allemagne, le 25 septembre 1688, et mit le dauphin à la tête de l'armée. L'appui qu'il donna à Jacques II, détrôné par son gendre Guillaume ill, détermina la déclaration de guerre parla Diète en février 16S9, par la Hollande et l'Angleterre en mars, par l'électeur de Brandebourg en avril, par l'Espagne en mai.

Le commandement de l'armée coalisée fut donné au duc de Lorraine, •qui prit Mayence malgré une défense habile et obstinée d'Huxelles

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(S septembre i6S8). En 1690, avec trois cent mille hommes sur pied on ne fit rien d'important. Luxembourg commandait aux Pays-Bas, Bouffiers sur la Moselle, Lorges 9>ur le Rhin, Catinat en Piémont et Noailles en Catalogne.

A la mort du duc de Lorraine, Maximilien de Bavière fut mis à la tête de l'armée coalisée. Le prince de Waldeck fut attaqué sur la Sambre, derrière Fleurus, par Luxembourg et Boufflers, qui lui tuèrent six mille hommes et lui firent huit mille prisonniers.

Le duc de Savoie, allié toujours incertain, nous abandonna. Catinat le battit près de Staffarde (iS août 1690), oii il laissa près de cinq mille hommes, et lui prit ses canons et ses bagages.

En 1691, l'armée de Flandre sous Luxembourg et celle d'Italie sous Catinat devaient seules agir, les trois autres restant en observation. Mons, que Guillaume essaya vainement de délivrer, capitula le 8 avril ; Luxembourg battit Waldeck à Leuze le 19 septembre, et mit en pleine déroute soixante-douze escadrons qui formaient son arrière-garde.

En 1692, Tourville, chargé de protéger une expédition de Jacques II en Angleterre, rencontra l'amiral Russell en vue de Barfleur. Après un combat qui dura toute la journée, Tourville, malgré l'infériorité du nombre, n'avait pas perdu un bâtiment. Dans la retraite, trois vaisseaux endommagés restèrent à Cherbourg, douze furent arrêtés par les vents entre le Cotentin et les îles d'Aurigny et de Guernesey. Les alliés les accablèrent sous le nombre, les brûlèrent ou les contraignirent à se faire sauter. Ce fut une grande perte, mais la bataille de La Hogue laissa sauf l'honneur du pavillon.

Le 20 mai, le roi investit Namur. Le 30 juin, la place est prise malgré les cent mille hommes de Guillaume, qui cherche à surprendre Luxembourg entre Steinkerque et Enghien (4 août). Luxembourg rallie ses troupes et, soutenu par les princes du sang et la maison du roi, le rejette sur Bruxelles.

Victor-Amédée, avec les Impériaux que commandait le prince Eugène (i), passa les Alpes, prit Embrun et menaça Grenoble. Les populations et les épidémies l'obligèrent à se retirer.

En 1693, sept maréchaux furent créés le 27 mars, et le 10 mai le roi

I. Fils du comte de .Soissons et d'Olympe Mancini, nièce de Mazarin. Louis XIV ayant refusé de l'employer à cause de sa parenté avec le duc de Savoie, il se rendit en Allemagne où, après avoir servi comme volontaire, il obtint un régiment et, bientôt après, le commandement d'une armée. Il fit beaucoup de mal à la France, dans la diplomatie et dans la guerre.

institua l'Ordre de Saint-Louis, « récompense de la valeur militaire, » grâce auquel « l'honneur fut chargé de payer les dettes de la gloire. »

Le iS mai, le roi s'empara de Dixmude et de Furnes. Ce fut sa dernière campagne. Luxembourg, après avoir pris Huy se jeta brusquement sur Guillaume à Nerwlnden (28 juillet). '^Trois fois les régiments emportèrent, dans une lutte acharnée, une position importante qu'ils finirent

Statue du prince Eugène de Savoie, à Vienne.

par garder, pendant que d'autres supportaient impassibles le feu de l'artillerie afin d'immobiliser une partie de l'armée ennemie. Partagé entre l'admiration et le dépit, Guillaume s'écria : ^ O l'insolente nation ! » Il perdit plus de dix mille hommes, soixante-seize canons et quatre-vingts drapeaux. La nouvelle de cette victoire fut accueillie à Paris par une explosion de joie. Au Te Deiim chanté dans la cathédrale, la foule, avide

HISTOIRB DE FRANCE.

de voir et de louer le vainqueur, l'empêchait d'avancer. Le prince de Conti ouvrit le passage en criant : « Place au tapissier de Notre-Dame!» Malheureusement cette victoire fut plus brillante qu'utile.

Catinat menaçant Turin, Victor-Amédée essaya de l'arrêter, et perdit à la Marsaille (4 octobre 1693) douze mille hommes et toute son artillerie. Une attaque à la baïonnette, arme essentiellement française parce qu'elle demande la valeur personnelle, décida de la journée.

Tourville surprit dans la rade de Lagos, sur la côte des Algarves, une Hotte anglo-hollandaise qui portait de Smyrne à Amsterdam et à Londres une riche cargaison. Plus de cent vaisseaux furent pris ou brûlés et trente millions de marchandises enlevés. Les captures faites par les corsaires de Dunkerque, de Dieppe, du Havre et de Saint-Malo s'élevèrent à des sommes énor-

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Château de Ryswïck au XVI1= siècle.

mes. Les Anglais essayèrent, sans succès, d'incendier les villes d'où partaient ces audacieuses expéditions.

En 1694 on resta sur la défensive, excepté en Catalogne, où Noailles battit l'armée espagnole {27 mai).

En 1695 la guerre fut peu active. Villeroy succéda à Luxembourg,

mort le 4 janvier. Guillaume prit Namur, et il n'y eut rien d'important en Allemagne et en Italie.

En 1696 un traité fut signé avec le duc de Savoie. On lui restitua ce qu'on lui avait pris, sa fille fut destinée au duc de Bourgogne, fils aîné du dauphin, et ses ambassadeurs eurent le rang de ceux des rois (20 août). Ses infidélités aux deux partis servirent son ambition.

Pendant la campagne de 1697, trois armées occupèrent la Belgique sous les ordres de Villeroy, de Boufflers et de Catinat, pendant que Choiseul et Vendôme opéraient en Allemagne et en Catalogne. Pointis s'empara de Carthagène, l'entrepôt des produits du Nouveau-Monde, et y trouva d'immenses richesses. Vendôme reçut la capitulation de Barcelone.

On n'avait cessé de négocier. Un congrès réuni à Ryswick, le 9 mai

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1697, aboutit à deux traités. Parle premier, entre la France, la Hollande, l'Espagne et l'Angleterre, Louis XIV rendait toutes les conquêtes faites depuis la paix de Nimègue, laissait aux Hollandais les principales places des Pays-Bas, reconnaissait Guillaume HI roi d'Angleterre et abandonnait Jacques H (20 septembre 1697 ). Parle second, avec l'empereur et les princes allemands, il gardait Strasbourg, reconnaissait Clément électeur de Cologne, et recevait une indemnité en argent pour les droits de la duchesse d'Orléans à la succession palatine. L'élection du prince de Conti au trône de Pologne avait paru offrir un dédommagement pour ces sacrifices, car un prince français sur les frontières orientales de la Prusse et de l'Empire eût été pour notre politique un secours puissant, mais il ne fut roi que deux heures (27 juin 1697).

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