ET GOUYSRNBMENT DB CHARLES VII
Jean de la Roehe, se mireai à la lèle de la rébellion. C'était une insurreelion de toute la noblesse contre la royauté. Charles VU était à Poitiers» lorsqu'on lui apprit que le duo d'Alençon et Jean de la Roehe avaient surpris le château de Saint-If aixant, mais qa% ke bourgeois s'étaient réfugiés dans la tour de Tune des portes et s'y défendaient encore, c Vous souvimne du roi Ridiard II, lui dit Richement» qui s'enferma dans une place et se fit prendre. > A l'instant il monte achevai avec 400 Jances, et le soir même il entre dans Saint* Maizant par la porte que tenaient les bourgeois. Dans tout le Poitou les bourgeois se déclarent pour le roi, et les places tombent l'une après l'autre entre ses mains. Gela donna k penser aux rebelles, et les plus avisés, comme Dunois, se bâtèrent de conclure leur paix particulière. Ils trouvèrent autour du roi 4800 lances, 2000 hommes de trait et les « engins volants 3 de Je|n Bureau, sans qu'il eût été besoin de rappeler une seule <& garnisons qui tenaient tète aux Anglais en Normandie, et ils se mirent eux-mêmes k son service contre leurs associés de la veille. Dans le Bourbonnais, dans PAuvergne, comme dans le Poitou, la bourgeoisie fut pour le roi contre les seigneurs. Les états d'Auvergne, réunis à Clermont, déclarèrent qu'ils étaient corps et biens à ce roi protecteur du pauvre peuple contre les vexations des gens de guerre, et lui fournirent de l'argent. Les ducs de Bourbon, d'Alânçon et le dauphin virent bien qu'il fallait, non-seulement se soumettre, mais implorer leur grâce. Ils Tinrent trouver Chartes VII, s'agenouillèrent devant lui et \m demandèrent pardon. Charles se contenta de dire à son fils : « Louis, soyez le bienvenu : vous avez moult longuement demeuré^ allez vous reposer en votre hôtel pour aujourd'hui, et demain noua parlerons à vous. » Mais au duc de BouriK)n il dit : « Beau coUsin, il nous déplaît de la faute qiie maintenant et autrefois avez faite contre notre majesté par cinq fois : si ne fust point pour l'honneur et amour d'aucans, lesquels nous ne voulons point nommer, nous vous eussions montré le déplaisir que vous nous avez fait. Si vous gardez dorénavant de ne plus y renchoir (retomber). » Le lendemain, Bourbon et le dauphin supplièrent le roi de pardonner à leurs associés; Charles dit qu'il n'en ferait rien, ^ais que seulement il voulait bien leur permettre de retourneHsbez eux sans être tnoleetés. Alors le dauphin s'écria : <( Menseigneur, il faut donc que je m'en retourne, car ainsi
leur ai promis; » et le roi lui répondit : c Louis, les portes Yous sont ouvertes, et si elles ne vous sont assez grandes, je vous ferai abattre quinze ou vingt toises du mur pour passer où mieux vous semblera. Vous êtes mon fils, et ne tous pouvez obliger à quelque personne sans mon congé et consentement; mais, s^il vous plaît, vous en allez; car, au plaisir de Dieu, nous trouverons aucuns de notre sang qui nous aideront mieux à maintenir et à entretenir notre honneur et seigneurie que vous avez fait jusques à icy. > Le dauphin ne partit pas. (Monstrelet, t. VII, p. 82.]
Cette prompte soumission des révoltés, ce concert de h bourgeoisie et du pouvoir royal, furent» un avertissement pour Taristocratie tout entière. Le duc de Bourgogne, qui avait refusé tout secours aux insurgés, se tint pour averti comme les autres. Il fallait se renforcer contre une autorité si menaçante, se donner des alliés: Philippe le Bon négocia aussitôt la délivrance et paya en partie la rançon du duc Charles d'Orléans, prisonnier des Anglais depuis Azincourt, et le plus gracieux poète du quinzième siècle. Les Anglais ne le relâchèrent qu'au prix de 36000 livres steriing. Le duc de Bourgogne le reçut à bras ouverts, lui fît épouser sa nièce, lui conféra la Toison d'Or, adressa le collier du même ordre aux ducs de Bretagne et d*Alençon, puis envoya à Charles Vil une longue liste de griefs.
Le roi, pour prouver qu'il était prêt à tout événement, porta ses forces vers le nord et vint faire sentir sur la frontière la justice royale. Il prit et livra au prévôt le plus hardi des écorcheurs, le bâtard de Bourbon, qui, en dépit de sa naissance, fut cousu dans un sac et jeté à la rivière ; il força le comte de Saint-Pol à soumettre au parlement de Pans l'affaire de la succession de Ligny« Tout cela, sans ralentir un moment la guerre contre les Anglais, leur prenant Meaux et Pontoise au centre, Dieppe au nord, leur enlevant leurs alliés du midi, les comtes d'Albret, de Foix, d^Armagnac; les obligeant, ces Anglais si dédaigneux, à implorer, aux conférences d'Arras, une trêve de la France (Ikkk) et la main d'une princesse française, Mai^uerite d'Anjou, pour lenr jeune roi Henri VI ; mettant enfin à leurs portes un nouvel ennemi par le mariage du dauphin Louis avec Marguerite d'Ecosse, fille de Jacques l**.
lies éeovchenrs en SvIsm i bstelUe de ttalat- Jaeq»ee (14k4k«). — Charles n'avait accordé cette trêve aux An-