‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 77 sur 103 · Arbalète simple. — 2. Arbalète à toor. — 3. Dague · texte numérisé non relu

Arbalète simple. — 2. Arbalète à toor. — 3. Dague

en avait besoin, une infanterie régulière et permanente. Chacune des 16 000 paroisses du royaume fut obligée de fournir au roi un bon compagnon, dit Tordonnance, qui eût fait la guerre. Il devait s'armer et s'entretenir à ses frais de brigandine, légère armure de plaques de fer jointes ensemble, de jaque (justaucorps), de salade ou casque léger, de dague, d'arc, d'épée et de trousse ou d'arbalète garnie. Il devait de plus s'exercer tous les jours de fête, et être prêt à servir le roi toutes les fois qu'il y serait appelé, moyennant une solde de 4 francs par mois en campagne» et l'exemption des tailles et subsides, excepté des aides et de la gabelle.

Le franc archer ne fut pas d'abord un soldat modèle, car le génie militaire ne naît pas tout d'un coup chez une nation si longtemps désarmée. Mais si Villon nous montre le franc archer de Bagnolet se jetant à genoux devant un épou vantail qu'il prend pour un gendarme, lui demandant pardon et se sentant déjà fort malade, la poésie satirique n'est point l'histoire; un siècle plus tard ,^ en 1554, ce franc archer, incorporé aux légions provinciales de François I^, gagnera contre les premières troupes du monde, les vieilles bandes castillanes, une bataille que les gens d'armes avaient perdue; un siècle/ encore, en 1643, ce franc archer, qui aura changé son arb^ lète contre un fusil, sera le fantassin de Rocroy.* t)k ^^

Wtétormem flnancière* (1443). — Toutes ces réfonSés avaient été subordonnées à une autre, celle des fmances. Jacques Cœur l'opéra en 1443. Etablir un contrôle réciproque des ofûciers des finances les uns sur les autres, amener les receveurs particuliers à rendre compte au receveur général, et celui-ci à la Chambre des comptes; forcer les grands officiers du roi, l'argentier, l'écuyer, le trésorier des guerres et le maître de l'artillerie à compter tous les mois avec le roi lui-même, ce serait là sans doute aujourd'hui des principes élémentaires en matière de comptabilité ; c'étaient alors d'excellentes, d'admirables réformes. C'est grâce à ces réformes financières, que Charles Vil se trouvait en état de créer en France ce que les plus puissants de ses prédécesseurs n'avaient jamais pu avoir, une force militaire qui ne dépendît que du roi, et ne le laissât pas à la merci de la mauvaise humeur des barons, comme on l'avait vu si souvent. Depuis Charles V, les impôts indirects ordinaires, tels que les droits sur le sel, sur les marchandises èi sur les

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