‹ Histoire de FranceChapitre 2 sur 46 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

par elle-même, par ses principes, ses inspirations, ses moyens et son btit, îine puissance incomparable. Elle est le mal social comme le péché est le mal individuel. Elle est la révolte contre toute autorité, et, à ce titre, elle se déclare légitime. C est V émancipation de tout ce qui peut retenir et contraindre. C'est la liberté donnée à toutes les passions.

Comment Vhomme ne V embrasserait-il pas avec empressement, puisqu'elle remue en lui ce levain de révolte qui fait le fond (^e sa nature déchue ? Ses inspirateurs et ses maîtres lui ynontrent covnucnt il peut disposer de lui-même, et par conséquent s imposer aux autres, avec une liberté qu'on ne reconnaît à personne le droit de limiter. « S'il plaît au peuple de se faire mal à lui-même, dit Rousseau (i), qui est-ce qui a le droit de l'en empêcher ? »

La Révolution est donc pour l' homme l'emploi légitime de ses forces pour faire ce qui lui plaît. Sans doute, on ajoute que sa volonté doit être limitée par la loi, mais si, selon la définition des principes de i/Sç, la loi est <L l'expressioii de la volonté générale 1), cette volonté fait le droit, la vérité, la justice, et, dès qu'elle est souveraine, il est facile de comprendre comment on interprète et ce que deviennent ces grandes choses, dans lesquelles toutes les natiojis ont reconnu, dans tous les temps, le fondement de toîtte société.

L'histoire dont nous avons suivi les phases, marquant les faits, signalant les hommes, indiquant la marche des idées, depuis 1610 jusqu'en iS^S, est un drame « à cent actes divers )) dans leqitel l'imprévu joue un grand rôle, où l' on passe promptement par les impressions les plus opposées, dont le dénouement recule au moment même oîi, on croit le saisir, et qui nous échappera peut-être longtemps encoi'c. La connaissance précise des faits est nécessaire pour juger des passions qui s'agitent, et pressentir oit elles aboutiront. Mais cette connaissance ne suffit pas, car elle risquerait de nous induire en erreur, en nous laissant croire trop facilement que le droit est là oii est le succès. Il faut subordonner tout à des principes, et ne s'engager dans cette appréciation des actions des hommes et des sociétés qtiavec un guide qui ne puisse ni se tromper ni nous tromper.

Ce guide, c'est l'Église. Elle nous dit où est la vérité, ce qu'est l'homme, quelle est sa destinée, comment il doit en poursuivre l'accomplissement en pleine liberté, grâce aux moyens que la société politique met à sa disposition, comment il doit être esclave du devoir et reconnaître l'empire

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