‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 55 sur 103 · CHAPITRE XXin · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXin

Caimetère de cette période. — « Du neuvième au douzième siècle, le roi vivait toujours, mais la royauté n'existait plus, les pouvoirs publics, qui auraient dû rester dans sa \ main, étant devenus des pouvoirs domaniaux exercés par j tous les grands propriétaires. A cette révolution, qui avait ^ brisé pendant trois siècles Tunité du pays, en succède une, y autre qui s'efforce de réunir les membres épars de la sociétés française et d'enlever aux seigneurs les irons usurpés par eux, pour les rendre à la royauté, ce qui fera du roi le seul juge, le seul administrateur, le seul législateur du pays. Cette révolution commence avec Philippe Auguste et saint Louis, qui reconstituent un gouvernement central, et n'est accomplie qu'avec Louis XIV, parce que divers incidents, la guerre de Cent ans aux quatorzième et quinzième siècles, au seizième les guerres de religion, suspendent ce grand travail intérieur.

Philippe Aairiiflte (1180-1223) s •eqmisitiom de pluflienn proTincee. ~ Philippe II, surnommé Auguste à cause de sa naissance dans le mois d'août, monta sur le trône

i. Ooyrages à oonsnlier : \a Vie de Philippe Auguste, par Ricord et Oaillanme Le Breton; la Philippidey noème par Gaillaame Le Breton; Bistoire de la conquête de ConstanUnopUf par Villehardoain ; Faits et gestes de Xouts VII If par Nicolas de Bray; Chronique de Ouillaume de Nangis; atstoire de la croisade contre les AlbigeoiSy par Pierre de Vaulx-Cerhay; Chron%(iues df OaiUaome de Pay-Laurenr; le Poëme de la croisade des Albigtots, iFaduit par FaurieL

PHILIPPE AUGUSTF «T Ï-ODIS VIII (1180-1226). 311

à quinze ans. Ses proches, ses vassaux, crurent avoir bon marché d'un enfant ; il les trompa par son activité et sa résolution^ Le résultat des guerres qu'il eut à soutenir fut Facquisition en 1183, des comtés d'Amiens, de Vermandoîset de Valois. L'Artois, qui lui était échu en 1191 par héritage de sa femme,7K>rla jusqu'aux frontières delà Flandre le domaine immédiat de la couronne. Le duc de Bourgogne, le sire de Beaujeu, le comte de Châlons, qui pillaient les églises, furent contraints de les respecter. Il chassa les juifs, en prenant pour lui leurs terres, leurs maisons (1182), et fit brûler nombre de pit^xdns ou hérétiques. Enfin une insurrection des ootersatfo;, bandes de brigands qui ravageaient le centre de la France, fut étouffée par des troupes royales unies aux habitants des communes, et punie par de cruels supplices.

TpoMème crolMide (tlOO-llOl).— Philippe, comme son père, entreprit une croisade. Il s'agissait de recouvrer Jérusalem, tombée en 1187 aux mains des infidèles. Huit rois, tous français, y avaient régné depuis Godefroy de Bouillon. Le dernier, Guy de Lusignan, venait d'être fait prisonnier par Saladin k la bataille de Tibériade. La chrétienté fit un puissant effort; Richard Cœur de Lion,. roi d'Angleterre, et Philippe Auguste partirent ensemble. L'empereur Frédéric „ Barberousse les avait précédés. On ne dépassa pas Saint-t'' Jean d'Acre, qui fut repris.

RiTaltté de Philippe Aufroate et de Riebard. — Durant le long siège de cette ville, la mésintelligence éclata entre les deux rois. Philippe, éclipsé par son brillant rival, so hâta de regagner la France pour y travailler à la ruine de la irop puissante maison d'Angleterre. Il s'entendit avec un frère que Richard avait laissé, Jean sans Terre,, tous deux espérant partager ses dépouilles. Mais Richard, sorti de la prison où l'empereur d'Allemagne l'avait retenu contre toute foi, voulait se venger de son frère et de son rival. Le premier acheta son pardon en égorgeant une garnison française qu'il avait introduite dans le château ; pour Philippe Auguste, il accepta la guerre. Elle commença en Normandie avec^violence. Richard, troubadour et roi, la faisait ef la chantait tout ensemble. H battit Philippe près de Gisors, mais sans tirer grand parti de la victoire. Le pape Innocent III s'interposa et leur fit signer une trêve de cinq ans (janvier 1199). Deux mois après, Richard était tué d'un coup de flèche au

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siège du château de Chalus en Limousin, où il voulait ravir un trésor que le seigneur de ce château avait trouvé.

Condamnation de Jean sans Terrei acqniailioB de plnsienrs proTinces (ld04). — Le frère du Cœur de Lion lui succéda (1199). Le roi de France, aussitôt devenu Tennemi de son ancien allié, soutint contre lui un prétendant, le jeune Arthur, fils d'un frère aîné de Jean sans Terre; et, lorsque Jean eut poignardé celui-ci de sa propre main, Philippe cita le meurtrier à comparaître par-devant les douze grands vassaux de la couronne ou pairs du royaume. Sur son refus, il confisqua ses fiefs, entra avec une armée en Normandie, que Jean ne défendit pas, et prit le château Gaillard, forte place bâtie par Richard, et qui résista six mois. Le pape Innocent III voulut imposer la paix aux deux rois; Philippe gagnait trop à cette guerre contre un lâche ennemi

. pour n'y pas résister; il répondit fièrement au pontife; et, poussant vivement ses succès, mit la main sur toutes les villes de la province, même sur Rouen, « la très-riche cité, pleine de nobles hommes et chefs de toute la Normandie. > L'Anjou, la Touraine et le Poitou furent aussi aisément réunis au domaine royal. C'étaient les plus brillantes conquêtes

' qu'un roi de France eût encore faites (1203-120^).

Tictoire de BouTinea (1214). — Quelque lâche qu'il fut, Jean ne pouvait se résigner à tant de honte. Il forma

■^ une vaste coalition. Pendant qu'il attaquerait lui-même la France par le sud-ouest, l'empereur d'Allemagne, Otton IV, les comtes de Flandre et de Boulogne, avec tous les princes des Pays-Bas, devaient l'attaquer par le nord. Mais la France se leva pour repousser l'invasion étrangère. Le fils du roi, Louis, alla tenir tête au roi anglais dans le Poitou ; et Philippe, avec le restant de la chevalerie et les milices des communes du nord, marcha au-devant de l'ennemi, qu'il rencontra près du pont de Bouvines, sur la Marq, entre Lille et Tournai (27 juillet). Les chefs ennemis, entourés de forces qu'on porte à 100 000 hommes, étaient si assurés de vaincre, qu'ils se partageaient d'avance le pays. Le péril du roi de France explique un fait que l'histoire a

'^jsingulièrement dénaturé. On a représenté Philippe Auguste plaçant sa couronne sur l'autel en disant : c Elle est au plus digne. » Je ne crois pas à cette scène théâtrale, mais je croirais volontiers au récit suivant d'un ancien chroniqueur ; « Le roi, rapporte-t-il, demanda une messe ; quand elle fut

ite, il fit apporter pain et vin et fit tailler des soupes, et Q mangea une, et puis il dit à tous ceux qui étaient autour e lui : < Je prie à tous mes bons amis qulls mangent avec moi en souvenance des douze apôtres qui, avec Notre-Seigneur, burent et mangèrent ; et, s'il y en a aucun qui pense mauvaiseté ou tricherie, qu'U ne s'approche pas. . » Alors 'avança messire Ënguerrand de Coucy et prit la première oupe, el le comte Gauthier de Saint*Pol la seconde, et dit u roi : « Sire, on verra bien de ce jour si je suis un traître.» 1 disait ces paroles parce qu'il savait que le roi l'avait en ioupçon à cause de certains mauvais propos. Le comte de >anceiTe prit la troisième soupe, et les autres barons après, it il y eut une si grande presse, qu'ils ne purent tous ariver au buffet qui contenait les soupes. Quand le roi le vit, 1 en fut grandement joyeux, et il dit aux barons : « Sei- X gneurs, vous êtes tous mes hommes et je suis votre roi, K quoi que je soie, et je vous ai beaucoup aimés.... Pour ce, < je vous prie, gardez en ce jour mon honneur et le vôtre. Et « si vous voyez que la couronne soit mieux employée en l'un ^ de TOUS que en moi, je m'y ôterai volontiers et le veuille « bon cœur. » Lorsque les barons l'ouïrent ainsi parler, ils commencèrent à pleurer, disant : « Sire, pour Dieu, merci I «Nous ne youlons roi sinon vous. Or chevauchez hardiment « contre vos ennemis, et nous sommes appareillés de mourir »ayec vous*. »

Cependant les deux armées restèrent quelque temps à peu de distance l'une de l'autre sans oser commencer l'action , et les Français se retiraient par le pont de Bouvines, pour marcher sur le Hainaut , quand l'ennemi , attaquant Tarrièregarde, les obligea à faire face.

c Philippe, dit son chapelain Guillaume le Breton, qui, pendant l'action , resta derrière le roi à chanter des psaumes « Philippe se reposait à te moment sous un arbre, proche d'une chapelle , et son armure défaite; au premier bruit du combat, û entra dans l'église pour y faire une courte prière , s'arma v < promptement et sauta sur son destrier avec une aussi grande i ioie que s'il dût aller à noce ou 11 fête ; alors commença à crier par les champs : Aux armes , hommes de guerre , aux

1. Chronique dé Reims^ publiées par M. L. Paris, p. 148. Cette sorte de eommimioii a^ant la bataille était alors habituelle. Duguesclin, avant le combat, mangeait toujours trois soupes (trois tranches de pain) dans du ^in, en l'honneur de la Trinité. Les preux du roman de Perceval faisaient tons la même chose. (Fournier, l'Esprit dane l'^ijfoire, p. 43-47.)

armes ! et les trompettes sonnèrent. Le roi se porta en avant sans attendre sa bannière , roriflamme de Saint-Denis , tiasi de soie d^un ronge éclatant , qui était ce jour-là porté par m très-vaillant homme , Gallon de Montigni. L^évèque élu di Senlis, Guérin, ordonna les batailles de manière que Icfe Français eussent le soleil à dos, tandis que Pennemi Peut dans les yeux. Trois cents bourgeois de Soissons, vassaux de Tabbt de Saint-Médard , et qui servaient à cheval , commencèrCTl Faction à Taile droite , en chargeant audacieusement les chevaliers de Flandre. Ceux-ci hésitent quelque temps à lutter avec des hommes du peuple. Cependant , le cri de mort aium Français / poussé par un d'eux, les anime, et les Bourguignons, conduits par leur duc, étant venus renforcer les genft de Soissons , la mêlée devient furieuse. C^est de ce côté qui combattait le comte Ferrand. » Q.k v^

Quand Taction avait commencé, les milices des commu^e^ étaient déjà au delà de Bouvines, elles repassèrent le pont en toute hâte , coururent du côté de renseigne royale* et vinrent se placer au centre , en avant du roi et de sa bataille. Les chevaliers allemands, au milieu desquels était Tempereur Otton , chargèrent ces braves gens et passèrent au travers pour percer jusqu'au roi ; mais les plus renommés des hommes d'armes de France se jetèrent ^^idevaijft^^eux et les arrêtèrent. Pendant cette mêlée, lei^ân^ssm satfem^ds passèrent derrière les cavaliers et arrivèrent STendroit où était Philippe. Ils l'arrachèrent de son cheval , et , pendant quMl était renversé à terre , essayèrent de le percer par la visière de son casque ou le défaut de son armure. Montigni, qui'portait l'enseigne de France , élevait et agitait sa bannière pour appeler au secours : quelques chevaliers et les gens des communes accoururent. On délivra le roi , on le remit sur un destrier et il se rejeta dans la mêlée. L'empereur à son tour , faillit être pris. Guillaume des Barres , le plus brave et le plus fort chevalier de toute l'armée , l'heureux adversaire de Richard Cœur de L)onI|C|u'il^a|i^t deux fois terrassé, tenait déjà Otton par sonliefaiime eHe frappait violemment, quand un flot d'ennemis se rua sur lui. Ne pouvant lui faire lâcher prise, ni l'atteindre, ils tuèrent son cheval pour le renverser lui-même à terre ; mais il se dégagea à temps, et seul , à pied , comme un lion furieux , fit avec son épée et son poignard un large vide autour de lui. Otton , du. moins, put s'échapper.

A la droite , le comte de Flandre , Ferrand , était tombé blessé aux mains des Français ; au centre , l'empereur avec ses princes allemands fuyait : mais, à la gauche, Renaud de Bourgogne et les Anglais tenaient bon. Us avaient fait plier les gens de Dreux, du Perche, du Ponthieu et du Vimeu. a  cette vue, dit le poëte chroniqueur, Philippe de Dreux, y

évêque deBeauvais, s'afflige, et, comme il tenait par hasard /<

une massue à la main, oubliant sa qualité d'évêque, il frappe - ' ^ le chef des Anglais, Tabat et avec lui bien d'autres, brisant les membres, mais ne versant pas le sang, et recommandant à ceux qui l'entouraient de dire que c'étaient eux qui avaient fait ce grand abatis, de peur qu'on ne l'accusât d'avoir violé les canons et commis une œuvre illicite pour un prêtre. » Les Anglais furent bientôt en pleine déroute, à l'exception de Renaud de Boulogne qui avait disposé une troupe de sergents à pied en double cercle l^érigsé de longues piques. Il s'élançait de là comme d'un fort ou s'y réfugiait pour reprendre haleine. A la fin, son cheval fut blessé, il tomba lui-même et fut pris : cinq autres comtes et vingt-cinq seigneurs bannerets étaient déjà captifs.

Le retour du roi à Paris fut une marche triomphale ; partout sur son passage les églises retentissaient d'actions de grâces , et on entendait les doux chants des clercs mêlés au bruit des cloches et aux sons harmonieux des instruments de guerre. Les maisons étaient tendues de courtines et de tapisseries , les chemins jonchés de rameaux verts et de fleurs nouvelles. Tout le peuple, hommes et femmes, enfants et.,. ^ • vieillards , accourait aux cOTefouxS-des chemins ; tous vou-. laient voir le comte de Flandre qui, blessé et enchaîné, était couché dans une litière , et ils lui disaient : « Ferrand , te voilà ferré maintenant et lié , tu ne regimberas plus pour ruer et lever le bâton contre ton maître. » A Paris , les bourgeois et la multitude des clercs , des écoliers et du peuple , allèrent à la rencontre du roi , chantant des hymnes et des cantiques. Ils firent une fête sans égale, et, le jour n'y suffisant pas, ils festoyèrent la nuit avec de nombreux luminaires en sorte que la nuit paraissait aussi brillante que le jour. Les écoliers firent durer la fête une semaine entière. Pendant ces réjouissances , les milices communales , qui s'étaient si bien comportées dans la bataille , vinrent en pompe livrer leurs prisonniers au prévôt de Paris. Cent dix chevaliers étaient tombés entre leurs mains , sans les petites gens. Le roi leur

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en donna une partie pour l^^eitre a rançon , il enferma le reste au grand et petit (^àtelsi de Paris. Ferrand fut détenu dans la nouvelle tour"3u Louvre ; il y resta treize ani (1227). Près de Senlis, s'èleYdiVabbaye de la Victoire y dort les ruines subsistent encore.

Philippe semble n'avoir pas tiré de ce grand succès tous leii résultats qu'il pouvait obtenir. Il n'acquit aucune terre nott» velle ; la Flanàre resta à la femme de Ferrand , le comté de Boulogne, à la fille de Renaud, et Jean d'Angleterre acheta une trêve qui lui laissa la Saintonge et la Guyenne. Mius Philippe avait repoussé une invasion formidable, fait fttf devant lui un empereur et un roi, déjoué les mauvais ûeth 4seins de plusieurs grands vassaux, enfin donné à la dynastH capétienne le baptême de gloire qui jusqu'alors lui ava8 manqué, et révélé la France à elle-même. Ce triomphe, Ipi effet, fit éclater dans le pays quelque chose que l'on ne: "^" naissait pas , l'esprit national , le patriotisme : sentis ble encore, malgré l'explosion de la joie publique, et (i d'une fois paraîtra s'éteindre , mais pour reparaître â^ énergie victorieuse. 11 y a maintenant en France une et un roi,

Activité i^nerrière de la noblesse. — La no{ signala encore sous ce règne son activité guerrière piT^ entreprises : la quatrième croisade, qui changea Pempm en empire français, et la guerre contre les Albigeois, qldf tacha à la France les populations du midi. Philippe Hê prit part ni à l'une. ni à l'autre. Il laissa les nobles user leurs ressources et leur turbulence dans ces expéditions qui profltaieiit doublement à la France, par l'ordre qu'elles permettaient d^établir dans le royaume et par la gloire dont elles couvraient au loin son nom. c J'ai aux flancs, écrivait-il au pape qui le pressait de se croiser contre les Albigeois, deux grands et terribles lions, l'empereur Otton et le roi Jean; aussi ne puisje sortir de France. » Après Bouvines, pourtant, l'un et l'autre lui causèrent bien peu d'inquiétude.

4|nati>iènie eroisade (1202-1204). — La quatrième croisade , que le sénéchal du comté de Champagne, Villehardouin, fit et raconta, fut une entreprise particulière. Depuis le mauvais succès de la troisième croisade , on oubliait Jérusalem , et, au lieu de ces pieuses expéditions , on ne voyait dans le monde chrétien que guerres entre les rois et les peuples. L'Angleterre , l'Allemagne , la France , jadis unies

r comme le grand juge de paix du pays •, voyait Tautorité qu'il avait perdue peu à peu lui revenir ; bientôt elle lui reviendra avec une force qu'elle n'avait jamais eue.

Un des derniers actes de Louis fit grand bruit et montra bien ce caractère nouveau de la royauté. Thomas de Marie avait recommencé ses brigandages.il tenait dans ses prisons une troupe de marchands qu'il avait dépouillés sur le grand chemin, malgré un sauf-conduit du roi, et il voulait leur arracher encore une rançon. Il se croyait sûr de l'impunité derrière les remparts de son château de Goucy, une des plus fortes places qu^il y eût au nord de la Seine. Le roi cependant conduisit ses troupes au pied de ces murs qui passaient pour imprenables. Thomas sortit de la place pour tendre une embuscade; mais il fut blessé, pris et porté à Laon, où il mourut. Sa mort fut comme une délivrance pour tout le pays.

Trois papes en France. — La querelle des investitures, c'est-à-dire la rivalité du Saint-Siège et de l'Empire, commencée avec Grégoire VII, n'était pas finie, et les papes, chassés de Rome par les armes ou les intrigues de Temperear, cherchaient en France un refuge et des secours. GélasB II y vint mourir. Calixte II y fut élu, et réunit à Reims, en 1119, pour terminer ce grand débat, un concile auquel assistèrent 15 archevêques, plus de 200 évoques et autant d'abbés. Cette assemblée promulgua plusieurs canons contre les simoniaques et tous ceux qui exigeaient un salaire pour les baptêmes et les sépultures. On y prohiba encore le mariage des clercs : la trêve de Dieu fut confirmée, et la licence des mœurs de plusieurs princes condamnée. Trois ans après, les négociations commencées par Calixte II à Reims avec l'empereur aboutirent au concordat de Worms, le premier de ces difûciles traités de paix qui ont réglé les rapports des deux l^nissances temporelle et spirituelle.

En 1130, une double élection eut lieu à Rome. Innocent II, forcé de laisser cette ville à son compétiteur, se réfugia en France. Louis le Gros réunit à Ëtampes un concile qui examina les prétentions des deux adversaires et se déclara, sur ^a proposition de saint Bernard, pour Innocent IL L'année suivante, ce pontife tint un nouveau concile à Reims, auquel assistèrent 13 archevêques et 263 évoques. Il y sacra roi le jeune fils de Louis le Gros. La France devenait donc l'asile des pontifes et le lieu où se. traitaient les grandes affaires de

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Zara en Dalmatie. Ils y .consentirent (1202), Ce preâiitr compte ainsi réglé, on put partir. Mais où aller? Les ôdMCi des deux dernières croisades montraient qu'il fallait avoir tft point d'appui pour opérer sûrement en Palestine ; et ce- poU d'appui devait être l'Egypte ou l'empire grec. Les Vénitieii persuadèrent à leurs alliés, que les clefs de Jérusalem étaifÉl au Caire ou à Constantinople. Il y avait du vrai dans cefi» pensée, mais il y avait surtout un intérêt commercial. Lt' possession du Caire donnait aux marchands de Venise lt route de l'Inde, celle de Constantinople leur assurait lecoiftmerce de la mer Noire et tout l'Archipel. On se décida pow Constantinople, où un jeune prince grec, Alexis, s'offrit à lei conduire, à condition qu'ils rétabliraient sur le trône soû père Isaac l'Ange, qui en avait été précipité (1203).

Quand les Français^ arrivés en vue de Constantinople, aperçurent ses hauts murs, ses églises innombrables qui étincelaient au soleil avec leurs dômes dorés, et quef leurs regards se furent promenés, dit Villehardouin, c et de long et d0 large sur cette ville qui de toutes les autres était souvermntfi sachez qu'il n'y eut si hardi à qui le cœur ne frémit... i chacun regardait ses armes, que bientôt en auront besoin.'* Sur le rivage s'alignait une magnifique armée de 60 000 hooii* mes. Les croisés comptaient sur une bataille terrible. Des barques ijs co^îl^jsirent à terre tout armés. Avant même ds toucheras plage|^Vtës chevaliers sortent des vaisseaux èl saillent en la mer jusqu'à la ceinture, tout armés, les hommes lacés, les glaives es M^% Çi^i2§.^ÏÏiêt5^^^®^®» ®' ^®* bons sergents, et les bons^ftlaïçSmlEî^Tos Grecs firent mult grand semblant de les arrêter. Et quand ce vint aui lances baisser, les Grecs leur tournent le dos et s'en vont fuyant et leur laissant le rivage. Et sachez que oncques plus orgueilleusement nul pas ne fut pris. » Le 18 juillet 1203, la ville fut emportée d'assaut, et le vieil empereur, tiré de son cachot, fut rétabli sur le trône. Alexis avait fait aux croisés les plus brillantes promesses ; pour les tenir, il mit 4$ ^nodrr veaux impôts et exaspéra si bien ce peuple déjûlé7 i^P ^'^ étrangla son empereur, en fît un autre, Murtzuphle, et ferma les portes de la ville. Les croisés l'attaquèrent aussitôt. Trois jours leur suffirent pour y entrer (mars 1204) ; cette fois il» la mirent à sac. Tout un quartier, une lieue carrée de ter-» rain, fut brûlé. Que de chefs-d'œuvre alors périrent 1 ^xN"

Poudatlon d'iiu empire français à Constantimoplr

PHILIPPE AUGUSTE ET LOUIS Vlli (1180-1226). 319

[1204-1261). — Constantinople prise, on se partagea l'empire. Baudouin IV, comte de Flandre, fut élu empereur. Boûiface, marquis de Monferrat, fui fait roi de Macédoine ; Villehardouin maréchal de Romanie, et son neveu prince dÂchaïe. Il y eut des ducs d'Athènes et de NazoSy'des comtes de Céphalonie, un sire de Thèbes, de Corinthe. Venise garda un quartier de Constantinople, avec tous les ports de l'empire et toutes les îles. C'était une nouvelle France qui s'élevait avec ses mœurs féodales à Textrémité de TËurope. Mais ces croisés étaient trop peu nombreux pour garder longtemps leur conquête. En 1261, Tempire latin s^écroula. Cependant, jusqu'à la fin du moyen âge et aux conquêtes des Turcs, il subsista, dans certaines portions de la Grèce, un reste de ces principautés féodales si étrangement établies par ^

les Français du treizième siècle sur le vieux sol de MiltiadeC. .* ' et de Léonidas. . 5 '

€roUaile contre le» Albif^eoU (1208). — La croisade contre les Albigeois fut plus directement profitable que celle (le Constantinople. Le midi de la France s'était depuis longtemps séparé du Nord. On a vu ses tentatives pour se constituer à part au temps de Dagobert, Charles Martel, Pépin, Charlemagne, Charles le Chauve et Hugues Capet. Il avait une autre langue, d'autres mœurs. Le commerce y avait , , amené Taisance parmi les bourgeois, le luxe parmi Jes sei- ' ^ tueurs; et les uns et les autres, réunis sans jalousie ni haine •.' «ians les charges municipales, donnaient là paix au pays. Mais,(lans ces riches cités, dans ces cours brillantes qu'aniitiaieQt les chants des troubadours, les doctrines religieuses • laient aussi légèrement traitées que les mœurs. L'hérésie perçait de toutes parts. Le pape Innocent III organisa contre elle l'inquisition, tribunal chargé de rechercher et de juger j ' les hérétiques, en s'aidant de la torture ; ce tribunal a immolé ^Â '* d'innombrables victimes humaines sans réussir à tuer l'hérésie, parce que le bûcher est le pire mj&en de faire triom-<^>^/ » *' pber la vérité. \n^y^ ((liluh / ^

Cependant l'inquisition ayant elle-même ^çhûue^ le pape fît prêcher une croisade. Les chevaliers du nord de la France, grossiers et barbares à côté de ceux du midi, saisirent l'occasion de se venger d'une supériorité odieuse. Ils s'enrôle- ^ rent eh foule dans l'espoir de piller les riches cités dont on leur avait dit tant de merveilles. Un comte des environs de Paris, Simon de Montfort, était leur chef. La guerre fut sans

mait sans relâche. Les femmes portèrent par mariage le fiefs de maison en maison, jusqu'à ce qu^ils arriYasseot pour la plupart, dans celle de France qui durait toujours tandis que les autres s'éteignaient. Cette fois, la dot d'Éléo nore était la plus belle qu'eût encore reçue un de nos rois Ce n'était pas moins que la moitié de la France méridionale Malheureusement Louis VII ne 1^^ conserva pas.

Contlnvation de la politique de lioate le ^rw (1137-1149]. — Louis le Jeune continua la politique d< son père. « Les églises d'Angoulème, de Gluny, de Glermont du Puy, de Vézelay, ayant imploré sa protection, dit Suger il les couvrit du bouclier de sa protection, et saisit pour le^ défendre la verge du châtiment. » Un comte de Gh^ons, un sire de Montjai , d'autres encore furent dépouillés de leurs fiefs à cause de leurs violences. Une guerre contre le comte de Ghampagne eut une autre cause et plus de' conséquence. Le pape avait nommé son propre neveu à l'archevêché de Bourges, sans tenir compte du droit royal de présentation. Louis chassa de son siège le nouveau prélat, à qui le comte de Ghampagne donna asile. Le roi avait contre ce seigneur un ancien grief. Dans une tentative qu'il avait faite pour mettre la main sur Toulouse, le comte de Champagne lui avait refusé ses services. Louis le Jeune saisit l'occasion d'humilier ce vassal peu docile : il entra en armes sur ses terres, les ravagea et y brûla la petite ville de Vitry. Treize! cents personnes réfugiées dans l'église périrent dans l'incendie.

lia seconde croisade (1147). — C'était là un événement qui n'était que trop ordinaire; mais il pesa sur la conscience du roi, et, pour l'expier, Louis prit la croix. Son père avait dû en partie ses succès à cette circonstance que les plus riches seigneurs avaient épuisé toutes leurs ressources pour aller à Jérusalem, et que beaucoup n'en étaient point revenus. C'était donc une faute de renoncer à ce système. Mais aucun roi n^avait pris part à la première croisade ; leur réputation, leur piété en souffraient. L'empereur d'Allemagne voulait cette fois partir; le roi de France ne pouvait rester en arrière et abandonner ee royaume, fondé par des Français aux bords du Jourdain, oi!i la discorde, la corruption, s'étaient glissées, et qui déjà penchait vers la ruine, sous le poids des maux intârieurs et des attaques du dehors.

Les Atabecks d*Alep venaient d'enlever Édesse en y massa-

science, comme les troubadours appelaient la poésie, ne pouvait chanter sur tant de ruines sanglantes.

Dans leur misère, les gens de la langue d'oc se souvin rent du roi de France. Montpellier se donna à lui, et Philippe envoya son fils Louis leur montrer la bannière de France. Louis y retourna après la mort de Siïnon de Montfort, tué devant Toulouse, et le fils du Comte, Amaurj' de Montfort, offrit au roi de lui céder les conquêtes de son père, qu'il ne pouvait plus défendre contre l'universelle réproba-

Ruines da ch&tean de Montfort*.

tîon de ses nouveaux sujets. Philippe, alors sur le bord de la tombe, repoussa cette offre, qui fut acceptée cinq ans plus tard. Expédition d'Augrle terre (1216). — - En rentrant vaincu, humilié, dans son île, après la bataille de Bouvinesi Jean y avait trouvé ses barons soulevés. Toute l'Angleterre était en armes : nobles et bourgeois, clercs et laïques, don-

pays situés entre la Somme et la Loire. Ce dernier flenve séparait à p«a près les pays où oui se disait oïl de ceux où il se disait oc^ la langue a oïl de la langue d'oc.

1. Ces ruines consistent en deux tours, dont l'une est du seizièma »iècle.

nant à TËurope féodale le grand exemple de leur union, for* cèrent le roi à signer la grande charte des libertés anglaises (1215). Jean^ recourut au pape Innocent III, qui, de son autorité, déclara la grande charte non avenue et releva le roi de ses serments. Jean commença, aussitôt la guerre contre ses barons qui appelèrent à Taide le fils de Philippe Auguste, Louis, neveu de Jean par sa femme Blanche de Castille.^ Innocent III menaça Philippe Auguste deTexcommunication, et le roi feignit de vouloir arrêter son fils. Mais Louis lui répondit : « Sire, je suis votre homme-lige pour les terres que vous m'avez baillées en France, mais point ne vous appartient de décider du sort du royaume d'Angleterre. » Louis continua donc son entreprise, et, le 30 mai 1216, débarqua en Angleterre, malgré une excommunication du pape. Cette sentence, dont PefiTet, à force d'être répété, commençait à s'affaiblir, n'eût point empêché le prince français de réussir sans la mort du roi Jean. Celui-ci laissait pour successeur .^ ' un enfant, Henri III. Les barons comprirent que mieux valait iV '''^^'*' pour leur cause ce roi enfant qu'un prince étranger peu disposé sans doute à respecter, après la victoire, leurs privilèges, et qui serait au besoin aidé des forces de la France. Louis fut donc peu à peu abandonné et contraint de revenir en France en 1217.

Aaialnlatratlon intérienre. — Sous Philippe Auguste, Paris fut embelli, pavé et ceiïit d'une muraille, formée d'un a' . mur de 8 pieds d'éjaisseur, flanquée de 500 tours, percée de l !' t * • 13 portes et défendue par un fossé. Elle commençait sur la rive droite de la Seine, un peu au-dessus de l'emplacement actuel du pont des Arts. La porte Saint-Honoré se trouvait dans la rue. de "ce nom, à la hauteur du temple de l'Oratoire. L'enceinte allait au nord jusqu'à la porte Saint-Denis et ' finissait au quai des Célestins, à la hauteur du lycée Gharle- ^ / . * magne ; au sud elle commençait à la Tournelle efremontait ^ * par les rues des Fossés-Saint-Bernard et Saint-Victor, aux portes Saint-Jacques et Saint-Michel, et allait gagner, par le carrefour Buci,la tour de Nesle, sur l'emplacement du palais Mazarin.

La ville fut dotée de halles et surveillée par une meilleure police ; les travaux de la cathédrale de Notre-Dame furent conduits activement * ; le Louvre fut commencé ; l'Université

1. La nef, le ehœar, la façade principale si majestueuse et si imposante furent élevés sous le règne de Philippe Auguste.

' de Paris ' constituée avec de grands privilèges, et les archives furent fondées.

Ainsi Philippe Auguste avait glorieusement rempli son rè^ gne de quarante-trois ans : le domaine royal doublé par Tac- J quisition du Vermandois, de FAmiénois, de TArtois, de M Normandie, du Maine, de PAnjou, de la Touraine, du PoitouJ et d'une partie de l'Auvergne ; les soixante-treize préy.Otéal dont il se composait en 1223, placées sous la surveillancol des baiUis ; la féodalité attaquée dans un de ses plus ruineux ]

Paris sous^ Philippe Auguste.

privilèges, le droit de guerre privée, par rétablissement de la Quarantaine le roy*; Tautorité de la cour des pairs consacré par le mémorable exemple de la condamnation du roi

1. Elle s'appelait l'Étude de Paris, et ne prit le nom d'Université qae vers 1250. En 1181, le pape Alexandre IV chargea un cardinal et les archevêques de Rouen et de Reims de dresser les règlements qui lui furent donnés. Les élèves et les professeurs de l'Université de Paris n'étaient justiciables que du tribunal ecclésiastique.

2. C'était une trêve forcée de 40 jours entre le meurtre commis ou llojure reçue, et la vengeance qa'en tiraient les offensés. Dans l'intervalle,

es passions s'apaisaient, le roi pouvait intervenir et iustice être faite.

Cette ordonnance est aussi attribué^ à saint Louis, gui la ronouvela et la fit exécuter sévèrement, s'il ne la publia pas le premier.

Notre-Damç de Paris,

326 PHILIPPE AUGUSTE ET LOUIS VIII (ll80-!226).

d'Angleterre; enfin la royauté apparaissant de nouyeau comme pouvoir législa^teur, et les ordonnances reprenant le caractère de généralité pour tout l'État, qu'elles n'avaient plus depuis les derniers capitulaires de Charles le Simple : tels sont les résultats qui ont mérité à Philippe Auguste la reconnaissance de la postérité. Il avait mis la royauté hors de tutelle, au grand profit de l'ordre, de l'industrie, du commerce, qu'il encouragea, c'est-à-dire au profit d'elle-même et du peuple.

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Porte Saint-Honoré.

Belations de Philippe avec la covr de Boiae. — Ce

prince avait cependant engiouru les censures de Rome. Il avait épousé en secondes noces Ingehurge de Danemark (1193); mais, le lendemain même du mariage, il la répudia. Un concile d'évêques prononça la nullité de cette union, et Philippe épousa aussitôt Agnès de Méranie. Il y avait là un grand scandale. Un homme, parce qu'il était roi, se jouait de l'honneur d'une femme, d'une pauvre étrangère, sans défenseur. Philippe crut tout terminé par la sentence des évêques. Mais Ingeburge en appela au pape, et Innocent III prit en main,

PHILIPPE AUGUSTE ET LOUIS VlU (1180-1226). 32?

au nom ée la morale et de la religion outragées, la cause de celle que tous abandonnaient. Philippe résista. Le pape laiiça rinlerdit sur son royaume. Alors partout les ofOces cesse* rent; les peuples fi^^ntsans prières, sans consolations. En yain le roi chassa de leurs sièges les évéques qui observaient / ^ ^ . rinterdit, il dut plier devant le mécontentement universel ^ qui menaçait sa couronne : il renvoya Agnès de Méranie , qui mourut de douleur, et reprit Ingeburge en 1213. Un de ces grands exemples que le christianisme seul a donnés avait donc été de nouveau offert aux peuples.

Philippe céda, et eut raison ; dans une autre circonstance , il résista, et eut raison encore. C'était en 1203. Il envahis- ^ sait les fiefs que Jean avait perdus par sa félonie. Innocent IH le menaça des anathèmes de TÉglise s'il allait plus avant. Philippe s'assura du concours de ses grands vassaux et se fit donner par écrit l'engagement qu'ils prirent de le soutenir dans cette cause envers et contre tous , môme contre le seigneur pape , puis continua son entreprise.

Dans ces deux circonstances , le pape et le roi font tour à tour appel à l'opinion publique et au bon droit : l'un en intéressant le peuple à la cause de la moralité , l'autre en intéressant les barons aux légitimes prérogatives de la couronne.

C'est un progrès , et on voit que nous commençons à sortir des temps où la force seule régnait.

Iioai« ^III (lS23-122e.) lia France du midi rame^ ■ée M»ii« l'autorité da roi, — Philippe Auguste était mort à Mantes, le Ik juillet 1223, âgé seulement de 59 ans. Le règne de son fils n'était que la continuation du sien. Louis VI 11 avait été un instant, du vivant de son père, proclamé roi dans Londres , par les barons anglais révoltés , et deux fois il s'était croisé contre les Albigeois. Devenu roi de France, il poursuivit ces deux guerres. Sur les Anglais, il conquit ce que Phillippe Auguste n'avait pas pris du Poitou, TAunis , la Rochelle, Limoges, Périgueux ; dans la langue d'oc, il alla prendre Avignon. Le pays, depuis Je Rhône jusqu'à quatre lieues de Toulouse , lui fit soumission ; et il mit des sénéchaux et des baillis à Beaucaire , à Carcassonne et à Béziers. Ainsi, tout le midi, à l'ouest du Rhône, moins la Guyenne et Toulouse, reconnaissait Tautoritô royale. Il n'y avait plus deux Frances ; l'œuvre de l'unité territoriale avançait.

Louis VIII mourut au retour de cette expédition, à l'âge de 39 ans , au château de Montpensier en Auvergne. 11 donna

328 SAINT LOUIS (1226.1270).y,^^y^:O/n f^

par son testament 400 sous^à^^cune des 200 féproseries de France et 20000/1îv/es''aux*200liôtete-Dieu. Il avait en 1224 affranchi tous !es serfs du fief d'Étampes. Ces affranchissements se multiplieront jusqu'à Louis X, qui autoriser? toi)6 les serfs du domaine royal à se racheter. ^ ^

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