INTRODUCTION
Limites. — Deux mers, TOcéan et la Méditerranée ; deux chaînes de hautes montagnes, les Pyrénées et les Alpes; enfin un des plus grands lleuves de l'Europe, le Rhin, marquaient dans Tantiquilé les limites de la Gaule, plus grande d'un quart que la France d'aujourd'hui. C'est seulement au traité de Verdun, en 8(i3, que la France a reculé du Rhin et des Alpes derrière la Meuse et le Rhône. Elle n'a cessé, depuis qu'elle s'est reconquise elle-même, de réclamer son antique héritage. Elle a retrouvé la barrière des Alpes ; elle a accepté celle du Jura, qui laisse la Suisse en dehors de son domaine, et elle avait naguère 40 lieues de frontières le long du Rhin. Mais de Dunkerque à Lauterbourg subsistait Pimmense ouverture par laquelle toutes les invasions sont venues, et qu'essayèrent de boucher Louis XIV en y élevant
1. Principaox ouvrages à consulter : Explicaiion de la carte géologique ielaFrance^ par Dulrénoy et Êlie de Beaumont: Bniguière, Orographie de l'^trope; Baude, Us Côtes de la France; Lavallee, Oêographie phystgue, historique et militaire; Maury, les Forêts de la France; Becquerel, |>m c(tma(«..., etc. Je demande la permission de renvoyer aussi à mon IntrO" duction à VHistwre de France , qui contient l'histoire de la formation de notre sol,oa la géolegû de W Tranii%| et la description de sa surface ou la téogràphiê»
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trois lignes de places fortes, la Révolution et Napoléon en semant dans les provinces voisines, conune une garde avancée, nos idées et nos lois.
Aspect géBéiml. — Ce vaste territoire de rancienne
Gaule, si bien circonscrit par la nature, se présente comme un plan incliné depuis la cime des Alpes jusqu'à TOcéan. Sa partie supérieure, qui s'appuie sur la chaîne centrale des grandes Alpes, est comprise, du Var au Saint-Gotbard, entre deux degrés et demi de latitude. Mais le pays s*élargit à mesure qu'il s'abaisse vers rOcéan; et de l'embouchure du Rhin à celle de l'Adour, il occupe un espace de neuf degrés. Si l'on comblait par la pensée toutes les vallées intermédiaires, on verrait qu'il serait possible de s'élever insensiblement depuis le bord de la mer jusqu'aux pentes abruptes du Mont-Blanc qui cache ses neiges étemelles dans une nue à 4500 mètres de hauteur. C'est le roi des montagnes de l'Europe, et naguère il nous a été rendu.
Les Pyrénées françaises ont la même inclinaison que les Alpes. Leurs vallées tombent brusquement en Espagne, tandis qu'elles s'abaissent en pente douce du côté de la France, où leurs principaux contre-forts courent dans la direction du nord-ouest, vers l'océan Atlantique.
Il y a donc deux régions distinctes. Au sud et au sud-est les montagnes, c'est-à-dire les forêts et les pâturages, les lacs et les rivières torrentueuses, les populations sobres, infatigables, peu manufacturières, mais essentiellement militaires. A l'ouest et au nord, les collines mollement ondulées et les vallées fécondes, les plaines déboisées et les rivières navigables, les marais et les landes, les cités industrielles et les ports. Toutefois deux larges et profondes vallées, les grands bassins du Rhin et du Rhône, sillonnent la région montagneuse de l'est, tandis que les derniers gradins des montagnes se prolongent au loin vers l'ouest ; de sorte que l'Auvergne, au centre de la France, a, comme les Alpes, ses pâtres et ses chevriers; les vallées du Rhône et du Rhin ont, comme celles de la Seine, de la Loire et de la Garonne, leurs grandes villes commerçantes et manufacturières.
Ce parallélisme est de la plus haute importance, car il constitue Punité nationale de la France. Si l'Est n'avait eu que des montagnards, et l'Ouest que des marins, il se serait formé en France deux nations qui seraient peut-être encore étrangères l'une à l'autre j comme l'Ecosse et l'Angleterre
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Font été si longtemps, parce qu'elles auraient eu des mœurs et des intérêts trop contraires.
Eten CéTennes et les Toug—. — Le trait caractéristique du sol français est la longue chaîne des Cévennes et des Vosges. La formation de ces montagnes qui coupent la France en deux, a, en effet, creusé entre leur pied et celui des Alpes, du Jura et de la forêt Noire, Timmense pli oCi se jettent le Rhin et le Rhône; et leurs ramiûcations qui dessinent, au nord et à Touest, tout le relief de la France, ont donné naissance à plusieurs grands bassins débouchant sur trois mers. Enfermées tout entières dans notre territoire, elles sont comme Tépine dorsale de la France. Mais en même temps qu'elles déterminent les différentes lignes de partage des eaux, elles s'abaissent assez pour laisser passer sur leur faîte, de Tune à Vautre région, routes, canaux et chemins de . fer.
Les Cévennes proprement dites n'appartiennent qu'au département de la Lozère. Mais elles étendent leurs rameaux et leur nom , d'une part, jusque vers Gastelnaudary, où elles rencontrent les dernières collines des Pyrénées (monts Corbières), de l'autre jusque vers Châlon, où elles touchent aux hauteurs de la Gôte-d'Or. Ces collines, le plateau de Langres elles monts Faucilles, au sud d'Épinal ((i91 mètres), unissent les Cévennes aux Vosges, dont les sommets, à cause de leur forme arrondie , portent le nom de ballons. Les plus hautes montagnes des Vosges sont le ballon de Guebwiller (1431 mètres) et le Haut d'Honec (U31 mètres). Celles des Cévennes , sont le mont Mézenc, dans le Vivarais (1774 mètres) et la Lozère (1490 mètres). Le point culminant de la Côte-d'Or, le Tasselot, près de Dijon, n'en a que 602 ; la cime deMontaigu, sur le plateau de Langres, en a seulement 497, et les montagnes du Maçonnais à peine 160.
I Considérées ensemble, les Cévennes et les Vosges représentent une chaîne de 960 kilomètres de développement, souvent étroite, qui pourtant a 280 kilomètres de largeur sous le parallèle de Limoges.
BaBLifleations occidentales dee Cèreniiee. — Cette chaîne, ayant son escarpement à l'est, n'envoie de ce côté que de courts rameaux qui viennent brusquement mourir ^ans le grand fossé du Rhin, de la Saône et du Rhône. Mais
I" à l'ouest se détachent de la Lozère les montagnes du Velay «tdu Forez, qui séparent la Loire de l'Allier, et les monts de
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la Margeride (1200 mètres), qui se réunissent aux montagnes de l'Auvergne où le puy de Dôme, le plomb du Cantal et le
puy deSancy s'élèvent jusqu'à 1438, 1858 et 1897 mètres. Du, massif que forment ces montagnes, partent toutes les haut
leurs qui couvrent le pays entre la Garonne et la Loire, et dont la surface ondulée semble être celle d'une mer solidifiée
Gorges d'Enval dans les monts Dôme '.
J. Le ravin d'Enval (20 kilora. de Clermont) est un des endroits les plus P'iioresqnes et les plus sauvages de l'Auvergne. On lui a donné le nom de '^ul du Monde. ^ ^
au milieu d^une tempête. Ce sont les mamelons du haut Quercy, du Périgord et du Limousin, dont les dernières ondulations vont mourir dans le Poitou, au plateau de Gatine (136 mètres).
On a compté en Auvergne les cratères de 300 volcans ; les laves couvrent encore le flanc des montagnes, et des sources thermales révèlent le voisinage des feux souterrains. Le Vésuve a été aussi, pendant des milliers d^années, un volcan éteint. Ceux d'Auvergne se ranimeront-ils un jour comme luiV La science ne peut pas dire non.
BamlfleatioiM de la C6te-d'Or. — Aux montagnes de la Bourgogne se rattachent les collines tristes et sévères du Morvan et du Nivernais, qui séparent la Seine et la Loire. Derrière Orléans, ces hauteurs s'étalent en un vaste plateau , et plus loin se relèvent en une petite chaîne qui est déjà remarquable à Alençon (273 mètres). Entre la Mayenhe et la Vire cette chaîne se divise, et ses deux rameaux forment la charpente des deux presqu^îies du Gotentin et de la Bretagne qui s'avancent si hardiment dans la mer, portant chacune à son extrémité son grand port militaire, Brest et Cherbourg; celui-ci fermé par sa digue, une montagne de granit jetée dans la mer; celui-là dont la rade immense ne s'ouvre sur rOcéan que par la passe étroite du goulet.
Bamifications dn plateau de Ijamgrem et des moala Paucllles t l'Arg^onne et l'Ardenne. — Du plateau de Langres et des monts Faucilles partent TArgonne (^39 mètres) et TArdenne (601 mètres), qui enveloppent la Meuse. L'Ardenne traverse même le fleuve, ou plutôt s'ouvre pour lui donner passage, et va former entre les sources de la Somme, de TEscaut et de la Sambre un nœud d'où se détachent les collines de la Picardie et du pays de Gaux, qui se terminent derrière le Havre aux caps de la Hève et d'Antifer ; celles de TArtois et du Boulonnais, dont l'extrémité tombe dans la Manche aux caps Gris-Nez et Blanc-Nez ; celles enfin de la Belgique, qui sont peu élevées, mais souvent abruptes. L'Ardenne oriental, plateau inculte et marécageux (698 mètres), rejoint les collines volcaniques de TEifTel (866 mètres), dont les derniers coteaux, chargés de vignobles et de vieilles forteresses féodales, forment entre Gologne et Goblentz la partie la plus pittoresque de la vallée du Rhin.
Extrémité gepfentr tonale des Tosges. — Les Vosges vont aussi mourir au bord du grand fleuve, entre Spire et
Mayence, sous le nom de Hardt (674 mètres) et de mont Tonnerre (678 mètres). Anx sources de la Lauter, une branche 's'en détache, le Hundsrûck (821 mètres), qui contourne la Nahe et rejette la Moselle jusqu^au pied de rEifiel. Serrées de près par la Moselle ^et le Rhin qui leur sont parallèles, les Vosges n^ont pas de contre-forts étendus. Pourtant leur épaisseur entre Colmar et Luxeuil est de 60 kilomètres, mais elle n'est que de 28 entre Phalsbourg et Sareme. Du cÀté de TAlsace leurs collines sont encore chargées de ruines féoda* dales, et le voyageur qui traverse cette belle province a devant les yeux, pour ainsi dire, deux âges de la vie du monde : dans la plaine , les usines avec leur activité féconde ; dans la montagne, les murs démantelés et les tours entr*ouvertes des vieux châteaux, images désolées de ces temps où le grand travail était la guerre.
Ta&ïécs intérievvM. — Toutes les vallées dont la tète est dans les Gévennes et les Vosges, sont intérieures, puisqu'elles partent des montagnes qu'on peut regarder comme le centre géographique de la France. Toutes celles qui viennent d*un point situé en dehors de la circonférence, je veux dire en dehors de notre frontière, sont excentriques. Cette différence n'est pas moins importante à noter en histoire qu'en géographie. Les premières ont été le berceau du peuple et du génie français; par les autres sont venues les influences étrangères.
Ija Moselle 1 1» Heviei 1» Somme. — Le revers oriental des devenues ne donne naissance qu'à de faibles cours d'eau, l'Hérault, le Gard et l'Ardèche. La Saône descend des monts Faucilles, et PIU, des Vosges. Mais à l'ouest et au nord courent de grands fleuves nés au centre du pays: la Moselle, qui nous mène sur le Rhin inférieur ; la Meuse, qui nous ouvrirsdt l'océan Germanique ; l'Escaut, dont la large et profonde embouchure forme à Anvers le meilleur port du nord de l'Europe; la Somme, bassin côtier, maintenant sans importance maritime; enfin la Seine et la Loire, les deux fleuves français par excellence, ceux dont les bords ont vu la nationalité naître, grandir, et de là gagner de proche en proche les Pyrénées, les Alpes et le Rhin.
Mm Ivoire. — Le plus terrible des deux par ses crues subites et ses bas-fonds mobiles est la Loire, dont les sources se trouvent sur une haute montagne du Vivarais, à 1400 mètres au-dessus de TOcéan. En vain l'a-t-on enfermée de di-
gues puissantes dont Torigitie remonte peut-être aux temps carlovingiéns, et que chaque génération a exhaussées, étendues. En 18^ elle a encore une fois tout rompu, après un viol^él orage tombé sur les montagnes qui rencaissent. En que^j^s heores un capital de 45 millions fut englouti. En l85dS^iÉ^âation a été presque aussi terrible. L^AUier lui améttMs'éaux de l'Auvergne qui ne vont pas à la Garonne;
Source du Loiret.
le CMftri ^Belles du Berry ; la Vienne, grossie de la Creuse dont la vaiiée est si pittoresque, les eaux du Limousin et du Poitou qui né descendent pas à la Charente; la Mayenne, celles du Maine, de TAnjou et du Perche. A Nantes, elle a tout reçu. Mais, malgré le volume considérable de ses eaux, elle a encore audessous de cette ville des bas-fonds qui forçaient les gros navires à s'arrêter autrefois à Paimbœuf; aujourd'hui ils s'ar-
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rètent à Saint-Nazaire, devenu un de nos ports les plus actifs. Le Loiret n'est qu'une infiltration de la Loire*.
lia Seine. — La Seine, née dans la Côte-d*Or*, a pour affluents tous les cours d'eau de TOrléanais, de la Bourgogne occidentale, de la Champagne, de la Picardie et de la Normandie. Avant Montereau, elle n'a reçu que TAube ; après Pontoise elle ne reçoit que TEure. C*est entre ces deux villes que ses principaux affluents lui arrivent : TYonne, la Marne et rOise, grossie de PAisne. C'est entre ces deux villes aussi, au-dessous de la Marne qui vient de Pest, au-dessus de POise qui vient du nord, au centre par conséquent du bassin, que s'élève Paris.
L'empereur Julien vantait, il y a quinze cents ans, les paisibles allures de la Seine, c L'été et l'hiver, disait-il, son niveau est le môme. » Le déboisement des collines et des plaines, le nivellement du sol par la culture et Texhaussement du lit du fleuve, ont rendu ses débordements moins rares, Aujourd'hui les hautes eaux excèdent parfois l'étiage de 6, 8, et même 9 mètres. Les travaux exécutés àQuillebœuf, dans la basse Seine, ont dompté ses sables mobiles, régularisé son cours et approfondi son lit. c II faut accommoder les vaisseaux pour les portsj disait, il y a deux siècles, Richelieu, là où les ports ne se peuvent accommoder pour les vaisseaux. > Ce qui n'était pas possible au temps du grand cardinal le sera peut-être pour nous; des trois-mâts partis de Londres et de Bordeaux sont déjà venus s'amarrer aux quais du Louvre.
Vallée» ezeentriqnes. — Les vallées de la Garonne, du Rhône et du Rhin sont excentriques, car ces trois fleuves ont leur source hors de notre territoire. Aussi ont-elles été rattachées les dernières au royaume, l'une en 1271 et en 1453, l'autre en 1481, la troisième en 1648. Toutes trois conservaient encore en 1789 des privilèges et une organisation à
1. Le Loiret sort d'on gouffre à huit kilom. d'Orléans et n'en a que douze de cours. Comme U débite quarante-deux mètres cubes par minute, il porte bateau dès sa source. Ses crues suivent celles de la Loire à. on jour ou deux dlntervalle.
2. La Seine prend sa source près de la ferme des Vergerots, commune de Saint-Germain-la^Feuille. Dans la période gallo-romaine, les sources de la Seine étaient l'objet d'un culte et un temple leur avait été consacré; on en a retrouvé des débris. Le conseil municipal de la ville de Paris a fait élever ( 1867 ) un monument < aux sources au fleuve qui a donné son nom au département de la Seine et auquel Paris doit son antique prospérité. •
part; mais les deux premières ayaient depuis longtemps mêlé leur vie à celle de la France, dont Faction, pendant tout le moyen âge^fut principalement dirigée du nord au sud. G^est depuis Henri IV et Richelieu que nous faisons face an Rhin.
Si ces proyinces récemment acquises ont peu contribué à la formation de la nationalité française, elles la complètent admirablement, car elles nous font toucher à nos limites Yéritables. Aussi toute Tactivité de la France, refoulée pendant des siècles dans les régions centrales, s*est-elle éten* due yers ces extrémités plus animées, plus brillantes aujourd'hui que ne Tout jamais été nos vieilles provinces. Poitiers, Bourges, Sens, Provins, Amboise, Tours, Blois, Chartres s'appauvrissent et se meurent en comparaison de Bordeaux, de Marseille, de Mulhouse et de Strasbourg.
Ia Tallée de la Craronne et Plfttbaae pyrénéem. — La vallée de la Garonne a, des sources de la Neste à celles de la Vézère, 300 kilomètres en largeur. La paroi méridionale est formée par les Pyrénées, qui lui en voient les eaux tombées k leur surface, sur une étendue de 140 kilomètres (Ariége, Salât, Neste, Gers et Baïse). La paroi septentrionale, formée par les monts d'Auvergne, a une longueur double. Aussi, de ce côté, le fleuve reçoit-il par TAgout, le Tarn, TAveyron, le Lot, la Dordogne, la Vézère, Tlsle et la Dronne, une masse d'eau si considérable, qu'à Bordeaux il a sept à huit cents mètres de large, qu'à Blaye c'est un golfe, à Royan une mer.
L'isthme pyrénéen, entre les golfes de Lion et de Gasco* gne, mesure 320 kilomètres de Rayonne à Perpignan, et 400 de la tour de Gordouan à Narbonne. Mais dans cette dernière direction il est creusé sur les deux tiers de son étendue par la Garonne, un des plus beaux fleuves de France. La nature a donc placé là une admirable ligne de naviga* lion naturelle. De Toulouse, où la Garonne tourne vers rOcéan, jusqu'à l'Aude, qui se jette dans la Méditerranée, il n'y a que 80 kilomètres. Mais les monts Gorbières y passent; heureusement ce n^est que pour y mourir. Au col de Naurouse leur altitude est de 180 mètres; celle de Toulouse étant de 146, il suffit donc de s'élever, depuis cette ville, de 43 mètres, pour atteindre le col et redescendre à la Méditerranée.
Sans même consulter l'histoire, nous pouvons dire hardi-^ ment que les hommes, les choses et les idées ont depuis
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vingt siècles passé par là. Il s'y trouvait, au témoignage d Strabon, une des grandes routes du commerce gaulois. Lei Romains, et, après eux, les Wisigoths l'ont suivie pour gstA gner Toulouse, Bordeaux et Poitiers, en tournant TAuvergne.' Les Francs ont refait le même chemin , mais en sens con« ' traire, pour atteindre Narbonne. Riquet y a laissé un im-' mortel souvenir de sa persévérance, le canal du Midi, mieux appelé le canal des Deux-Mers.
Cette magnifique vallée devait avoir deux grandes villes, Tune maritime, l'autre agricole et industrielle; car ce phénomène se reproduit sur tous nos fleuves. Le Rhône a Lyon et Marseille ; la Loire, Orléans et Nantes ; la Seine, Paris et Rouen. Le Havre est de récente origine. Les mêmes causes expliquent ce parallélisme singulier. La vie, abondante dans ces riches bassins, se concentre naturellement en deux points pour répondre au double intérêt que le fleuve dessert: l'exploitation de la mer et celle de la terre. Sur la Garonne, ces deux villes s'appellent Bordeaux et Toulouse ; la première, qui du milieu de ses landes ne peut regarder que la mer, n'a jamais eu par elle-même d'influence continentale; la seconde, qui fait songer à Paris par sa position au débouché de plusieurs vallées et au centre d'un fertile bassin, a eu de brillantes destinées et se dit encore la reine du Midi.
Vallée du Rhône i la Camaripie. — La vallée du Rhône est plus longue, mais aussi plus étroite. Ce fleuve naît au glacier de la Furca. Dans le Valais, son bassin n'a souvent, comme le Valais lui-même, qu'une lieue de largeur, et seulement quelques toises à Saint-Maurice, où le fleuve s'est creusé un étroit passage entre les parois escarpées de deux montagnes hautes de huit à neuf mille pieds. Plus loin s'ouvre l'immense abtme que les eaux du Rhône ont rempli, le Léman, le plus beau des lacs de l'Europe. Là, l'espace . s'étend, la vallée s'élargit, et si les âpres montagnes de la Savoie viennent baigner dans le lac jusqu'à une profondeur de 400 mètres leurs flancs coupés à pic, sur l'autre rive se développent les riches plaines, les belles collines du pays de Vaud.Mais à trois lieues de Genève, au fort l'Écluse, le Rhône, comme à Saint-Maurice, traverse une gorge affreuse où sa profondeur, à l'^oque de la fonte des neiges, est de 60 à 70 pieds. Quand les eaux sont basses, il disparait.
Ce n'est qu'après avoir tourné la pointe du Jura que son
bassin s'étend enfin des Alpes aux Cévennes. Mais Tespace est encore trop étroit pour quMl prenne Tallure paisible d^un fleuve de pays de plaines. Les hautes montagnes qui l'entourent ne lui envoient que des rivières torrentueuses, et luimême garde toujours un caractère capricieux et terrible. De Lyon à la mer, il fuit avec la rapidité d'une flèche ; en quinze heures il arrive à Beaucaire. En vain les digues s'amoncellent sur ses bords, il les franchit et porte au loin la désolation. Qu'un vent du midi passe sur les hautes cimes et y fonde en quelques heures les neiges de l'hiver, ou que des pluies abondantes tombent sur les Alpes déboisées, aussitôt le long de leurs' flancs dénudés se précipitent mille torrents qui entraînent les sables et les rochers, comblent leur ancien lit, en cherchent un nouveau et vont grossir les rivières, puis le grand fleuve, de leurs eaux troublées et impétueuses.
Le limon que le RhAne reçoit ainsi, il le porte le lonj» de son cours qu'il sème de nombreux bas-fonds, et jusqu'il la Méditerranée, où il jette dans les grandes crues, en viiigiquatre heures, plus de cinq millions de mètres cubes de matières solides. Ainsi s'est comblée l'immense emboucburo que la nature, aux premiers âges du monde, lui avait formée, alors que tout l'espace qui s'étend d'Arles à la mer n'étjiit qu'un vaste golfe. Un delta de sable et de cailloux roulés, de 74000 hectares, la Camargue, le force à se diviser en plusieurs bras, qui, comme ceux du Mil, ont souvent changé et de position et de nombre. Aujourd'hui il en reste deux, dont un seul est navigable; encore est-il fermé par une barre qui, année moyenne, avance de 42 mètres vers le sud, et dont naguère le sommet n'était souvent qu'à quelques décimètres aundessous des eaux. Cette barre s'entr 'ouvrait çà et là pour former des passes qui changeaient incessamment sous l'impulsion des vents du large ou des crues du fleuve ; de sorte que les navires attendaient quelquefois des semaines entières à la tour Saint-Nicolas, un instant favorable pour franchir la barre. Un jour sur quatre le passage était impossible. Aussi le grand port de la vallée du Rhône n'est-il pas sur le fleuve même, mais à 50 kilomètres vers l'est, à Marseille, et Arles, avant le chemin de fer, se mourait. Entre les deux villes, est une petite mer intérieure, l'étang de Berre, qui nous donnerait un port magniûque s'il débouchait dans la Méditerranée par une ouverture plus profonde. Par le canal de Saint*
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Louis les gros bâtiments auront enfin une entrée facile dans le fleure.
Afflneiito du Rhône i la Dnranee et llière. — Le
Rhône ne reçoit des Gévennes que d'insignifiants cours d'eau. Mais le Jura lui envoie TAin ; les Alpes, la Durance et Tlsëre. Encaissée, à son origine, entre de hautes montagnes, la Durance n'est, malgré ses 320 kilomètres de cours, qu'un torrent capricieux et dévastateur. Les rochers, les sables qu'elle entraîne, la rapidité de son cours, ses changements soudains, la, rendent impropre à la navigation. Autrefois elle se
L'tituag de Berre.
jetait dans le Rhône au-dessous d'Arles, à travers la plaine de la Grau, surface de 400 hectares de cailloux roulés qu'elle a apportés des Alpes. Il n'y a pas d'aspect plus désolé que celui de son large lit, sans bords arrêtés, partout hérissé de rocs énormes, coupé de sables arides, semé d'îles innombrables. Mais, sous cet ardent soleil du Midi, où l'eau est le premier besoin de l'agriculture dont elle décuple les produits, les fleuves sont tour à tour bienfaisants et terribles. Cest dans le bassin de la Durance que se sont élevées^utes les vieilles cités gauloises qui ne sont pas assises au bord de la mer ou du Rhône ; Briançon, Embrun, Gap, Sisteron, Digne
DESCnmiOM GÉOORAPHIQUB DE LA FRANCE. 15
Senez, Forcalqoier. Les villes d'Aix, de Dra^ignan ^ de Grasse sont de fondation romaine; Arles et Marseille sontdV rigine grecque. Ulsère, qui passe à Grenoble, reçoit le Drac,
La fontaine de Vauclase *.
torrent fougueux, et TArc, descendu du Mont-Cenis. Ses débordements, moins fréquents que ceux de la Durance, ont
1. La fontaine de Laure et de Pétrarque sort d'an gouffre an pied d'une énorme falaise rongeâtre, d'où les eaaz, à Tépoque de la fonte des neiges, ^élueentaTaoim^tttosité. Un rocher Toisin porto les ruines d'un anoien (oAteao fort des évèques de CaTaillon
été ïMirfois plus terribles. La Drôme arrose Die et se jette directement dans ie Rhône. La Sorgues naît à la fontaine de Vaucluse, dont on a vainement sondé les profondeurs.
Ija Saône. — S'il n'avait pas d'autres affluents, le Rhône pourrait être, en arrière des Alpes, une bonne ligne militaire : il ne serait pas un grand fleuve commercial et politique. Mais par la Saône son bassin s'ouvre vers la Bourgogne et la Champagne, et par là arrivent, dans les provinces qu'il traverse, les produits et les idées de la vieille France. Malgré son cours paresseux, dans un lit mal encaissé , la Saône est donc une des grandes artères du pays, et corn me le lien du sud-est et du nord. Aussi que de villes sur ses
La chute du Rhin à SchafThouse.
rives I C'est à son confluent avec le Rhône que se trouve, après Paris, la plus grande agglomération d'hommes qu'il y ait en France, Lyon.
Tallée du Rhin. — Le Rhin et le Rhône ont un cours symétrique. Nés sur les flancs opposés du Saint-Gothard, ils s'éloignent rapidement l'un de l'autre, le premier dans la direction du nord, le second dans celle de l'ouest. Vers Brégenz, le Rhin rencontre les Alpes de la Souabe, qui le jettent dans le lac de Constance, comme les Alpes de la Savoie jettent le Rhône dans le lac de Genève. Arrêtés par le Jura, ils en tournent la double extrémité, mais pour tomber sur les Cévennes et sur les Vosges, qui les forcent à se diriger dô-
finitivement, Tun vers la Méditerranée, Tautre vers la mer du Nord.
Moins torrentueux, moins rapide, le Rhin fait de plus longs détours. Du Saint-Gothard à Bâle, où il arrive grossi de rAar, qui double son volume en lui apportant toutes les eaux delà Suisse, il serait déjà navigable sur une grande étendue, sans ses rapides et ses chutes, à Schaflhouse et à Laufenbourg. De Bâle jusque vers Mayence, son lit est encore embarrassé d'îles nombreuses, qui ont si souvent facilité aux armées le passage du fleuve. Plus loin, la beauté des sites, la multitude des villes qui baignent leurs pieds dans ses flots, la richesse des cultures à côté de rochers arides et sévères, les ruines féodales dont sont couvertes toutes les cimes de rHundsrûck, de rEiffel et du Westerwald, enfin Taspect du fleuve tour à tour gracieux et sauvage, ou terrible et grandiose, rendent cette vallée une des plus belles de TEurope.
Au delà de Cologne, le Rhin sMcoule lentement vers Dusseldorf et la Hollande, grossi par FUI, qui s'y est jeté à Strasbourg, par le Necker à Manheim, par le Mein à Mayence, par la Moselle à Coblentz, etc. Cependant, malgré la masse considérable de ses .eaux, il arrive, comme le Rhône, humblement à la mer. Comme lui, il se divise en plusieurs bras: le Wahal et le Lech, qui se réunissent à la Meuse, ITssel qui se rend dans le Zuyderzée. Appauvri par tourtes ces pertes, le Rhin véritable, le bras du moins qui porte ce nom, n'a plus à Leyde, après un qours de 1200 kilomètres, que la largeur d'un grand fossé, et il disparaissait naguère dans les sables avant d'atteindre l'Océan. Heureusement le Wahal et le Lech le mettent en communication avec la vaste embouchure de la Meuse, et il s'ouvre par là à la grande navigation.
Commanlcatlon entre les bassina. — Les Cévennes et les Vosges ne sont pas assez élevées pour intercepter les communications. Au midi elles laissent passer le canal des Deux-Mers; au centre, ceux du Charolais et de Bourgogne; au nord, celui de la Marne au Rhin. Les ramifications dont elles couvrent la France ont présenté encore moins d'obstacles. La Seine a pu être rattachée à la Loire par les canaux d'Orléans, de Briare et du Nivernais ; à l'Escaut par ceux de Saint-Quentin et de la Somme; à la Meuse par ceux de la Sambre et des Ardennes; à la Saône et au Rhône par le canal
du Centre * ; le Rhône avec le Rhin par le canal de l'Est, avec la Garonne par le canal de Beaucaire et celui du Midi. Il n'y aurait même pas de grave difficulté à vaincre pour réunir la Marne et la Meuse à la Saône ; et si la Garonne et la Loire restent encore isolées l'une par rapport à Pautre, c'est que la mer sert de canal entre Nantes et Bordeaux.
Grandes lif^nes de dépresiiioii et de penpleii&ent du territoire français. — La France est orientée dans le sens de l'équateur et des méridiens. Sa frontière de Bayonae à Antibes court dans la direction des parallèles, et si Ton jetait la Bretagne, dont la position est excentrique, entre la pointe de^arfleur et le cap Gris-Nez, sa limite septentrionale serait aussi parallèle à l'équateur. Ses grands côtés, je veux dire : à l'ouest, le littoral du golfe de Gascogne et celui du Cotentin, qui seraient réunis si les vagues montaient seulement de 100 mètres derrière Saint-Malo, et à l'est, la ligne des Alpes, du Jura et du Rhin, suivent presque exactement deux méridiens. Les grandes routes intérieures ont môme direction. De sorte qu'en traçant sur une carte de France un carré dont les quatre extrémités seraient : Caen, Bordeaux, Marseille, Dunkerque, et qui auraient pour diagonales deux lignes courbes tirées de Marseille au Havre et de Bordeaux à Strasbourg, on aurait marqué les grandes lignes de dépression du sol français, celles que suivent les grandes routes, les chemins de fer et les canaux projetés ou déjà en exploitation.
De Bordeaux à Marseille, et de Marseille à Dunkerque et à Rouen, la voie navigable esta peu près complète; elle Test tout à fait du Havre à Strasbourg ; elle peut l'être aisément de Caen à Bordeaux. Pour relier Bordeaux à Strasbourg, il ne resterait qu'à franchir le faîte qui sépare les bassins de la Dordogne et de l'Allier, puisque la Loire communique déjà avec la Saône, et celle-ci avec le Rhin.
Regardons de près ces questions, malgré leur ma.térialisme apparent, car l'explication d'une partie des faits de Thistoire est là. Ces échancrures des montagnes, ces dépressions du sol ouvrent, en eflfet, les seules voies naturelles que les hommes aient longtemps suivies. C'est par elles qu'ont passé la guerre, le commerce, les idées, toute la vie enfin
1 nftnk lè ChiroUU et 1© Lyonnais, la dlstahee d« la Loire m Rhône n'est aue de 2t à 32 kilomètres. Saint-Étienne est ap Hoint où les deux fleuves sont lè plus rapprochés. Cette position et ses mines de houille ex- I*llqdent éà rapide ptoSpëHté.
des nations qui, pour faciliter réternel voyage, out semé leur route de villes populeuses. Ainsi, disent les légendes bretonnes, les fées du Morbihan descendaient, en filant, du haut de leurs montagnes, et de leur tablier s'échappaient les rocs énormes que le voyageur étonné rencontre le long des chemins. A rentrée, à Tissue, au centre de ces voies naturelles, principalement sur le bord des fleuves, « ces chemins qui marchent tout seuls, > disait Pascal, de grandes cités se sont assises comme autant d'étapes pour les marchands et les armées, comme autant de foyers lumineux pour la civilisation qui a rayonné autour d'elles.
Les grandes lignes de dépression du sol ont donc été les grandes lignes de communication et de peuplement : j'ajouterai encore les grandes voies de Punité et de la nationalité françaises. C'est dans ces directions que le Midi, au temps de Rome, a agi sur le Nord, et que le Nord, sous les fils de Clovis et de Pépin d*Héristal, sous Philippe Auguste et saint Louis, sous Louis XI et Richelieu, a réagi à son tour sur le Midi qu'il s'est assimilé. Supposez de hautes montagnes entre chacun de nos grands fleuves, et la France sera TEspagno ou l'Italie ; je veux dire que tous les habitants de chaque bassin auraient, pendant de longs siècles, formé une nation à part.
Le peuplement est rapide dans les vallées riches comme le sont les nôtres, et ce que Napoléon disait, que c de Paris à Rouen il n'y a qu'une seule ville, dont la Seine est la grand rue, 1 on peut le dire de la Loire, de la Garonne, de la Saône et du Rhône. Mais, dans les bassins hermétiquement fermés, la vie est exclusive, le patriotisme local. La moins ouverte de nos grandes vallées, celle de la Garonne, a été celle aussi dont la population aie plus énergiquement résisté à Tinfluence centrale . Toulouse frémit encore au souvenir de la défaite qui la subordonne à Paris, et Bordeaux se plaignait naguère d'être, avec tout le Midi, sacrifié aux provinces du Nord.
La Loire et la Seine, au contraire, qui ont entre elles tant' de communications faciles, ont presque toujours coulé sous les mêmes lois. Paris et Orléans étaient les deux villes patrimoniales de nos rois, et la première acquisition de la royauté renaissante fut Bourges. Trois siècles plus tard, Charles VII, chassé de Paris, s'y réfugia. Les Valois semblent même hésiter entre les deux fleuves. Leurs somptueux châteaux sont' à Fontainebleau et à Amboise , à Saint-Germain et à Chambord ; Blois et Tours furent quelque temps les deux capitales
de Henri III et de Henri IV. Presque toujours aussi, la Saône a été dans la dépendance de la Seine. Les Burgondes payèrent, avant les Wisigoths de Toulouse, tribut à Glovis, et la Bourgogne n'eut presque jamais que des ducs capétiens. Dès Tannée 1310, Philippe IV mettait la main sur Lyon; en 1349, Philippe VI achetait Grenoble et Montpellier ; et les Anglais restèrent un siècle de plus à Bordeaux !
Unité et aUnatloii da territoire français an Trat eentre de PBni^ope. — Une des grandes causes de Tunité physique, et, par suite, de Punité morale de la France, est assurément cette facilité de communication entre les divers bassins. Ils descendent à toutes les mers, mais ils sont facilement reliés entre eux. Il y a unité dans la variété. C'était la meilleure condition pour le développement d'une grande société et d'une civilisation puissante.
Ajoutez que, si la France n'est pas matériellement le milieu de l'Europe, elle occupe du moins une position centrale par rapport aux mers européennes, puisque la Méditerranée, le golfe de Gascogne, la Manche et la mer du Nord baignent ses rivages, et par rapport aux principales nations de ce continent,puisqu'elle a pour voisines l'Espagne, l'Italie, la Suisse, PAIlemagne et l'Angleterre. De là ses longues guerres et les dangers qu'elle a si souvent courus ; mais de là aussi Pinfluence qu'elle a tant de fois exercée au dehors.
Cet ordre de considérations serait long à épuiser, car c'est dans une sérieuse étude de la position géographique de la France, de sa configuration physique, de son sol et de son climat, qu'on trouvera Pexplication des traits généraux de son histoire. Je relèverai seulement quelques particularités singulières. La France, qui a dans sa population des représentants de toutes les races européennes, les Slaves exceptés, a aussi tous les terrains géologiques de ce continent, tous ses ciimato, celui de nos plaines pouvant être regardé comme soii climat moyen, et enfin tous ses végétaux, c'est-à-dire 3600 espèces, ou 1380 de plus que l'Allemagne et 2290 de plus que l'Angleterre, ce qui l'a fait très-légitimement appeler le jardin de l'Europe. Enfin sa langue est celle que toutes les autres nations traduisent le mieux. Aussi , grâce à la clarté de notre idiome combinée avec l'influence de notre histoire, le français est-il devenu la langue de la diplomatie et des idées européennes.