I . Contrat social, livre 1 1, ch . XII
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légitime et souverain de cette puissance providentielle qui le mené sans le contraindre, et qui, sans lui rien enlever de son initiative et de sa responsabilité, le fait r instrument docile de ses volontés.
Dieu choisit ces instruments oîi et quand il lui plait. Il se fit, après la formation des premières sociétés, un peuple à qui il donna la mission glorieuse de garder le dépôt de la foi, et de produire celui qui devait, par sa vie enseigner le monde, et par sa mort le racheter. Lorsque l' Empire romain se dissolvait sous sa propre corruption, l invasion des Barbares bci enleva une à une ses villes et ses provinces, et une nation se forma qui, baptisée à Reims, devint le soldat de Dieu, et qui, pendant des siècles, malgré des violences et des faiblesses, des égarements et des excès, resta ferme dans sa foi, et la défendit partout et contre tous avec une intrépidité à laquelle tous les temps ont rendu hommage. Voilà pourquoi la France s'est placée, de l'aveu même des jaloux et des ennemis, à la tête des nattons. C'est ce que l'on petit conclure, en dehors même des preuves positives qui abondent, de ce fait que chaque peuple se met luimême au. premier rang quand il se compare aux autres, mais que nul n'ose disputer le second à la France. N'est-ce pas avouer que si l' amourpropre national se taisait, la suprématie nous appartiendrait sans contestation ?
La France y a toujours cru, et cette confiance lui a donné une force incomparable. Bossuet (i) avait en vue son passé et son avenir quand il disait: (i Dieu apprend aux rois ces deux vérités fondamentales : premièrement, que c'est lui qui fornie les royaumes pour les donner à qui il lui plaît ; et secondement, qu'il sait les faire servir, dans les temps et dans l'ordre qu'il a résolu, aux desseins qu'il a sur son peuple. »
Est-ce que cette grande mission lui serait enlevée ? S'en serait-elle re^idue indigne par ces prévarications qui ont été la cause de l' affaiblissement et de la destruction de tant de peuples ? Nous ne pouvons le croire, et la vue de tant de bien mêlé à tant de mal ramène en notre cœur l'espérance. Dieu est miséricordieux pour les peuples comme il l'est pour les hommes, et Bossuet notis rassure quand il dit (2) : « Dieu, ne donne aux passions humaines, lors même qu'elles semblent décider de tout, que ce qu'il leur faut pour être les instruments de ses desseins. Ainsi l'homme s'agite et Dieu le mène. »
Après avoir parcouru la période qui s'étend de 1610 à 1648, dans