‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 80 sur 103 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

L0DI9 XI (1461-1483). SON R&GNE JUSQU'A lA MORT DE SON FRÈRB (1461-1472) '.

liovta XI. -— La féodalité se crut sauvée par l'avènement du dauphin. Louis XI, en effet, n'était-il pas l'ancien allié

1. Ouvrages à consulter pour ce chapitre et pour le eniYant: Mimotn* d'Olivier de la Marche, de Jacques du Clerco, de Philippe de Comines et de Jean de Troyes: Chroniques d»i duct de Rourgognefjp^r G. Chastelain et par MolUnet; VUUtoire de Charles Vil et de Louie Xl, par Th. Baxin, éTëque de Lisieux (le faux Amelgard); te* Dues de Bourgogne, par M. de Barante. M. Miehelet a consacre au règne de Louis XI un volume euti''de son HUtoire de France, le VI* et peut-être le plus brillaq*.

des grands, et^ à oe moment même, Fliôle, Tami, le eompère du duc de Boui^ogne? N'étaiWce pas le piinoe qui Toulait, en toutes choses, Te contraire de ce qu'ayait youlu son prëdécesBeur ? Pour escorter ce roi des nobles, toute la noblesse montait à cheyal, en Bourgogne, aux Pays-Bas. c Je me fais fort, disait Philippe le Bon, de mener sacrer le roi à Reims ayec 100 000 hommes.» Le roi trouvait que c'était beaucoup: cMais pourquoi, disait-il, bel oncle de Bourgogne yeut-il donc amener tant de gens? ne suis- je pas roi? De quoia-t-ii peur?» Us voulurent y aller néanmoins, et y vinrent tout couverts de velours, d'or, de pierreries: faisant flotter au vent leurs riches bamniëres, traînant après eux UO chariots qui portaient la vaisselle d'or, Targenterie, les vins. Au milieu de cette foule dorée apparaissait le duc lui-même, entouré d'une armée de pages et de varlets, et ayant « la mine d'un empereur. >

Tout autre était la mine du roi, si pauvrement vêtu et si humble en paroles que le vrai roi paraissait être le duc Philippe le Bon. C'était au moins le protecteur du roi, celui qui l'avait accueilli dans la persécution. Aussi Louis ne lui refusait-il rien ; il lui faisait, par honneur, nommer vingt-qualre conseillers au parlement, dont aucun, il est vrai, ne siégea jamais ; il lui accordait le libre transit des marchandises d'une frontière à l'autre, sous condition que le parlement enregistrerait la concession, et le parlement n'enregistra point ; il lui donnait la grâce du duc d'Alençon, et garda les enfants et les places fortes du prince^ Le duc de Bourgogne s'en retourna, comblé d'honneurs et de bonnes paroles, mais ruiné.

Alors Louis XI se sentit chez lui, se mit à l'œuvre et commença véritablement ce règne qui, de quelque manière qu'on juge le roi lui-même, doit être compté parmi les plus importants de notre histoire.

Forée» dont 1» féodalité dispose eneore. — - Ce règne s*ouvrait au milieu des circonstances les phis heureuses à l'extérieur. Pas un des États qui touchaient à la France n'était en mesure de troubler Louis XI dans ce qu'il allait entreprendre. L'Angleterre, engagée dans la terrible guerre des deux Roses, ne pouvait de longtemps intervenir sérieusement dans les affaires de la France. L'Espagne était divisée,

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