JUSQU A LA RÉVOLUTION
Outre ses réformes financières, quelques actes honorables avaient signalé son administration : il avait fait affranchir les serfs du domaine royal, détruire le droit de suite, qui livrait au seigneur tous les biens acquis en pays étranger par son serf fugitif, et abolir la question préparcUoire, Quelques seigneurs qui avaient encore des serfs suivirent Texemple du roi : le chapitre de Saint-Claude exigea» pour affranchir les siens, une indemnité de 25 000 écus.
CSaerre d>Améri4«e (197 8-1 98S). Ij» Fayette. — La guerre de Sept ans, si favorable, politiquement, à PAngleterre, avait ruiné ces finances en portant sa dette à la somme de deux milliards et demi, qui exigeaient un intérêt annuel de 88 millions de francs. La métropole pensa à se décharger sur ses colonies d*une partie de ce pesant fardeau. Elle mit un impôt sur le papier timbré, plus tard sur le verre, le papier et le thé. Des émeutes forcèrent de supprimer ces taxes : on ne garda que la dernière. Mais les habitants de Boston, invoquant le grand principe de la constitution anglaise que nul n*est tena de se soumettre aux impôts qui n^ont pas été votés par ses représentants, jetèrent à la mer une cargaison de thé venue de Londres, plutôt que de payer le droit, et la guerre éclata (1775). LMnsurrection gagna toutes les provinces ; Tannée suivante, leurs députés, réunis on congrès général à Philadelphie, publièrent la déclaration dMndépendance où se remarquaient les principes suivants, r|ui semblaient sortir du sein de la philosophie française : « Tous les hommes ont été créés égaux ; ils ont été doués, par le Créateur, de certains droits inaliénables; pour s'assurer la jouissance de ces droits, les hommes ont établi parmi eux des gouvernements dont la juste autorité émane du consentement des gouvernés; toutes les fois qu'une forme de gouvernement quelconque devient destructive des fins pour lesquelles elle a été établie, le peuple a le droit de la chanfror et de l'abolir. »
La France accueillit avec enthousiasme une révolution où elle se reconnaissait. Les trois députés américains, Arthur Loe, Silas Deane, surtout le vieux Franklin', si célèbre déjà comme physicien , furent, pendant leur séjour à Paris, Tobjot d'une ovation perpétuelle. La jeune noblesse, exaltée par les idées philosophiques , et tout ardente du désir d'effacer