‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 24 sur 103 · LES FILS ET LÈS PETITS-FILS DE CLOTAIRE. U · texte numérisé non relu

LES FILS ET LÈS PETITS-FILS DE CLOTAIRE. U

salué révêque d*Alby, j'allai le chercher et le trouvai dans la cour de la maison de Braine : nous nous éloignâmes un peu pour causer, et il me dit : cNe vois-tu pas au-dessus de ce toit ce que j'y aperçois? — J'y vois, lui dis-je, un second petit bâtiment que le roi a dernièrement fait élever au-dessus. » Il reprit : c N'y vois-tu pas autre chose? — Non, » dis-je; et, supposant qu'il parlait ainsi par manière de jeu, j'ajoutai ; c Si tu vois quelque chose déplus, montre-le moi. » Alors, poussant un profond soupir, il me dit : «c Je vois le glaive de }a colère divine tiré et suspendu sur celte maison. » Et véritablement les paroles de l'évêque ne furent pas menteuses.

Chilpéric lui-même fut peut-être une des victimes de Frédégonde. Un soir qu'il revenait de la chasse à sa villa royale de Chelles, comme il descendait de cheval, la main appuyée sur l'épaule d'un des leudes, il fut poignardé par Leudéric, un des serviteurs de la reine (584) ; d'autres, il est vrai, accusent Brunehaut.

Ce prince, que Grégoire de Tours appelle un Néron, un Hérode, avait pourtant, au milieu de tous ses vices et de sa barbarie, des instincts d'administration et quelque curiosité littéraire. Il faisait des vers, fort mauvais assurément, mais d*où je conclus qu'il lisait des poètes que bientôt personne ne lira plus, et il trouvait bien beau l'ordre qu'avaient établi les empereurs! Il est vrai que ce qu'il prisait surtout, c'était leur système financier. « Le. roi Chilpéric, dit Grégoire de Tours, fit faire dans tout son royaume des rôles d'impositions nouvelles et très-pesantes, ce qui fut cause que beaucoup quittèrent leurs cités et abandonnèrent leurs propriétés.... il avait été ordonné que chaque propriétaire de terre payerait une amphore de vin par- demi-arpent^On avait imposé sur les autres terres et sur les esclaves beaucoup d'autres contributions ou prestations qu'il était impossible de sui!{)orler. » Les peuples, par de fréquentes révoltes, protestaient contre le retour de cette fiscalité dévorante qui avaient entraîné lamine du vieil empire. Mais il fallut des malheurs domestiques, la mort de plusieurs enfants, pour persuader au roi et à Frédégonde que la colère du.ciel était sur leur maison h^ cause de ces tributs; ils firent alors brûler les rôles. ^

Le roi Ciontran. — Tant de meurtres effrayèrent le dé-^' bonnaire Contran. « Pour faire cesser cette mauvaise coutume de tuer les reisj il se fendit un jour à l'église, où tout

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