Le reste de la Flandre parle un dialecte germanique
2. Les bulles de^ pontifes soiit désignées par leurs premiers mots.
3. Droit reconnu au roi de percevoir les revenus des ^g|||es dopt il était eoEititiié le gardien entre li mort 4n dernier titulaire et la consécri^tion dQ s^p successeï}!;
n'avaient alors une idée bien nette des limites de Tautorilé temporelle du premier et de l'autorité spirituelle du second. Toute mauvaise action étant un péché, le pontife se croyait en droit de juger et de punir par les foudres de TÉglise les actes répréhensibles du prince, et le prince, de son côté, guidé par les légistes qui, suivant Pesprit du droit romain, reconnaissaient au roi un pouvoir absolu, se croyait le droit d'intervenir dans l'administration des églises, et voulait que les évoques, comme le reste de ses sujets, fussent soumis à ses officiers et à ses tribunaux. Ces prétentions contraires amenèrent une querelle déplorable. - Philippe déclara, dans une cour plénière, qu'il renierait ses enfants pour ses héritiers s'ils s'abaissaient à reconnaître au-dessus d'eux une autre puissance que celle de Dieu dans les affaires temporelles. Le 11 février 1302, il fit brûler publiquement la bulle du pontife, et, pour mettre dans ce grand débat la nation de son côté, il appela autour de lui les députés des états généraux divisés en trois ordres : le clergé, la noblesse et la bourgeoisie, ou tiers état (10 avril 1302). « A vous, très-noble prince, disaient les députés du tiers, à vous notre sire Philippe, supplie et requiert le peuple de vostre royaume que vous gardiez la souvei'aine franchise de cet État qui est telle que vous ne recognoissiez, de votre temporel, souverain en terre, fors que Dieu. » Ainsi, la première parole qu'ait prononcée le peuple en France a été un cri d'indépendance nationale. Le roi convoqua encore l'année suivante les états généraux; et se confiant au ferme appui qu'il trouva dans ces représentants du pays, il poursuivit la lutte à outrance. Le pape menacé d'un concile général, devant lequel Philippe se proposait de le traduire, prépara de son côté une bulle prononçant la déposition du roi. Celui-ci le prévint. Un de ses agents, Guillaume de Nogaret, dont le grand-père ayait été brûlé comme Albigeois, vint en Italie. 11 s'entendit avec Sciarra Colon na, noble romain et mortel ennemi du pape. Boniface était alors dans sa ville natale d'Anagni. A force d'argent, Nogaret gagna le chef des milices d'Anagni, et un matin entra dans la place avec 400 hommes d'armes et quelques centaines de fantassins. Au bruit qu'ils firent dans la ville, au cri de : a Mort au pape! vive le roi de France! » Boniface crut sa dernière heure venue. Mais retrouvant, malgré sa vieillesse (il avait 86 ans), une énergie peu communs, il se revêtit de ses habits pontificaux, s'assit sur son trône,
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la tiare en tête, tenant la croix d'une main, les clefs de saint Pierre de Tautre, et il attendit ainsi les meurtriers. Ceux-ci le sommèrent d'abdiquer. « Voilà mon cou , voilà ma tète , répondit-il ; trahi comme Jésus-Christ , s'il me faut mourir comme lui, du moins je mourrai pape.» Sciarra Golonna rarracha de son trône, le frappa de son gantelet au visage, et Peut tué, si Nogaret ne Peut empêché, c 0 toi, disait le petit-fils de TAlbigeois, 6 toi, chétif pape, considère et re- r , garde la bonté de mon seigneur le roi de France, qui, si loin ^-^ que soit de toi son royaume, par moi te garde et te défen(^» [Chronique de Saint-Denis). I f l^*
■ort de BonIfAce TIII (1804)1 élection de CléW ■eut \ (1806}. — Cependant Nogaret hésita à tratner le Tieillard hors d'Anagni. Il laissa le temps au peuple de re- Tenir de sa stupeur. Les bourgeois s'armèrent, les paysans accoururent et les Français furent chassés de la ville. Le pape, craignant qu'on ne mêlât du poison à ses aliments, était resté trois jours sans manger. Peu de temps après, il mourut de honte et de colère des indignes afironts qu'il avait s^ubis. Son successeur, Benoit XI, voulut le venger en excommuniant Nogaret, Colonna et tous ceux qui les avaient aidés. L'excommunication remontait ainsi jusqu'au roi. Un mois après la publication de la bulle, Benott XI mourut peutêtre empoisonné. Cette fois, Philippe prit ses mesures pour se rendre maître de l'élection du nouveau pontife. Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux, fut désigné quand il eut promis au roi de complaire à ses désirs. Le nouveau pape, qui prit le nom de Clément V, se fit sacrer à Lyon, et abandonnant Rome, vint se fixer, en 1308, à Avignon, possession da saint-siége au delà des Alpes, mais il se trouvait sous la main et à la disposition du roi de France. Ses successeurs y restèrent jusqu'en 1376. On a appelé le séjour des papes à Avignon, qui ébranla l'Église, la captivité de Babylone. ) Condamnation des Templiers (130 7-). — Villani rav" conte une scène lugubre, cette sinistre entrevue du pape et J du roi dans la forêt de Saint-Jean-d'Angély, où l'un vendit ï la Ji^, où l'autre l'acheta. L'entrevue n'eut pas lieu, mais des conditions furent certainement faites et acceptées. Une d'elles n'était pas moins que la destruction de l'Ordre militaire des Templiers. Les richesses de ces moines guerriers, maintenant inutiles, puisqu'ils ne les dépensaient plus en armements contre les infidèles, avaient tenté l'avidité du
roi, toujours 'à court d'argent, et leur puissance offusquait son despotisme. Ils étaient 15 000 chevaliers, avec ùnomulïïtude infinie de frères servants et d'affiliés, c'est-à-dire que, réunis, ils pouvaient défier toutes les armées royales de l'Europe. Us possédaient dans la chrétienté plus de 10 000 mdh noirs, nombre de forteresses, entre autres celle du Temple, à vH^^' Paris, où Philippe avait trouvé un sûr asile dans une émeute *- \ ^^ qui avait vainement grondé autour de ces épaisses murailles. Dans le trésor de l'Ordre, il y avait 150 000 florins d'or, en ne comptant ni l'argent ni les vases précieux. Une forte organisation qui tenait les chevaliers sous la;nain du grand maître, rendait ce corps plus redoutable encore que sa valeur et ses richesses. On ne savait ce qui se passait dans ses Maisons. Tout y était secret ; jamais œil profane n'en avait pénétré les mystères. Mais de vagues rumeurs parlaient d'orgies, de scandales, d'impiétés. Des chevaliers avaient disparu, parce que, disait-on, ils avaient menacé de révélations compromettantes. Leur orgueil irritait le peuple, et on leur imputait des crimes odieux. Us n'étaient coupables que d'un grand relâchement de mœurs, et leurs cérémonies religieuses s'étaient probablement mêlées, en Orient, d'alli»geimpur et de coutumes bizarres., [j^; ^^ ^ t ^f^^'^f^Wy
Le 14 septembre 1307, tous les sénéchaux et baillis du royaume reçurent l'avis de se tenir prêts et en armes pour le 12 octobre ; on leur remit en même temps des lettres closes , qu'ils ne devaient ouvrir sous peine de la vie que dans la nuit du 12 au 13 octobre. Les chevaliers surpris n'eurent le temps ni de résister ni de se concerter. La torture leur arracha des aveux qu'elle arrache toujours. Philippe vbulut associer la naïîôn à ce grand procès, comme il l'avait associée à son différend avec Boniface VIII. Les états généraux s'assemblèrent à Tours; les accusations, les aveux, furent produits devant eux; et les députés prononcèrent que les chevaliers étaient dignes de mort. Des conciles provinciaux les condamnèrent. Celui de Paris fit brûler à petit feu, en un jour, au faubourg Saint-Antoine, cinquante-quatre Templiers qui avaient retracté ce qu'on leur avait fait confesser dans les tourments. Neuf furent brûlés à Senlis. U y eut certainement d'autres exécutions. Le pape prononça au concile de Vienne la dissolution de l'Ordre dans toute la chrétienté. Ses grands biens durent être remis aux hospitaliers (chevaliers de Rhodes). Mais le fisc royal ne lâcha pas aisément ce qu'il
/ tenait. Tout l'argent trouvé dans la maison du Tempk, les -(deux tiers des biens meubles et des dettes actives avec un nombre considérable fe^^ÏÏomaines restèrent aux mains du roi. En Italie, en Angleterre, en Espagne, en Allemagne, l'Ordre du Temple fut aboli et ses biens en partie confisqués par les princes. Mais il n'y eut de supplices qu'en France.
Hérésies. — Ce môme concile de Vienne cond^unna plusieurs erreurs nées au sein de l'Ordre des Franciscains, celle des spirituels, qui regardaient presque saint François comme une nouvelle incarnation de Jésus; celle des béguins ou 6eguards, qui affranchissaient l'homme, parfait selon eux, de l'observation de toute loi humaine ; celle enfin des fraiictUi, qui abolissaient la propriété et déclaraient que tout devait "^ être en commun, la famille comme les biens. On voit que > ces doctrines sauvages sont bien vieilles. En 1313, une bé- ^ guîne fut brûlée en place de Grève. ^
Uernièrrs années de Philippe le Bel. — Les dernières années de ce règne furent plus sombres encore que les commencements. Depuis plus de six ans les grands dignitaires de l'Ordre du Temp^ semblaient oubliés dans leurs cachots. En 1313, ils en furent tirés, comparurent devant une commission pontificale et furent condamnés à être renfermés jusqu'à la fin de leurs jours. Mais le grand maître, Jacques Molay et un autre dignitaire revinrent à ce moment sur leurs ' aveux, au grand effroi de la commission, qui croyait avoir ' enfin terminé cette*horrible affaire. Pendant qu'elle s'ajourne pour délibérer, Philippe fait enlever les deux Templiers. On construit à la hâte un bûcher à l'endroit où est aujourd'hui la statue de Henri IV, sur le terre-plein du Pont-Neuf, et les deux victimes y sont brûlées (11 mars 1314). Une légende populaire se forma sur cette mort : le bruit courut que le grand maître, du haut de son bûcher, avait ajourné ses bourreaux à comparaître avec lui devant Dieu, le pape dans quatre mois, le roi dans un an.
' Au sein même de la famille du roi, de sanglantes tragédies se passèrent. Ses trois brus, accusées de scandaleux déportements, qui ont donné naissance à la sombre légende de la tour de Nesle, furent arrêtées et mises en étroite réclusion. Une d'elles, Marguerite de Bourgogne, enfermée au château Gaillard, y périt plus tard étranglée ; une autre mourut de désespoir; la troisième fut reprise par son mari. Leurs complices, Philippe et Gaultier d'Aulnay, furent écychés vifs en
place de Grève, beaucoup d'autres nobles ou non nobles furent torturés, cousus dans des sacs, et jetés à la rivière.
Cependant la baine publique augmentait contre ce gouvernement faux monnayeur qui défendait c sous peine de corps et d'avoir' » d'importer des espèces étrangères, par crainte de la comparaison, ou dVssayer les monnaies du roi pour qu'on ne pût savoir au juste, en reconnaissant ralliage, ce qu'elles • valaient. Et comme ces mutations de monnaies ne suffisaient pas, il levait des dîmes sur le clergé sous prétexte d'une croisade, des aides sur ses vassaux pour la réception de ses fils comme chevaliers et pour le mariage de sa fille avec le roi d'Angleterre; enfin des impôts non consentis, ou mali6tes, mis arbitrairement sur tout le monde. L'irritation publique se traduisait en murmures, et les murmures amenaient des supplices. L'oppression générale faillit causer une insurrection, quand Philippe eut établi un nouvel impôt sur la vente de toutes les marchandises. On vit un commencement d'union entre les nobles et les bourgeois, comme la ligue qui, en Angleterre, avait fondé les libertés publiques et imposé à Jean sans Terre la Grande Charte. Philippe, cette fois, recula. 11 abandonna l'impôt, appela à Paris les députés de quarante bonnes villes pour conférer avec lui, et leur promit de ne plus faire que de bonnes monnaies.
Mais cet homme sinistre, ce roi, le plus dur qu'eût encore eu la France, bien qu'arrivé seulement à l'âge de quarantesix ans, était déjà au terme de ses joura II expira le 29 novembre 1314. Je note en passant qu'il se fit traduire par Jean de Meung, la Consolation philosophique de Boèce. Y avait-il dans ce cœur si dur quelque fibre que nous ne connaissons pas?
Aeqvlsiiloiia ée territoires. — Sous ce règne le domaine fit d'importantes acquisitions, dont quelques-unes malheureusement ne furent pas durables : les comtés de la Marche, de l'Angoumois, de Champagne, de Franche-Comté et de Lectoure, une partie de la Flandre [Lille, Douai et Orchises), le Quercy, la grande ville de Lyon et une partie de Montpellier. Le comte de Bar avait été contraint de faire hommage à la couronne de France pour toutes ses terres situées à l'ouest de la Meuse.
I« Parleatent. — Les vassaux devaient servir leur seigneur, en sa cour, par conseil et par justice. La cour féodale du roi avait ces deux caractères. Le roi y demandait à ses ba-
rons des avis et des sentences. Avec les progrès de la royauté s^accrurent les fonctions de la cour du roi. Il fallut faire un partage, il y eut la cour politique ou grand conseil, et la cour judiciaire ou parlement. Sous saint Louis, le caractère du paWement n'était pas encore nettement dessiné. Philippe le Bel précisa son organisation. Il voulut qu'il se réunit à Paris deux fois Tan, pendant deux mois, dans le palais de la Cité, qui prit plus tard le nom de Palais de Justice (1302). Cette cour souveraine de justice, qui prétendit exercer sa juridiction sur tout le royaume, allait être le grand instrument qu'emploieront les rois pour amener la France entière sous leur autorité absolue. 11 établit aussi deux échiquiers à Rouen et deux grands jours * à Troyes ; mais en faisant présider qes cours provinciales par des commissaires choisis dans le parlement. LUnstitution du ministère public ou de magistrats chargés de défendre dans toutes les causes les droits du roi et de la société paraît remonter à Philippe le Bel.
Chambre des Comptes. — Gomme il avait tiré le parlement du sein du Grand Conseil ou cour du roi, il tira du parlement la Chambre des Comptes, qui d'abord en fit partie, et plus tard s'en sépara. Alors il y eut trois grands corps pour la haute administration du pays : Tun judiciaire, le Parlefi(ient, Tautre financier, la Chambre des Comptes; le tr<d^èilie politique, le Grand Conseil.
Ordonnances de Philippe IV. — Les nombreifiiel^#^ donnances qu'on a conservées de Philippe le Bel protfMit son activité pour organiser la nouvelle administration (ft^ la royauté devait au pays, puisqu'elle avait substitué son tsttàcfn à celle des seigneurs féodaux. Si ces lois sont souvent empreintes d'un esprit despotique et fiscal, quelques-unes montrent un véritable esprit de gouvernement. Une de ces ordonnances interdisait les guerres privées et les duels judiciaires pendant les guerres du roi : c'était désarmer la féodalité. Une autre, en 1312, défendit aux seigneur3 défaire de la monnaie, et l'année suivante, les députés des villes demandèrent au roi que cette défense fût continuée pendant onze ans. 11 fut dé-
1. L'échiqaier de Rouen était Pancienne cour féodale des ducs de Normandie, qui siégeait alternativement à Rouen, à Falaise et à Caen. Philippe le Bel le fit présider par des magistrats royaux, et le fixa à Rouen, où il dut se réunir deux fois Tan à Pâques et a la Saint-Micbel. De là 1 expression deux échiquiera. Les grand» jour» étaient présidés par une commission judiciaire envoyée par le roi : mais c'était encore u&o institution locale qui existait déjà, comme réchiqaier de Roaeo.