‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 15 sur 73 · CHAPITRE XLVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIIL

Wtêgmmmm ém llsrle 4e Médieis. — Sully attendait Henri IV à PArsenal, quand un gentilhomme de sa suite accourut en disant : c Le roi est extrêmement blessé ! ^ Mon Dieul s^écria Sully, ayez compassion de lui, de nous et de rÉtat. S'il meurt, la France va tomber en d'étranges mûns 1 » n s'enferma aussitôt dans la Bastille, et écrivit à son gendre, le duc de Rohan, de revenir en toute hâte de la Gliam{Migne« avec les six mille Suisses qu'il commandait.

Louii XIII n'avait pas neuf ans ; l^isage attribuait la régenee aux mères des rois ; Marie de Médicis, qui était étrangtee el se sentait peu ûmée, crut nécessahre de donner à son autorité une sorte de sanction légale. Elle s'adressa au piriemeiit de Paris, comme si ces magistrats étaient les représentants du pays. Le ducd'Épemon entra dans la salle des délibérations, l'épée au côté, laissant ses soldais aux portes : c Cette épée, dit-il avec hauteur, est encore dans le fourreau ; mais si la reine n'est pas déclarée régente sur-le-champ, je prévois qu'il faudra l'en tirer, i Les magistrats obéirent; ils se souviendront plus tard qu'une reine leur a reconnu le droit de disposer du pouvoir.

D*abord rien ne parut changé dans le système politique de la France. Marie de Médicis conserva les ministres du dernier règne. Elle accueillit même avec déférence Sully, qui avait quitté sa Bastille pour venir au Louvre saluer le

1. Prineipanx ouvrages à consaltar : les Mémoire» de Richelieu et ses Lâttrm^ Inêtructiom diplomatiqt^ et papUrt S Etat; les Ecùnomies roya- Ifs de Sally ; les Nigociations du président Jeannin; les Letlns inédites éi F€^uur§»t par Et. Gallois, ft vol., 1857 : Mémoirt* de Brienne, avec QM introduction de M. Barrère sur lot mesura et les usages du diz-septièm e sièda ; Badn, Hiiktinié Louis XI II; Caillet, Dm Padminiitraiion en France êomê le mtnittèn d$ IHeMiêH; Anquez, Biitoire politique de$ réformée en Fruncê'

L0UI3 SMI {16I0-1643)J

roi : 1 Mon fll3, diUelle au jeune prince, c'est vous le faut bien aimer, car c'est un des meilleurs et des piua utiles serviteurs du roi votre pÉre, et le prier qu'il veuille bien vous servir de oiènie. • Et Sully tint longtemps e brassé, en pleurant, le lils de son maître et de son ami. Lea projets de Henri IV parurent continués, avec son niinistÈre; une déclaration royale confirma i'édit de Nantes; et une ai mâe de 10 OOO hommes, commandée par le maréchal de la

Châtre, alla prendre Juliers pour les princes protestanl» allies de la Fn

Abandon lie lu pollilqno île nenrl IVt CoBclMl. — Mais il arriva, oomme à peu prfes partout où iM n rois, que les choses furent subordonnées a

qui est l'opposé de la vraie politique. BienUt on il

plus daufl le gouvernement que la faiblesse, lei tttMS/^lft et lès caprices d'une femme. Avec un roi mineorf SHMgente incapable, uno cour divisée et des princAS tnfbdGaïft, l'action' extérieure de la France allait èW nautnJité* pour longtemps. La paîz devenant une nécassiU, Marie d*||Mldl

I rapprocha dea Espagnols elle repnt un projet que enri IV avait repoussé ; nlle ouvrit des négociations pour la loble mariags de son fils avec une infante du prince d Es igne avec aa fille, et elle promit c de ne plus troubler les rinces autrichieDs dans les affaires d Allemagne • Il était iEBàle que Sully adoptât cette politique nouvelle La reine

Tambtm da Sallf à Hogtnt-'a-notjaa.

renvoya en ne lui laissant que sa charge de grand mattro

I l'artillerie (janvier 1611]. 11 vécut encore trente années,

étant mort qu'à la Ùo de 16itl , dans son chAteau de Ville-

in.

La reine avait depuis longtemps donné sa confiance au

ioroaUn Concini, qui la gouvernait par sa femme, Leonora

ilîgal. Cette femme, flile d'un menuisier, était sour de

lait de la reine. Élevée avec Marie de Médicis, elle avait acquis sur son esprit un empire extraordinaire et Pavait accompagnée à la cour de France : « Pauvre papillon , dit Richelieu, qui ne savoit pas que le feu qui la consumeroit était inséparablement uni à Téclat de celte vive lumière qu'elle suivoit, transportée d'aise et de contentement. »

L'autorité de la régente se trouva désarmée, quand un étranger, odieux déjà à ce titre, et d'ailleurs incapable , eul pris, comme conseiller, la place de l'homme supériieur qui depuis vingt ans avait été associé à la bonne et à la mauvaise fortune des Bourbons. Le prince de Condô, le com'c de Soissons, son oncle, le duc de Bouillon, le duc de Guise, une foule d'autres encore accoururent pour arracher des pensions * qui eurent bien vite épuisé l'épargne amassée par Henri IV à la Bastille. Comment la reine aurait-elle pu résister à leurs exigences, quand son favori donnait le premier l'exemple d'une scandaleuse avidité ? Concini puisait à pleines mains dans le trésor ; il acheta, en quelques mois, pour 330 000 livres le marquisat d'Ancre (près d'Amiens) , pour 200 000 la charge de premier gentilhomme de la chambre; il eut encore, à prix d'or, les lieulenances générales de Péronne, d'Amiens, de Dieppe, de Pont-de-l'Arche, de Quillebœuf, de Bourg en Bresse, etc. ; il mit le comble à cette fortune insolente, en prenant le titre de maréchal , sans avoir Jamais paru sur un champ de bataille. Leonora travaillait, de son côté, à la prospérité commune, en vendant des grâces, des absolutions. La cour des aides poursuivait des officiers de fînances prévaricateurs, elle s'engagea par contrQt public à les faire déclarer innocents, mo3^ennant 300 000 livres.

Première révolte des seig^neiira (1614k). «- Les prétentions des seigneurs s'accrurent avec la faiblesse du gouvernement : a Les présents de la reine, dit Richelieu, étourdirent la grosse faim de leur avarice et de leur ainbition; mais elle ne fut pas pour cela éteinte; l'épargne et les coffres de la Bastille étoient épuisés : alors ils aspirèrent à choses si grandes, que l'autorité royale ne pouvoit souffrir qu^on leur donnât le surcroît de puissance qu'ils demandoient. i Ce

1. Le prince de Condé obtint d'abord une pension de 200 000 livres, avec un hôtel à Paris et le comté de Clerroont; le comte de boissons 200 OOêécus comptant et une pension de 50 000 livres; le duc de Bouillon 200 000 livres; le duc de Guise 100 000 écus, etc.; mais ces sommes furent bien dépassées dans la suite. Concini ne fut iamais ministre.

qu'ils voulaient, en effet , c'étaient des gouvernements pour eux et leurs familles , des places de sûreté et le démembrement de la France. D'Épernon était gouvernei!r de Metz, mais Henri , se défiant de cet orgueilleux seigneur, lui avait imposé un lieutenant qui occupait la citadelle et correspondait directement avec les ministres ; le jour même delà mort du roi, d'Ëpernon dépêcha Tordre de mettre la main sur le lieulenant et sur la citadelle. Il eut alors, à deux pas des Espagnols, une forte place qu'on appela t son royaume d'Anstrasie. » Beaucoup de seigneurs, à la nouvelle de l'assassinat, s'étaient ainsi jetés dans les villes à leur convenance, et quelques-uns n'en avaient plus voulu sortir ou voulaient y rentrer. « Le temps des rois est passé, disaient-ils, celui des grands est venu, i Le premier refus de la régente amena une guerre civile. Qondé prit les armes et publia un manifeste, où il accusait la cour d'avoir abaissé la noblesse, dilapidé les finances , et grevé le pauvre peuple : reproches singuliers dans la bouche d'un prince qui avait reçu avec ses amis la plus belle part de cet argent du pauvre peuple. Il terminait , suivant l'usage, en demandant la convocation des états généraux, pour travailler à la réforme des abus.

Élevé dans la religion catholique , mais issu d'une famille protestante, Condé espérait rallier à sa cause l'un et l'autre parti. Un grand nombre de seigneurs vinrent se ranger sous ses drapeaux, et à leur tête les ducs de Vendôme, de Longueville, de Luxembourg, de Mayenne, de Nevers, de Retz, etc. Les calvinistes refusèrent de s'associer à cette levée de boucliers : c Nous avons pour notre conscience, disaient-ils, toute la liberté que nous pouvons désirer, et nous ne voulons pas, à l'appétit de quelques factieux , abandonner nos femmes et nos maisons. « Les catholiques ne prenaient pas feu davantage. Depuis les états de la Ligue, il s'était fait un grand apaisement dans les passions populaires. Le parti des politiques né avec l'Hôpital, arrivé au pouvoir avec Henri IV, comptait presque tous les gens de robe et la bourgeoisie. L'expérience, si cruellement achetée par la guerre civile, n'était point perdue. La nation comparait à ces trente-huit années de massacres et de pillages, les douze ans de prospé-. rite qu'elle avait eus, en se serrant autour du trône, et elle laissait les grands seigneurs agiter dans le vide leur stérile ambition. < Les peuples, écrivait en ce moment Malherbe, demeurent partout en obéissance, et de rien faire sans eux, il

122 LOUIS Xlîl (1(510-1643).

n'y a pas moyen, i Qu'une main ferme prenne le gouvernail, ai môme les plus turbulents rentreront dans le repos où Henri IV les avait tenus. Quelques-uns des vieux minisires (le Henri IV, Villeroy, Jannin, conseillaient à la reine d^agir avec vigueur : elle aima mieux traiter à Sainte -Menehould ,15 mai 16U). Le prince de Condô reçut 450 000 livres , en argent comptant; le duc de Mayenne, SOO 000 pour se marier; M. de Longucville, 100000 livres de pension, etc. Mais la cour, voulant regagner d'un côté ce qu'elle perdait de Tautre, ne paya pas cette année les rentiers de Tliôtel de ville. Voilà ce qui fut fait pour le pauvre peuple.

i^iaiu fi^énéraux de 1614. — Les princes firent alors dire secrètement à la régente que si elle désirait ajourner la convocation des états , ils y consentiraient volontiers. Marie :1e Médicis craignit un piège dans cete proposition qui aurait ménagé aux princes, pour l^avenir, un nouveau prétexte de révolte, et rassemblée s ouvrit à Parisie 14 octobre 1614. Ce fut la dernière réunion des étals généraux avant 1789. Au nombre des députés était un jeune homme de vingt-neuf ans, qui avait déjà assez gagné d'eslime dans son ordre pour que le clergé le nommât son orateur le jour de la présentation des cahiers, Tévêque de Luçon , Armand Duplessis de Richelieu.

Les trois ordres ne s'entendirent pas; il y eut des paroles ot des scènes déplorables. Un membre du tiers fut bâtonné par un député de la noblesse, et ne put obtenir justice. L'orateur de la bourgeoisie ayant osé dire que les Français ne formaient qu'une seule famille, dont les seigneurs étaientles aînés et les gens du tiers les cadets, la noblesse se plaignitau roi de ces mots comme d'un aiïront : v C'est grande insolence, disait son président, le baron de Sénecé , de vouloir établir quelque sorte d'égalité entre le tiers et la noblesse; car, ajoutaient derrière lui les députés nobles, il y a entre eux et nous autant de différence comme entre le maître et le valet*. » Le clergé de son côté, refusait de prendre aucune part des charges publiques : « Ce serait, disait-il, diminuer l'honneur dû à Dieu. »

L'accord ne se trouve pas mieux dans les vœux de Pas-

1. Les nobles demandèrent dans leurs cahiers quMl fût interdit à toot roturier do porter arquebuses ni pistolets, d'avoir chiens qui n'eussent les jarrets coufte», de se vêtir, eux ou leurs femmes, comme les nobles, de porter velours ou satin, etc.. sous oeine de louo éctis d'amende.

semblée. Le clergé réclamait rintroduction en France de tous les décrets du concile de Trente, que le parlement avait jusqu^alors repoussés. La noblesse, pour faire pièce au tiers, insistait sur la suppression de la paulettey qui, en établissant i*bérédité des offices, avait commencé la noblesse de robe*. Le tiers, de son côté, voulait qu^on réduisît les pensions payées aux grands, qui, doublées depuis Henri IV, dépassaient cinq millions et demi, et que l'on condamnât les maximes ultramontaines enseignées encore par quelques évèques, à savoir que le pape peut « priver de la royauté les personnes sacrées des rois et dispenser leurs sujets du serment de fidélité. 1

Il ne fut pas difficile aux ministres de profiter de ces divisions : on ferma le lieu de réunion des états, sous prétexte qu^on avait besoin de la salle des séances pour donner un ballet (mars 1615). Singulier rapport avec les états de 1789, dont on ferma aussi la salle, mais dont les députés surent en IrouTer une autre, celle du Jeu de paume. Les députés du tiers, en 1614, devançaient la nation, et, n'étant point compris d'elle, furent sans force; ceux de 1789 eurent derrière eux 25 millions d'hommes qui les écoutaient et les soutenaient.

L^assemblée de 1614 ne mérite pas le discrédit où elle est tombée; elle n'a rien fait; mais elle montra jusqu'où était arrivée déjà l'éducation politique delahaute bourgeoisie. Les •liscours de ses orateurs et surtout de son président, Robert Nîlron, prévôt des marchands de Paris, révèlent une intelli- ;:ence pratique des affaires et un désir de sages innovations qui étonnent. A leurs yeux, la monarchie absolue est légitime, parce qu'iille est encore nécessaire : le roi, souverain législateur, doit être obéi de tous; mais à la condition qu'il accomplira les réformes intérieures que la nation réclame : « Si Votre Majesté n'y pourvoit, disait Miron, il est à craindre que le désespoir ne fasse connaître au peuple que le soldat

I. Cependant, les nobles ne dédaignaient plus les places de magistraiore et voulaient que le tiers des offices ^ur fût exclusivement aileeté. Quant à la vénalité des charges, la queslTbn fut très-sérieosement agitée. Un financier proposa de racheter en douze années tous les offices de judieature et de nuance et de remettre ainsi la couronne en possession d'une de ses plus importantes prérogatives, au'elle avait perdue depais on siècle, celle de nommer aux fonctions puoliques. (Mercure françt,i9, aun. 1614 et 161 S.) Le plan ne fut pas adopté. Mais la vénalité des charges resta jusqu'à Louis XIV sous la menace d'une suppression; et cette menace ne fut pas sans quelque eiïct sur la conduite du parlement dans la Fronde.

n^est autre chose qu^un paysan portant les armes, et qne quand le vigneron aura pris Tarquebuse, d^enclume qu'il est, il ne devienne marteau. » Et ils demandent : la conTOcation périodique d'une assemblée générale du royaume au moins tous les dix ans, la liberté des élections urbaines, la garantie, rextension des privilèges municipaux. Pour les finances, le tiers voulait une plus juste répartition des charges publiques entre les citoyens, Tobligation imposée aux clercs ou gentilshommes ayant maison dans les villes de contribuer aux charges municipales, et la suppression des offices inutiles * ; pour la justice : Tégalité de tous devant la loi, Taffranchissement des serfs, Tabolition des tribunaux exceptionnels, une procédure plus rapide et moins coûteuse; pour le commerce et l'industrie : la suppression des douanes intérieures, des jurandes et des maîtrises, la liberté du trafic dans tout le royaume, et rétablissement des droits proteetiurs à rentrée des marchandises étrangères; pour la noblesse : la réduction du nombre des grandes charges militaires, Tabolition des récents anoblissements, la suppression des forteresses dans Pintérieur du royaume, celle des pensions inutiles ou excessives, et la répression sévère des duels, la punition, comme crime de lèse-majesté, de toutes assemblées et levées d'hommes sans congé du roi, enfin de bons règlements qui soustrairaient le pauvre peuple aux vexations des gouverneurs et gens de guerre ; pour l'Eglise : une meilleure distribution de ses richesses, aux dépens des bénéfices trop opulents, au profit des cures trop pauvres, robligation à la résidence imposée aux évêques *, leur nomination par le

1. Le budget de 1614. — Suivant un état communiqué sons le leaaa da secret aux députés, le peuple payait alors 35 millions d'impôts dont il arrivait seulement à l'épargne 16 200 000 livres, et le ministre estimait que le roi avait besoin, pour la conservation de son État et l'entretien de sa maison, de 19 millions, dont lOoOOO livres pour son service pcnoniid, 500 000 pour sa garde ; autant pour ses bâtiments, 700 000 pour la nuueon de la reme mère, du frère et de la sœur aînée du roi, l 370 ooo poor voyages, le reste, moins de 15 millions, pour la solde des garnisons, aesgeiisde guerre, de l'artillerie, des fortifications, de la marine du levant et do ponant, les ponts et chaussées, les gouverneurs de province, les •m^gf^. deurs, les pensions tant en France qu'à l'étranger, les dettes, etc. (Baiin, Hisêoire de Louis XIII, t. I, p. 176.) Ainsi les recettes se partageaient alors de cette sorte : un quart pour le prince et sa cour, trois quarts pour l'État. Mais si nous tenons compte des 5 660 000 livres de pensions payées A la noblesse, ce sera moitié des recettes que nous trouverons dépensées pour la cour et moitié seulement pour lÉtet. M. Bailly(iWd., 1. 1) donne des chiffres, quelque peu différents.

2. On eut à faire en i640 une communication aux évéqnes : il s'en trouva dix-neuf qui suivaient la cour au lieu d'être dans leur diocèse.

LOUIS xni (1610-1643). 125

roi, mais après élection de trois candidats par les évèques de la proTince, le chapitre de la cathédrale et vingt-quatre notables du diocèse, Tordre donné aux curés de faire viser chaque année les registres de Tétat civil au greffe des juridictions ordinaires, Tinterdiction faite aux communautés d^cquérir des immeubles, si ce n^est attenant à leurs maisons ou enclos, et toujours après vérification au parlement, etc. Tels furent les principaux projets de réforme mis en avant par le tiers, et, pour la plupart, bien des fois proposés déjà dans les assemblées précédentes. On ne leur donna nulle attention alors, parce quUl ne suffit pas d'èti*e la raison et la justice pour se faire aussitôt accepter de tous. C'est par le travail des siècles que descend dans la foule ce qui n^est longtemps que le rêve des hommes supérieurs. Mais, sans parler de rassemblée révolutionnaire de 1356, on peut suivre de. 1484 à 1614, à travers les vicissitudes les plus diverses, le progrès continu de la tradition nationale. lUchclieu, Colbert, Turgot^nela méconnaîtront pas et chercheront à satisfaire à quelques-unes de ces demandes répétées : le reste attendra le jour où la nation reprendra ellemême tous ces vœux de nos pères, pour y faire droit et à bien d'autres*.

Noavelle révolte de» ■eignenmi traité de lâcadan [191ft-l616). — Les mécontents avaient réclamé la convocation des états généraux pour colorer leur prise d'armes; quand ils eurent épuisé l'argent arraché par leur première révolte, ils en commencèrent une seconde, sous prétexte qu'on ne faisait pas droit aux demandes des états. Gondé entraîna cette fois les protestants. Le duc de Rohan souleva les populations des Cévennes, et tout le parti prit les armes pour soutenir une noblesse factieuse. La cour était alors oc* cupée des préparatifs d'un voyage à Bordeaux, où le roi devait recevoir sa fiancée, l'infante Anne d'Autriche, et conduire sa sœur qui épousait en même temps le prince d'Espagne. On ne pouvait retarder le départ, car les Espagnols

I. A propos de l'opposlUon faite par la noblesse et le clergé à TarUcle in Uert, toachant iindépendance abeoloe de la couronne Yis^-vis da >aint-siége, on fit eoorir à Paris ce quatrain prophétique :

O noblesse, 6 clergé, les aînés de la France, Polsqoe l'bonnear da roi si mal vons maintenez, Puisque le tiers état en ce point tous deyance, O fant que tos cadets deviennent tos atnés.

(Aug. Thierry, Ettai iur Vhiitoirê du ti§ri état ^ p. tkl.)

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étaient déjà en marche (octobre 1615). Il fallut une armiie pour escorter le jeune roi et sa sœur jusqu'à la frontièsra el ramener Tinfante à Paris. Durant tout ce voyage, qiu j^ ressemblait guère à celui d'un souverain», la cour avaiJt;^ poursuivie et souvent harcelée par les soldats de Çôp{ *'"^ de Rohan : elle acheta une nouvelle paix à Loudun (maî.'li Louis XIII reconnut le prince et ses amis pour de boW|^ loyaux sujets, déclarant qu'ils n'avaient rien fait qui ne} ' très-agréable, ei il paya les troupes qu'on avait levées cp^ lui. Condé seul reçut 1 500 000 livres. Cha(jue révolfe. rapportait davantage. Celle-ci avait coûté à l'État plU|' 20 millions. .i^y^^

Premier ministëre de Richelieu. Arrestatioji^ "~' Condé (1616). — Le prince revint à Paris et toute Lai s'empressa autour de lui : il sembla un instant le Téritf( roi de France. La reine qui gouvernait toujours sous lë iqf^ de son fils, poussée à bout par une nouvelle prise d'arMK du duc de Longueville, montra enfin plus de fermeté. !^ venait de renouveler le ministère; l'évoque de Luçon,que.lÉ( états de 16U avaient mis en vue^ était devenu grand auflo&f. nier de sa maison, puis membre du conseil, où il se AÛMâ. fort écouter. Concini trouva que le jeune prélat c en sa^ plus que tous les barbons. ) Il lui fit donner un c des quéi^Boffices des maison et couronne de France, » avec la chargé des affaires étrangères *. Aussitôt les mesures de rigueurs sooi adoptées : le 1" septembre 1616, le prince de Condé est ai^ rèté en plein Louvre et jeté à la Bastille; ses partisans qui essayent de soulever Paris et les provinces voisines c s^^tendent parler d'un ton qui sentait plus sa majesté royale que la conduite passée, i Richelieu aimait à s^adresser à l-oi»nion publique : c Des esprits remuants, dit-il dans une sorte de manifeste, avoient troublé le repos établi par la prudence de la reine; en vain avoit-elle tâché de les retenir par des chaînes d'or, ils s'étoient joués de sa clémence et de sa.libé-

1. L'administration militaire était alors si défectueuse, Ilmprévoyunce si grande, que, dans le retour de Bordeaux à Tours, qui ne fut |;aère hAlè puisqu'il dura cinq semaines, un grand nombre dénommes périrent dt froid et de maladie, que les vivres et le fourrage manquèrent constamment, et (\ue ce voyage du roi par les provinces les plus riches et tes plus peuplées, u travers les villes soumises et rapprochées l'une de Tauire, présenta toutes les misères d'une déroute. (Bazin, ibid.^ 1. 1, p. 235.)

2. La commission, datée du i*' novembre, est postérieure de deux mois à l'arrcslation du prince de Condé; mais Richelieu fut mêlé à cette affaire; etsa nomina'ion fut la récompense du zèle qu'il y montra.

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ralité. ) Et il montrait Gondé extorquant en six années 3 millions et demi , Mayenne 2 millions, Nevers 1 600 OOO IJYres, Longueville 1 200 000, Vendôme 600 000, Bouillon près d*un million , et chacun c cherchant à établir une tyrannie particulière dans chaque province. » Les princes et leurs adhérents furent déclarés criminels de lèse-majesté, déchus de leurs dignités ; et trois armées se dirigèrent vers la Picardie, la Champagne et le Berry pour étouffer la révolte. La cause royale aurait triomphé cette fois, si le roi lui-même ne s'était uni aux mécontents pour renverser les ministres et sortir de tutelle.

Mort de ConcinI (1617). — Concini n^avait qu^une ambition vulgaire. Il aimait la richesse, et le pouvoir Teiïrayaît, parce qu'il ne se sentait pas de force à le porter. Sans dévouement ni reconnaissance pour la reine , il eût quitté U France, si sa femme eût consenti < à cette lâcheté et ingra-titude. > Il comptoit qu'avec ses huit millions, il pourrait acheter le duché de Ferrare au pape, et que parti de Florence n'ayant pas un sou vaillant, il y rentrerait prince, sans plus craindre les clameurs de tout un peuple contre Tétranger. Il se savait haï, menacé ; la populace avait déjà une fois pillé son hôtel à Paris ; mais c'était du côté où il ne soupçonnait rien que vint le péril. Louis XIII avait alors seize ans. Ce prince, d'un caractère triste et morose, vivait dans l'isolement, éloigné des affaires par sa mère et par Concini, entouré seulement de quelques pages auxquels il s'attachait parce qu'il avait besoin d'aflection. Il s'était épris d'amitié pour un cadet de province , qui lui apprenait à dresser des émérillons et des pies-grièches , Albert de Luynes , fils d'un officier de fortune et déjà âgé de trente-huit ans. Le favori du roi conçut l'espoir de remplacer le favori de la reine. Une conspiration secrète fut tramée entre Louis XIII, son fauconnier et son jardinier ; le capitaine des gardes, Vitry, reçut l'ordre d'arrêter Concini et de le tuer s'il résistait. « Le 2^ avril, le sieur Vitry, accompagné de quelque vingt gentilshommes qui le suivaient négligemment en apparence, aborda le maréchal d'Ancre , comme celui-ci entrait dans le Louvre et était encore sur le pont. Il lui dit qu'il le faisait prisonnier de la part du roi. Et, tout en même temps, l'autre n'ayant eu le loisir que de dire : Moi, prisonnier! ils lui tirèrent trois coups de pistolet, dont il tomba roide mort. Un des siens voulut mettre l'épée à la main : on cria que

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c'était la Tolonté du roi : il se retint. En même temps, le roi parut à la fenêtre, et tout le Louvre retentit du cri de : Vive le rai ! »

Leonora Galîgaï eut un plus triste sort. Elle fut accusée de malversations, de complot contre TÉtit, et surtout de sorcellerie. On lui demanda, dit-on, par quels sortilèges elle avait acquis tant d*empire sur la reine mère : c Par Tascendant, aurait-elle répondu, d*un esprit supérieur sur une âme faible. > Elle fut décapitée en place de Grève, et ses restes furent jetés dans les flammes. Marie de Médicis reçut Tordre de quitter la cour et se retira à Blois ; Richelieu fut exilé dans son évêché (1617).

CSooTeniemeDt d'Albert de liayneii (lOlV-lOSl). 5lmivel}c9 |pri«e« d'araiM. -— Les grands avaient applaudi k la chute de Concîni, dont ilsi idspéraient profiter. Mais, r|uand ils virent de Luynes s'approprier les dépouilles du maréchal, devenir en moins de quinze mois, duc et pair et gouverneur de Picardie, épouser une Rohan, qui fut plus tard la trop célèbre duchesse de Chevreuse, et flîire d'un de ees frères un duc deChaulnes,du troisième un duc dePiney* Luxembourg, ils se révoltèrent encore, en changeant de dra* peau : ils s'armèrent en faveur de lareiné mère, tout à Pheure leur ennemie. Le duc d'Ëpemon, à la tète de 800 gentilshommes, la tira de sa prison de Blois, et tenta de soulever avec elto le midi. De Luynes ne fut pas plus habile à leur réeietor que le maréchal d'Ancre ; la paix d'Ângoulême ménagée par Richelieu, accorda à Marie de Médicis le gouvernement de PAnjou et trois places de sûreté (1619). Bientôt Angers devint le foyer de nouvelles intrigues et le refuge de* tous les mécontents. La reine-mère voulait ressaisir le pouvohr. Mais le roi s'amusait aux armes. Quand les troupes étaient aux champs, il retrouvait, au milieu des soldats, l'ardeur batailleuse de son père ; il marcha sur Angers, décidé à poursuivre sa mère jusqu'en Poitou, jusqu'en Guyenne, si elle s'y réfugiait, c en jetant le fourreau de son épée deçà la rivière de Loire. > 11 n'alla pas si loin : les partisans de la reine mère furent défaits dans une escarmouche sanglante auprès des ponts de Ce; et la route du midi lui étant coupée elle se trouva heureuse de faire demander par Richelieu la conflrmation du premier traité (1620).

OrgniBlMitloA répabliealae dee profesteatu. — A cette époque un soulèvement plus redoutable éclata dans le

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midi : c'dtait uoe guerre religieuse. Marie de Hédicù al Louis XTII , à sa majoriW, avaient suivi la politîqus 48 Henri IV à l'égard dts piotestants, « se déclarant penaidés par l'expiineiice du passé que la violence n'avoit servi qui accroître le nombre de ceux qui étoient sortis de l'Églisfl, au lieu de leur enseigner le moyen d'y rentrer. » Mais lea rtforloés avaient euï-mèmes dépassé l'édit de Nantes. Ëo vojul la reine mère se lier à l'Espagne, ils étaient entrés en lUtiance, et, i fasseiuHée de Saiinuir en 1611, ils «'«taisnt

l»t pomM da Ce',

donni uijB véritable organisation républicaine. IIb araient formé de leurs 806ëglises 16 provinces parlagéesen districta. Un coMistoire réuni chaque semûne gouvernait rËgliae; un colloque, assemblé tous les trois mois, gouvernait le district; un lynode annuel traitait des affaires de la province ; des ij/noiicsiuifionau.r devaient s'assembler tous les trois ans mus un président élu. Pour la politique cl la guone, les provinces se groupaient en cerdet, comme en Altcniagne. Chaque cercle, ainsi que chaque province, avait sou conseil dirigeant

I. L«a ponti de C«, ijul ont été langUmpa Is b«uL piiiige sar li Loin •ntr* nioi* «I HanlM, ■« aein^Nitilciil d* t pont* ifiat ld( anhH M.

J«i Ht! qu'il* traïersont ciimprises, une lonjcitur lio 3 kilimètres.

LODis XIII (1610-1643). 181

fri, m bMOin, MnnHJiuH nm otmtMii généndâ. Bnfln deux madtltttM élui pour boi> ans rétid^ënt b la cour et teeitfast d1iit«nBUiairaieiib<B te pifti elle roi. Tout se (hiiaft fÊt d^Ui «t ptr étoetitiii.' ÇMidt binn une' ré[>ubli<{ua dt- ■oentt^M ai r^NrAéenUive, au «in d'une monerchie &bu>hM. LM mtt^téa gêiténttt n'étaient gas loin ds sa croire les dr^ Â AnNitnt voloDUen joué te rble des états géfiâraui '). Cm prétutim alarmèrent la ceur, et quelques mtaieai ombrage. Dans certaioea TîUea, les Imnt cottma aA plus naunia joun de lit iigm. La mnlMadB a^ égorgait pat encore im réformés,

iaT!^^^-'

QUtMB éa tajBM ^rta dt taon).

mais elle renversait leurs temples, déterraït leurs m«rts et cliuuit leurs pasteun.

l«rsw (t«»]. — En 1«17, an édll rélabUt danste Bètro la TvHgion ollutlique. arec ordre aux probstants de restituer Im Mans ecclésiastiques qu'ils avaient sécularisés deptiia UD sitcle. L'édit s'ezécutant mal, le roi entra dani le Béant tree une année. Aussitôt tout le parti s'agita, maigre leseonseila de Sully et de Dupiessia-Mornay ; une assemblée irtoéraJe, tenue fc iâ Roclielle, publia une déclaration d'indé- (icndance, leva des troupes, et, sur le refus du vieux maréchal d« Lesdiguièrea et du duc de Bouillon, en o0Ht le TimminiiiiMiiil ul due de RtÂan (lUl). De Luyasa, itue Lonis XUI fit tout exprès connétable, tnarrlia contre Mon-

132 LOUIS xiM (1610-1643).

tauban, menant avec lui 15000 hommes, le roi et un carme déchaussé qui, Tannée précédente, avait prophétisé, disaiton, la victoire des Autrichiens devant Prague. Le carme promit que la place se rendrait infailliblement un certain jour. Mais on devait au préalable recourir aux procédés de la sagesse ordinaire et tirer 400 coups de caoon. On les tira gravement et bien d'autres. Les murailles hérétiques restèrent debout. On entama un siège en règle. La ville, forte d'assietle, se défendit héroïquement. L^attaque, commencée le 8 août, n'était guère avancée le 2 novembre. Rohan qui était aux champs avec une armée avait fait entrer des secours. 11 fallut lever le siège. On voulut se dédommager sur la petite place de Monheurt, au bord de la Garonne. Le connétable y prit une fièvre qui l'emporta (15 décembre 1621) *. ff Cet homme si grand, si puissant, dit un contemporain. se trouva tellement abandonné dans sa maladie, que, pendant deux jours qu'il fut à l'agonie, à peine y avait-il mi de ses gens qui voulût demeurer dans sa chambre. Et quand on porta son corps pour être enterré dans son château de Luynes, au lieu de prêtres qui priassent pour lui, je vis deux de ses valets jouer au piquet pendant qu'ils faisaient repaître leurs chevaux. »

Louis XIII continua seul la guerre, et il fit Tannée suivante une assez vive campagne où il y eut force pillages et exécutions sévères dans les places qu'il prit. Le duc de Rohan profita d'un moment de lassitude, pendant le siège de Montpellier, pour obtenir une paix qui renouvelait Tédit de Nantes, mais qui interdisait les assemblées politiques, et ne laissait aux réformés d'autres places fortes que Montauban et la Rochelle (octobre 1622).

Désordre universel dans PÉtat — De Luyne3 laissait le royaume dans un état de faiblesse et de désordre qui rappelle les plus mauvais jours de notre histoire : Pautorité royale humiliée par des révoltes continuelles, la noblesse dictant des lois au souverain et maîtresse des ♦provinces par les gouvernements dont elle disposait; les calvinistes prêtai se séparer du reste de la nation; la vieille politique de François l**" et de Henri IV abandonnée au dehors; le royaume

1. Richelieu faisait à de Luynes ane sourde guerre de pamphlets ao'il écrivait lui-même (car ilyeut toujours en lui de lîiomme de lettres» même aux tem|>8 les plus occupés de sa vie) ou qu'il faisait écrire. (Voy. dans li Bibliothèque euévirienne les CaqveU de l'accouchée,)

saD8 alliances et sans considération ; enfin la maison d^Autriche inaugurant la guerre de Trente ans par une suite de TÎctoires, et paraissant préluder, par la ruine du protestantisme allemand, à Fassenrissement de l'Europe . Il était temps que Richelieu arrivât aux affaires.

■fimistère «e Biclielieii (16B4-1642) i wu projeta. — Marie de Médicis s^était réconciliée avec son fils, après la mort du duc de Luynes; et elle avait obtenu le chapeau de cardinal pour son conseiller habituel Tévèque de Luçon. Au commencement de 1624, elle le fit entrer au conseiL Au bout de quelques mois, Richelieu avait dominé ou renouvelé le ministère, expulsé un nouveau favori, subjugué Louis XIII par Tascendant d'un génie supérieur, et dessiné la politique qui devût illustrer un règne si tristement commencé.

Il a expliqué lui-môme tout le^'plan de cette politique : « Lorsque Votre Majesté, disait-il à Louis XIII, se résolut de me donner en même temps entrée à ses conseils et grande pari en sa confiance, je puis dire en vérité que les huguenots partageoient TÉtat avec elle, que les grands se conduisoient comme sHls n*eussent pas été ses sujets, et les plus puissants gouverneurs des provinces comme s'ils eussent été souverains en leurs charges. Je puis dire encore que les alliances étrangères étoient méprisées.... Je promis à Votre Majesté d'employer toute mon industrie et toute l'autorité qu'il lui plaisoit me donner pour ruiner le parti huguenot, rabaisser l'orgueil des grands, et relever son nom dans les nations étrangères au point où il devoit être. » Il mit au service de cette politique un esprit vaste et fin qui embrassait l'ensemble et voyait les détails, une activité que rien ne lassait, et une volonté de fer. On lui prête ces sinistres paroles: c Je réfléchis longtemps avant de prendre une décision ; mais, lorsque j'ai pris mon parti, je vais droit à mon but, je fauche tout et je couvre tout de ma robe rouge. (Monchals, archevêque de Toulouse.)

PrcBsières opérmtlomi de Biehelien i noiiTelle CH«rrc contre les protentaats (I62ft-1020). — Richelieu voulut d'abord poursuivre ces trois buts à la fois. A peine entré au conseil, il conclut, tout cardinal qu'il était, le mariage d'une sœur de Louis Xlil avec le fils du roi d'Angleterre; il signa une nouvelle alliance avec les Hollandais, fournit en secret de l'argent à Mansfeld, qui seul alors tenait Ute en Allemagne à la maison d'Autriche, et envoya 10 OUO

134 LOUIS un (1610-1643).

hommes chasser de la Valleline les soldats du pape, pour la restituer aux Grisons. Toutes ces alliances étaient protes* tantes. L'Espagne, qu'elles menaçaient, n^avait guère de soldats, mais elle avait encore de Tor, et quelque argent répa-ndu à propos parmi les réformés de France amena une nouvelle prise d'armes. Richelieu comprît qu'il n^était pas possible de mener de front tant et de si grandes affaires; il ajourna les moins pressées et s'occupa des protestants. Tandis que le duc de Rohan ralliait ceux du Languedoc et des Gévennes, son frère Soubise, avait armé les Rocbelois. La Rochelle était alors une véritable république, le centre et comme la capitale du calvinisme : sa flotte était supérieure k celle du roi de France. Richelieu, surpris par eette révolte, qu'il n'était pas préparé à combattre (1625), fut obligé de demander des vaisseaux à deux États protestants, l'Angleterre et la Hollande ; et il eût l'adresse de les obtenir, en promettant de son côté l'appui de la France contre la maison d^Autriche. Son amiral, le duc de Montmorency, eut Quelques succès sur les côtes de TAunis et du Poitou; et Soumse se réfugia en Angleterre avec les débris de sa flotte. Richelieu oifrit alors la paix aux rebelles, pour préparer à loisir les moyens de les écraser plus tard, et il laissa les courtisans le dénoncer à la France catholique comme < le pape des huguenots et le patriarclie des athées » (février 1626.) ÂbaUsement de» proteatanis (16S7)} pvUie ém U

Bochelic (1628); édit d'AUie (1629). -^ Cependant, il remettait quelque ordre dans les finances ; il organisait l'armée ; il construisait ou achetait des vaisseaux, et signait avec l'Espagne le traité de Monçon qui lui laissait la libre disposition de toutes ses forces. Quand tout fut prêt, il entraîna le roi et la noblesse au siège de la Rochelle (aoùtl627)> décidé, comme le disait Malherbe dans une de ses plus belles odes, à

Donner le dernier coup à la dernière tête De la rébellion.

L'entreprise fort populaire en France, semblait difficile, car le roi d'Angleterre, Charles I«, envoyait aux calvinistes français une flotte de 90 voiles, commandée par le beau et incapable Buckingham. Et les généraux, les courtisans, • qui ne voulaient pas que les bons succès vinssent en poste, » montraient un mauvais vouloir qu'on retrouve jusque dans cette

LOUIS Xlii (16I0-46W). 135

)le,du brave et loyal Bassompierr^ : % Nous Berons asseï 1 pour preodrQ 1& Rochelle > Maie Richelieu pcMrmt à : II se fit à ta fois généra, manieur, amiral Seconde 'drAqua Jla U^Huais, Sourdis, qu'il avait nommé cfaetcadre, U MfVif plus tard archevêque dq Bordeftux, il M tes AngWt $t ftle de Rd, oâ Us s'étalent établis, et, r Im empfcher de raTitaltler la Rochelle, leur ferme les

nvhea du port par une digue gigaDUIque d« 740 toisos, « de 13 à la base et de 4 tui sommât, lequel s'élevttt aume des plus hautes maries. Deux forts en gardaient las 'imités; 200 navires bordaient les rivages voisins et la I» pour ta dérendre. Les Anglais essayèrent en vtin de «r ce prodigieux ouvrage; deux nouvelles flottes, arri- I d'Angleterre, sont repoussées : la Rochelle est isolée de 4on- Du c6té de la terre, une cireonvallation de trois

lieues, protégée par treize forts, flanquée de redoutes et garnie d*artillerie, enveloppe la ville d'un cercle de feux. Elle résiste cependant, soutenue par le courage viril de la duchesse de Rohan qui s'y était enfermée, etf^v rénergie de son maire, Guiton, qui avait menacé de ppignigrder quiconque parlerait de se rendre, demandant qu'on fît dé môme à son égard s'il proposait jamais de capituler ; et, pour rappeler ce serment, il avait voulu que le poignard restât sur la table du conseil. Mais les défenseurs sont décimés par la famine et les attaques; a bientôt la ville n'aura plus d'habitants, dit-on au maire. — C'est assez, répondit-il, qu'il en reste un pour fermer les portes. > Il fallut pourtant les ouvrir quand il ne S8 trouva plus rien dont on pût faire un aliment (29 octobre 1628). La Rochelle avait tenu quinze mois en échec la fortune de Richelieu, et, pour l'avoir, il en avait coûté au roi 40 millions : ce n'était pas trop, puisque à ce prix Richelieu avait acheté l'unité politique de la France.

La Rochelle fut traitée en place conquise : ses franchises municipales furent supprimées, sa mairie abolie, ses fortifications rasées. Montauban et les autres villes révoltées firent successivement leur soumission. Le duc de Rohan tint encore huit mois, grâce aux affaires d'Italie qui appelèrent du cété des Alpes le roi et le cardinal. La paix d'Alais, ou édit de yrâce (juin 1629), termina la dernière guerre religieuse. Les calvinistes cessèrent d'être un parti politique et de former un État dans l'État, mais Richelieu leur laissa la liberté du culte et le bienfait de l'égalité civile. Durant tout son ministère, il les euploya, comme les autres citoyens, dans l'armée, la magistrature et les offices de finances ; il les encouragea à se livrer à l'agriculture, au commerce, à l'industrie; cependant, il les exclut de la colonisation du Canada, à cause du voisinage des colonies anglaises et pour réserver la conversion des Indiens aux missionnaires catholiques. A part cette faute, il les protégea' toujours dans leurs biens et dans leurs personnes : exemple remarquable de modération éclairée k une époque où personne en Europe, catholique ou protestant, ne connaissait la tolérance' . Ainsi, en I63Q7 un mal-

1. Dans le inariifesle de janvier 1617, au début de sa carrière miniaté* rielle, il avait dit : < La diversité des religions pouvant bien créer de la division en l'aulre monde, mais non dans celui-ci. > Dans un livre dogmatique publié quelques mois a|)rès sa disgrâce, il répudiait encore la contrainte : « Les remèdes violents ne faisoient qu'aigrir les maladies de

LOUIS XHI (1610-1643). 137

heureux, devenu à peu près fou, fut exécuté à Genève comme parjure et blasphémateur : il s'était fait juif*.

Une des suites de cette guerre fut racquisilion de PAcadie et du Cap Breton que les Anglais, alliés des protestants, nous cédèrent' par le traité de Saint-Germain (1632).

AbalMeaMBt «es r^rands i GhaUl» (1626); Journée deslHipcs(16SO)| exéevtion de Wontmoreney (1632) ; le c«mte de SotseoMa (16^1) ; Giii^-Mmn (1642). — Richelieu voulait que la royauté fût, à Tintérieur, une suprême magistrature d'ordre public, n'ayant, comme il le dit de lui-même, au lit de mort, ni affection ni haine pour personne, mais justice pour tous. La lutte contre la noblesse, commencée dès les premiers jours de son ministère, continua jusqu*à sa mort. Des intrigues, des conspirations, des révoltes mirent sans cesse en péril sa vie, son autorité, celles du roi et le l*epos de la France. Il les réprima avec une sévérité impitoyable. « Cest chose inique, disait-il au roi, que de vouloir donner exemple par la punition des petits, qui sont arbres qui ne portent point d'ombre; et ainsi qu'il faut bien traiter les grands faisant bien, c'est aussi eux qu'il faut plutêt tenir en discipline. n.Mais si le cardinal avait le droit de punir les coupables, il faut regretter qu'il en ait usé avec tant de rigueur, surtout qu'il ait quelquefois, comme Louis XI, donné à la justice l'apparence de la vengeance et fait de l'échafaud un moyen de gouvernement.

Les premiers conspirateurs furent de jeunes seigneurs, conseillers ou amis de Gaston d'Orléans, frère du roi. Richelieu avait intérêt à tourner de- foUes étourderies en crime ; il est cependant possible qu*il n'ait point calomnié ses adversaires en leur prêtant le projet de l'assassiner, celui de déposer Louis XIII et de mettre à sa place le duc d'Orléans, qui aurait épousé Anne d'Autriche *. Le gouverneur du jeune

l'etprit. > Cet ftTea eit remarqaablê dans la boaehê d'an homme qui p'avait pa* l'habitude de reculer devant les moyens extrêmes.

I. Le pasteur protestant Nicolas Antoine. (Cf. la France protestante, par. MM. Haag., ad verb.)

3. Il convient, en effet, de ne pas oublier qu'en ce temps où vivaient encore les traditions de la politique italienne, se débarrasser d'un ennemi par un assassinat n'était pas une idée gui répugnât beaucoup. Un jOur que le maréchal d'Ancre vint rendre visite au pnnce de Condé, il trouva l'hôtel plein de ses ennemis qui délibérèrent s'il ne fallait pas Ty tuer sur l'heure Bassomuierre trouva lui-même que cette visite du maréchal • éiait un tour bien hardi; ■ un guet-apens de la part des plus grands seigneurs de France ne l'eût pas étonné. Il n'est pas possible de regarder C'rnme fan«^es toutes les accusations de tentatives d'assassinat contre

princo, le colonel d'Arnano que Richelieu avait fait m^vitcbal, s<ans le praprner; la duchesse de Cbevreuse, amie delà reine; le comte de Soissons, les princes deVendômOi fila naturels de Henri IV; le comte de Ghalais, d*autrea ancore eDtrèrent dans le complot II fut découvert : la duchesse de Chevreuse fut eiilf^e de la cour avec les Vendôme; d^Ornano enfermé à la Bastille, où il mourut, < non sans soupçon de mort violentai » Ghalais, décapité à Nantes par un bourreau si inhabile que sa tête fut hachée de trente- quatre coups avant de tomber. Au vingtième on entendait encore ses gémissements. Il y eut môme comme un jugement de la reine. Louis lui cita, en présence du cardinal, les dépositions qui Paccusaient d*avoir songé à épouser son frère, k quoi elle répondit avec dédain, qu'elle ne gagnerait pas assez au change. C'était un pauvre prince, en eifeti que ce Gaalon. U s'humilia devant Richelieu, et promit « d'aipaer et nfTeclionner ceux qu'aimeraient le roi et la reine-mère. » (1626 )

L'année suivante, une terrible leçon fut donnée k toua ces grands qui ne croyaient pas que la loi eût été faite pour euZt Les comtes de Bouteville et des Chapelles furent ex^ut^i en place de Grève à la suite d'un duel (1627). BouteyiUe en i^l à sa vingt-deuxième affaire, et il était revenu tout wprfy W\ Pays-Bas se battre en plein jour, au milieu de te f^iH Royale, comme pour mieux braver le roi et ses édit9..'^Q moins, cette fois, la rencontre avait été loyale. Il n^en éUi pas toujours ainsi, et bien de prétendus duels n'étaient 4ue des assassinats, comme ce jour où le chevalier de Guise, rébcontrant le vieux baron de Luz en carrosse, le força à mettre pied à terre et lui traversa la poitrine d'un coup d'épée, pendant qu'il cherchait un refuge dans une maison voisine. Le baron avait un fils qui appela le chevalier. Guise tua le flls après le père et devint par ce bel exploit le héros de la cour. C'était avant Richelieu, et c'étaient ces exploits-là dont Richelieu ne voulait plus On comptait, en 1609, que dan9 les dix-huit dernières années, 4000 gentilshommes avaient péri en combat singulier, et, Richelieu mort, les duels recommencèrent avec une telle fureur, que 940 gentilshommes furent encore tués de 1643 à 1654.

Richelieu dont ses Métnoirei sont remplis. Quelques-uni de ceu qui fo^ merent ces projets s'en vantèrent plus tard. (Voy. Ilontrésort, eoUecUon Pelitot, t. LIV, p. 396 et Buiv.) Durant la Fronde un maréchal propose d^assassiner Condé. Retz et Mazarin s'accusent réciproquement d* s^trs envoyé des assassins.

U>un un (l6i&-IW3), 139

DiM b riftFMim dv qsqipWt M C)MlÛ>t Ricbeliiu util nàsm dn mïmi OMtp i* leâme et le fi^ du roi ; «q 1630, nM )• bmr dt U nint-oirt. Hin« dt mHà» tvut fait eptnr k urdinal n ooiisaU o^ «ile «unplut qu'il loi sBrrirait diMlruimiik Ownd «Ha vit le ffisiitf* m loogar qu'au SfMdM ibiTM de rïtat, rM*t«r fc »ei «•priou, i. ceux de ant«MndUiCMtoa4H'«MaQ;Mt)9piwt,eUe voulut perdre oM tafnl «rrtlwr. HL & >nr«a de 9r%e« ^ d« Utom, elle ufielu fc m Sti, tàm ntMei upe prtwewe de di«i[rice. RteMionallMU'AoigMr. PJlikUaoHreiKOlpbrutauLmein-

bourg lei uiticliiinbrM de le relne-mftre. Vu honnête hemmei ■muTetu favori de Louii XIII. Salot-SIngn, le pire du câ16bn bUtohen, montra eu rol-anprtelpf«« danettiumeurde nnère etdansle nombre de gens qat.perelle, prétendaient tous b gouTerner. > Arorti par S^nt-Stmon, le cardinal actoortkVersaiUe*: (Continues (t me servir comme vous avez riit, Ini dît Louis XIII, et je roua malnUendral contre tons eem qui ont juré votre perte. > Marie de Hâdiois, qui recevût déjh les complimenta de la cour, ne fat désabusée que

140 LOUIS xiii (1610-1643).

par le désert qui se fit autour d'elle. C'est ce qu'on appela la journée des Dupes (oct. 1630). Elle fit aussi des yictimes.

Les deuxfrères Marillac, l'un garde des sceaux, l'autre maréchal de France, s'étaient trop hâtés de triompher avec la reine-mère : le premier fut der'ituô et mourut en prison; l'autre, arrêté en Piémont au milieu de son armée, fut accusé de concu^^sions et jugé par une commission extraordinaire, dans la maison même de Richelieu, à Rueil. « C'est unechose bien étrange, répétait-il, qu'on me poursuive comme on fait. Il ne s'agit dans mon procès que de foin, de paille, de bois^ de pierre et de chaux. Il n'y a pas de quoi fouetter un laquais. ;» Il n^en fut pas moins condamné à mort, et exécuté en 1632. Bassompierre, son ami, fut enfermé à la Bastille, d'où Ton ne sortait guère et où il resta douze ans, jusqu'à la mort du cardinal ; Marie de Médicis fut elle-môme reléguée à Compiègne; quand elle se vit pour tout de bon délaissée de son ûls, elle s'enfuit à Bruxelles où elle vécut, sous la protection équivoque des Espagnols, dans un état voisin de la misère (1631). Richelieu s'était bien gardé de gêner cette fuite.

Le second fils do la reine, le frivole et incapable ducd^Orléans, avait aussi quitté la France, en lançant contre le cardinal un manifeste fougueux. Réfugié auprès d'un prinee* dévoué à l'Autriche, Charles IV, duc de Lorraine,, il épousa sa sœur malgré les ordres du roi, puis alla retrouver sa mère aux Pays-Bas d'où il trama une nouvelle conspiration qui aboutit à une révolte déclarée. Le gouverneur du Languedoc, Monlmorency, se laissa prendre aux promesses de Gaston; tandis que le prince entrait dans le royaume avec quelques milliers d'aventuriers, il souleva les provinces du midi, que Richelieu venait d'irriter en essayant d'introduire des officiers royaux dans l'administration intérieure de ces pays d'états. Quand ils eurent joint leurs forces, ils livrèrent bataille à l'armée royale, commandée par le maréchal de Schomberg, sous les murs de Castelnaudary (septembre 1632). Le duc d'Orléans s'enfuit au premier choc, « jetant ses armes par terre et disant qu'il ne s'y jouait plus ; » le duc de Montmorency resté seul, fut pris, condamné par le parlement de Toulouse et exécuté, malgré les supplicati'^ns de toute la noblesse. « Plusieurs, dit Richelieu, murmuraient de cette action, et la taxaient en quelque sorte de rigueur; maisles autres, plus sages, louaient la justice dn roi qui pré-

ferait ie bien de son État à la vaine réputation d^une clémence dommageable , et ils estimaient le courage du cardinal, qui méprisait la propre sûreté de sa personne et la haine de tous les grands pour satisfaire à la fidélité quMl devait au roi. »

Le duc de Lorraine paya les frais de la guerre. Louis XIII prit en personne Bar-le-Duc et occupa militairement le duché (1634), qui resta aux mains de la France jusqu'à la fin de ce siècle. Quant à Gaston,, il fut épargné, parce qu'il était du sang de France qu'il faut respecter ; mais il reçut Tordre de se retirer à Blois; quatre années plus tard, un événement heureux et inattendu lui enleva le titre et le rang d'héritier présomptif de la couronne : Anne d'Autriche donna le jour à Louis XIV (15 septembre 1638).

Une humiliation infligée au duc d'Ëpernon, le dernier représentant des prétentions féodales, et la condamnation à mort du duc de la Valette pour une faute militaire, montraient à tous que des temps nouveaux étaient venus, ceux de l'obéissance absolue. Pourtant le comte de Soissons, chef d'une branche de Condé, tenta encore une fois de renverser le terrible cardinal. Réfugié à Sedan, auprès du duc de Bouillon, il appela à lui tous les mécontents pour réveiller la guerre civile en France. L'Espagne se hâta de lui donner 7000 hommes. Le maréchal de Châtillon surveillait Sedan avec une armée royale ; attaqué à l'improviste dans les bois de la Marfée, à quel(]ues lieues de la ville, il fut vaincu par la dé> feciion d'une partie de ses régiments, mais le comte périt, dans la poursuite, d'un coup de pistoiet tiré au hasard (juillet 1641). La guerre finit avec lui; le duc de Bouillon s'empressa de faire porter au roi sa soumission.

La dernière conspiration fut celle de Cinq-Mars. Ce fils du marquis d'Effiat avait été placé par Richelieu auprès d( Louis XIII pour l'amuser, le distraire et le surveiller. Devenu bientôt favori nécessaire, il fut élevé à la dignité de grand écuyer et rêva la fortune du connétable de Luynes, qui avait commencé comme lui. Il était déjà entré à demi dans le complot du comte de Soissons ; ce prince mort, il travailla pour lui-même, lise flatta de renverser Richelieu avec l'appui de la noblesse et peut-^tre avec la complicité du roi, qui paraissait fatigué de son ministre. Si le roi n'était pas complice, la reine du moins, ainsi que Monsieur, l'étaient, et le duc do Bouillon avait promis, la mort du roi survenant, de recevoir

U2 LOtJlS XIII (1610-1643).

à Sedan la reiive el se» de:iz ttlê f>ottr M tomU^fB au eir dînai. Cinq-Mars se perdit en signant Qn traité d'àllianee iW les Espagnols. Richelieu, alors malade, préëque tti(rarânt|ii procura, à prix d'argent, une copie du traité ef Têntefa à Louis XIII. Livré, suivant Tusage, aune commission exttalMS dinaire, Cinq-Mars fut condamné, pois dééapiié à Lyon (septembre 1642). Ce hardi conspirateur n*ayait pâê tiflgt-dlB ans. Avec lui périt de Thou, fils lie rhistorfen^ qol piji II sa tête le désir de vivre au milieu deiT §^nds et (ÛleufftfeL trigues. Il avait été rintermédiairé de la reine et ihi ttilFil Bouillon. Quant bce prince, il nese tirad*affaîfeqii*eiinife^ fiant sa principauté: Sedan ftit réuni pour tMjefO^t 1 h France.

SoumiMlon du parlemettti »MelMHêe àm ^>tolllÉ»'| afTermlfleettietit de Pautorlté royale. » La flflAgiBMtlire ne conspirait pas, mais quelquefois elle gênjûL En lél7, M^ chelieu, alors dans Texil, écrivait: < Le partemeiif doit flflè entière obéissance aux volontés du roi, mais il là doit ivleoii* nable. » En changeant de place il changea de point dé tut. H

punit de la destitution, deremprisonnemeAtouderetltlOdll velléité d'opposition. Lorsqu'en 1641, au milieu de la giMM de Trente ans, les magistrats voulurent refuser TenMgM^ ment de nouvelles taxes, LouisXIH vint tenir an ïttclètsilfM, et fit ie nouveau entendre les plus hautaines paMiles. EU vain Tavocat général Orner Talon supplia le roi de se ItiiMT toucher par les prières, « k Pexemple du Dieu vivant doftt il était rimage sur la terre; » il fallut obéir, c sans plus de nd- ^ons, et cesser de mettre la main au sceptre du BOatérdD. s Défense expresse fut intimée au parlement de foire éeerenblltrances sur les édits concernant le gouvernement et TadHI^ nistration de l'État. On n'en admit que pour les édité iMtrtdoi, à charge d'enregistrer ceux-ci « toute affaire cessaàtot iCle roi jugeoit qu'ils dévoient être vérifiés, > nonobstant Itkti» montrances. ' ■ .1

Richelieu n'avait pourtant pas de dédain pour Popiniôït pth blique. Comme tous ceux qui sont forts, il en appelait éOi^ vent à elle et s'en trouvait bien ; mais il aimait mieux diM^ts qu'il avait fait que discuter ce qu'il avait à faire. Aussi KeMcoup de manifestes, d'exposés de sa conduite, même deée qte nous appelons aujourd'hui des articles, quMl insérait dans le Mercure de France, le plus ancien de tous nos journaux, Mtis point d'états généraux; seulement quelques rares assemblées

\kk LOUIS XIII (1610-1643).

de notables, qui, choisis par le roi, avaient moins d'esprit d'indépendance et pouvaient avoir autant de lumières. Il yen eut une en 1625 au sujet de la Valteline et de la rupture avec le pape; une autre à la fm de 1626. A celle-ci aucun prince ou duc ne fut appelé, niais des magistrats, des ecclésiastiques, des conseillers d'État et le prévôt des marchands de Paris. Le ministre leur développa ses projets pour créer une marine qui protégeât le traûc lointain, pour instituer une armée permanente où les grades seraient accessibles à tous. pour réorganiser les finances en dégrevant les classes laborieuses, pour encourager le commerce et Tindustrie en y appelant la haute bourgeoisie et les nobles, enfin pour réformer Tadministration intérieure*.

Oestmctlon des forteresses féodales; abolition des amandes chargpc^s militaires; les Grands «ionra. — Dès Tannée 1626, Richelieu avait ordonné la démolition des forteresses féodales inutiles pour la défense des frontières, el qui étaient pour la royauté une menace permanente, pour les villes et les campagnes un objet de terreur, pour les nobles un souvenir de leur ancienne puissance et un encouragement à la révolte '. La même année il abolit les charges de grand amiral et de connétable, qui donnaient à leurs titulaires une autorité presque royale sur la flotte et sur Tarmée. Ils étaient trop maîtres, et Richelieu voulait Tètre partr it.

Les acquisitions de la France en Lorraine étaient bien loin de la main du roi ; pour que ces pays sentissent Faction du

1. Le chancelier Marillac rédigea sur le cahier de cette assemblée an edit CD 461 articles qui fut présenté au parlement, mais non enregistré, pt qui par conséquent n'obliut pas force de loi. On y tenait compte de beaucoup de demandes faites par les états de 1614. Cet essai de réformation générale qu'on appela par dérision le code Michaa, blessait beaucoop d'intérêts et tomba par le mauvais vouloir des parlements. La disgr&ce de son auteur acheva de le discréditer. Richelieu, occupé de graves questions politiques, n'eut pas le loisir de tenir la main aux réformes civiles. L^iii* cle 229 déclarait toi*.s les grades de l'armée accessibles aux roturiers; 1^ ticle 442 promettait la noblesse personnelle au négociant qui ayait en mer depuis cinq ans un navire de 200 tonneaux, pour tout le temps qall eontinuait son trafic. Le même privilège était accordé au négociant en gros: et il était dit que le gentilhomme qui s'adonnait an trafic par mer ne dérogeait pas.

2. Le ch&teau de Pierrefonds, à quelques lieues de Compiègne, fat longtemps la terreur des environs. Un aventurier, Rieux. y soutint an liége contre Henri IV. Richelieu le fit assiéger et démanteler. La résistance de ses murs découragea les démolisseurs et il servit encore, pendant la Fronde, de place forte contre le roi. L'empereur Napoléon UI l'a fkit restaurer pour qu'il demeurât, comme il en est digne, un magnifique spécimen de l'architecture féodale.

gouvernement, le cardinal créa le parlement de Metz; et, pour avoir une justice plus expéditive, il renouvela Tinslituiion des Grands Jours; ceux de Poitiers, 163^, condamnèrent pour exactions et violences plus de deux cents nobles.

GréaiioB des intcBdaMis. — Enûn il fit une véritable révolution dans Tadministration provinciale par Tinstitution de» intendants. Sous les derniers Valois, les gouverneurs, qui étaient tous de haute noblesse, s'étaient rendus à peu près indépendants dans leurs provinces; et ils regardaient ces charges comme un patrimoine qui devait passer à leurs enfants*. Henri IV avait été obligé d'acheter leur obéissance. Richelieu, qui reprit en toute chose et continua Tœuvre du premier Bourbon en la poussant plus loin, créa des officiers supérieurs de justice, de police et de finances, appelés du nom modeste d'intendants*, qui, choisis par le roi dans la roture, sans crédit personnel, furent à la discrétion du ministre (1635). Ces officiers, agents dociles du pouvoir central, exercèrent un contrôle jaloux sur les grands, les parlements, les villes, les États provinciaux; ils concentrèrent peu à peu entre leurs mains, tous les pouvoirs civils, et finirent par ne laisser aux gouverneurs que Tautorilé miHtaire, nulle dans les provinces intérieures, et la représentation. La royauté gagna à cette institution, origine de nos préfectures, et Tunité nationale en fut fortifiée. Depuis la création d'une armée permanente, sous Charles VII, aucune mesure n'avait frappé plus fortement la nouvelle féodalité.

Conmcncemeat d'une orgpanîsation de la marine 1641]. — Une des suites du siège de la Rochelle fut un premier essai d'organisation pour notre marine. Après chaque expédition, les vaisseaux de l'État rentraient en un port où ils restaient sous la garde de leurs capitaines qui ne les

f . « La caraclêre de la maison de Montmorency, qui depuis unlong temps étaient gouverneure du Languedoc, était si avant imprimé dans ces peuples, qu ils ne croyaient le nom de roi qu'imaginaire. • {Mémoirei de Richelieu, ibid., p. 3i9.)

t, Lnn8t:tation des intendants de finance remonte à Henri II, mais fut régularisée et étendue par Richelieu. Il n'y eut pas un intendant par province ou circonscription militaire, mais par jgénéralité ou circonscription financière. Supprimés durant la Fronde, ces officiers furent rétablis par Maxarin. Louis XIV les inTestit de toute l'aatorité administratiTo dans les proYt nées, et même du pouvoir judiciaire; mais des mutations très fréqaaotM oa des dastitutions leur faisaient sentir la dépendance dans laquelle le maître voulait les tenir,

146 LOUIS Xïii (1610-1648).

gardaient point. Les bitiments se détémraîent et on perdaH un temps infini à les réparer, puis à les rasaemblef pmir les faire agir ensemble En 1629, Richelieu chargea d'TnfreiiUe de visiter toutes les côtes de TOcéan et d'y efaotstr remplacement de trois arsenaux. Il désigna le Havre, Brest et Brouage. Des magasins y furent aussitôt eenstruHs, et, en 1631, trois commissaires généraux de la marine vinrait ti*y installer. D'Infreville s'était trompé pmir Brouage et le Havre, il avait deviné juste pour Brest, coflame il deriftft Du* quesne quHl recommanda à Richelieu. De nombrettx wtiM* seaux furent armés, et dans la guerre deTrente tue les Hottes de France dominèrent sur l'Océan et la Méditerranée.

Désordre dans l«s flMances. — Pour les flfiatiees, Richelieu rentra dans les mauvaises voies d^où Snllj était sorti. Il augmenta les impôts, ce qui était inévitable af«c d'aussi grandes affaires que les siennes, n^ais 11 sttt mal les ménager. La différence entre le revenu net et le rerena brut devint énorme. Sur 80 millions que le pays donnait, en 1643, le trésor n'en recevait que 33, et la dépense étant de 89, le déficit s'élevait à 56, sans compter que le rerena de trois années était mangé d'avance. Ainsi le trésor se trouvait dans la détresse, et pourtant les peuples étaient horriblement foulés. Des émeutes avaient éclaté à Paris et dans les provinces; les croquants de Guyenne, les vo-fw-pMf de Normandie, avaient égorgé les agents du fisc; mais les troupes étouffèrent durement ces révoltes, et on était trop habitué aux désordres des finances et aux affreuses misères des campagnes pour s'inquiéter beaucoup des uns ni des autres.

Commeree et InânstrSe. — Richelieu organisa les'eon* sulats, favorisa le commerce extérieur, mais imposa au Canada les règlements étroits qui le perdirent ; il encouragea les industries naissantes des glaces et des tapis, et fît venir des ingénieurs des Pays-Bas pour dessécher les marais, continuant encore en ceU Henri IV et préparait Colb^ dtti fut son admirateur, parce qu'il retrouva, sur raxlle points, les traces de celui qu'il appelait toujours le grwoii cardinal.

Politiqoe étraner^re* !««« C0wtw0 1» lNW»ek« «ips* ffnole de la rnainon d'Autrlelie. — Depuis le traité de

Verviqs, h Fr^Qcd n'avait pas eu de griode guenre; et

comme l'industrie, le commerce occupaient peu les peuples

LOvr§ XIJI 11610-16^3). 147

al point in totti 1» iMriiies9fi, il y i^vjû^ idap^ h èènér^Qn DûBvttll*, ftocoTB touie par 1»9 récits dçs temps de fijèrç ifl' déptndMfie, d^vant^res fit di» battîtes, uDe iipp^tienc^ du rtpos, un bMQÎP 4'^cUoD qui, fiuit« de direction, s'étAîent tournés ra agiUtIpos st^te». De )610 à )62^, U Ffi^nice nanquA 4'iui btfPiH»» 9lle (Qii avait uq fj^miansmtf !^ Gt^i bemiM, »pi4t «jroir #N».ipUiu& loes toIqi^Ms rA)>eQd9f jiprè# avoir réwi «ts forpa» diyi^Als, «liait laur entrer uq (h^I

a JuiQU'oA idiait 1» Qanle, 4i|M^ Bj^Mieiy, j^aquarlà doit aller U Fr«iM. » Maît ioa lEapagno!*» n^ajtras 4aa Pay3-Ba9, éê le, Fnmfbê^CoffA^ ^ fy K94AM}^m, êi^^ppajiant eo/çora da iroia cùUm^ la (imi^a. am^f^riei ^t l^pajypnf; rita% par Naples et Nilaa, Il aomweoca W ^w- Pèa lef prisfaiara ]purs da aoB mûûitàra* U jnwMHiv^ laa ^Pi^ tra^ pçnf lusj^i Henri IV avec Vanl^, jla Sai^oia» )fk UQ^»^à9, dont li d9u|)W les ai^Mides, ai avat la irpi d'AngtataTIH» (|«^^ ^''p 91^cesaauriiinida da ta gra^ja E)i^aM;hf |i ùi^ nmpra la mariaga 9M|eté enira la m»Q» 49 6allaa ajt {la.^ ipfa^, â( ii propose au jauae priiMca» qm i'm^l^f h vm^ i'Bf^fi^, sa»ttr da Louis XHL

•••i^ro êm In irnli#llii# <^#94)* -r- Auy ^ociatiff^f^;! joini laa adaas îl «|iaa«a 1m Espfg^la de la YaUali^sPajtftç /alléa fonnant la bassin supérieur da r>Uida ajt q»! étaj^liasaiib la comaiimiration enka le Milaoaiui aspagno) st 1^ TyrcJ au^ trialiian. Laa habitants» sujets da lainôpubljlqMa prole8Îaj;ite4as Grisons et catholiquaa» s'i^tsiaot réroiUs à ripstig^o da la cour de Madrid, qui avait fait bâtir chez eux plusieurs Coito; afin de les protéger, disait-alla, cpjçiira laa héiï&tiquas i[1620]. Les Grisons avaieni récismé ; la papa, ciM^iai pour miédia- :v ur, hésita longtemps ; il aljait pautr4tra doauar raiaon au^ spagQols, quand Richelieu vriva aux ai&ires et écrivit oissîlM à raœbassadeur de France ii Roma: c Le roi na veut plus être amusé; il a chaogé de miuislÀre, et la ministère de maxime: (m enverra une armée dans la Valteli^aj •f ui rendra la pape o^oins incertain, et le? Jilspagaols plus traitahles. > En eSet, le msrquis da Couvres arriya par la Sniaae arec 10000 hommes at restitua la Valteli;[!e aux Grisons (I62i^). La cour de Madrid subissant an silence cet affront, qui prouvait sa faiblesse, accepta les faits aceanplia, par la traité da Moaçon, en Axagoo (mars 1626).

daerre de la «accession de Mmvtove (1690). — Quelques années plus tard, le cardinal intervint au delà des Alpos, en faveur d'un prince français, Charles de GoDzague, duc de Nevors, qui venait d^hériter du Mantouan et da Monlferrat. Les Espagnols lui opposaient le duc de Guastalla à Mantoue, et le duc de Savoie, Victor-Amédée, dans le Monlferrat, dont ils investirent Casai, la capitale. Richelieu marcha lui-même vers les Alpes avec une armée de 36 000 hommes et Louis XIII força le pas de Suze dans une action brillante où il montra le courage de son père (6 mars 1629). Le duc de Savoie, témoin de Taudace des assaillants et sur le point d^ètre pris, se retira à travers ses lignes eo criant: a Messieurs, laissez-moi passer, car ces gens sont en colère, i II se hâla de signer le traité de Suze : les Espagnols levèrent le siège de Casai et rentrèrent dans le Milanais. Mais il n'y avait pas grande confiance à avoir dans le duc de Savoie, v Son esprit ne pouvoit avoir repos et faisoii tous les jours plus de trois fois le tour du monde, pensant à mettre tous les rois en guerre, pour retirer -profit de leurs divisions. » L'année n'était pas écoulée que les Impériani victorieux en Allemagne entraient chez les Grisons, les Espagnols dans le Monlferrat, et que le duc de Savoie négociait avec tout le monde. Richelieu revint sur les Alpes STec 40 000 hommes; la Savoie fut conquise, le Piémont entamé. Pignerol pris (mars 1630). La paix de Chérasco, dont Mazarin fut le négociateur, affermit Tinfluence française en Italie. Le duc de Mantoue fut rétabli dans ses Étals, et Victor-Amédée livra à Louis XIII, avec Pignerol, le libre passage des Alpes (avril 1631).

Ainsi, en 1631, Richelieu avait séparé en Italie les domaines des deux branches de la maison d'Autriche qui faisaienl effort pour se rejoindre, et rouvert la péninsule à la France, mais sans l'y engager. Il songeait à faire davantage, à établir une confédération italienne qui contre-balancerait la puissance de l'Espagne dans ia péninsule, et « y assurerait un parfait repos. » Venise, Mantoue et le duc de Savoie signèrent cette ligue ; le grand-duc de Toscane, Gènes et le prince de Parme et de Modène y adhérèrent en secret; Urbain VIII fut sur le point de faire comme eux. Les é?énements détournèrent sur l'Allemagne l'attention de notre grand ministre.

Guerre de Vrente ans; Bichelieu appelle Claatava-

LOUIS Xlii (1610-1643). 149

.%d«lpfc« •■ AllemairB^* — On était alors au plus fort de !a guerre de Trente ans. Cette lutte, à la fois politique et religieuse, avait commencé en Bohême (461H)et s'était étendue peu à peu à tout Tempire. L'électeur palatin, le roi de Danemark, avaient été Tun après Ta.utre vaincus et humiliés. L'armée impériale, créée et commandée par Waldslein, avait pénétré jusqu'à la Baltique, foulant aux pieds sur son passage l'Allemagne et ses libertés séculaires. Le problème qui s'était tant de fois agité dans ce pays, de son partage entre des princes indépendants ou de son union sous un seul maître, était sur le point d'être résolu dans le sens de l'unité, sons le despotisme de la maison d'Autriche. Tout cardinal qu^il était, Richelieu fit alors comme François I^^', comme Henri II, comme Henri IV, il prit en main la cause des princes allemands, sans regarder à la religion. Son émissaire, le P. Joseph^ travailla si bien les électeurs, à la diète de Ratisbonne, en 1630, quïls arrachèrent à l'empereur le renvoi de Waldstein et le licenciement de son armée, puis refusèrent de donner à son fils le titre de roi des Romains, que Ferdinand II regardait comme le prix tacite de ses concessions. « Un pauvre capucin, s'écriait-il avec colère, a su mettre dans son capuchon six bonnets électoraux. »

Après ravoir désarmé, Richelieu alla lui chercher un ennemi au fond du Nord. Le roi de Suède, Gustave-Adolphe, monté sur le trône à l'âge de dix- sept ans (en 1611), s'était déjà fait connaître par de grands succès : il avait humilié les Danois et les Russes ; il faisait alors une guerre heureuse à la Pologne. Richelieu ménage une trêve entre le jeune roi et les Polonais (septembre 1629), puis lui accorde un subside annuel de 1200000 fr. et le jette sur l'Allemagne en lui montrant, pour exciter son ardeur, d'immenses dépouilles à saisir, ses coreligionnaires à venger, et un grand rOle à jouer sur un théâtre retentissant ^traité de Berwald, janvier 1631).

Gustave-Adolphe apparaît dans Tempire comme un foudre de guerre. Illnvente une tactique nouvelle, qui déconcerte ses adversaires ; il bat Tilly, près de Leipzig, le tue au passage du Lech et vient lui-même périr à LUtzen, dans les bras de la victoire, c A d'autres le monde 1 i s'écrie-t-il en tombant [1632). Richelieu ramasse l'espérance et la fortune du jeune héros. Il est libre maintenant de ses plus grands soucis à Hntérieur; il peut porter son attention et ses forces au de-

hors. Il substitue hardiment, dans la lutte Contre 1& mûsoD d'Autriche, au Danemark épuisé, à la Suède veute de son roi, la France pleine de jeunesse et d* ardeur.

l^remlèrê partie de la péiffôde iViitifalM (1085- 164d); alliances et forces de la Pf^nétf. — Contre TAutriche et l'Espagne plus étroitement unies, il noue d'abord un solide faisceau d'alliances. Par la convention de t'aris, U promet 12 000 hommes aut confédérés allemands qui luifemettent l'Alsace en dépôt (nov. 163^), et par celle d6 9ain^ Germain il achète Bernard de Saxe-Weimar, le lUeilteur élève de Gustave-Adolphe, et son armée (oct. 1635) ; il traite à Compiègne avec le chancelier de Suède, O.tenàtierif, Wtfc grand ministre (1635), à Weseï, avec le landgrave de HesSê- Cassel, qui fournira des troupes en retour* d'un subside (oct. 1636) ; à Paris, avec les Hollandais, pour le partage des Pays-Bas (février 1637); h ftivoli,avec les Suisses et les ducs de Mantoue, de Parme et de fJavoie : au dernier il promettait la Lombardie (juillet). Il essaya même de gagner le roi d'Angleterre en lui offrant pour prix de son alliance au de sa neutralilé des secours contre ses sujets rebelles. Charles répondit, avec plus de fierté que de prudence, par 6d8 fiiots qui résument presque toute la politique de fAngletéfîe à notre égard : « Le jour où les ports des FladdreS Mfont attaqués par les alliés, une flotte et une sirmée 'kn^Mifi dé 15 000 hommes arriveront aux Dunes. » Le tedoùtSblê cardinal se relourna du côté des presbytériens: c Lé. roi saura bientôt, écrivit-il à notre ambassadeur, que je néîîttis pâsnn homme à mépriser. L'année ne s'achever? paç sâiiS .<lu*îl ^^1 à regretter d'avoir rejeté mes propositions, r Dé secfeis émissaires partirent aussitôt pour l'Ecosse; et un mois apfèï le covenan/ était signé; Richelieu n'avait pfus à craifidrddètr^ gêné par le roi anglais. ' '■

Ces nombreux traités annoncent l'extension qhe là guerre va prendre. Richelieu la porta sur toutes nos frontières: aux Pays-Bas, pour les partager avec la Hollande; wr le Rhin, pour couvrir la Champagne et la Lorraine, et saisir l'Alsace; en Allemagne, pour tendre la main aux Suédois et briser l'omnipotence de l'Autriche; en Italie, pour maintenir l'autorité des Grisons dans la Valteline (vpy. p. 4 47) et l'influence de la France dans le Piémont ; vers les Pyrénées, pour y conquérir le Roussillon ; sur l'Océan et la Médit<*rranée, pour y détruire les floltos espagnoles, soutenir les

LOTIS tiU (ie\(hl¥kd), 1^1

féiKlk^étk Fôrttipi êld« Ift CSHalogiitf^ d AMmr iw «fttee dllillè. h f im eofimfM M-^mèBÊêt a?M se juste oi'giièil, 4MI* pro^igièltt éflMft 11 âéffiaAdft à 1« obliM bradant Mpt mnètlt, mtùt9 m pait^^W poi%i dit mtOn éù Romiiloii «lie li CilMiglN : « La |M8lMf«, itil-il «i rai^ aura peine à etétré quê é^m «elle gmré êê nqrMitiè ait «M eeinUe <rentreMMf MiM âiHiéeS de Ustrê et dew navatoe^ leas eompler iêSkê de M itliié», i la «ubeiêUmee deeqtiftileft n n'a ptat peu ^MtrilM. Gépéttdaal H eil vrai qm, outre ane potseanle ar^ méB de fOOM bdtttUM de pied et de eOOO à Km dmMty qfÊè r&fOié É^f UmjMf» eue m Pteardiei iNrar attaquer tos eflMDiiiy toile en âVM du WM iM*e en la anênie pnHÎnee, eoinpoeée de 10 000 hdlbffiee de pied ei de «000 cberaax pour etùpiêfÈ^ l^eftMBde eeuefkvmiière. il eet tnd» de pine, que tMe dft tfes tetf}0(tre e» me ea dtampagoe^ de oitaie Aottbife fdd eetlè denikièfe! Me en Bem^iiOjfiiey de iiaraiile llMee; une iiofl tMhn piiiseiiftte ea AOm^fue; tme aaire inaai eonsidéraMe eft Rilid^ et enwre hm talhi en Vattdîae, pMdaiit fiii eeriaift lèorpe. -* Mêii qoe nm priddeeeeeurs ileflinéptM la merjtteqcilk ee peim qoe le Im M^irdtre père, ii^atidt pMtttèmA fideeend , Voire Mi^eeté n'a pas MMê d*iVOlf e<i li mëf MédilerrefiOe, peadani tooi le eoors de eelie gtteifd, 90 giMMe èl 90 tal«eeaaa nmde, etj^usde WMeËéqdpéeoft li nef Oeéane. -» Yoin a?ei deplne^ Wns lei afti, Modfti leir Hollfttkdaie de l sooooo Hnet, et quel-

iœTole de d&vantmt»; le dae de Savc^ de phit d'an miUion ; I eoarottae de Siiède de pafellle eomme; le landgrave de Heeie de KMOOO riftditèni, et (ttfere aotne prineee de dl* tereee aatres eoflUDdÉ, Mon qoe lea oeeeeloiiB root requîe,» {karraikm 9iteeint$.)

«rietolMi M d«ê ëê feaae-^rèiaiir, ém WWÊmw^mmwt, do dSvélnrfaard, io Itaairdle. ^ Lé pfétetle de la rapture fat renlèvemeat par les Espagnole de rÉfcheTèqae de Trèvee, qui s*étaH mie eotte la pfoteeiiim de la France. La guerre coDuneoça hettreasemeni. Ghâtllloii et Bfèsé remportèrent daoi lea Paye-Bae la tidoire d*Aveia, prèi 'de Liège (mai lOtt). Lee Hotlandaie e'ethnntehèrent de tolf les Franiçais el près d'eiit; ils ^dmalent Méti mletix TEêpagae aflkiblie

S la France régénérée, et Ile eecondèfént mal noe opéra* a. Lm Bipagnoh ptvfitèreftt de eette méelfitélligenee. Iteaforvée par 18 000 Impériaux et Piécdiomitil, Ils pénétra rén( en Picardie, pendant que notre armée étaK encore en

152 LOUIS xilT Ooia-1643}.

Hollande, franchirent la Somme et s^emparèrent de Corbie (1636). Un instant la cour et Paris s^épouvantèrent ; mais k cœur revint vite à la grande ville. Les ouvriers et les gens du peuple s'enrôlèrent en foule, les bourgeois donnèrent au roi les moyens de lever et d'entretenir durant trois mois 12000 fantassins et 3000 chevaux. Louis XIII, plus hardi ceUe fois que Richelieu, avait refusé de se retirer sur la Loire. A la tète de 40 000 hommes, il alla rejeter les Espagnols hors des frontières et reprendre Corbie, où le cardinal n^écbappa au plus grand péril qu'il ait couru de sa vie, que parce qa^ moment de donner le signal de l'assassinat le cœur manqua au frère du roi (1636). Une autre invasion, tentée en Bourgogne, tourna aussi mal. Gallas et le duc de Lorraine s^étaient avancés, avec 30000 hommes, jusqu'auprès de Dijon; pour s'assurer durant l'hiver un passage sur la Saône, ils attaquèrent Saint- Jean-de-Losne, dont les bourgeois, aidés par un débordement du fleuve, flrent une défense héroîqoe. Le comte de Rantzau força les Impériaux à la retraite, et le duc de Saxe-Weimar les repoussa en désordre dans la Ck>mté.

L'année suivante, 1637, le cardinal de la Valette prit les villes de la haute Sambre : Câteau-Cambrésis, Landrecies et Maubeuge. Richelieu aimait à confier des commandements aux prôtres, plus habitués à l'obéissance. Son amiral ordi* naire était Sourdis, archevêque de Bordeaux, qui détruisit, en 1638, une flotte espagnole, à la hauteur de Fontarabie, et ravagea plus d'une fois les côtes du royaume de Naples et de l'Espagne. Mais en cette année (1638), les grands succte furent sur le Rhin ; Bernard de Saze-Weimar battit les Impériaux à Rheinfeld, prit leur général, Jean de Werth^ et emporta d'assaut Vieux-Brisach après trois victoires. Il songeait à &e faire le souverain de l'Alsace et du Brisgau, quand il mourut, fort à propos pour la France, qui hérita de sa conquête et de son armée (1639).

L'Artois, qui appartenait aux Espagnols, fut envahi dans la campagne suivante. Trois maréchaux, la Meilleraye, Ghàtillon et Chaulnes, assiégèrent Arras. Une armée de 30000 hommes, commandée par Beck et Lamboi, accourt pour le délivrer. Les maréchaux sont d'avis contraire, l'un veut se tenir dans les retranchements, l'autre sortir des lignes poiur livrer bataille; on en réfère à Richelieu : « Lorsque le roi, leur dit-il, vous a conflé le commandement, il vous a cru capables; sortez ou ne sortez pas de vos lignes, mais vous

LOUIS XIII ^lt)lU-lb'j3). 153

répondez sur vos têtes de la prise de la ville *. v Quelques jours après, les Espagnols sont battus, et la ville est forcée (août 1640). C'était une seconde province enlevée à la maison d'Autriche.

La France combattait en même temps dans le nord de rilalie. Après la mort de Victor-Amédée (1640), ses frères, le prince Thomas de Carignan et le cardinal Maurice, avaient disputé la régence à sa veuve, Christine, fille de Henri IV, d avaient obtenu Tappui d'une armée espagnole. Richelieu envoya dans le Piémont le comte d'Harcourt, qui remporta trois brillantes victoires à Casai, à Turin et à Ivrée, rétablit Tautorilé de la régente, et par un traité habile fit rentrer les princes de Savoie dans i'alÛance française (1640-1642).

L'Espagne n^attaquait plus alors, elle avait assez à faire que de se défendre contre les Catalans et les Portugais révoltés (1640). Le cardinal n'était pas étranger .à ce soulèvement ; il fournit des secours au nouveau roi de Portugal, Jean de Bragance, et décida les Catalans à reconnaître Louis XIII comme comte de Barcelone et de Roussillon ^1642). Une armée française, commandée par la Mothe-Houdancourt, chassa les Espagnols de la Catalogne; une autre, que là roi conduisait en personne, prit Perpignan, et ajouta le Roussillon à la France, qui depuis ne l'a pas perdu

sept. 1641).

L'Espagne occupée chez elle, l'Autriche était plus facile à vaincre en Allemagne. La défaite de Nôrdlingen et la défeclion de l'électeur de Saxe, en 1635, avaient forcé les Suédois à reculer jusqu'en Poméranie. Dégagé par la puissante diversion de la France, Banner, le second Gustave^ avait, en . 63Ô, repris l'ofiensive et battu les Impériaux à Wittstock ; •I les batlil encore à Cbemnitz (1639), pénétra en Bohême,

t. aidé du comte de Guébriant, un des plus habiles tacti-

lens de l'époque, faillit enlever dans Ratisbonne^ en 1641, lu diète de Fempire et l'empereur. Il avait passé le Danube •ur la glace : un dégel subit sauva Ferdinand III et une

iialadie le délivra quelques mois plus tard de son redoutable

I. Le motse troQTe dans les Mémoires de Puységur, qui assista à 30 comèats, à 190 sièges, ne fut jamais ni blessé ni malade, et mourut à %'i ans, en IMS. La Meilleraye était cousin germain de Richelieu, et alors !e général favori du ministre et de la cour, comme grand preneur de villes, 06 qui a fait douter de Tauthenticité du mot. Richelieu se fit ce jour-U plus sévàro qu'il n'était décidé À Tètre.

154 LOUIS Xiii (1610-1643).

adversaire. Tandis qtrc le successeur de Bd«fi^, !è pSffiljr* tique Torstenson, étonnait TEurôpe par la ràplâité de Ml opérations et une suite de glofieusee vletoiree dan» la Alésie et la Saxe (IGdl), Guébriant s'avançait audadettÉMMnt avec r armée wei m arienne dafis Fouest âê rempifé, que les Suédois attaquaient paf lé nofd'^est i il tf ioilipliait de Pîeeo* iomini àWoirenbuttel (1641), de LàtAbùi à Ketttpérft dan» Télectorat de Cologne (\iik2)j et il dôrtifait Ift ttOïh k tùoi lés mécontents de TAlleroagne.

Mort de RleHellen (d««. 164»), -* Gefbt «tf millètide ces succès que mourut Richelieu, à Ykgà de ein^nanfe^érépt ans. Le l^ décembre 1642, il fiit Saisi d'an tiiai dooi il 1^ connut aussitôt la gravité. Dès lé lendemain, il totiluC «mHr la vérité sur son état. On le berçait de des espéraneet qm se donnent toujours aux malades, c Parlez frattehemênt, dit-il à un de ses médecins. *^ Monsèi^neuf, dans tingt-^ttaife heures vous serez mort ou guéri. — C'est pàtléf , câa^ » flllil ; et il manda le curé de Saint-Eustaché, ^1 hrî a^^rtÉ le viatique. « Voilà mon juge, dit^il c)uafld oft lui présenta rhostie, devant qui je paraîtrai MéntAt; je lé pfié qu^fl ne condamne si j'ai eu autre intention que le bieft dé la nligioft et de l'État. ^ Pardonnez-^vôus à vos ennemie? dénafida le curé. -^ Je n'en ai jamais eu d'autres que ceôx de FËtaC. » n laissait la France partout victorieuse ; la maisoik (f^Autridle abattue ; le royaume agrandi de quati^ phniâees : Lorraine, Alsace, Artois et Rotisâillon; la Catalogne et lé Portogal soulevés contre l'Espagne, tes Suédois et nos soldats presque aux portes de Vienne. Il avait donc tenu la protnesse qnll avait faite à Louis XIII en entrant an ministère : il avait, au dehors, relevé le nom du roi au point oft il devait être parmi les nations étrangères; il avait, à l'intéiiéur, tout fait plier sous son autorité Mais ici d'un péril on était tombé dans on autre : de la licence aristocratique dans l'arbitraire du despotisme royal qui se mettait quelquefois au-dessus de toute justice, et disposait à son gré de la fortune, de la liberté et de la vie des citoyens. On vit alors, non*seulemeftt deé eonfiscations et des emprisonnements arbitraires, mais des condamnations capitales prononcées par des lettres patentes adressées au parlement.

Ce n'est pas que Richelieu fût un ennemi systématiqtté de l'aristocratie. Il abaissa les grands, maïs non pas la nobiesae. Il l'eslimait nécessaire et avait horreur, autant péuMtfe

156 LOUIS Xiti (1610-1643).

que Saint-Simon, du pèle-mêle des classes. Il voulait que oliacun restât k sa place ; et quoiqu'il t&t de bien petite maison, il croyait que la uaissance pouvait tenir lieu de beaucoup de choses : à la rigueur, il n'eût rieu demanda de plus, roAme pour faire un évèque. Il s'indigne de la place que la bour^oisie tient déjà dans l'Ëtat par les charges qu'elle

occupe. I Ils sont présomptueux, dit-11, jusqu'à tel point que de vouloir avoir le premier lieu, où ils ne peuvent prétendre que le troisième, ce qui est teltement contre la raison et contre le bien de votre service, qu'il est absolument nécessaire d'arrêter le cours de telles entreprises, puisque autrement la France ne serait plus ce qu'elle a été et ce qu'elle doit être, mais seulement un corps monstrueux qui comme

LOUIS Xiit (1610-1643). 157

tel Dfl pourrait avoir de subsUDce ni de durée. ■ Et, comme il n'a pas l'habilude de reculer devant la conséquence de ses priDcîpes, i) veut dans le règlement général de \635 pour toutes les affaires du royaume, supprimer tous les collèges, ■i ce n'est dans douze villes où il en laissera un de jésuites et un de séculiers, et à Paris oii il y en aura trois de laïcs et un de jésuites, lUBn d'arrôter la manie qu'ont les pauvres gens de faire étudier leurs entants, ce qui les détourne du tnfic et de la guerre. » Des marchands et des soldats, voilà ce qu'il demande au tiers état. II laisse dans le même but

subsister la vénalité des charges qui substitue pour les fonctions publiques l'hérédité à la concurrence, ce qui retiendra d'autant les bourgeois dans le trafic.

Nous lui reprochions tout à l'heure d'avoir mal géré les finances. Hais il considérait l'impAt à un double point de vue, comme moyen de fournir des ressources à TËtat, comme moyen aussi de tenir le peuple dans l'ohéissance : ( Tous les politiques sont d'accord, dit-il, que si les peuples étaioul trop à leur aise, il serait impossible de les contenir dans les r^^s de leur devoir.... S'ils étaient libres de tributs, ils pensciaicnt l'être ds l'obéissance. » Et il les compare aux

m LOUIS xiii (1610>iU3)..

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avait le goAt éea 1«Ufm «t daa vtejphiHMiM ttlbUHMM|||K> utiles ou mtKniBquss datMit ^ un mnMèm.Mimlmti rAcadémio frsnçttiee, en 1S35, là dutiuat fc.fBlHm^,

lies tout loau mu [priDclFftle fnlrci

ionne, OÙ l'on voit encore son loralwau. t^Let-d'cciivre de GirardoD ' ; il bâtit le eoUi^ge du PIbssîh, le Palais-Car^ml (Palais-Royal) et fonda l'Ijuprimeria ro^aJe; il cria Je Jfu-^in des Plantes, ^jourd'hui le Muséum d'U'siJi'ro aaUireiie, pour l'Instruction di^ étudiants en raédecin^. Il montra iun écrivains une dél'éreace à laquelle ceux-ci n'étaient pas habitués; il pensionna des Bavaotg et des pofles, cuire Bulres

[ H aBcouragu ta psintM Vonlt, et il wp^ih àe tmma te PpuMân i mAd il vit luItMl* gnnd tièda Ull^nin it 1^ Franfl*, esnina il en a CMBOMncé le fnad Mèele pâdiB li^ : CM- i( £U eit de l'eiute 1«S«, <t te Dùeomt iê la HMkad» de ittT.U Mait lolrraiÉBa Ha terinw mnarqiuUe. S'il eut toit de vaidoir &in die trag^diee «t de w croife Mfil d« CoraeîUe, U eoMipoei me fcuk d'omsiia ifetelogifnn tott, eetiaie de «a ]eo>pe etdee MàÊUimtL, os Xiwt» MR( peWrifM», fit le ioal beeuooup du sAt». Qa y («««•

TMnUlw ww LMti ua (Htf de nettriier éi (Vfat.'WiA

MuvâDt de l'emphase et le style préteatteux de l'époqae, mais quelquefois aussi une énergie toute cornélieoDe'

1. 0 «iffMlt qai Chapelain el Gomtaalt rwtmunt ooaTarU dwinl loi. Kl Isn ni laptr» n'étaienl i» grinili nprlli, ««iirfment, mala 11 honomil IM Itltn* en lenr ptuonn»., L. jour d, Is «ddlllnn d. MonUuban, iç; ■tnlitrM protMlinlt » praMOitol deniil iui. Il refus» d« les rewïoir < tMDiiM cbrp» d'Èglùei • niïii il let idmel i comme geni qui talMltnt HdlaiioD dei lellres. • Ce! igird) eooUnué* par Lan» XIV préparaleal FtaMftuM pollUquc de la tiiténitan au dlibalUeiii* decli. Ponrl'A-

160 LODis Xlii (1610-1643).

MorAde tiouls XIII. — Louis XIII ne changea rien à la politique du cardinal, et appela au conseil celui qui pouyail la continuer. Jules Mazarin, Tami et le dépositaire des pensées du grand ministre. 11 ne survécut à Richelieu que six mois (14 mai 1643), comme s'ils étaient tous deux insépara' blés dans la vie, ainsi qu'ils le sont dans Thistoire.

Ce prince ne mérite pas le dédain qu'on a pour lui. Il ne faut point dire, avec Saint-Simon, que « les Muses ont donné au ministre bien de la gloire qu'elles ont dérobée au maître. > Mais il garda dix-huit ans un ministre qu'il aimait peu ; il en fit moins son conseiller que le dépositaire de sa toutepuissance et le dictateur de la France. Cette résigualion à accepter un ministre dont les exigences furent souvent pénibles, quelquefois cruelles, doit être comptée au prince qui eut ce rare dévouement pour l'intérêt public. D'ailleurs Louis XIII avait du courage, parfois de la décision, et il montra sur le trône une vertu qui s'y est vue rarement, la chasteté de saint Louis'.

f . c'est ce prince qui commença Versailles. La seignearie de ce lieo appartenait aux évèques de Paris (archevêques depuis 1622). Loais l^l\ l'acheta, et en 1627 y fit bâtir un petit château qui a été conservé par son lils. Il forme le centre du palais au fond de la cour de Marbre. On y retrouve l'emploi de la brique rouge, à laquelle Louis XIV renonça.

Faits divers. — L'intolérance et la superstition faisaient encore des victimes. — Lucio Vanini, philosophe néo-platonicien, et le curé Urbain Grandier sont brûlés, l'un à Toulouse, comme athée, en 1619; l'anlre 1 Loudun, comme sorcier, en 1634 : le supplice de Grandier fat atroce. -~ Le 30 mai i62l, publication de la première gazette ou journal jM/lfîçvf qui ait eu cours en France, distribuée à la fin de chaque semaine en doable feuillet in-acarto. — Richelieu avait fait graver, sar les canons do roi, la devise uUima ratio regum. — En 1627, régalarisation du serrica de la poste aax lettres, par l'établissement d'un tarif officiel remarquable par sa modération. Le prix d'une lettre de Paris à Lyon y est taxé à 2 sons (aujourd'hui 30 cent.\ Premier impôt mis sur le tabac, 1629 : 30 sous par livre sur le tabac étranger. En 1640, fondation de Tlmprimerie royale (voy. ci-dessus, t.I, p. 722). En 1616, le marronnier d*Inde est importe de Constantinople à Paris, dans le jardin de Soubise. — En 1634, institution par saint Vincent de Paul de la confrérie des Sœurt de la Charité j en 1638, il recueille les enfants trouvés.

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