‹ Histoire de FranceChapitre 42 sur 46 · II. ■ — La Première Restauration · texte numérisé non relu

II. ■ — La Première Restauration

Endant ces événements, la commission sénatoriale travaillait avec le gouvernement provisoire à la rédaction de la nouvelle Constitution. Ce travail, qui semble avoir eu pour but spécial de conserver et même d'accroître les attributions du sénat, fut présenté le 5 avril, adopté le 6 et affiché le 7. On voulait que l'adoption de la Constitution précédât le retour des Bourbons.

Le maréchal Soult, reculant devant Wellington, était à Toulouse le 24 mars. Il y fut attaqué le 10 avril dans une forte position, et, après avoir énergiquement défendu ses redoutes, qui restèrent enfin aux Anglais, il dut opérer sa retraite sur Castelnaudary. Les pertes de l'ennemi furent

plus graves que les nôtres et la retraite se fit dans le plus grand ordre. Toulouse avait arboré le drapeau blanc ; Soult, Suchet, le général Decaen, Augereau, avaient fait leur adhésion au gouvernement provisoire et au duc d'Angoulême, représentant de l'autorité royale.

Le gouvernement provisoire fit mettre en liberté huit cents paysans espagnols, plusieurs cardinaux, un grand nombre de prêtres de Belgique, deux cent trente-six séminaristes du diocèse de Gand incorporés dans l'artillerie, et les membres du Chapitre de Tournai.

Talleyrand voulait le retour des Bourdons, mais à condition qu'ils se reconnussent ses obligés. Aussi retardait-il, autant qu'il dépendait de lui, leur arrivée. Le comte d'Artois était depuis le 26 mars à Nancy, sans situation officielle. Lorsque le 7 avril, le baron de Vitrolles revint vers lui avec une lettre de Talleyrand lui disant:« Nous avons assez de gloire, Monseigneur ; mais venez, venez nous rendre l'honneur, » il le trouva traité en prince et déjà entouré d'une cour. L'empereur d'Autriche l'engageait en même temps à se rendre à Langres auprès de lui. Il aima mieu.x rentrer à Paris seul, et en vertu du droit monarchique, que sous la protection d'un prince étranger, quelque bienveillant qu'il fût.

A Vitry-le-Français, il reçut l'acte constitutionnel et le conseil de Talleyrand, du duc de Dalberg et du marquis de Jaucourt d'adopter la cocarde tricolore, « cocarde de la nation. » Il répondit qu'il ferait son entrée en costume de garde national avec la cocarde blanche, qu'il se rendrait à Notre-Dame et qu'il ne voulait pas y être reçu par le cardinal Maury. On essaya de régler les conditions de son entrée ; il n'accepta ni ne rejeta rien, fut reçu par le gouvernement provisoire et les maréchaux, répondit à Ney, qui avait parlé au nom de ses camarades : « Tout ce qui a été fait pour la France n'a jamais été étranger au roi; vous avez porté, I\Iessieurs, dans toute l'Europe la gloire du nom français ; à ce titre, le roi revendique tous vos exploits ; » se montra froid mais poli pour Talleyrand, eut des mots aimables pour tous, passa au milieu d'acclamations enthousiastes, et, après avoir assisté à Notre-Dame au Te Dczim, alla se reposer brisé de fatigue, d'émotion et de bonheur dans ces Tuileries si pleines de souvenirs (12 avril). I! dut accepter la transaction qui lui conférait le titre de lieutenant général du royaume, « en attendant que Louis-Stanislas-Xavier de France, appelé au trône des Français, eût accepté la charte constitutionnelle. »

Le 16, il prit possession du gouvernement, et le 17 créa un Conseil d'État dans lequel entrèrent tous les membres du gouvernement provi-

HISTOIRE DK FRANCE.

soire, avec Moncey, Oudinot et le général Dessoles. Le drapeau blanc fut substitué au drapeau tricolore, et Benjamin Constant supplia les Bourbons « de ne pas faire l'immoral abandon de l'oriflamme de leurs pères pour prendre un drapeau tout sanglant de crimes et dépouillé de l'auréole du succès. » Des commissaires furent envoyés dans les départements avec des pouvoirs presque discrétionnaires, et Monsieur leur avait dit . « Portez au peuple l'espérance et rapportez au roi la vérité. » Ils devaient tout rétablir dans l'ordre. Le 23 avril il signala convention avec les alliés, suspendant la guerre, prescrivant l'évacuation simultanée des places occupées au dedans et au dehors, d'après les limites de 1792, et rendant à la France l'administration de tout son territoire.

Louis XVIII était à Hartwell, où il avait une petite cour , et d'où il suivait avec une confiance inaltérable les phases de la fortune de Napoléon.

Il n'avait négligé aucune occasion de se rappeler à la France et de la servir. C'est ainsi qu'après l'expédition de Russie , il sauva la vie à un grand nombre de prisonniers français. Il quitta sa résidence le 19, fut reçu à Londres par le prince régent, au milieu des témoignages de respect d'une population immense, ayant avec lui la duchesse d'Angouléme et le prince de Condé. Il donna au prince-régent l'Ordre du Saint-Esprit, reçut celui de la Jarretière, et s'embarqua le 23 à Douvres. En débarquant à Calais, où il reçut l'accueil le plus enthousiaste, il s'écria : « Après vingt ans d'absence, le Ciel me rend mes enfants, le Ciel me rend à mes enfants. Allons dans son temple en remercier Dieu. »

A Compiègne, où il arriva le 29, les maréchaux lui furent présentés. Cette entrevue pouvait inspirer des inquiétudes. Comment ces hommes d'action seraient-ils impressionnés par ce roi impotent et goutteux

Napoléon I" dans la cour du château de Fontainebleau.

dont l'habit civil était surmonté de deux épaulettes ? Sa majesté et sa grâce lui conquirent tous les cœurs ; son exquise courtoisie, des mots heureux, effacèrent toutes les préventions, et lorsque, parlant au Corps législatif de l'union entre le roi et les représentants de la nation , il eut dit : « De cette union seule peut naître la stabilité du gouvernement et la félicité publique, unique objet de vos vœux et de ma constante sollicitude, » on put croire que toutes les difficultés étaient levées.

Mais lorsqu'Alexandre, qui vint le voir à Compiègne, lui représenta qu'il devait consentir à tenir sa couronne des représentants du pays, il lui répondit que l'honneur de sa maison et le sien- lui interdisaient d'obtempérer au vœu du sénat et d'abandonner le droit royal. «Que suisje hors de ce droit? Un vieillard infirme, un malheureux proscrit, réduit à mendier, loin de sa patrie, un asile et du pain. Tel j'étais encore il y a peu de jours ; mais ce vieillard, ce proscrit était le roi de France : ce titre seul a suffi pour que la nation entière, éclairée enfin sur ses véritables intérêts, le rappelât avec amour sur le trône de ses pères. Je reviens à sa voix, mais je reviens roi de France. »

Alexandre agissait auprès de Louis XVIII, Talleyrand auprès du sénat, et tous auprès du comte d'x'\rtois. Il fut convenu qu'il y aurait une Constitution et qu'elle renfermerait les principales garanties demandées. Il n'y eut que trois points sur lesquels Louis XVIII ne transigea pas : la date de son règne remontant à la mort de Louis XVII, le titre de ses actes : « Par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre,» et le pouvoir constituant. Il se rendit à Saint-Ouen, où les délibérations continuèrent jusqu'au 2 mai, jour où le sénat se présenta devant lui ; Talleyrand parla da la Constitution de manière à en laisser l'initiative au sénat. Le roi ne se prononça pas, reçut tous les corps constitués, et s'imposa à eux par sa majesté ou les charma par son esprit.

Le lendemain, un acte déclarait que les bases du plan de Constitution proposé par le sénat étaient bonnes, mais qu'elles avaient été posées avec précipitation, et qu'une commission choisie dans le sénat et le Corps législatif recevrait le 10 juin communication d'un travail reposant sur les garanties suivantes :

« Le gouvernement représentatif sera maintenu tel qu'il existe aujourd'hui, divisé en deux corps, savoir : le sénat et la chambre composée des députés des départements ;

L'impôt sera librement consenti ;

La liberté publique et individuelle assurée ;

HISTOIRK DE FRANGE. 413

. La liberté de la presse respectée, sauf les précautions nécessaires à la tranquillité publique ;

La liberté des cultes garantie ;

Les propriétés seront inviolables et sacrées ; la vente des biens nationaux restera irrévocable ;

Les ministres responsables pourront être poursuivis par une des chambres législatives, et jugés par l'autre ;

Les juges seront inamovibles et le pouvoir judiciaire indépendant ;

La dette publique sera garantie ; les pensions, grades, honneurs militaires, seront conservés ainsi que l'ancienne et la nouvelle noblesse ;

La Légion d'honneur, dont nous déterminerons la décoration, sera maintenue ;

Tout Français sera admissible aux emplois civils et militaires ;

Enfin nul individu ne pourra être inquiété pour ses opinions et ses votes. »

L'entrée à Paris fut un triomphe. La joie était universelle et les acclamations traduisaient avec autant d'énergie que de sincérité le sentiment national. Les plus fidèles serviteurs de l'Empire n'étaient ni les moins empressés, ni les moins expansifs. Ce fut un grand jour, et le roi et la France pouvaient espérer qu'il ouvrait une ère de paix et de prospérité.

Le roi reprit possession de la France en obtenant des souverains alliés, par qui il avait fait accepter l'antique supériorité de sa maison, que les réquisitions cesseraient, que les droits des vainqueurs seraient ramenés aux relations d'alliés, et que l'administration du pays remplacerait l'occupation temporaire. Avec le sentiment très haut de la prérogative royale, il avait le désir de donner satisfaction aux aspirations nouvelles. Aussi la composition de son premier ministère fut-elle laborieuse. II mit Talleyrand aux Affaires étrangères, Dambray à la Chancellerie, le baron Louis aux Finances, l'abbé de Montesquieu à l'Intérieur, Dupont, à qui il dit : « Général, je connais votre gloire et vos malheurs, » à la Guerre, le baron Malouet à la Marine, de Blacas à sa maison, et Beugnot à la Police générale. Le baron de Vitrolles, dont l'activité dévouée l'avait servi dans les circonstances les plus critiques, garda le secrétariat général, mais n'eut pas le rang de ministre.

Le roi rétablit sa maison militaire et constitua, avec les maréchaux et les généraux de l'Empire, un Conseil de guerre chargé de la réorganisation de l'armée. L'infanterie se composa de quatre-vingt-dix régiments à trois bataillons de six compagnies, l'infanterie légère de quinze régi-

ments. Cent quarante-quatre mille hommes restèrent sous les drapeaux. Les officiers qui ne purent être employés reçurent la demi-solde. La cavalerie eut cinquante-six régiments de trente-trois mille hommes et vingtneuf mille chevaux ; l'artillerie huit régiments à pied, quatre à cheval, un bataillon de pontonniers et quatre escadrons de train. Elle avait un effectif de onze mille hommes et le génie de quatre mille. L'armée se composait de deux cent vingt-trois mille hommes, avec trente-deux mille chevaux. Tous les impôts existants furent maintenus jusqu'à ce qu'il fût possible de les réduire ou de les supprimer.

Le 30 mai, le traité de paix fut signé à Paris. La France, qui gardait les frontières de 1792, s'accrut dans le Nord, les Ardennes, la Moselle, le Bas- Rhin et le Doubs, et par l'addition du département du Mont- Blanc, d'une population de quatre cent cinquante mille âmes. Elle recouvrait ses colonies, excepté Tabago, Sainte-Lucie, l'île de France, Rodrigue, les Seychelles et une partie de Saint-Domingue. Aux Indes, elle recevait le traitement de la nation la plus favorisée, et gardait le droit de pêcher à Terre-Neuve. Ce traité général fut suivi de traités particuliers avec l'Autriche, l'Angleterre et la Prusse.C'est, après de terribles défaites, l'influence morale du roi qui valait à la France ces conditions. On les trouva cependant dures, et, oubliant ce que l'on devait aux Bourbons, on les rendit responsables de n'avoir pas obtenu ce qui était impossible.

Les souverains étrangers avaient hâte de quitter la France. Aussi la charte fut-elle discutée et votée en cinq séances par une commission de neuf sénateurs et de neuf députés. Le 4 juin, à deux heures et demie, le roi parut dans la salle du Palais- Bourbon, ayant à sa droite les ducs d'Angoulême et d'Orléans, à sa gauche le duc de Berry et les deux princes de la maison de Condé. Il lut un discours qu'il avait composé, et dans lequel il exposait la situation avec une grande netteté et touchait avec une extrême délicatesse aux questions irritantes. Le discours du chancelier Dambray, qui exposait les travaux d'où était sortie la charte, « concession octroyée par le roi dans la plénitude de sa puissance, » produisit un moins bon effet. Le sénat devenait par la charte chambre des pairs et s'augmentait de cent cinquante-quatre membres. Le Corps législatif se transformait en chambre des députés, et ces grands corps, les ministres, les fonctionnaires, et bientôt la France, épuisèrent les témoignages de reconnaissance pour celui qui donnait la paix et la liberté.

La charte constitutionnelle, précédée d'un préambule dont la pensée dominante est que l'auteur a voulu « renouer la chaîne des temps que de

funestes écarts avaient interrompue », se composait de soixante-seize articles sous ces titres : Droits publics des Français, forme du gouvernement du roi, de la chambre des pairs, de la chambres des députés des départements, des ministres, de l'ordre judiciaire, des droits particuliers garantis par l'État, et de dispositions transitoires. L'esprit en est tout entier dans les bases publiées le 3 mai.

La chambre des pairs vota sans discussion une ■■^^f '

adresse en réponse à la communication royale. A la chambre des députés, un membre protesta contre le mot d'octroi, mais l'adresse fut un acte de complète adhésion.

Le 7 juin, une ordonnance prescrivit la cessation de tout travail le dimanche, une autre créa dans l'armée de terre et dans la marine des officiers qui ne devaient avoir qu'un titre, ce qui scandalisa, et qui demandèrent des appointements, ce qui provoqua une vive irritation.

Après avoir fait son règlement, la chambre des députés reçut le dépôt de propositions relatives à la liste civile, aux contributions indirectes, à la triple puissance législative. Une loi sur la presse, présentée par le gouvernement, ne réunit, malgré des concessions,que cent trente-sept voix contre quatrevingts. A la chambre des pairs, l'opposition fut plus grande encore.

Le 1 2 juillet, le ministère présenta le tableau de la situation de la France. Depuis la campagne de Russie, il n'avait pas été levé moins de treize cent mille hommes. L'arriéré s'élevait à treize cents millions de

Louis XVIII.

francs. Toutes les réserves étaient épuisées, les arsenaux vides, les dépôts de la marine épuisés. L'agriculture manquait de bras, l'industrie de confiance, le commerce de débouchés. Le tableau n'était pas moins effrayant au point de vue politique, et la sincérité avec laquelle il fut présenté semblait encore en augmenter le redoutable caractère.

Le baron Louis fit connaître le projet de recettes et de dépenses et les moyens de subvenir à la liquidation. Soixante-huit voix se prononcèrent contre lui à la chambre des députés ; les pairs votèrent sans opposition.

Les chambres acceptèrent sans discussion le paiement des dettes du roi par quinze cent mille francs de rente, et la liste civile de trente-trois millions, y compris les dotations de sa famille.

La charte ne mettait pas de différence entre les propriétés. Un projet de loi proposait de restituer les biens nationau.x qui n'avaient pas été vendus.

Il fut voté par cent soixante-huit voix contre vingt-trois. Le sénat l'adopta sans opposition.

La chambre s'occupa des pétitions qui lui arrivaient en grand nombre. Le respect du gouvernement pour la libre expression de la pensée, en dehors de la presse quotidienne, que retenait la censure, enhardit les révolutionnaires. Carnot, un des juges de Louis XVI, fit, dans un manifeste publié sous le titre de « Mémoire» au roi, l'apologie du régicide, et se répandit en violentes accusations contre le gouvernement royal. Il en fut quitte en déclarant que ce mémoire n'était destiné qu'au roi. L'impunité lui donna des imitateurs.

Au commencement de décembre, le comte Dupont fut remplacé au ministère de la Guerre par le maréchal Souk, et nommé au commandement de la 2 2^ division militaire. Ce n'était pas une disgrâce, mais cet éloignement du ministère au moment où l'on venait de signaler un projet d'enlèvement du roi et de la famille royale, semblait justifier le reproche d'incurie. Beugnot reçut la Marine après la mort de Malouet, et eut pour successeur Pasquier, préfet de police à la chute de l'Empire.

Le 30 décembre, la session fut close et la chambre prorogée au 15 mai. Ses dispositions devenaient de plus en plus hostiles. Comment un corps nommé sous la pression de la volonté impériale aurait-il pu, même après les catastrophes dont il avait été le témoin, s'associer avec une entière sincérité au fonctionnement du gouvernement monarchique ? Annulé sous l'Empire, n'était-il pas à craindre qu'en vertu d'une réaction naturelle, il exagérât ses prétentions ? Les royalistes, de leur côté , devaient donner des forces à l'opposition par leur zèle même.

HISTOlRK DE FRANCE. 419

Un congrès s'était réuni à Vienne. Les empereurs d'Autriche et de Russie, les rois de Prusse, de Bavière, de Wurtemberg et de Danemark, les ducs de Brunswick, de Saxe-Weimar et de Saxe-Cobourg, l'électeur de Hesse et les grands-ducs de Nassau et de Bade, y assistaient en personne. Tous les Etats de l'Europe y étaient représentés et la France y avait envoyé Talleyrand.

L'Angleterre, la Prusse, l'Autriche et la Russie prétendaient d'abord, en qualité de puissances alliées, délibérer séparément et n'entrer en conférence avec les plénipotentiaires de France, de Suède, de Portugal et d'Espagne , qu'après s'être entendues . Talleyrand obtint que la France participât aux grandes affaires au même titre que les États dont la coalition l'avait vaincue. Il défendit le roi de Saxe, dont le royaume était un objet d'envie. Cette question et celle de la Pologne furent vivement débattues. Les négociations secrètes se mêlèrent aux discussions générales, et les intrigues se croisaient en tout sens, chacun cherchant à s'agrandir aux dépens de son voisin, et l'intérêt particulier primant l'intérêt des peuples.

L'organisation de l'Allemagne et de l'Italie fut l'objet de longues délibérations, et la position de Murât, resté roi de Naples pendant que les souverains légitimes étaient réduits à la Sicile, paraissait anormale. Tout n'était pas définitivement réglé, mais il semblait que les grosses difficultés fussent éloignées, lorsque les nouvelles de France troublèrent tous les calculs.

Le 2 1 janvier 1815, eut lieu à Paris une grande et touchante cérémonie expiatoire. Le corps de Louis XVI et celui de Marie-Antoinette avaient été inhumés et portés à Saint-Denis. Le comte d'Artois posa la première pierre d'une chapelle expiatoire, l'oraison funèbre du roi et de la reine fut prononcée dans l'antique abbaye, et le peuple s'associa par sa douleur à cette réparation nationale. Peu de jours après une nouvelle et douloureuse épreuve venait atteindre la France.

Page 1