LES FRANCS AVANT CLOVIS
liens nMntéressaient qu*un petit peuple et un coin de la Gaule où, après la bataille de Méry et la grande ligue un insiant formée contre Attila, tout était retombé pour trente années dans le chaos. L^empire d'Occident était mort en 476, quand Odoacre, un chef hérule, déposa le dernier empereur, Romulus Augustule, et fonda le premier royaume barbare d'Italie. En Gaule, on ne s'en aperçut pas, car un général romain, iEgidius, que. Grégoire de Tours appelle roi des Romains, gardait les pays entre la Loire et la Somme, que n'occupait encore aucun peuple barbare, et les léguera à son fils Syagrius. Les cités de l'Armorique se gouvernaient depuis longtemps d'une manière indépendante. Les Francs se pressaient en plus grand nombre dans la Belgique. Les Bretons, assaillis dans leur île par des pirates saxons, venaient à leur tour piller Angers, près de la Loire (470). Un des derniers empereurs avait cédé aux Wisigoths tout le sud de la Gaule à l'ouest du Rhône; ils s'emparent encore d'Arles, de Marseille et d'Aix à la gauche du fleuve (480). Des Bretons pénètrent dans le Berry, des Francs jusqu'à Narbonne, qu'ils saccagent. C'est un va-et-vient perpétuel. Les peuples se heurtent, se mêlent, du nord au sud, de l'est à l'ouest ; tous cherchent fortune les armes à la main. Les pacifiques cités gallo-romaines réorganisent leurs milices, et profitent de l'universel désordre pour vider des querelles séculaires. Seulement on entend au milieu de ce chaos la grande voix de l'Église qui parle de paix et d'ordre à ces • furieux et qui étend sa main pour protéger les faibles. Le concile d'Arles, en 452, interdit de mettre les affranchis en esclavage pour crime d'ingratitude, à moins que la faute n'ait été juridiquement prouvée. Le concile d'Orange (441) menace des censures ecclésiastiques celui qui essayera de ramener à la servitude les hommes affranchis par l'Église, et défend de livrer les serfs réfugiés dans les lieux saints-
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TROISIÈME PÉRIODE
FRANCK MÉROVINGIBNNB,
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CLOVis (481-511)*. ;>
Ij», Cianle eu 481. — Lorsque Glovis, fils de Ghildérk fut élevé sur le bouclier par les Francs Saliens pour êlr« , ^ leur chef de guerre, il y avait en Gaule bien des domina-g nations:
1« Entre la Loire et les Pyrénées, les Wisigoths, maîtres^ *en outre des trois quarts de TEspagne, et au delà du Rhône,* " de tout le pays entre la Durance et la mer;
2« Dans la vallée de la Saône et du Rhône jusqu'à la Du-* ^ rance^les Burgondes; v^
3<> Entre les bouches de la Loire et celles de la Seine, les » cités armoricaines libres, sous des chefs indigènes ou des '^ magistrats municipaux;
kp Entre la Mayenne, la moyenne Loire et la Somme, Syagrius commandait à ce qui restait de Tempire ; '
50 Entre les Vosges et le Rhin, des Alamans avaient pris la place des Burgondes, fixés définitivement plus au sud;
1. Ouvrages i consulter pour ce chapitre et les trois suivants : Grégoire de Tours, Histoirt des Francs, jusqu^en 591 ; Récils mérovingiemt par Augustin ïliierry; Essaii sur VHistoire de France^ par M. aoicot.
TROISIÈME PÉRIODE. "
FRANCE MEROVINGIENNE. j V
CLovis (481-511)*. ^ "i
Ëja Cîanle eu 481. — Lorsque Glovis, fils de Ghildéi ^ fut élevé sur le bouclier par les Francs Saliens pour Ô leur chef de guerre, il y avait en Gaule bien des domio nations:
1» Entre la Loire et les Pyrénées, les Wisigoths, maîfa 'en outre des trois quarts de TEspagne, et au delà du Rhôn de tout le pays entre la Durance et la mer;
2« Dans la vallée de la Saône et du Rhône jusqu'à la M rance-, les Burgondes ; v^
3« Entre les bouches de la Loire et celles de la Seine, lei, cités armoricaines libres, sous des chefs indigènes ou des-^ magistrats municipaux;
4^ Entre la Mayenne, la moyenne Loire et la Somme, , Syagrius commandait à ce qui restait de Tempire ; ^
50 Entre les Vosges et le Rhin, des Alamans avaient pris la place des Burgondes, fixés définitivement plus au sud;
1. Ouvrages i consulter pour ce chapitre et les trois suivants: Grégoire de Tours, Histoirt des Francs, jusqu^en 591 ; Récits mérovingieni, par Augustin Thierry; Essais sur V Histoire de France, par M. aoiiot.
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6» Une colonie venue de la grande tle de Bretagne, un siècle auparavant, s'était établie à Textrémité de TArmorique, où elle formait un État particulier,' la petite Bretagne, dont le nom s'étendra à la presqu'île entière;
70 Enfin toute la Belgique était au pouvoir des Francs. Leurs principaux chefs résidaient à Cologne, à Tournai, à Cambrai et à Térouanne.
Qai tirera la Gaule de ce chaos? Nul, à cette heure, n'aurait su le dire. L'État de Syagrius n'est qu'un débris informe qui n'est n^^assez romain ni assez barbare pour avoir quelque chance de durée. Les Armoricains n'aspirent qu'à vivre à l'écart. Les Saxons occupent seulement un point de la Gaule, et n'y laisseront pas de souvenirs. Mais trois peuples en possèdent une vaste étendue et peuvent s'en disputer la domination.
Iiei Rurn^ondes et les 1¥lsl|poth0. — Les Burgondes n'avaient point des moeurs farouches; la civilisation romaine et le christianisme les avaient touchés et adoucis. Ils étaient barbares encore, mais ils avaient vu de près et depuis longtemps la société romaine. Nombre d'entre eux étaient venus travailler dans les cités gauloises,' et, lorsque l'invasion les jeta sur la Gaule, ils prirent sans violence les deux tiers des terres et le tiers des esclaves, mais n'eurent pour les Gallo-Romains, restés au milieu d'eux, ni dédain superbe, ni blessante insolence. Leur loi nationale emprunta beau- , coup auxic^ d^s j^y^mains et eut des déliça^Q^s^s qui accusent une^fiinhomie peu habituelle à ces coureurs d'aventures du cinquième siècle. « Quiconque, dit un article, aura dénié le couvert et le feu à un étranger en voyage sera puni .^d'une amende de trois sous d^or.... Si le voyageur vient à la maison~~crùn~ Burgonde et y demande l'hospitalité, et que celui-ci indique la maison d*un Romain, et que cela puisse &^pr<Hk^é^ij^2)i^era Irois ^ous d'amende et trois sons pour d^^^âgement £^celui dont il aura montré la maison. » Malbeureusement pour leur puissance, c'étaient des missionnaires ariens qui les avaient convertis.
Les Wisigoths n'étaient pas plus terribles. Il y avait un siècle qu'ils étaient cantonnés dans l'empire, non, comme les Francs, sur le bord et en une contrée que de longues dévastations avaient rendue à la barbarie, mais au cœur des plus riches provinces. Les pères de beaucoup d'entre cii.\ avaient vtt Gonstantinople et Rome, et tous les restes impo-^
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sants de la civilisation romaine. Aussi la cour des rois wisi^ goths à Toulouse était-elle déjà pleine d^élégance et de recherche, malgré la présence de nombreux barbares qui venaient solliciter la protection du puissant roi qui dominait sur les trois quarts de l'Espagne et sur un tiers de la Gaule, c J'ai presque vu deux fois la lune achever son cours, dit le premier poôté du temps, Sidoine Apollinaire, noble Arverne qui plus tard fut évoque, et je n'ai obtenu qu'une seule audience: le maître de ces lieux trouve peu de loisirs pour moi ; car l'univers entier demande aussi réponse et l'attend avec soumission. Ici nous voyons le Saxon aux yeux bleus, intrépide sur les Ilots, mal à l'aise sur la terre. Ici le vieux Sicambre, tondu après une défaite, laisse croître de nouveau ses cheveux. Ici se promène l'Hérule aux joues verdâtres, presque de la teinte de l'Océan dont il habite les derniers golfes. Ici le Burgonde haut de sept pieds, fléchit le genou et implore la paix. Ici rOstrogoth réclame le patronage qui fait sa force, et à l'aide duquel il fait trembler les uns, humble d'un côté et fier de l'autre. Ici toi-même, ô Romain, tu viens prier pour ta vie; et quand le Nord menace de quelques troubles, tu sollicites le bras d'Ëuric contre les hordes de la Scythie ; tu demandes à la puissante Garonne de protéger le Tibre affaibli. »
Si Ton eût alors cherché à quel peuple devait rester la Gaule, on n'eût pas hésité à en promettre la possession entière aux Wisigoths. Mais ce peuple, malgré le courage montré à la bataille de Méry, avait perdu son énergie sauvage. De plus il était arien comme les Burgondes, c'est-à-dire en contradiction de foi religieuse avec les Gallo-Romains. Déjà môme l'antipathie entre les sujets orthodoxes et les maîtres hérétiques amenait, d'un côté, des persécutions ; de l'autre, de secrets complots, ou tout au moins des vœux, des espérances.
Etes Fmnes } uœnm et relliploii. •— f Les Francs relevaient et rattachaient sur le sommet du front leurs cheveux d'un blond roux, qui formaient une espèce d'aigrette /â < et retombaient par derrière en queue de cheval. Leur visage était entièrement rasé, à l'exception de deux longues moustaches, qui leur retombaient de chaque côté de la bouche. Us portaient des habits de toile serrés au corps par un large ceinturon auquel pendait Tépée. Leur arme favorite était une . hache à un ou deux tranchants, dont le fer épais et acéré >^ tendit à un manche très-court. Ils commençaient le comI)at
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en la lançant de loin et rarement ils manquaient d'atteindre l'endroit précis où ils voulaient frapper. Outre la hache, qui de leur nom s'appelait francisque, ils avaient une arme de trait particulière, que, dans leur langue, ils nommaient hang^ c'est-à-dire" hameçon. C'était une piaue de médiocre
Les armes des Francs.
I^ndeur, propre à servir de près et de loin, dont la pointe, longue et forte, était armée de plusieurs barbes ou crochets branchants et recourbés comme des hameçons. Des lames de / fer en recouvraient le bois dans presque toute sa lon- Pïeur, de sorte qu'il ne pouvait être brisé ni entamé à