‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 25 sur 103 · LES FILS ET LES PETITS-FILS DE CLOTAIRB · texte numérisé non relu

LES FILS ET LES PETITS-FILS DE CLOTAIRB

te peuple était assemblé pour la messe, fît faire silence par un diacre, et dit : « Je vous conjure, hommes et femmes qui c êtes ici présents, gardez-moi une fidélité inviolable, et ne € me tuez pas comme vous avez tué dernièrement mes frète resiQue je puisse au moins pendant trois ans élever mes « neveux, de peur qu'il n'arrive après ma mort que vous pé- « rissiez avec ces petits enfants, puisqu'il ne resterait de « notre famille aucun homme fort pour vous défendre. » A ces mots tout le peuple adressa des prières au Seigneur. » (Grégoire de Tours.)

Entre Frédégonde et Brunehaut, il y avait en eflfet de quoi trembler pour un pacifique. Cependant Frédégonde avait déféré à Gontran la tutelle de son fils, le jeune Clotaire II, mais il se sentait de tous côtés entouré de Périls, ll^rp^n^ les leudes qui, de jour en jour, voulaient moins ya6sùjetiir"à la royauté; et un vaste complot venait de s'organiser dans le midi. L'Aquitaine, restée toute romaine, avait essayé de se séparer des contrées barbares du nord en se donnant un roi particulier, Gondowald. Cet aventurier, qui se disait fils de Clotaire I", périt, mais après avoir été sur le point de réussir (585).

Traité d'Andelot (588'). — Un autre complot plus formidable fut secrètement formé en 587, parmi les leudes d'Austrasie et de Burgondie. Il s'agissait d'assassiner les deux rois et de se partager ensuite le pays. Un 4es assassins, arrêté au moment où il levait le couteau sur Gontran, avoua tout. Les conjurés périrent, et parmi eux, nombre de ducs et de comtes. Childebert et Gontran effrayés eurent une entrevue à Andelot (dans la Haute-Marne, à vingt kilomètres nord-est de Chaumont), pour régler tous leurs différends. II fut décidé que l'h^itage de celui des deux qui mourrait sans enfants passerait au survivant; que les leudes ne pourraient plus, selon leur caprice, porter d'un roi à l'autre leur fidélité ; mais, en retour, on garantit à certains d'entre eux la possession de leurs bénéfices. C'était le premier pas vers le régime féodal.

Pouvoir de Brunehaut en Aoslrasley puis en Burgondie. — Gontran mourut en 593; Childebert II réunit les deux royaumes et essaya de prendre celui de son cousin Clotaire II, le fils de Frédégonde; ses troupes furent battues à Droissy, près de Soissons, et il n'eut pas le temps de réparer cet échec, une maladie l'ayant enlevé en 696. L'aîné de ses

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fils, Théodebert II, eut TAustrasie; Pautre, Thierry II, la Burgondie. Brunehaut espéra régner en Austrasie sous son |)etit-fils, comme elle avait régné sous son fils. Mais elle irrita les Austrasiens en essayant de ramener un peu d'ordre dans l'État et de soumettre les leudes à plus d'obéissance. Se sentant haïe des grands, elle chercha à maintenir son pouvoir sur son petit-fils en l9^jgj|i?t i&W PiS ^®^ désordres. Elle fut punie de cet odieux calcul. Les compagnons de débauche du jeune roi la chassèrent (599).

Retirée en Burgondie, auprès de son autre petit-fils, elle y porta la même soif de pouvoir, mêlant, il faut le dire, à son ambition impérieuse des vues plus hautes que n'en avaient les princes de ce temps. Elle goûtait les arts et les lettres ; elle pensait ce que ne pensaient guère tous ces Mérovingiens : que les rois n'ont pas seulement à jouir des tributs payés par les peuple^ mais qu'ils leur doivent en échange de l'ordre et des travaux d'utilité publique ; elle bâtissait des églises, faisait construire des routes et se souvenait de l'administration romainQ^ qu'elle eût voulu restaurer. Malheureusement tous les moyens lui étaient bons, surtout le grand moyen de ce temps, celui qui semblait simplifier tout, l'assassinat. Ainsi^/ fit-elle lapidfir saint Didier, évêque de Vienne, qui voulait arracher ^on petit-fils aux vices qu'elle nourrissait en lui. .' ' Elle n'o|v^u/tant pas porter la main sur saint Colomban, moine vâ^Sj^ d'une éloquence égale à son courage, et qui parcourait la Gaule en rappelant les moines à la discipline et quelquefois les princes à l'humanité. Comme il reprochait vivement â Thierry II ses dérèglements, Brunehaut le chassa ^ / du monastère qu'il venait de fonder à Luxeuil, au milieu des solitudes des Vosges, et le fit embarquer sur la Loire pour le renvoyer en son pays.

Au milieu de ces intrigues de cour, il y avait des guerres de peuples. Deux fois les Neustriens avaient été vainqueurs des Austrasiens, près de Soissons, à Droissy (593), et à Latofao (Haute-Marne) (596); mais ils furent mis en pleine déroute à Dormeille, en Gâtinais (600), et près d'Étampes (604) par les Burgondes : Paris fut pris. C'en était fait de Clotaîre II si le roi d'Austrasie ne l'eût sauvé en traitant avec lui. Brunehaut, furielise de voir lui échapper une vengeance poursuivie pendant trente années, s'en prit à Théodebert. Elle décida son frère Thierry à l'attaquer; les leudes s'y refusèrent d'abord, mais en 610 ils allèrent d'eux-mêmes à

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cette guerre. Théodebert, vaincu, fut mis à mwt avec ses. enfants. Son frère ne lui survécut guère (613).

Conspiration des f^rands contre Brvnehnnti sm mort affrense (618). — Il n'y avait plus d'hommes pour régner en Austrasie et en Burgondie, f^i?.^^|ro enfants et leur aïeule Brunehaut. Les grands frefaiirfent a la pensée qu'ils allaient se trouver Âla ni^i de cette femme impérieuse, et un complot syDi^mf Isecfètement. Elle faisait marcher les armées de ses deux royaumes contre Clotaire II, et comptait sur une victoire certaine ; elle fut livrée par ses propres soldats au fils de son implacable ennemie. Il lui reprocha la mort de dix rois, Tabandonna pendant trois jours aux insultes de son armée, puis la fit attacher à la queue ^.Y-^Vw ...'!.< d'un cheval indompté. Les quatre fils dé Thierry II avaient été déjà égorgés; Clotaire II se trouva, comme son aïeuL Clotaire I", seul roi des Francs (613). L'horrible FrédégonUe sa mère, était morte t pleine de jours * en 697, \

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