PRÉFACE. IX
cooras; Tarianisine triomphait partout. Aussi quels yosox ardents pour ce peuple franc qui seul ne portait pas au front la marque de l'hérésie, qui uUait rendre à TÉglise la sécurité et le pouvoir, qui allait tout conquérir pour tout mettre à ses pieds. Mitis^ depone colla, Skan^er.
Un ennemi jusqu'alors invincible s'approche : l'islamisme, parti du fond de l'Arabie, s'est étendu, en moins d'un siècle, du Gange aux Pyrénées. Il veut abaisser encore cette barrière. Ses rapides cavaliers passent la Garonne, franchissent la Loire : c'en est fait de l'Europe chrétienne. Les Francs arrêtent ce fougueux élan et rejettent par delà les monts l'invasion musulmane brisée et depuis ce jour impuissante contre l'Europe occidentale.
La papauté, récemment afiranchie de la suprématie des cimpereurs byzantins, était menacée de retomber Bons celle des rois lombards. En un temps où toutes les questions allaient être des questions relij^ieuses, où la société entrait et s'enfermait dans l'Ëglise, où les peuples s'inclinaient avec une docile obéissance sous les paroles tombées delà chaire de saint Pierre, il n'était pas bon que le chef de la chrétienté courût le risque , en n'ayant [pas l'indépendance politique, de devenir entre les mains d'un prince un instrument d'oppression. Pépin et Gharlemagne préparèrent son indépendance temporelle.
Le monde barbare flottait vague, indécis, s'abandonnant sans règle aux influences multiples qui agissaient sur lui, sans vie commune, par conséquent sans force et sans durée. Gharlemagne le prend dans ses puissantes mains, le façonne, l'organise, et sur cette masse réfractaire cherche à répandre le souffle de vie. U constitue 1 Europe germanique et chrétienne, et, en plaçant à Rome son point d'appui, il montre que c'est sur la civilisation antique épurée et transformée par le christia-
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nisme qu'il faut s'appuyer. Il relève, pour le malheur de ritalie, Tempire d'Occident; mais il crée F Allemagne qui avant lui n'existait pas^ et il attache à la France cette suprématie européenne que les Mérovingiens lui avaient fait un instant entrevoir et qu'elle a depuis tant de fois exercée.
Gharlemagne meurt ; son œuvre se brise : est-41 mort tout entier? Non, car sa grande image plane au-dessus des temps féodaux, comme le génie de Tordre invitant sans cesse les peuples à sortir du chaos pour chercher l'union sous un chef glorieux et fort. Combien le souvenir du grand empereur n'a-t-il pas aidé les rois à reconstituer leur pouvoir et l'État?
Sous Gharlemagne, presque toute l'Europe chrétienne était le pays des Francs, et les vieilles provinces du nord-est de la Gaule, d'où ils étaient sortis, formaient le centre de leur empire. Mais ses successeurs laissent tomber de leur tête cette couronne trop lourde. L'empire se divise en royaumes, les royaumes à leur tour se démembrent; la France, raiûenée des bords du Rhin derrière la Meuse, n'est plus qu'un confus pêle-mêle de petits ÎJtats indépendants et les ténèbres redescendent sur le monde. Quand elles se dissipent, une société nouvelle apparaît : la société féodale, et la civilisation moderne commence ; son point de départ est surtout en France.
La révolution féodale, sans nul doute, se produisit dans toute l'Europe germanique, mais elle se précisa en France. C'est la féodalité française qui s'implanta en Angleterre avec Gruillaume le Bâtard ; dans l'Italie méridionale, avec Robert Guiscard; dans le Por* tugal, avec Henri de Bourgogne ; en Terre sainte, avec Godefroy de Bouillon. Ce senties seigneurs français qui rédigèrent la vraie charte de la féodalité, les Assises de Jérusalem; qui créèrent les tournois, les ordres militaires, la chevalerie et le blason ; qui conçurent cet idéal