long martyre de Napoléon à Saint-Uéltno l'a grandi
L-jicorc, en lui donnant la seule consécration qui lui manquât : (-elle du malheur'. Ce rocher fut comme Tautel où le hëroà pa^^sa demi-dieu. Une popularité immense s'attacha à son nom, même parmi leâ nationales plus lointaines; et, en ap- (irennnt sa mort, lord Holland s'écria au milieu du parlement
A liilmtlion.
nnclai-i " « L'univers porte le deuil du héro». i H avait luirii>-iiii- prévu ce que gagnerait auprès de» peuples le captif ,l,.s mis : « Si je meurs sur la croii, disait-il, et que mon fils 'Tr»ltf«a* !«»»• — Dans le naufrage de l'Empire, pou
,1 fallut que la France ne périt. Ni la Chambre m le gourj.fiiicnt ne surent défendre Paris. Davout, le mmistro de fii.rro s'entendit avec Fouché, le génie personniHô de Nlriu'u.-! il Ui héros d'Auerstaedt et d'EckmOhl capitulado-
670 LA PHEMIKKE RF-STAURATION
vant Blûcher, malgré une énergique adresse de dix^sept généraux qui voulaient continuer la lutte, malgré l'ardeur des troupes qui voulaient combattre encore. Il signa une convention par laquelle Tarmée française dut se retirer derrière la Loire sans brûler une amorce. Les alliés prirent possession de Paris comme d'une ville conquise. Blûcher voulait faire sauter le pont d'Iéna et renverser la colonne de la grande armée. Le musée du Louvre fut dépouillé des chefs-d'œuvre que la victoire y avait entassés ;. nos bibliothèques, nos collections précieuses furent mises au pillage. Mais laFranceentière ne Tétait-elle point par les 1 200 000 étrangers accourus à la curée ?
La Chambre des députés avait pensé que Ton compterait avec elle ; les alliés fermèrent la salle des séances, et rétablirent Louis XVIII sur son trône. Cette seconde restauration coûta cher à la France. Il fallut d'abord payer aux alliés 1(0 millions, puis une autre indemnité de guerre de 700 millions, et encore 370 millions de réclamations particulières. Ce n'est pas tout: 150000 soldats étrangers restèrent pendant trois ans sur notre sol, entretenus et nourris à nos frais pour faire la police de l'Europe en France. EnGn, le traité de Paris [20 novembre] nous enleva Philippeville, Marienbourg, le duché de Bouillon, Sarrelouis et le cours de la Sarre, Landau, plusieurs communes du pays de Gex, et la Savoie que le traité de 1814 nous avait laissée; en tout 534 000 haîbitants. On nous ôta le droit de tenir garnison dans la principauté de Monaco, en avant du Var, et les fortifications d'Huningue durent être détruites, sans pouvoir jamais être relevées. Cette ville avait mérité ce sort par l'héroïque défense qu'y avait faite une garnison de 135 hommes, du 25 juin au 27 août. Auxonne n'avait aussi capitulé qu'à cette date, 55 jours après la seconde capitulation de Paris.
Ainsi après vingt-cinq ans de victoires, le territoire national se trouvait moins étendu , sur certains points, qu'il ne rétait un siècle plus tôt, à la fin du règne de Louis XIV ; et pendant ce siècle, les autres puissances avaient toutes démesurément augmenté leurs forces. La Prusse était devenue, de simple électoral, une grande monarchie; la Russie, qui alors naissait à peine, était un colosse ; l'Angleterre avait gagné aux Indes cent millions de sujets et avait saisi l'empire do l'Océan : la France n'était donc pas affaiblie seulement de ce qu'elle perdait, mais de tout ce que ses rivaux avaient gagné.
ET LES CENTJOUnS (1814-1815). 671
Ed outre les traités de 1815 avaient perfidement entr^ouvert sa frontière. PhilippeyiUe, Marienbourg et Bouillon couvraient les débouchés de TArdenne : nous n'avons plus de ce côté que Rocroy. Sarrelouis offrait un point d'appui au milieu de la vallée de la Sarre, entre la Moselle et les Vosges, et Landau défendait les approches de Strasbourg : on nous prit ces deux villes. Huningue pouvait menacer Bâle de son canon ou du moins fermer le pont de cette ville sur le Rhin : il fui démantelé. La Savoie, rendue au Piémont, nous éloigna des Alpes, notre frontière. La Bavière, notre vieille alliée dans r Allemagne, fut mise à nos portes, dans le Palatinat, pour y devenir notre ennemie : la Prusse fut établie dans la vallée de la Moselle, pour nous y arrêter, si nous voulions sortiide Metz ou de Thion ville; le royaume des Pays-Bas fut élevé pour nous tenir éloignés des bouches de la Meuse ei de TEscaut, et le don du royaume de Lombardie à TAutriche rétablissait dans la péninsule italique Tinfluence autrichienne aux dépens de la nôtre, qui s'en trouva exclue. Enfin, par le traité de la Sainte-Alliance, cette Europe que Napoléon avait voulu réunir sous sa main, se réunissait, mais contre nous.