Voy. Mémoires et papiers de Fraaklin
la honte de la guerre de Sept ans, de combattre Todieuse maie, demandait à partir en foule pour FAmérique. Le marquis de la Fayette, à peine âgé de vingt ans, quitta sa jeune femme enceinte et fréta lui-même un vaisseau qu'il chargea d'armes'. Le gouvernement redoutait cependant une rupture avec l'Angleterre. Turgot avait demandé qu'on restât neutre, prévoyant que l'Angleterre gagnerait plus à reconnaître l'indépendance de ses colonies qu'à les tenir frémissantes sous le joug. De Yergennes se contenta d'envoyer d'abord des secours indirects en armes, argent et munitions, que Beaumarchais se chargea de faire arriver. Louis XVI n'aimait pas la guerre; il ne voulait point surtout passer pour l'agresseur, et peut-être se faisait-il à lui-même, au fond de l'âme, les mêmes raisonnements que lui adressa une brochure anglaise : « Vous armez, monarque imprunent..., vous armez pour soutenir l'indépendance -de l'Amérique et les maximes du congrès. Il est une puissance qui s'élève aujourd'hui au-dessus des lois ; c'est celle des raisonnements ambitieux ; elle conduit une révolution en Amérique, peut-être elle en prépare une en France. Les législateurs de l'Amérique s'annoncent en disciples des philosophes français; ils exécutent ce que ceux-ci ont rêvé. Les philosophes français n'aspirent-ils point à être législateurs dans leur propre pays?... Quel danger n'y a-t-il point à mettre l'élite de vos officiers en communication avec des hommes enthousiastes de liberté ? Vous vous inquiéterez, mais trop tard, quand vous entendrez répéter dans votre cour des axiomes vagues et spécieux qu'ils auront médités dans les forêts d'Amérique. Comment après avoir versé leur sang pour une cause qu'on nomme celle de la liberté, feront-ils respecter vos ordres absolus? D'où vous vient cette sécurité quand on brise en Amérique la statue du roi de la Grande-Bretagne, quand on voue son nom à l'outrage? L'Angleterre ne sera que trop vengée de vos desseins hostiles, quand votre gouvernement sera examiné, jugé, condamné, d'après les principes qu'on professe à Philadelphie, et qu'on applaudit dans votre capitale. »
1. Parmi les officiers français qui servirent en Amériqne sons Rochambean se trouvaient le prince de Broglie, le baron de Vioménil, le clievalier de Chasteluz, les ducs de Laval-Montmorency, de Castries, de Lauzun,les comtes de Saint-Mesmes, de Custines, de Ségur, les vicomtes de Rochambeaa et de NoaiUes, eto.