CHAPITRE XXXVI
Sja fanlUe rojalei Charles ITIIIi Anne de Be»tt-
Jevi Jeamne de France. — Sharles VIII, alors âgé de
treize ans et deux mois, était le plus jeune des enfants du
défunt roi. Petit de taille, la tâte grosse, le cou très-court, la
poitrine et les épaules larges et élevées, les cuisses et les
ïambes longues et grêles, tel est le portrait peu flatteur que
les contemporains nous ont laissé de sa personne. Le moral,
à certains égards, valait encore moins que le physique. Son
père avait composé lui-môme ou fait écrire sous ses yeux,
pour lui, un livre de politique, le Ro$ier des gtterres ; mais,
peu affectionné à un enfant maladif et de pauvre intelligence,
il le tint loin de la cour, à Amboise, et se consolait de ne le
pouvoir faire étudier en assurant qu^après tout il en saurait
toujours assez sMl pouvait comprendre ces mots : Qui nescit
dissimulare nescit regnare. S'il les comprenait, on Tignore;
mais il est très-douteux quHl fût en état de les lire. Ce triste
prince, c^était le roi de France en possession de toute la
plénitude de son autorité, car il était entré dans sa quator*
zième année, et la loi fixait à treize ans révolus la majorité
des rois.
Cette fiction légale n'abusait personne; on savait bien que Tautorîté, remise en apparence à un enfant, était tout entière entre les mains de sa sœur, Anne de France, qui avait épousé Pierre de Beaujeu, de la maison de Bourbon. Ce seigneur,
i. OnTrages à consulter pour ce chapitre et le suivant : Mimoiru de Comines; raneoyrtçue du ehevalitr êans rtproches (La Trémouille), par Bouchet: Chrontquei des dua de Bourgogne^ par Moliinet, continuateur de C3iastelain ; Biêtoire de pluiieurt chù*ê9 mémorable» admenuie et annéet }486-i4t9, par Saligni, secrétaire du sire de Beaujeu ; Histoire d'Italie Ii4M-isS4), par Guichardin; Hittoire d'Italie, par M. Zeller, dans la col- »|ction de VHiitoire utUv^nellâ; Bistoire de Charlee VIIl, par If. de Chu-
cadet d*une grande famille, n*apportaît pas nn bien solide
ippuî h une princesse de vingt-deux ans, (}aî ti'kvâft pour
LE RèfeNE DE CHAÎ^LES VH! DE 1483 A 14^1. ^83
elle ni le testanient de son père, ni TafTection de son frère, ni les lois du royaume, ni les bénéfices de inexpérience, mais seultt&éDtVayantage de réunir en sa personne beaucoup des qxuMiiude Louis xl. Leui8,qui disait d^^elle : c C'est la moins folttpfft^me du monde, car de sage il n'y en a point, » lui aTaMrèttnIié la surveillance de Téducation et de la santé du
l^NAM^ème enfant de Louis Xi, Jeanne de France, de trois
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Jeanne de France.
ans plus jeune qi|p sa sœur, étî^it petite, maigre, nojre, yQ(itée, si l^ide que sion père ne pouvait souffrir de la voir, ^t que lorsqvt'fille ayait à paraître devant lui, elle se tenait toujours cî^chée derrière sa gouvernante. Mariée», depuis 1476, à Louis d'Orléans, elle n'avait pas trouvé dans cett^ iiniop, qui était simplement un gage de réconciliation politiqup, plus de ^pnheur que dans sa famille, et elle étf^it «df^Uné^ Il traverser bien des épreuves encore.