II. — Le G
OUVERNEMEXT INTERIEUR.
L n'y eut rien de changé. Dubois essaya de relever les finances, fit instruire des procès contre des dilapidateurs, veilla sur l'ensemble de l'administration, et s'il ne parvint à inspirer ni de l'estime pour son caractère, ni du dévouement pour .sa personne, il sembla s'attacher à faire oublier les turpitudes de sa conduite privée et les hontes d'une politique servile. Il mourut subitement le 29 août 1723.
Philippe d'Orléans prit le titre de premier ministre, mais ce ne fut pas pour longtemps. Ses habitudes de débauche avaient usé sa santé. Il n'eut pas la sagesse d'écouter des avertissements réitérés, et il mourut d'apo-
plexie le 2 décembre 1723. Le duc de Bourbon fut nommé à sa place, le jour même. Fleury, Villars et Morville formèrent son Conseil. Il supprima deux impôts, créa sept maréchaux, et essaya de gagner les grands par des faveurs, le peuple par une sage administration. Paris-Duverney, qui, avec ses quatre frères, avait travaillé à réparer les ruines du système de Law, fut chargé des finances. Il en tira profit pour lui-même et pour ses protecteurs, mais il fit d'utiles réformes. Des lois pénales préparèrent la suppression de nombreux abus, et l'établissement de l'ordre et de la régularité dans la perception des impôts.
Une nouvelle maladie, qui fit craindre pour la vie du roi, détermina le duc de Bourbon à le marier au plus tôt. Il trouvait trop jeune l'infante que l'on élevait à Paris, et la renvoya le 5 avril 1725. Il jeta les yeux sur la fille du prince de Galles et sur celle de Pierre-le-Grand ; sa femme offrit une des siennes ; mais ces combinaisons furent rapidement abandonnées, et on apprit, tout à coup que Marie Leczinska, fille de Stanislas, roi de Pologne détrôné, devenait reine de France. Stanislas vivait alors modestement à W'eissembourg d'une pension, et l'élévation subite de .sa fille ne l'étonna pas moins que la cour et le pays. Plus âgée que le roi, Marie était bonne, pieuse, charitable, mais d'une intelligence médiocre et peu propre à exercer une influence durable.
11 fallut, pour faire face aux dépenses, rétablir des impôts anciens, en créer de nouveaux, et réclamer le droit de joyeux avènement, toujours mal accueilli. Le parlement n'enregistra les édits qu'en présence du roi. La misère était grande, et la cherté des vivres provoqua des émeutes à Paris et dans plusieurs villes. Fleury, qui voyait l'impopularité du duc, affectait de se tenir à l'écart, et un jour où on le fit attendre trop longtemps à la porte du Conseil, il se retira à Issy, d'où le roi se hâta de le faire revenir. Quelques jours après, le duc de Bourbon recevait l'ordre de rester à Chantilly, et une déclaration annonçait que le roi n'aurait plus de premier ministre (i I juin 1726). Fleury, qui avait soixante-dix ans, que l'on estimait pour la dignité de sa vie et qu'on aimait pour son dévouement au roi, entra au Conseil. Le 20 août, il reçut le chapeau de cardinal, appela au Conseil d'État le duc d'Orléans, les maréchaux de Villars, de Tallard et d'Huxelles. Pelletier eut le contrôle des finances, Le Blanc la guerre, Maurepas la marine.
Il fit d'utiles réformes dans la ferme des impôts, réduisit des pensions et s'efforça d'éviter une guerre que le renvoi de l'infante semblait rendre inévitable. L'Espagne, sensible à cet affront, avait conclu avec l'empe-
HTSTOTTÎK DK FRANCK.
reur une alliance offensive et défensive, dans le but d'obtenir de la France une réparation, et de l'Angleterre la restitution de Gibraltar et de Minorque. L'Angleterre s'unit avec la France et la Prusse (3 septembre 1725),
et pendant que l'Autriche gagnait la Russie, elle obtenait l'adhésion de la Hollande, du Danemarck etde la Suède.
Mais la France désirait la paix :
les négociations de Fleury amenèrent la signature des préliminaires le 31 mai 1727. Le congrès se réunit à Soissons le 14 juin 1728, et un traité fut signé à Séville le 29'novembre entre la France, l'Angleterre et l'Espagne.
L'empire resta en dehors.
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La quadruple alliance fut renouvelée; l'Angleterre garda Gibraltar; Parme et la Toscane furent éventuellement assurées au fîls de Philippe V ; les Anglais et les Français purent faire librement le commerce en Espagne,
et on restitua les prises. La Hollande, qui ne poursuivait que des intérêts commerciaux, adhéra au traité.
Fleury semblait par sa modération vouloir s'excuser d'exercer le pouvoir. Les ducs de Gèvres et d'Epernon l'accusèrent pourtant auprès du roi. Leur mémoire fut remis au cardinal, qui se contenta de renvoyer dans leurs terres ceux que l'opinion publique appela les niarinoiisefs.
La guerre de la succession de Pologne fut terminée par le traité de Vienne. Ce fut pour la France une époque de grandeur, car elle avait été la médiatrice de l'Europe ; l'Autriche était affaiblie, la Russie contenue, l'Angleterre réduite à l'impuissance, l'Espagne associée à sa politique. Les autres Etats attendaient d'elle ce qui pouvait les maintenir ou les relever.
« Depuis la paix de Vienne, dit Frédéric H, la France était l'arbitre de l'Europe. »
Fleury se hâta de supprimer l'impôt du dixième et de renvoyer Chauvelin, qui lui portait ombrage. Les sceaux furent donnés à d'Aguesseau, qui les garda quatorze ans, et fit dans la législation de nombreuses réformes. Fleury porta dans toutes les branches de l'administration une économie sévère, réduisit l'armée, encouragea le commerce et donna une impulsion vigoureuse aux travaux publics. Il fut arbitre entre l'Espagne et le Portugal, divers Etats allemands, la Turquie et l'Autriche. Le roi lui laissait tous les soins du gouvernement. Les désordres de sa conduite avaient déjà commencé, et bientôt il fut pour une cour corrompue et corruptrice, un déplorable exemple et un triste encouragement. Il prépara par le règne de l'immoralité, plus encore que par les fautes politiques, les catastrophes de la Révolution.
La disette de 1739 occasionna de vives souffrances. La guerre de la succession d'Autriche demanda de grands sacrifices en hommes et en argent. Fleury, qui ne s'y était décidé qu'avec peine et qui ne l'avait faite qu'avec des moyens insuffisants, mourut au moment où les revers s'accumulaient (29 janvier i 743). Louis XV ne le remplaça pas comme premier ministre, mais la part qu'il prit aux affaires ne fut pas plus active.
En 1744 il parut à la tête de l'armée. Une maladie subite que l'on crut mortelle l'arrêta à Metz, et montra à la fois l'amour du peuple et sa faiblesse. L'apathie et les désordres succédèrent à l'énergie qu'il avait montrée en présence de la mort et à la condamnation d'une vie scandaleuse. D'Argenson, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères depuis 1743, ^^^ disgracié en i 747, et remplacé par Puisieux,
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Son père garda le portefeuille delà guerre depuis 1743 jusqu'en 1757. Maurepas fut renvoyé de a marine le 24 avril 1749 et remplacé par .Rouillé. D'Aguesseau se démit de la chancellerie en 1 749 et mourut trois ans après. Lamoignon lui succéda, et Machault reçut le titre de contrôleur général. Ces changements portaient sur les personnes sans toucher au système, et le roi ne sortait pas de son indifférence.
Après le traité d'Aix-la-Chapelle, la situation financière était extrêmement grave. Il fallait réparer le passé et pourvoir aux exigences présentes. Machault prorogea jusqu'en 1750 la levée du dixième, et y ajouta le vingtième. Un emprunt de trente millions et une augmentation dans le prix des fermes lui donnaient l'espoir de subvenir à tout. Le parlement n'enregistra les édits qu'après des remontrances, et la résistance du clergé et des pays d'États fut très vive. Le clergé s'imposait lui-même et contribuait aux charges publiques par un « don gratuit » annuel. On prétendit l'obliger à un impôt extraordinaire de cinq cent mille livres, qu'il trouvait en disproportion avec ses ressources. Des mesures de rigueur furent employées contre les prélats les plus résolus, et il en résulta un vif mécontentement. Les pays d'Etats qui avaient, comme le clergé, le droit de voter les subsides réclamés par le roi, protestèrent contre la violation de leurs privilèges et finirent par se soumettre, en réservant leurs immunités traditionnelles. Des émeutes éclatèrent en province, et, en 1750, il fallut recourir à des charges de cavalerie pour réprimer à Paris des séditions provoquées par la disette.
Cependant on opérait des réformes dans l'état militaire. Les dernières guerres avaient mis en relief des abus auxquels on s'empressa de remédier, et le comte d'Argenson pourvut à l'instruction des officiers et des soldats, institua, par l'édit du 25 novembre 1750, une noblesse militaire, et, par celui de janvier 1751, une école destinée à cinq cents jeunes gens nobles et sans fortune.
La marine fut augmentée, et Rouillé réunit tout ce qui était nécessaire pour former en dix ans une flotte de cent dix vaisseaux de ligne et de quatorze frégates. La canalisation de rivières, l'ouverture de nouvelles routes, l'amélioration des anciennes, la création d'un corps spécial des ponts et chaussées, des encouragements donnés à l'industrie, des facilités assurées au commerce, atténuèrent dans une certaine mesure les maux de la guerre et les souffrances du peuple.
La guerre de Sept ans imposa de nouveaux sacrifices, et obligea de recourir à des impôts contre lesquels les parlements de Paris et de pro-
vince firent également des remontrances. Deux lits de justice avaient été tenus pour arrêter les troubles provoqués par le refus des sacrements, les prétentions du jansénisme et les entreprises des parlements. Il y eut de nombreuses démissions de magistrats, des échanges de libelles ; et l'attitude incertaine du gouvernement, qui passait des concessions aux violences, réunit contre lui tous les mécontentements. Le 5 janvier 1757-, un domestique sans place, Damiens, blessa légèrement le roi d'un coup de couteau. Il subit la torture, déclara n'avoir pas de complice et mourut dans d'affreux tourments (28 mars). Le roi parut disposé à faire cesser le scandale de sa conduite, et adonner au dauphin, que l'on savait pieux, régulier, laborieux, une part aux affaires. Mais ces bonnes dispositions ne furent pas de longue durée.
Après la disgrâce de d'Argenson et de Machault, Moras fut remplacé au contrôle général par Boulogne ; et Massiac, qui dirigea pendant cinq mois la marine, la céda au lieutenant de police Berryer. Bernis, secrétaire d'État aux affaires étrangères, demanda la paix avec instance, en montrant la disette d'hommes, d'argent, de généraux, de vaisseaux et d'approvisionnements. Il fut combattu par le marquis de Stainville, qui le remplaça, après avoir été créé duc et pair sous le nom de Choiseul. A peine arrivé au pouvoir, il conclut avec Marie-Thérèse un traité qui lia, plus étroitement que les précédents, les intérêts de la France à ceux de l'Autriche, sa rivale séculaire.
Silhouette remplaça Boulogne au contrôle, et prit pour les finances les mesures les plus incohérentes. Il lui fallait deux cents millions pour la guerre ; il les demanda à quatre édits, qui portèrent la terreur dans les esprits et la perturbation dans les affaires. Le roi envoya sa vaisselle à la monnaie, et son exemple fut suivi, non sans murmures et même sans protestations. On ne reculait pas devant des sacrifices nécessaires, mais on aurait voulu un meilleur emploi des finances, une politique plus raisonnable et de meilleurs généraux.
Bertin, qui prit en novembre 1759 le poste de Silhouette, se trouva aux prises avec les mêmes difficultés, et y pourvut par des emprunts, des dons gratuits du clergé et des augmentations d'impôts. Le parlement de Paris voulut être éclairé sur la situation financière. Les parlements de province firent la même demande, et se rattachèrent de plus en plus étroitement entre eux, sans compromettre l'autorité royale.
Le roi modifia les édits, et des mémoires furent demandés à toutes les cours souveraines sur les améliorations à introduire dans l'administration
financière. INIaupeou remplaça Lamoignon à la chancellerie, et sou fils devint premier président du parlement de Paris après la retraite de Mole. Le contrôle général fut donné à Laverdy, conseiller de la grande Chambre, dont on vantait l'esprit réformateur.
Laverdy cherchait à mettre de l'ordre dans les finances tout en enlevant au public la connaissance du véritable état des choses. Un édit du 1/ décembre 1764 soumit toutes les créances à son visa. C'était une mesure de sage administration ; il en profita pour opérer des réductions et des conversions de la dette flottante en dette perpétuelle.
Parmi les plaintes provoquées par le régime excessif des intendants, celles des paysans assujettis aux corvées étaient les plus vives. Les parlements s'en mêlèrent, le contrôleur prit des mesures précipitées, et les États réclamèrent les privilèges des provinces. La Chalotais, procureur général au parlement de Rennes, considéré comme l'instigateur de la résistance aux édits, fut arrêté avec son fils, qui était magistrat, enfermé dans la citadelle de Saint-Malo et exilé à Saintes (1765). Toutes ces mesures, qui tenaient la France attentive, entretenaient l'agitation, et soulevaient contre le gouvernement d'ardentes oppositions et de sourdes rancunes.
Le dauphin mourut le 20 décembre 1765. Sa piété, sa droiture, la pureté de ses mœurs et sa bonté l'avaient fait aimer. On attendait de lui un règne honnête et réparateur. La dauphine le suivit le 13 mars 1767, et la reine le 25 juin 176S.
Choiseul fit dans l'armée et la marine de sages réformes. Il s'efforça d'augmenter le commerce colonial, que la guerre avait détruit, et de remplacer le Canada par la Guyane. Il n'avait pour rien un système arrêté, et, mobile autant qu'entreprenant, il se donna peu la peine d'étudier ses projets : aussi ses réformes furent souvent inopportunes et toujours incomplètes.
Gênes, qui ne trouvait pas d'avantages dans la possession de la Corse, avait remis à la France, en échange des secours qu'elle en avait reçus, Ajaccio, Calvi, Bastia et San Fiorenzo, (1764). Choiseul, désireux de rattacher cette île à la France, offrit deux millions (15 mai 1768). Le marché était bon pour Gênes, et elle se hâta de le conclure. Il fallut combattre les populations soutenues par l'Angleterre, jusqu'à ce que Paoli, reconnaissant l'impossibilité de la lutte, se fût réfugié à Londres.
Le nouveau dauphin, depuis Louis XVI, épousa le 30 mai 177c Marie-
Antoinette d'Autriche, fille de Marie-Thérèse. Les fêtes du mariage
ni
cents personnes. Ce fut le prélude des douloureuses et cruelles épreuves furent attristées par une catastrophe, dans laquelle périrent près de douze
qui se terminèrent sur l'échafaud, le 21 janvier et le 16 octobre 1793.
Les plaintes contre le duc d'Aiguillon, gouverneur de Bretagne, déterminèrent le roi à convoquer la Gourdes pairs à Versailles (4 avril 1770). A la suite de l'information, irrité de voir discuter les actes de la couronne, le roi arrêta les poursuites, et imposa silence aux deux parties. Le parlement déclara le duc d'Aiguillon suspendu des fonctions de la pairie. Cet arrêt fut cassé par le Conseil, et le roi fit enlever au greffe, en sa présence, tous les actes de la procédure.
Le chancelier Maupeou, d'Aiguillon et le contrôleur général Terray, se réunirent alors, et ce triumvirat poursuivit la chute de Choiseul. Trois lits de justice tenus dans cette année n'amenèrent pas la paix et ne sauvèrent pas le ministre. Madame de Pompadour l'avait soutenu. Madame Dubarry le précipita. Ses bonnes dispositions pour les parlements ennemis du roi, ses relations avec les philosophes et son désir de faire la guerre, furent les motifs invoqués pour décider sa disgrâce.
Le 20 décembre 1770, le roi lui donna ordre de se démettre de sa charge de secrétaire d'Etat, et enleva en même temps les affaires étrangères à Praslin, son parent.
A la suite de l'affaire du duc d'Aiguillon, où le parlement avait porté au pouvoir royal un audacieux défi et où le roi traita ses magistrats de séditieux, ils avaient déclaré que, « dans leur douleur profonde, ils n'avaient pas l'esprit assez libre pour décider des biens, de la vie et de l'honneur des sujets, ;>> et ils interrompirent le cours de la justice. Maupeou, successeur de Choiseul, offrit au parlement de reprendre ses audiences. Dans la nuit du 19 au 20 janvier, chaque magistrat fut invité à se déclarer par un oui ou par un non. Le plus grand nombre d'abord, la totalité ensuite, refusa de se soumettre, et le 21 janvier une lettre de cachet indiqua à chacun le lieu de son exil.
jMaupeou partagea le ressort du parlement de Paris entre six conseils supérieurs, à Arras, à Blois, à Châlons, à Clermont, à Lyon et à Poitiers. Il créa un parlement de soixante-quinze membres pour rendre la justice gratuitement, après la simplification de la procédure et la réformation des lois criminelles. Ce nouveau parlement se constitua difficilement, et le roi y tint, le 13 avril, un lit de justice. On l'appela le parlement Maupeou. Les parlements de province furent reconstitués de la même manière.
L'abbé Terray, nommé contrôleur général le lendemain de la disgrâce de Choiseul, se trouva en présence de difficultés financières que
rendit plus graves la cherté des grains. La récolte de 1767 avait été mauvaise. Les théories des économistes portaient le trouble dans les esprits, et les applications incomplètes et prématurées détruisaient l'ordre ancien, sans y rien substituer. Le peuple souffrait de son état et de la ruine des espérances que l'on avait imprudemment entretenues en son esprit.
D'Aiguillon avait été chargé des affaires étrangères le 6 juin 1771. La France, insouciante, isolée et impuissante, vit s'accomplir, sans rien faire pour l'empêcher, l'iniquité du partage de la Pologne par la Russie, la Prusse et l'Autriche, au milieu de la stupéfaction de l'Europe. « Ah ! si Choiseul avait été là ! » s'écria Louis XV. Choiseul eût probablement jugé cet acte comme les philosophes ses amis, et on sait que Voltaire, écrivant à Frédéric, trouvait <"< qu'il y avait là du génie. »
La Cour était divisée, et la famille royale témoignait par son attitude de son improbation de la conduite scandaleuse du roi. La sainteté de la vie de ses filles ne le touchait pas plus que la sollicitation muette de la France honnête et chrétienne. Il parut cependant vouloir réformer sa vie ; mais c'était trop tard, et il n'eut pas le temps de donner à la dignité royale cette réparation nécessaire. Atteint de la petite vérole, il fut rapidement à l'extrémité. Il demanda les secours de l'Église, chargea le grand aumônier de faire amende honorable en son nom, et donna des témoignages d'une piété mêlée de remords. Il mourut le 10 mai 1774, et fut conduit sans pompe à Saint- Denis. Ses qualités aimables avaient disparu sous les habitudes insouciantes d'une vie voluptueuse, et le sentiment de ses devoirs royaux sous l'ignominie des plus honteuses dominations.