‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 76 sur 103 · ET GOUVBRNBMENT DE CHARLES VU · texte numérisé non relu

ET GOUVBRNBMENT DE CHARLES VU

glais que pour achever TœuTre commencée en 1439, la r^ forme du royaume, il fallait, ainsi que lui*mdme le disait plus tard, tirer du mauvais sang à ses soldats, envoyer les compagnies d'écorcheurs périr au loin, sinon en Espagne, comme autrefois sous Charles V, partout où on pourrait les conduire, en Suisse, en Lorraine; et puissent-elles, en périssant, rétablir le renom, alors si compromis, des armes françaises!

Deux demandes de secours arrivaient à la fois à Charles VII : Tune de Tempereur d'Allemagne, Frédéric III, contre les Suisses ; Tautre du duc de Lorraine, René, contre les Messins; Charles VU accorda Tune et Tautre.

La Suisse avait fondé et consolidé son indépendance visà-vis de TAutriche et de Tempire par trois batailles : Morgarten, Sempach et Naefels, où une poignée de paysans avaient héroïquement vaincu de grandes armées féodale<«. Notre noblesse de France était toujours prête à recommencer; mais la gentilhommerie allemande se montrait plus circonspecte, et les princes autrichiens étaient réduits à armer, par de misérables intrigues, les cantons helvétiques les uns contre les autres, puis à intervenir alors s'ils le pouvaient; cette fois, Frédéric III comptait faire intervenir pour lui les Armagnacs de Charles VIL

Charles VII s'était hâté de mettre en route, avec autant d'ordre que possible, cette armée dont il ne savait que faire, 14000 Français, 8000 Anglais, des Écossais, des Brabançons, des Espagnols, des Italiens, et pour commandant général, l'ancien chef de la praguerie, le dauphin Louis. Les terribles bandes arrivèrent, sans trop de confusion, jusqu'au Jura, et entrèrent en Suisse, en traversant la petite rivière de la Birse. Les Suisses qui alors assiégeaient Zurich, ne voulant pas lâcher prise, envoyèrent seulement 2000 des leurs reconnaître Tennemi. Ces braves gens ne se résignèrent pas à ne faire qu'une simple reconnaissance. Ils ignoraient à quelles forces ils avaient affaire. Un messager était bien venu à Bâle les avertir du nombre des Français, mais ils l'avaient tué, et, dans l'orgueil brutal que leur inspiraient leurs anciennes victoires, ils se jetèrent, tète baissée, sur le premier corps d'armée qu'ils rencontrèrent (U44). Leur bravoure ne les sauva pas. Après avoir fait une résistance désespérée dans un hôpital et derrière les murailles délabrées d'un jardin, ils y furent forcésT et péri-

rent jusqu*au dernier. Le dauphin prit tant d'estime poni des gens qui se battaient si bien, quHl n'alla pas plus loin, et fit un traité d'alliance avec les Suisses. Du reste, dans leurs pauvres montagnes, les écorcheurs ne trouvaient rien à prendre et beaucoup tournèrent vers l'Alsace et la Souabe.

Charles VU en Eiorrmtee. — Le roi s'était niis luimême à la tête de la seconde. expédition ; beaucoup de noblesse était accourue autour de lui, et déjà l'on parlait de revendiquer les anciens droits de la couronne de France sur les pays en deçà du Rhin. C'était trop tôt; avant de conquérir des terres étrangères, il fallait achever la conquête de la France. L'expédition ne réussit pas, les habitants de Metz ayant fait une héroïque résistance : mais le roi en rapporta l'hoinmage d'Épinal; en outre, il avait montré l'étendard de France dans la vallée de la Moselle; ses successeurs l'y planteront.

CTréfttioii d'ove «nitée permanente % eompag-ntet d'ordonnanee (1445.) i franea areliers fl448). — Ces deux expéditions avaient débarrassé le roi des aventuriers les plus mutins et assoupli les autres à un commencement de discipline; on pouvait enfin exécuter l'ordonnance d'Orléans. En 1445, l'armée fut réduite à 15 compagnies de 100 lances; pour chaque lance on comptait 6 personnes à gages, l'homme d'armes et son page, trois archers et uncoutillier, tous à cheval. Ils furent mis en garnison dans les villes, les plus grandes n'ayant que 20 ou 30 lances ; de cette façon, les bourgeois restaient plus forts que le soldat et en état de réprimer le désordre s'il avait lieu. L'empressement pour entrer dans ces corps fut si grand que plusieurs vieux routiers consentirent à se mettre à la suite des compagnies pour s'assurer qu'à la première vacance ils y seraient reçus. Tous les autres furent contraints de se retirer immédiatement chez eux, sans troubler la paix publique, sons peine d'être livrés à la justice comme gens sans aveu. Tel était déjà le progrès de l'ordre, qu'ils obéirent et qu'au bout de quinze jours il n'était plus question d'eux; quant à ceux qui s'étaient enrégimentés, ils s'astreignirent à une discipline rigoureuse. Charles VII eut alors à sa disposition un corps d'élite de 9000 chevaux.

Par une autre ordonnance, celle du 23 avril 1448, le roi se donna ce que la France n'avait eu jamais jusqu'alors, ce qu'elle avait loué aux étrangers, aux Génois, quand el!e

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