‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 17 sur 73 · UINOEUTB DB LOUIS VJ · texte numérisé non relu

UINOEUTB DB LOUIS VJ

il ow Boutenir U guerre.... On nomma i la ^nSl^KâOTbre, les généraux d'une armée qu'on n]iivi . Chacun h

taxa pour lerer des troupes. 11 j avaitTili^i- cuu^iâillera pourvus de chai^B nouvellea créées par le cardinal de, Richelieu; il fallut qu'ils donnassent chacun IHOOO livres pour les fraisde la guerre, afin d'acheter la tolérari a de leurs confrè-

res. La grand'chambre, les enquèlea, les requêtes, la chambre des comptes, la cour des aides, qui avaient tant criA conb* des impôts fables et nécessaires, fournirent une somme de près de 10 millions pour la subversion de la patrie. Ou leva 13 000 hommes, par arrêt du parlement : chaque porte cochËre fournit an homme et un cheval. Cette cavalerie fut appelée (aamaltrû des portet coehéres. Le coadjuteur avait un régiment qu'on nommsil le régiment de Corinlhe, parcBi; que le coadjuteur était arclipvO.fjnc liliilaire de Connlhe. ^h

« Sans les noms de roi de France, de grand Condé, de capitale da royaume, cette guerre de la Fnmde eût été aussi lidioale que celle des Barberins. On ne savait pourquoi on était en armes. Le prince de Gondé assiégea 100 000 bourgeois avec 8000 soldats. Les Parisiens sortaient en campagne, emés de plumes et de rubans; leurs évolutions étaient le sujet des plaisanteries des gens du métier. Ils fuyaient dès qn*ilt renoontradent SOC hommes de Tannée royale. Tout se toumût en raillerie;, le régiment de Gorinthe ayant été battu par un petit parti^^ on appela cet échec la première aux CorinihienM. Ces vingt conseillers qui avaient fourni chacun 15 009 livres, n^iurent d'autre honneur que d^étre i^pelés les qiÊJmiB vimgîu

'c Les troupes parisiennes, qui sortaient de Paris, et revenaient toajùurs bsttues,^ étaient reçues par des huées et des édats de rire. On ne réparait tous ces petits échecs que par' des couplets et des épigrammes. Les cabarets étaient les tentes où Ton tenait les conseils de guerre , au milieu des plaisanteries, des chansons et de la gaieté la plus dissolue. Enfin, on vit le-coadjuteur venir prendre séance au parlement avee nH poignard dans sa poche, dont où apercevait la poignée, et on criait :Fo«dto bréviaire de notre arekevéqw ! 9 ÇSiéde de Lmiiê JIV.)

U ne faut pourtant pas faire la Fronde plus insignifiante qu*elle ne Tétait. On savait parfaitement pourquoi on avait pris les armes. D-abord on était fort mal. Une banqueroute universelle venait de bouleverser les fortunes et les esprits, on voulait s<»rtir dMne telle irïtuation, et, pour parto comme le régent, c le peuple en avait, pardieu, bien raison. » Mais, pour qu'une révohition s'accomplisse, il ne suffit pas qu^ y ait beaucoup de choses à changer, il faut qu'il y ait des hommes propres à faire ce changement; or, en 16(i8, personne ne se préoccupait de la chose publique. Les princes regrettaient leur place dans le conseil; les grands, leur importance perdue ; le parlement voulait jouer dans TEtat le rôle que jouait de Tautre côté de la Manche le parlement d'Angleterre, et le peuple, qui ne voyait en tout cela qu'une diminution dlmpôts, ce qui était alors son plus grand souci, allait à la suite des princes, des magistrats et de son archevêque. Pour celuici, il comptait bien que ce mouvement de réaction contre le système de Richelieu le porterait au pouvoir. On ne marchait (Jonc pas à Taventure, mais, comme chacun tirait à soi, tout

craqua. Le ridicule de la Fronde D^est pas dans la ranité dtt prétentions ; il est dans le désordre de ces ambitions isonlnires et aussi dans Timpossibilité du succès. Une lutta cflMfts Tautorité royale, entre Richelieu et Louis XIV, neifioiÉiik réussir, et en politique, ce qui est impossible derisatjÉilé ment ridicule, à moins que quelque beau dévouemaiit ^iliiH nore la défaite. ■ J'!;

Les magistrats furent les premiers à vouloir se retbîMe la bagarre. Ils avaient bien vite reconnu que les ■f^||PT"" cherchaient à perpétuer le désordre pour bouleTanerltitat. Les gens de robe avaient d'ailleurs un seiitîiiient'vlis vif de la patrie que les gens d'épée, dont les .allMkSi comme les intérêts passaient souvent la firontièra. AiFÊÊk, Mathieu Mole avait repoussé avec indignation la ptopAÉiftiDn d'admettre en séance un envoyé de TEspagne^ A BéithiB, le président d'Affis, un peu plus tard, fit rendre Bii^^inlt pour courir sus à un autre agent accrédité auprès ^ili h princesse de Gondé qui commandait alors dans la vilh^^Li nouvelle d'un traité signé par les seigneurs avec I*E8|NJgkB décida le parlement; le premier président fût efaàrgA^B traiter avec Mazarin. La convention de Rueil diriiiaBa quelques impôts, autorisa les assemblées des j^IjmwjiwMj et ramena , après quelque hésitation , la cour à -Pivii (avril 1649).

Parti des petlts-mattres ou Jevme Wrmmâm^ igw tation de Condé (Janv. 1650). — La paix ne dura guSni bien que le roi Peut achetée chèrement , les - seigaenn ayant tous arraché quelque lambeau des libéralités royalss. Gondé voulait dominer le gouvernement qu'il avait protégé. Il fatigua la régente et le premier ministre par des exigences continuelles ; il les humilia par des insolenees da mauvais goût. Il écrivit au cardinal : A rilhtsiriuimo 9S§mr Faquino; il lui disait un jour en prenant congé de loi: Adieuy Mars ! Gette conduite altière n'empêchait pas Femploi de moyens moins superbes. Pour miner le crédit du ministre au point où il s'appuyait le plus, Gondé chargea un de ses petits-maîtres, Jarzé, de reprendre auprès de la reine le rôle de Buckingham. G'était d'un habile tacticien. Mais, cette fois, Gondé fut battu. En même temps qu'il s'aliénait la cour, il mécontentait les anciens frondeurs; il ne parlait qu^ayec mépris de ces bourgeois qui prétendaient gouverner TÉtat ; il s'entourait de jeunes seigneurs vains et présomptueux, qui

IH'i minoritf: de i.oims xiv

poussèrent à Textrême les défauts de leur chef, et qu^on appela les petits-maîtres, Mazarin n'eût pas de peine à réunir tout le inonde contre ce prince, < qui savait mieux gagner les batailles que les cœurs ; » et il le fit arrêter dans le Louvre, avec son frère de Conti et son beau-frère de Longueville (janvier 1650). c Le peuple de Paris, qui avait fait des barricades pour un conseiller-clerc presque imbécile, dit Voltaire, fit des feux de joie lors^iu'on mena au donjon de Vincennes le défenseur et le héros oe la France. > Voltaire ne voit pas (]ue c'est le vieux levain démocratique de la grande cité qui commençait à fermenter. « Le peuple seul fait les rois, » s'écriait en plein parlement ra\ocat Deboisle. — c Levons le masque, disait un pamphlet du temps, reconnaissons qiie les grands no sont grands que parce que nous les portons sur nos épîuiles; nous n'avons qu'à les secouer pour en joncher la terre et pour en faire un coup de parti duquel il soit parlé à jamais. » C^tte voix sinistre n'a pas alors d^écho : dans un siècle et demi elle en trouvera*.

Union des deox Frondes» exil de MaKmrin (février 1651). — Un soulèvement éclata dans quelques provinces; il fut réprimé facilement. Bordeaux se soumit ; et du Plessis-Praslin battit à Rethcl le maréchal de Turenne, qui venait d'envahir la Champagne avec une armée espagnole (décembre 1650). Mais Mazarin se crut trop tôt vainqueur.il avait promis au coadjuteur le chapeau de cardinal, pour le rattacher aux intérêts de la reine ; après l'événement, il oublia sa promesse, suivant son habitude. Le coadjuteur se rapprocha du parti de Condé, ranima les défiances du parlement, agita le peuple, et les deux Frondes, unies momentanément par ses soins, forcèrent Anne d'Autriche à délivrer les princes et à renvoyer du royaume son premier ministre. Mazarin se retira à Cologne, et de son exil continua à gouverner la reine et la Franco (fév. 1651). Retz eut enfin le chapeau.

Pour obtenir cette délivrance des princes, 800 cheflB des plus grandes maisons de France s'étaient réunis à Paris et bientôt s'étaient mis k délibérer sur les désordres de TÉtat, sur la ruine de l'ancienne constitution, sur la perte de leurs

1. Moreau, Bibliographie rfe» Jfa^armarfe*,!, 31. En 1789, Prudliorame donne ces mots pour devise à son recueil des Récolutions de Paris : Les grands ne sont ç'an-is it\? ; ;iic>; <^,ne nous sommes à genoux, relevons* nous.

ET ADMINISTRATION DE MAZARiN. 185

droits et franchises. Le clergé, qui tenait alors son assemblée quinquennale ordinaire , semblait disposéi à faire cause commune avee les nobles. On parlait d^états généraux ; mais les deux ordres privilégiés laissèrent percer trop tôt leur jakrasie contre le parlement « qui voulait faire de TÉtat un monstre horrible, -par Fadjonction d'un quatrième membre aa corps pardEÙt que composaient le clergé, la noblesse et le tiers état ; » contre ces jeunes écoliers « qui devenaient au sortir da collège les ari>itres de la fortune publique, par la Tsrtu d*an parchemin qui leur coûtait 60 000 écus. » Le parlement entra en défiance de tels alliés et Punion des deux Frondes ne dora guère.

Bév«l«e4eCoMilé, eombat de Bléneau (avril 1651»]. •— Condé était mécontent de tout le monde, du parlement , de Paris, de la cour. Quand Mazarin, avant de s'éloigner^ était venu lai ouvrir les portes de la prison, il avait cru que la reine lui donnendt toute influence en dédommagement de ses treize mois de captivité , et Mazarin gouvernait du fond de son exil. Irrité de Tisolement où on le laissait, il se jeta dans de plus coupables aventures. Il partit pour le Midi, lèsola à conquérir par les armes le pouvoir» peut-être même le trône, si nous en croyons les Mémoires d^un de ses compagnons de révolte, le comte de Ck>figny. Il alla soulever la Guyenne et traiter avec TEspagne, tandis que ses amis se préparaient à la guerre dans le centre de la France. Mazarin, qui était aussitôt rentré en France (décembre 1651), confia le commandement des troupes au vicomte de Turenne, alors revenu à la cause royale. Le maréchal se dirigea vers la Loire pour surprendre Tannée des princes. On croyait Condé à cent lieues de là ; mais il avait traversé à cheval la moitié de la France, seul, déguisé. A peine arrivé, il fond sur les quartiers du maréchal d^Hocquincourt, à Bléneau, et les disperse (avril 1652). Les fuyards se sauvent à briare, où était Turenne : celui-ci court à cheval sur une éminence, d*où il peut dominer la plaine ; il observe, à la lueur des villages incendiés, les dispositions du combat, et dit : « Monsieur le Prince est arrivé, c^est lui qui commande son armée. » La cour épouvantée parlait de fuir à Bourges ; Turenne rassure les esprits, et, à force d^audace et de prudence, avec 4000 hommes contre 12 000, empêche les ennemis de poursuivre leur avantage. « Monsieur le maréchal, dit la reine en pleurant, vous avez sauvé TËtat, sans

VOUS il n'y aurait pas eu une ville qui n^eût fermé ses portes au roi. »

Combat du faubourg Salut-Antoine (Juillet t66S).

— Pour qui serait Paris? Les armées vinrent le demander aux Parisiens eux-mêmes ; ils refusèrent rentrée de leur ville aux deux partis qui se trouvèrent en présence au faubourg Saint-Antoine. La bataille fut sanglante et longtemps indécise. Le duc d'Orléans, toujours incertain, restait enfermé dans son palais du Luxembourg. Le cardinal de Retz était cantonné dans son archevêché. Le parlement attendait Pissue de la lutte pour donner quelque arrêt. La reine en larmes était prosternée dans une chapelle des Carmélites. Condé se battit en soldat : il était partout, a Je n^ai pas vu un Gondé, disait Turenne , j'en ai vu douze. » Cependant Tarmée frondeuse, menacée sur ses flancs, allait être enveloppée et détruite, quand Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, fit ouvrir les portes à Condé et tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales : Turenne étonné recula. Telle était la misire publique que les pauvres se jetèrent sur les chevaux tués dans le combat. Le pain valait dans la ville 10 sols la livre, la viande de cheval autant.

Condé ne put demeurer longtemps à Paris, où sa gloire fut tachée par un massacre des MazarinSy qu'il laissa faire, s'il ne l'ordonna pas. Il sortit de la ville, le 18 octobre, et se retira en Flandre, au milieu des Espagnols. La tradition féodale avait encore assez de force pour qu'une foule de noblesse l'y suivît, entraînant avec elle toute une armée, au moins 10000 hommes composant les régiments des princes et de leurs amis.

Retour deUazarin [fév. 1653). -~ Cette première émigration fut , comme la seconde, fatale à ceux qui la firent. Elle accéléra le mouvement de l'opinion publique qui revenait au roi ; Mazarin pour n'y point faire obstacle s^était éloigné une seconde fois (9 août). Alors le parlement et les bourgeois supplièrent la reine-mère de rentrer dans la capitale pacifiée (21 oct.). Dix magistrats furent destitués ou emprisonnés ; le cardinal de Retz fut enfermé à Vincennes " ; le

1. Nous retrouverons Condé; pour le cardinal de Reti, son rôle Mtfloi. Emprisonné à Vincennes, puis a Nantes, il s'évada au risque de sa vie, gagna l'EsfKigne, puis Rome, vécut longtemps à Bruxelles et ne rentra en France qu'en se démettant de son archevêché. Il avait des dettes énormes, 4 millions, vécut dans la retraite pour les payer et y écrivit ses Mémoires, qu'il voulut brûler après sa conversion. Mort en 1679.

XIV foDUot U rroada «■ ^ida.

prince de Condé condamné à mort par contumace, et Gaston exilé à Blois. Trois mois après, Mazarin revenait toutpuissant, avec Tappareil fastueux d'un souverain (fév. 1653). Ce fut la fin de la Fronde. Mais ces temps où le roi et sa mt re fuyaient en désordre devant quelques brouillons, et couchaient presque sur la paille à Saint-Germain, laissèrent dans Tesprit de Louis XIV une impression qui ne s^effaça jamais ; ce souvenir contribua à le pousser dans les voies da gouvernement le plus absolu. En rentrant à Paris , il avait fait enregistrer d'autorité (22 oct. 1652) une déclaration portant < très-expresse défense aux gens du parlement de prendre ci -après aucune connaissance des affaires générales de rÉtat et de la direction des finances. > A quelque temps de là, le parlement s'étant un jour réuni de lui-même, au sujet de quelques édits, pour préparer des reniontrances, le jeune roi partit de Vincennes, oîi il chassait, et entra dans la grand'chambre, en grosses bottes, le fouet à la main : «Messieurs, dit-il, on sait les malheurs qu'ont produits vos assemblées ; j'ordonne qu'on cesse celles qui sont commencées sur mes édits. Monsieur le premier présideùt, je vous défends de souffrir des assemblées , et à pas un de vous de les demander (1655)*. >

Deux coups fort sensibles furent encore dirigés contre les parlements : une déclaration portant que les arrêts du conseil d'Étal seraient obligatoires pour les cours souveraines, et le rétablissement, en 1655 , des intendants qui veillaient sur l'administration de la justice dans les provinces, et, au besoin, faisaient casser les arrêts par le conseil d'en haui»

Ainsi avorta cette tentative de révolution par Taristocratie parlementaire. Un siècle plus tard, quand le parlement essaya d'une nouvelle lutte contre l'omnipotence de la royauté, lord Chesterfield donna la vraie mesure des forces de cette opposition, en disant à Montesquieu : « Votre parlement peut faire des barricades, mais il n'élèvera jamais de barrières. »

Victoi3<«(i de Tarenne à Arras et aux IHiMea; alliance de la France a^ee Cromwell. — La guerre de la Fronde était terminée. Il restait à finir la guerre avec TEs-

1. Mém. de Montglat et de Mme de Mothville. On a peat-étre ^oaté \% fouet pour compléter l'effet do tableau, mais le fond n'en subsiste pu

inoins.

pagne, qui avait repris, pendant ces troubles , Dunkerque, et en Italie Casai. Gondé était venu offrir aux ennemis son épée qui leur avait été si fatale ; mais il sembla perdre sa force en quittant la France. Il alla d^abord avec Tarchiduc Léopold assiéger Arras , non loin de ces plaines de Lens, où il avait remporté sa plus belle victoire. Turenne les attaqua dans leur camp , et força leurs liglies. Gondé ne put qu^opérer la retraite en bon ordre (25 août 1654). a. J'ai su, lui écrivait le roi d'Espagne, Philippe IV, que tout était perdu, et que vous avez tout conservé. »

Les années 1655 et 1656 ne virent que des sièges de places sur la frontière : Valenciennes, Gambrai, Rocroy, etc., et d'habiles manœuvres de Turenne et de Gondé; mais ces deux généraux, avec les petites armées, qu'ils avaient sous la main, ne pouvaient frapper des coups décisifs. Mazarin n'eut pas plus de scrupules royalistes que Richelieu n'avait eu de scrupules religieux. Son prédécesseur s'était allié avec les protestants contre l'Autriche : il s'allia (1657) contre l'Espagne, avec Gromi^ell qui avait fait tomber sur un échafaud la tête du gendre dé Henri IV. Alors l'Espagne n'éprouva plus que des revers. Tandis que les Anglais s'emparaient de la Jamaïque et brûlaient les galions de Gadix, la ville de Dunkerque, la clef des Flandres , fut assiégée par terre et par mer. Lss Espagnols s'avancèrent le long des dunes qui bordent la mer pour la secourir, «r Avez-vous jamais vu une bataille? demanda Gondé au jeune duc de Glocester placé près de lui. — Non, répondit le jeune prince. — Eh bien! dans une demiiieure,vou8 verrez comment on en perd une. » La victoire de Turenne -fut complète (14 juin 1658) : DunkerquC) qui en était le prix, fut remis entre les mains des Anglais, suivant les conventions du traité.

Traité des Pyrénées (1659); liffwe ém WOkïm (1658). — Le cabinet de Madrid n'avait plus d'armée; il demanda la paix. Les négociations furent conduites par les deux ministres, Mazarin et don Luis de Haro, qui se rencontrèrent dans l'Ile de la Gonférence, sur la Bidassoa, au pied des montagnes formant la frontière des deux pays. Ge fut le traité des Pyr^es, signé le 7 novembre 1659. La France garda V Artois, la Gerdagiie et le Roussillon. que Richelieu avait conquis; elle rendit la Lorraine au duc Charles IV, à condition qu'il démantèlerait toutes ses places fortes; et, comme il s'y refusa, son duché r<;sta en Ire nos mains ; le prince de Gondé fut reçu en grâce

et rétabli dans ses principales charges * ; enfin Louis XIV épousait l'infante Marie-Thérèse , qui dut lui apporter âne dot de 500 000 écus d'or, en considération de laquelle la princesse renonçait à toute prétention sur Théritage de son père.

La conclusion de ce mariage était la pensée et respérance de Mazarin depuis quinze années. Dès 1645, il écrivait à ses plénipotentiaires au congrès de Westphalie : « Si le roi trèschrétien épousait rinCante, alors nous pourrions aspirer à la succession d'Espagne, quelque renonciation qu^on flt flûre à rinfante ; et ce ne serait pas une attente fort éloignée, puisqu'il n'y a que la vie du prince, son frère, qui l'en peut exclure. » En 1659, il s'arrangea de manière que les renonciations fussent (e^a^emen^ nulles; il en subordonna, d*une façon ejpresse, la validité au payement exact de la dot, quMl savait que l'Espagne ne pourrait jamais payer *. C'était préparer poiir l'avenir un prétexte aux prétentions de la maisoD de Bourbon. Mais, par ce même traité, Mazarin abandonnait le Portugal qui, n'ayant plus l'appui de la France, redierchera celui de l'Angleterre.

En même temps que le cardinal méditait la réunion de l'Espagne à la France, il avait un moment pensé à faire Louis XIV empereur à la mort de Ferdinand III (1657). Léopold l'^ avait été élu ; Mazarin conclut du moins la ligm d» Rhin (1658), par laquelle les trois électeurs ecclésiastiques, le duc de Bavière, les princes de Brunswick et de Hesse, les rois de Suède et de Danemark s'unirent à la France pour le maintien des traités de Westphalie, et se placèrent en quelque sorte sous son protectorat. La ligue du Rhin, plus tard renouvelée et étendue par Napoléon , ne rendit pas les services qu'en attendait Mazarin et donna à Louis XIV, comme à l'empereur, des tentations mauvaises, parce qu'aux deux époques, la grande politique consista à avoir une grande ambition.

1. La cour d'Espagne s'était fait un point d'honneur de ne pas abandonner Condé, et cette négociation avait longtemps entravé l'autre ; Matarîn n'avait cédé que sur la menace faite par l'Espagne de constituer i ea prince une souveraineté indépendante en Flandre. Mais il exigea en retour des restitutions faites à Condé, l'abandon par l'Espagne de Phtlinieville, Avesnes, Marienboiirg et Conflans.

2. Aucun des ministre d'Espagne ne se faisait illusion sur la valenr des renonciations, pas même Philippe IV, dont Mme de MottevlÛe rapporte ces paroles : • Esto et una pataratta, y si faXtasat el principe^ éê ti^rÊekê mia hija da heredar. C'est une sottise, si le prince mourait, ma fiUe hériterait de droit. >

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Après toutes ces choses, le cardinal Mazariii pouvait dire que 1 si SOQ langage n'était pas français, son cœur Tétait. ■

AdmliiUtralion iiitvrt^nn de IHazarfB. — Au dedans comme au liehors, en face de l'impétueiix Coudé comme 'Ji présence du flegmatique don Ltiia de Haro, Mazarin sut admirablement louvoyer entre les difficultés, les tourner et, aprËs mainta heurts et chocs, atteindre sOremeot ati portl Mais une fois arrivé là et rÉtataveclui.ilne songea qu'à jouit du repos que son adresse lui avait donné ; après le grnid di-

plomate, il li'j eut pas le prand ministre. Son admimatrig lion intérieure fut déplorable. [1 négligea le c l'agricultorB ; il laissa dépérir notre marine ; il géra In V Liances de ttUe sorte, qu'il sa mort le trésor puhlic devait t!" raillions, tandis que sa fortune particulière s'éleraH à V millioaB,quL en vaudraient trois ou quatre fois autant aujoc d'hul; aussi la Mirintcndant Nicolas Fouquet disait au ro B Sire, Û n'y a pas d'argent dans les coffres do Votra Majes mais monsieur le cardinal vous en prêtera. > Telle (ut n avidité, dans les dernières années de sa vie, qu^on l ( faire repasser par ses mains quasi tout le royaume, po donner pif'cn \ pifce à ses nièces et h ses ami!

ET ADUiNiSTRATlON D£ MAZAHIN. 193

fut SOUS ce rapport mauvais ministre, il fut fort ben parent; il empêcha une de ses nièces d^épouser Louis XIV, mais il les pla^^ toutes en haut lieu. La signera Martinozzi, sa sœur afnée, vit une de ses filles princesse de Conti, Tau- Ire duchesse souyeraine de Modène. Les cinq filles de la signera Manciniy son autre sœur, arrivées d'Italie en bien I»ètre équipage, furent mariées au duc de Mercœur, au comte de Soîssons de la maison de Savoie', au connétable romain Colonna, au duc de Bouillon, et enfin au duc de la Meilleraye. La France paya toutes ces dots. Son neveu fut duc de Nivernais, et de son frère, pauvre moine perdu au fond d'un couvent dltalie, il fit un archevêque d'Aix et un cardinal.

On ne regardera pas comme une. rançon de ce pillage qo^lyifls pensions à des gens de lettres, dont Ménage dressa la Hiia, à Descartes, qui vivait retiré en Hollande, à Thistorion.Méierai, qui fut inscrit pour une somme de 4000 francs, ni les dépenses faites pour créer une magnifique bibliothèque (la Maiarine), qui fut ouverte plus tard au public a pour la GommQdité'et satisfaction des gens de lettres >, ni la fondatidn'}da-ebUége -des^ QQatre*Nàtiokis,>.aiiquel il / afif(»cta:par testamiittiMilOOO'éciis et qu'il destina à recevoir les élèv03 de rantrêrsité appartenant aux provinces espagnole,* italienne^ allettiade et flamande, nouvellement-réùnies auroyaume. Manrin avait le goût' le {dus vif, sinon le meilleur, pour les arts : il fit venfr d'Italie nombre de tableaux, de statues et de curiosités, même des acteurs, des machinistes, qui introduisirent Topera en France, et il fonda, en 1655, TAcadémie de peinture et de sculpture.

Il mourut le 9 mars 1661, à Yincennes, à Tâge de cinquanteneuf ans, désespéré de quitter ses belles peintures, ses statues, ses livres, les afiaires, la vie, et pourtant c faisant bonne mine à la mort*, i

t. La dochessa de Mercœur fut It mère de Vendôme; It comtesse de SoiMons, celle du prince Eugène.

9. • Il moarot, dit Mme de It Ftyette, tvec nne fermeté beaucoup plus philosophe que ehréUenne. — Faits divers. 1053» établissement de la première Umiine ou société d'assurances mutuelles sur la vie, parlltalien ToBti; de la petite poste dans Paris pour Ilntérieur de la ville ; et, en 1056, de la première fabrique de bas au métier, établie dans le château de Madrid, ao bois de Boulogne. — 1645, Anne d'Autriche fait commencer le VaMe-Grâce. dont Fr. Mansart donne les dessins. — 1648, Lesueur achève sa Vie d« saint Bruno. — 1650, mort de Oescartes. — 1654, accident de Faseal an pont de NeoiUv; U publie, en 1656, ses premières Provincialeê. — lift, Molièr* obUent le privilège de donner des représentations à Paris. — lite, Im voyagenr Thévenot rapporte d'Orient à Paris le café, que rambMsadaor oHoman mettra à U mode en 1669.

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