LA RÉPUBLIQUE DE
jr«urBée du tft mal. -^ On commença par une attaque contre l'Assemblée nationale. Le 15 msi, sous prétexte de porter aux députés une pétition en faveur de la Pologne, un mouvement eut lieu contre la Chambre. La masse du peuple ne croyait faire qu'une manifestation pacifique en faveur d'un peuple ami. Le président Bûchez n'avait pas cru devoir prendre des précautions. Lamartine essaye en vain d'arrêter par sa parole les envahisseurs : ils pénètrent dans la salle des séances au nombre de plus de deux mille. Le bureau et la tribune sont envahis; Blanqul somme l'Assemblée de déclarer immédiatement la guerre à l'Europe pour délivrer la Pologne. Barbes demande un impôt d'un milliard sur les riches. fcUifin le président est chassé de sou fauteuil, et Hubert prononce la dissolution de l'Assemblée. Heureusement quelques bataillons de la garde mobile et la garde nationale accourent : ils dispersent les insurgés; l'Assemblée rentre en séance. Lamartine et Ledru- KoUin, à la tête des représentants et de la garde nationale, marchent sur l'hôtel de ville, où Marrast, le maire de Paris» fait saisir un nouveau gouvernement provisoire qui avait voulu s'y installer : les agitateurs sont conduits à Vincennes.
jr«arBée« de jraln. — Cette émeute, parodie triste et insensée des trop fameuses journées de la première révolution, acheva de mettre TAssemblée nationale en défiance contre le peuple parisien Klle résolut de dissoudre les ateliers nationaux, qui formaient une armée de 100 000 prolétaires ayant ses armes, ses chefs, sa discipline. Cette nouvelle excite la colère des agitateurs qui étaient <'ncorc libres, et le désespoir des ouTriers trompés par de dangereuses utopies. Le 22, des barricades s'élèvent tout à coup avec une étonnante rapidité dans les faubourgs, et bientôt occupent ia moitié de Paris. La Commission executive n'avait à sa dis- ;)usition qu'une vingtaine de mille hommes de la ligne, la garde :uubile et une partie de la garde nationale. Le général Cavai- ^^nac, ministre de la guerre depuis le 18 mai, établit ces forces •;ntre l'Assemblée et l'hôtel de ville sur toutes les grandes communications. Le 24, cette affreuse bataille oii des légions de la ;.'arde nationale combatuient contre d'autres légions, on la garde mobile, composée d'enfants du peuple, luttait contre des ouvriers, n'éuit point encore décidée, et de part et d'autre on avait fait lies pertes cruelles. L'Assemblée, pour augmenter la force du gou- -ernement en concentrant l'autorité dans les mains d'un seul lioiiime, oblige la Commission executive à donner sa démission et nomme Cavaignac chef du pouvoir exécutif. Le 33, le général Bréa est assassiné au moment oà il parlementait avec les insurgés de la lanitTe Fontainebleau; le général Damesme est tué à l'attaque du l'a:ithcon; le général Négrier, à l'assaut de la barricade de la Bas tille; deux représentants périssent Cependant l'insurrection recule. l/archevèciue de Paris, Mgr Affre, dans l'espoir d'abréger la lutte, se dirig<> vers la Bastille pour porter des paroles de paix dans le fau-
LA RÈPl'RLIQUE DE 1848.
lMUTgSatnt-Anlaine;oDraillr£ve UQinlUDl,ctil est iatroduît dar.i le faubourg; mais le combat recommence inopinéinentj une biUt partie d'une fcnâtre l'atteiot mortellement et il tombe maitjrde son zMc patriotique.
L'insuirculjon était refoulée dans le faubourg SEtlnt-Autoine. Le RÉnéial I.amoricièrc somme les insurgés de mettre bas lea armei, nous peine du bombardement. Us se rendent ; cette bataille de quatre Jours avait coâté des deux parts 5D00 morts, parmi lesquels sept généraux et deux représentants; quatre autres généraux et troin reprû se niants avaient clé blessés, lî 000 prisonniers faits pm-
X arrêtés après le combst furent transportés en
Afrique.
La lépublique sortit singulièrement affaiblie do cette lutte affreuse. L'Assemblée se bJta de jeter les bases d'un nouveau gouvernement : unité du pouvoir législatif et sa délégation à une Assemblée unique; unité du pouvoir exécuLif et sa délégstion i un président élu. C'était constituer deux pouvoirs rivauï sans intermédiaire pour prévenir leur lutte ou amortir les chocs.
Il y avait deux candidats sérieux à la présidence de la république : le général Cavaignac, chef depuis le 34 juin du pouvoir exécutif, et le prince Louis-Napoléoo Bonaparte, neveu de l'Empereur, qui, lieux fois de suite, avait été élu représentant par trois, puis par