I. — Les Préliminaires de la Déchéance
^^^^^^^'AssEMiiLÉE législative ouvrit ses séances le i" octobre. Elle se composait de sept cent trente députés inexpérimentés et prêts à toutes les exagérations. Elle fit le serment de vivre libre ou de mourir, et supprima les titres de sire et de majesté, qui furent
rétablis le lendemain sur la menace du roi de ne pas
•^mm^^^^mi ouvrir la session.
Il fit dans son discours sa part et celle de l'assemblée. Il se chargeait de rétablir la discipline militaire et de maintenir avec les puissances des relations pacifiques. Il appartenait à l'assemblée de rétablir l'équilibre dans les finances, de relever l'industrie et le commerce, de hâter la rentrée des impôts et de mettre les lois d'accord avec la Constitution. Il fut fort applaudi, et le soir, au spectacle, la foule lui prodigua les acclamations.
La Fayette donna sa démission de commandant en chef de la garde nationale de Paris, et l'Hotel-de-Ville lui vota une épée d'honneur. Malgré ses intentions loyales, il avait aidé à l'affaiblissement de l'autorité royale et en avait préparé la chute. Dévoué à la monarchie constitutionnelle, il avait frayé la voie à la république, et sa vanité avait pris pour des services à l'Etat les tempéraments apportés aux exigences excessives des partis, qu'il avait encouragées.
Les émigrés, réunis à Coblentz, prétendaient rétablir le roi dans la puissance que la Constitution lui avait enlevée. On s'y agitait, on y compromettait le gouvernement, mais on n'y agissait pas. Le roi s'en plaignit et défendit l'émigration aux officiers de terre et de mer. L'assemblée, après une discussion fort vive, vota le 31 octobre un décret portant que Monsieur serait déchu de son droit à la régence si, avant deux mois, il ne rentrait. Un second décret du 7 novembre déclarait les émigrés, en état de rassemblement passibles de la Haute Cour nationale. Leurs revenus étaient placés sous le séquestre.
Le roi refusa sa sanction aux deux décrets, écrivit à ses frères et adressa aux émigrés une proclamation qui ne pouvait être écoutée.
L'assemblée s'occupa des prêtres non assermentés. Leur fidélité aux lois de l'Église les entourait d'une confiance et d'un respect que les populations refusaient aux prêtres jureurs. L'assemblée vota, le 29 novembre, un décret par lequel toutes les garanties de la Constitution étaient enlevées aux prêtres non assermentés ; ils étaient privés de toute pension, déclarés suspects et pouvaient être éloignés sans jugement. Le roi refusa la sanction. Il y avait été encouragé par le Directoire de Paris, qui voyait avec regret les entraves mises par la municipalité à l'exercice du culte.
Bailly, fatigué et impuissant, se démit de ses fonctions de maire. Il fut remplacé par Pétion, président du club des Jacobins, qui avait eu six mille voix sur dix mille votants. Danton et Manuel furent élus procureursyndic et substitut de la commune. L'influence des Feuillants, qui avaient voulu être des modérateurs entre les royalistes et les Jacobins, fut dès lors entièrement paralysée.
L'assemblée votait des lois avec une précipitation fébrile. En un an elle fit dix-sept cents décrets et toucha aux institutions, aux ministères, aux hommes. Les ministres, interpellés à tout propos, étaient à sa disposition ; elle agissait par eux, et, en réalité, elle gouvernait.
Les rassemblements d'émigrés sur les terres des électeurs de Trêves, de Mayence et de l'évêque de Strasbourg, furent signalés à la tribune. On demanda au roi des sommations aux princes protecteurs des émigrés. Le roi vint lui-même à l'assemblée porter sa réponse. « Il est temps, dit-il, de montrer aux nations étrangères que le peuple français, ses représentants et son roi ne font qu'un. » Narbonne, qui avait reçu le portefeuille de la guerre après la démission de Duportail, annonça qu'avant un mois cinquante mille hommes seraient réunis aux frontières, et trois armées formées sous le commandement de Rochambeau, à Lille et à Valenciennes, de La Fayette à Metz, et de Luckner sur le Rhin. Le rapport fait à l'assemblée le 1 1 janvier 1 792 témoignait de la plus extrême confiance. L'assemblée, qui avait décrété d'accusation Monsieur et le comte d'Artois, poussa des cris de guerre contre l'Autriche et mit sous séquestre les biens des traîtres.
Son exemple excitait les multitudes. Le travail manquait, la misère grandissait, les vivres devenaient plus chers. Le peuple voyait des ennemis partout, les dénonçait, les menaçait, et Pétion l'armait de
HISTOIRE DK FRANCE.
piques. Le roi ne put faire revenir la municipalité sur cette mesure dangereuse, et, pendant que la garde nationale découragée faiblissait dans son service, l'armée des sans-culottes, coiffée du bonnet rouge, prenait possession de Paris.
Le grand danger était dans les sociétés affiliées qui, répandues sur tout le territoire, recevaient le mot d'ordre de Paris, entretenaient l'agitation, dénonçaient les honnêtes gens, et soulevaient les passions qui mettent les armes à la main. « Guerre aux châteaux ! paix aux chaumières ! » avaient dit les patriotes, et ce mot d'ordre fut suivi. Tout
était prétexte à des actes de violence, et lorsque la force armée, intervenant pour faire respecter la loi, arrêtait les auteurs de crimes abominables, l'assemblée leur accordait l'amnistie.
Le 7 février 1792,1a Prusse et l'Autriche s'étaient unies par un traité qui garantissait les %. possessions en France des princes de l'Empire. Le ministre Delessart demanda des explications à Vienne, et reçut une réponse empreinte d'une hauteur qui exaspéra les clubs.
Ils accusèrent les ministres.
Narbonne et Motteville, qui dirigeaient l'armée et la flotte,, n'avaient pas les mêmes vues. Le premier se démit, le second fut renvoyé. Delessart fut traduit devant la Haute Cour pour avoir négligé ses devoirs, et Gerville, Duport-Dutertre et Tarbé s'étant retirés, le parti modéré ne compta plus un seul représentant dans le ministère.
Entre les Jacobins et les Feuillants se plaçaient les Girondins, ainsi nommés parce que leurs chefs étaient députés de la Gironde. Hardis, éloquents, ambitieux, ils paraissaient dignes du pouvoir et capables de l'exercer. Dumouriez, habile, énergique, véritable aventurier, fut mis à leur tête. Il n'était pas désagréable à la cour, malgré un passé équivoque, et les Girondins comptaient sur lui sans que la gauche lui fût hostile.
Jeân-Silvain Bailly,
Chargé le 1 5 mars des Affaires étrangères, il se rendit au club des Jacobins et y fit des déclarations qui lui valurent des applaudissements.
Les orateurs les plus écoutés, Legendre, Collot d'Herbois, Robespierre, n'osant pas l'attaquer, se contentèrent de faire des réserves.
Le 24 mars, le ministère était formé. De Grave avait la Guerre, Clavière les Contributions, Roland l'Intérieur. Dumouriez prit à l'égard des puissances une attitude décidée, presque menaçante. La Russie, la Suède et l'Espagne avaient retiré leurs ambassadeurs.
Les manifestations se succédaient à Paris et prenaient un caractère de plus en plus révolutionnaire. Pétion les encourageait. Collot d'Herbois proposa une fête en l'honneur des soldats de Châteauvieux, dont quarante avaient été envoyés pour rébellion aux galères. Robespierre les glorifia et dénonça La Fayette, à qui il attribua la protestation de ; la garde nationale. Les soldats l de Châteauvieux furent admis ^ dans l'assemblée par une ma- | jorité de seize voix, et défi- ^ , lèrent devant elle avec tous Ijf les honneurs de la séance. La ^ fête que Pétion autorisa, à i condition qu'elle « serait dé- :^:
diée à la Liberté, » eut lieu le 15 avril. Le cortège se rendit de la Bastille au Champ de Mars, portant des bustes de grands hommes, deux urnes destinées aux cendres des gardes nationaux et des soldats de Châteauvieux — les bourreaux et les victimes — des emblèmes divers et une statue de la Liberté, que l'on offrait à la vénération publique et devant laquelle on brûlait des parfums. Toute la population révolutionnaire étant au cortège, aux danses et aux farandoles, l'ordre ne fut pas troublé.
Le 20 avril, le roi se rendit à l'assemblée et y fit lire le rapport de
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Dumouriez.
Dumouriez démontrant la nécessité de déclarer la guerre. Elle fut votée à l'unanimité moins sept voix et commença aussitôt.
Dans l'assemblée les récriminations, les menaces, les félicitations, les dénonciations, se succédaient, entretenant le désordre et préparant de plus violentes manifestations. L'ennemi était partout : aux Tuileries, dans les généraux, dans la garde nationale, au ministère, chez les fonctionnaires. On annonçait une diplomatie secrète, des envois de renseignements et d'argent, des relations avec les émigrés, et tout ce qui pouvait exciter les passions révolutionnaires. Louis XVI correspondait, il est vrai, avec l'étranger, mais pour limiter la guerre qu'il avait déclarée, et engager les émigrés à cesser leurs rassemblements. L'assemblée répondait à ces actes par la défiance, et Pétion par l'ordre donné au commandant de la garde nationale de surveiller le roi.
Le 27 avril, l'assemblée prononça la déportation contre tout prêtre insermenté dénoncé par vingt citoyens du même canton. Elle resta quatre jours en permanence pour s'occuper de la garde constitutionnelle du roi, et prononça la dissolution de celle qui avait été formée et qui lui déplaisait. Elle admit quinze cents hommes de la section des Gobelins à défiler dans la salle des séances, et, pour répondre aux députés qui blâmaient ces mesures et défendaient le privilège royal, elle les envoyait à l'Abbaye.
Louis XVI refusa de sanctionner le décret contre les prêtres et promulgua celui qui était relatif à sa garde. Il se priva ainsi de ses défenseurs et fut désormais à la merci de ses ennemis.
Le ministre de la Guerre Servan proposa et l'assemblée vota le 8 juin l'établissement d'un camp sous Paris de vingt mille fédérés des départements. Les officiers de la garde nationale de Paris portèrent à l'assemblée une protestation couverte de huit mille signatures. D'autres députations suivirent en sens contraire. Le ministère était divisé, et Dumouriez souffrait avec peine les Girondins, que le roi n'avait jamais aimés. Le 12, Roland, Clavière et Servan furent renvoyés.
La blessure fut profonde pour Madame Roland, l'inspiratrice de son mari, l'auteur d'une lettre qui donnait au roi des conseils impératifs et qui fut publiée . L'assemblée déclara que les ministres emportaient l'estime et les regrets de la nation.
La situation de Dumouriez était intolérable. L'assemblée, à laquelle il demanda un concours décidé, lui était hostile ; elle lui reprocha les échecs militaires et l'accusa de trahison.
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Les généraux se plaignaient de lui, les Girondins lui demandaient compte de l'emploi de six millions, et le roi lui déclara qu'il ne sanctionnerait jamais le décret contre les prêtres. Il donna sa démission et fut mis à la tête de l'armée du Nord. Le ministère nommé par le roi appartenait au parti modéré et se composait d'hommes peu connus (iS juin).
Pendant que, de la province, arrivaient à l'assemblée des pétitions impérieuses, le peuple armé de Paris se préparait à célébrer l'anniversaire du serment du Jeu de Paume en allant planter un arbre de la liberté devant les Tuileries. Le Capucin Chabot, député, et le club des Jacobins assuraient leur appui à Santerre pour cette manifestation.
Le cortège se forma le 20 juin à cinq heures du matin. Pétion avait promis que la garde nationale n'agirait pas. L'assemblée fut avertie par le Directoire des mauvais desseins des meneurs contre les Tuileries, et peut-être contre elle. Vergniaud demanda que, conformément à ce qui avait été déjà permis, on autorisât la foule à défiler dans l'enceinte. Huit mille pétitionnaires armés attendaient. Pendant qu'on délibérait, ils forcèrent les portes et envahirent l'assemblée. Ils étaient armés de piques, de sabres, de couteaux, chantaient des refrains révolutionnaires et criaient: A bas le veto ! pendant que les femmes, sous la conduite de Théroigne de Méricourt, qui était venue montée sur un canon, se livraient à des danses échevelées. Le président s'était couvert, et les députés qui ne pactisaient pas avec l'émeute, assistaient, pleins de honte et de terreur, à ce triste et désolant spectacle.
Les Tuileries étaient le but de la manifestation. La foule se répandit dans le jardin et entra dans le Carrousel, où la garde nationale ne l'arrêta pas. Le commandant, incapable ou gagné, propose d'admettre vingt délégués auprès du roi, et pendant qu'on discute, les portes sont forcées. Les canons avaient été tournés vers le château, et une pièce fut portée à l'intérieur par le grand escalier. La foule était maîtresse dans la demeure royale.
Le roi n'hésite pas à se montrer. Quelques gardes nationaux lui font un rempart de leur corps, mais la pression de la foule le repousse dans l'embrasure d'une croisée, au milieu des cris, des insultes et des outrages. On lui demande impérieusement de sanctionner les décrets contre les prêtres et les émigrés. Il répond qu'il fera ce que commande la Constitution. Il se laisse coiffer du bonnet rouge et boit un verre de vin que lui présente un homme du peuple. Sa fermeté calme un moment l'effervescence populaire. Ses serviteurs, des hommes dévoués, des gardes, se
mêlent à la foule, et des députés parviennent jusqu'à lui. La demeure royale a été violée, le roi outragé, le pouvoir avili, mais le sang n'a pas coulé, et lorsque Pétion arrive enfin à si.\ heures, après avoir été plusieurs fois appelé, il n'y avait qu'à faire achever l'évacuation. Il ne perdit pas l'occasion de haranguer le peuple, de vanter sa dignité et de louer ses vigilantes intentions.
La foule avait aussi envahi la salle du Conseil, dans laquelle se trouvait la reine avec ses deux enfants, et l'occupa pendant deux heures. Personne ne devait échapper à l'humiliation, à l'outrage et à l'abandon. Les gardes nationaux postés aux Tuileries étaient bien disposés, mais, sans ordres, ils restèrent inutiles.
Le lendemain, le Directoire constata la violation de la loi sans en requérir la punition. L'assemblée interdit à l'avenir l'admission dans son enceinte de citoyens armés. Pétion alla s'expliquer ou plutôt se glorifier auprès du roi, qui refusa de l'écouter, et, par une proclamation, recommanda au peuple le calme et la dignité. Les adresses affluèrent dans l'assemblée, mais celles qui étaient hostiles au roi formaient la majorité, et plusieurs demandaient la déchéance. Cependant, le 25 juin, il fut vivement acclamé lorsqu'il passa la revue de la garde nationale.
La Fayette avait écrit à l'assemblée une lettre dans laquelle il attaquait Dumouriez, signalait les usurpations des Girondins, et demandait qu'au règne des clubs fût substitué celui de la loi. Le 28 il parut à l'assemblée, flétrit les violences commises aux Tuileries, en demanda la punition, et s'éleva contre les Jacobins, dont la répression importait à la sécurité de la patrie. Ses plaintes furent soumises à une commission. Il fut reçu par le roi, qu'il trouva profondément abattu. On ne prit aucune résolution, soit qu'on n'eût pas confiance en lui, soit qu'on ne le crût pas en état de réaliser ce qu'il proposait, et, après trois jours passés à Paris, il revint au milieu de ses soldats. Sa démarche ne servit ni le roi, ni l'ordre, et elle fournit des armes contre lui. Bientôt on le traita de factieux et les Girondins l'accusèrent. Ils recherchaient alors la faveur des Jacobins, et, par peur ou par calcul, ils s'associaient à leur politique. Sur la proposition de Vergniaud, la patrie fut déclarée en danger.
Lamourette, évêque constitutionnel de Lyon, proposa le 7 juillet de mettre fin à tous les dissentiments et de montrer une égale bonne volonté contre l'anarchie et la féodalité. On prêta le serment, on s'embrassa; le Directoire, la municipalité s'associèrent à ces bonnes dispositions. Le roi vint à l'assemblée, y déclara, au milieu des témoignages de respect et
de dévouement, que «la nation et son roi ne faisaient qu'un.» Ce fut beau mais peu durable : le lendemain les divisions avaient reparu et le baiser Lamourette était oublié. Les ministres se démirent. La Fayette fut accusé, et Pétion acquitté par l'assemblée, malgré l'évidence de sa participation secrète à l'émeute.
Les fédérés arrivaient à Paris et y portaient des passions accrues par le contact journalier, dans leur voyage, avec ce qu'il y avait de plus exalté. L'assemblée commençait à s'émouvoir de la pression qu'ils exerçaient sur elle en occupant les tribunes, et en manifestant leur adhésion aux pétitions les plus audacieuses.
La Fayette proposa d'enlever le roi et de le conduire à Compiègne, au milieu des Suisses et d'amis dévoués, ou de marcher sur Paris, où il était sûr de la coopération de la garde nationale. Libre, le roi pourrait se porter médiateur entre l'assemblée et l'Autriche, pour faire la paix et ordonner l'élection d'une assemblée où l'on ne distinguerait plus les classes, mais qui serait exclusivement nommée par les propriétaires. Ces propositions ne furent pas acceptées, soit parce que le roi ne les jugea pas constitutionnelles, soit parce qu'on ne comptait pas sur le succès, soit enfin parce que l'on craignait de trop devoir à La Fayette. Le roi assista avec la reine à la fête du 14 juillet. Il y vit brûler un arbre représentant la féodalité, il entendit crier « Vive le roi ! » mais surtout : « Vive Pétion et vive la liberté ! »
Il n'agissait pas et l'assemblée multipliait les décrets. Elle ordonna une levée de quarante-cinq mille hommes, la permanence des Conseils de département ou de district, le départ des régiments et des Suisses pour la frontière, l'organisation d'une gendarmerie composée des gardes françaises, et l'enrôlement des volontaires. Afin de soustraire ces mesures au veto royal, elle les présenta comn.e des actes et non comme des lois.
Elle ne négligea rien pour soulever l'opinion. Le canon tonnait d'heure en heure, les enrôlements se faisaient en public, les volontaires partaient aux cris de « Vive la nation ! » Elle accusait de trahison La Fayette, les directoires, les députés opposants, le roi. Les clubs y joignaient l'assemblée, la déclaraient incapable de sauver la patrie, et demandaient la convocation d'une convention nationale «neuve, pure, incorruptible.» Robespierre avait hâte de reprendre sa place.
Les Girondins avaient échoué dans leur tentative. Ils espéraient dominer les Jacobins, et les Jacobins, après avoir accepté leur concours, ne
comptaient pas même avec eux. Ils revinrent vers le roi, et lui demandèrent d'obtenir de l'Autriche la cessation des hostilités, d'éloigner La Fayette, de rappeler les ministres de leur parti et de sanctionner les décrets qu'il avait repousssés. Le roi ne répondit pas à ces avances, et constitua un ministère aussi insignifiant que le précédent.
L'assemblée avait décrété la permanence des sections dans tout le royaume. Celles de Paris avaient provoqué cette mesure imprudente. Elles en profitèrent pour prononcer, avec le concours d'un petit nombre de membres spécialement convoqués, la déchéance du roi. Sur quarantehuit, une seule s'y refijsa. La Commune leur donna des canons, et son exemple fut suivi dans les départements. On fit des levées, on s'empara des caisses publiques. Partout on voulait sauver la patrie, et on commençait par des émeutes, des pillages et des meurtres. Ce qu'il y avait de plus violent se dirigeait sur Paris où il était sûr d'un accueil favorable.