PREFACE
laquelle se pressent toutes les extrémités des choses humaines, la foi et rincrédulitd, la monarchie et la république , les conquêtes et les pertes de territoire, les victoires et les défaites, la prospérité et la misère, la supériorité intellectuelle et la stérilité, les vertus publiques et les crimes nationaux, r influence tiniverselle et l isolement dédaigné, il n est pas possible de se soustraire à de poignantes appréhensions. Ces alternatives seules sont îin motif de crainte légitime, car l'instabilité n a jamais rien produit de grand. Et cependant, le retour seul vers le passé ramené r espérance. Sans doute, les peuples qui pèchent sont soumis, en vertu d'une loi providentielle, à des châtiments qui l'établissent l'ordre ; et ces châtiments sont temporels, parce que la vie des sociétés ne se prolonge pas au-delà du temps. Qui nous assure que les châtiments que nous avons déjà subis n'ont pas payé une partie de notre dette, et que des vertus privées, des sollicitations secrètes, des mérites cachés, des sacrifices comme savent en concevoir et en accomplir les âmes privilégiées, ne nous acquitteront pas entièrement ? Sachons prier, sachons agir, et nous nous appuierons avec confiance sur cette promesse que saint Jean Chrysostome faisait au peuple de Constantinople qu effrayait l'approche des Barbares : « Ou aucun de ces malheurs ne trouble votre esprit. C'est la coutume de Dieu de ne point guérir les maîtx au commenceinent, mais de les laisser croître et se développer ; et quand tout est désespéré, et que la malice des hommes semble avoir épuisé son pouvoir, alors il réduit subitement les choses à une profonde tranquillité et les amène à un état prospère qui confond tout le monde. »
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