‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 45 sur 103 · LES DERNIERS CARLOVINGIENS ET LES DUCS DE FRANCE · texte numérisé non relu

LES DERNIERS CARLOVINGIENS ET LES DUCS DE FRANCE

FalblefiM de 1» royaaté. — Il n'y avait pas trois quarts de siècle que le glorieux fondateur du second empire d'Occideot était couché dans les caveaux de sa basilique d*Aix-la- Chapelle, et déjà il n'y avait plus d'empire ni d'empereur; la royauté même avait signé à Kiersy son acte d'abdication. Le roi de France n'avait guère qu'un titr|.CQ. titre sans pouvoir fut cependant l'objet d'une longue convoitise. Le dixième siècle fut rempli par la querelle des deux maisons qui se disputèrent la chétive couronne des derniers descendants de Charlemagne; discordes doublement fatales, car elles favorisèrent les invasions de nouveaux barbares et les progrès de la féodalité.

Bodcs, dve de France (899-8S8). — Après la déposition ^y&^^ ^® Gros, on élut pour roi le comte Eudes, qui, tf^u^Y^ ^^^^ ^^ ^^^° défendu Paris contre les Northmans, et qin, en récompense, avait reçu de l'empereur le duché de France, ou avait été confirmé par lui dans la possession de ce grand fief. Il était fils, en efiet, de ce Robert le Fort, célèbre sous Charles le Chauve par ses services contre les mêmes ennemis, et ancêtre de tous les Capétiens. Mais

1. Ouvrages ft consulter : VEintoin de l*Églisê de Reims et la Chronique de Frodoard ; VHietaire da moine Rictier, dont le manascrit a été récemment retroavé: le I*' livre de la Chronique de Raoul Olaber; les Lettrée mr PHiitoire de France^ de M. Aag. Thierry.

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Eudes ne fut reconnu que par les seigneurs d'entre Loire et Meuse. Au delà de la Meuse régnait Arnulf, roi de Germanie, qui, en 895, fit de la Lorraine un rttyaume pour son fils Zwentibold ; et, au sud de la Loire, le duc d'Aquitaine, Bai< nulf, prit le titre de roi. En môme temps, le royaume de Provence se partageait en deux: la Bourgogne cisjurane (Franche-Comté, Dauphiné, Provence), sous Louis, fils du roi Boson, et la Bourgogne transjurane (la Suisse jusqu^à la Reuss, le Valais, et partie de la Savoie), sous Rodolphe, fils d'un comte d'Auxerre. Ainsi la France avait cinq rois. Elle en aura bientôt un sixième, Charles le Simple; et je ne parle ni des rois de Navarre, qui lui étaient devenus complètement étrangers, ni des rois des Bretons, qui n'entendaient pas se I . montrer plus dociles aujourd'hui qu'elle prenait pour chef un >T Bâilvenu, que quand un petit-fils de Gharlemagne leur demandait Tobéissanca. Elle avait de plus des hôtes habituels et terribles, les Northmans, qui ne la quittaient plus, et les Sarrasins qui. en 889, s'établirent à Fraxinet, sur la côte de Provence. Saccès d'Eudes eontre lesIVortbmans. — Eudes se tira bravement de tant d'ennemis. Il ne reprit ni la Lorraine ni les deux royaumes de Bourgogne, laissa les Bretons, alors en guerre civile, s'entre-déchirer, oublia la Navarre, qui était bien loin, et consentit à reconnaître une sorte de droit suzerain au Carlovingien Arnulf, roi de Germanie, en qui survivait Tambition impériale, malgré la grande protestation de 887 ; mais il força le duc d'Aquitaine à renoncer au titre de roi et à lui jurer fidélité, et gagna sur les Northmans deux victoires, l'une dans la forêt de Montfaucon en Argonne, , Tautre, en 892, près de Montpensiar dans la Limagne. Bien ^ qu'il ne faille pas accepter sur ces batailles les exagérations du poète Abbon, c'étaient de brillants succès, mais qui restèrent stériles. Les païens étaient répandus en trop grand nombre par tout le pays pour que la défaite d'une de leurs bandes intimidât les autres. En ce même temps, ils prirent et saccagèrent Meaux, Troyes, Toul, Verdun, Dreux, Sainl-Lô. t La prédiction du Seigneur, disait le synode de Metz, va s'accomplir: Les étrangers dévoreront votre terre sous vos yeux et en feront un désert. » Le désert, en effet, s'étendait tous les jours, les vivres étaient à un prix exorbitant; on manquait de bestiaux, ^t, «n beaucoup d'endroits, on manquait de grains poiirehsèmencer les terres.

Rivalité d'Biidea et de Charles le Simple (893).—

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