LE RËONE DC CHARLES VIII DE 1483 A
en qui réside le pouvoir et qui peut le déléguer. Cette ftutorH egt celle du peuple ou des états généraux composés de 86| élus.
c Gomme Tfaistoire le raconte et comme je Tai appris M mes pères, flans Torigine, le petiple souverain créa des roi par son sufllrage, et il préféra particulièrement les homiBi( qui surpassaient les autres en vertu et en habileté. En efM| chaque peuple a élu un roi pour son utilité. Oui , les prîncai sont princes non pour tirer un profit du peuple et s^enrichif à ses dépens, mais pour Tenrichir et le conduire du bien as mieux. SHls font quelquefois le contraire, pertes ils sont tyrans et méchants pasteurs, qui, mangeant eux-mêmes leurs brebis, acquièrent les mœurs et le nom de loups, plutôt que les mœurs et le nom de pasteurs. Il importe donc extrêmement au peuple quelle loi, quel chef le dirige, car, si son ro! est très-bon, le peuple est très^bon; s'il est mauvais, il est dégradé et pauvre. N'avons-nous pas lu souvent que TËtat est la république, la chose du peuple? Or, puisqu^il est sa chose, comment négligera-t-il ou ne soignera-t-il pas sa chose? Gomment des flatteurs attribuent-ils la souveraineté au prince qui n'existe que par le peuple? Est-ce ^ue chez les Romains chaque magistrat n'était pas nommé par élection? Estrce qu'une loi était promulguée avant que d'abord, rapportée au peuple, elle eût été approuvée de lui? Dans beaucoup de pays encore, suivant l'ancienne coutume, on élit le roi*. »
Les états étaient donc, suivant l'orateur, les dépositaires de la suprême puissance ; rien ne devait se faire sans leur avis et leur consentement; et il rappelait que cette autorité s'était exercée déjà dans toute sa plénitude sous Philippe IV et ses fils, à l'avènement de Philippe de Valois, sous la régence de Charles V.
Cette discussion fut interrompue par une séance royale dans laquelle Jean de Rely, chanoine et député de Paris, adressa au prince une longue harangue qui donné une singulière idée de l'éloquence telle qu'on la comprenait au quinzième siècle, mi-partie de latin et de français, toute hérissée de textes et de citations, après quoi il commença la lecturs
I . Masselin, p. 147-149. — U est inutile d'ajouter que, par peuple, l'oratear entend tout les ordre» de l'État, depuis les prince» jusqu'au dernier sujet, de MD 5* '**"^* nullement à effacer les distinctions sociales qui exfsUieot
LK BiGNB DB CHAELBS VIlI PB 1483 ▲ 1491. - 589
i cahiers de doléances. U lut brayement pendant trois ores, au bout desquelles on s'aperçut que le jeune roi a'6t profondémeat endormi. On ajourna le reste au surlen* DCLain.
DvgpMfttaaiiom ém wwwwmmm. (gomwnmmmmt, — Dans iterralle des deux séances, les députés cherchèrent à se ittre d'accord pour la noxnination des membres du conseil» lis ils n'arrivèrent^qu'à une décision insignifiante, remetit tout au roi, a?ec la seule recommandation de bien endre Tayis de son conseil, où entreraient 13 députés des its. En Tabsence du roi, le duc d'Orléans devait présider conseil, et à son défaut le duc de Bourbon, puis le sire de iaujeu.
La dame de Beaujeu n'était pas même nommée dans cet te ; le duc d'Orléans, au contraire, demeurait le chef osten- 3le du gouTemement et croyait l'être. Cependant la dame > Beaujeu, qui avait accoutuàié son frère à lui obéir et à la aindre, en lui faisant présider le conseil, en écartait le duc Orléans, et, en le faisant présider par son mari, simple ba- \n de Beaujeu, elle en écartait le duc d'Alençon, le comte Angoulème et les autres princes du sang qui, plus qualifiés, ) voudraient pas siéger au-dessous de lui. Ainsi se trouva mstitué, sans que personne l'eût prévu, ce que l'on appela
gouvernement de Madame, qui devait continuer le ferme ' énergique gouvernement de Louis XI.
(iitvatioB du rojmumm d'après les cahiers des états. - Outre le chapitre du conseil, le cahier des états contenait inq autres chapitres : de rÉglise, de la noblesse, du tiers lat, de la justice et de la marchandise, qui nous montreront ueUe était alors la'&ituation du royaume.
Le cahier de l'Église ne contenait que deux demandes reuarquables : que le roi se fit sacrer sans retard, et qu'il réablit les libertés de l'Église telles que les conciles de Gontance et de Bêle les avaient définies et que la pragmatique le Bourges les avaient garanties à la France. Celui de la no* tlesse réclamait des indemnités pour le service militaire; )t le droit de chasse dans ses domaines que lui avait enlevé Louis XI. /
Le cahier du tiers état représentait la misère excessive 3 laquelle le peuple était réduit par la charge intolérable des impôts, par les exactions de la cour de Rome, qui fai< &aieat passer, disait-il, tout l'argent du royaume en Ita-
590 LÉ nâlG^E DE CHAI^LÈS Vllt »É 148^ A 1491
Ite*, parcelles des gens de guerre, qtti, ch6miif«Bit ëttitâ éefli de pniVince eh province, et lo^és chez Itt kdKnmsto-, « aprl (f ne tiéltii-td avait- déjà psfè ht iàille pOdr être dd^du et Mi pillé par eux, ne se contentent pas de ce qu'ils trouvent à son Ibgis, mftffr le e^Htrttlgrnefht, &^nd%t;o«i{ift é» Mtmi,i aller ctierbhëi^^u viti à ta vHlé, d^ ^ftlà ftltttie, dk pblssotltl des épices...; Les babitfttitd de plUsietlrS ^illl^e^cSIj ànx^tÊÊ ôiï a saisi letir bétail; s^altelleftt eox^mèttKsâ à la bbanne; d'autres, pour éviter qiî'bii he saisisse Ifetirs bcdttfs) n'osert labourer leurà fehrimps tpié de huit, i* Les déptité» dé TAtijotti du Maine et du payé thai'traiil racontent que, daiiâ leort provinces, plus dé aOO pël*sônned ont été pnnieé dd derniei supplice, depuis quelques années seulement, sous prét^ d'avoir fait la contrebande du se): Pour porter rèmfidë à ces maux, les états demandent qteié les pensions aisciE^rdélK aoi seigneurs soient supprimées od grandement rédtdtes; qoA le roi réduise ses gens d'armes au nombre qu'entretenail Charles VII et les oblige ft observer lee ordonnances; que les tailles « ne soient imposées ni exigée». Bans première^ ment assembler lesdits trois états ^ déclarer les causes e^ nécessités du roi et du royaume. »
Dans le chapitre de la justice, les états demandent la suppression de la vénalité des offices de judieature^ la fixalionl des frais de justice à un taux modéré, l'sd>oliUon des eoDh| missions judiciaires et des justices pTévÔtales, scandale du règne précédent; enfte^- pour accomplir tontes les rtfonnes utiles et maintenir le bon ordre, les représentants de la na | tien demandent « que ledit seigneur roi doit déclarer et approuver que les états du royaume seront convoqués aux temps et terme de deux ans prodiainenient venantS) et ainsi constitués de déU« ans en deux ans* »
»UfH»lMftioii «e VAèÊéMbléé. — Restait nUe grave question^ la i)iation de Timpôt. Avant de la résoudre, les états voulAieni eonnatlre lé^ t^venus. Ils ne fnrëht obtenir que dés comptés falsifiés; et, de {^UeH^kUM,* ild aeeerdèHint au roi^ pour deux ans, la même télile qUe le rej^nme ayail payée à Ghiirleë VU, irésérlre fMte dé ki dépi^iatieii è«s monnaies. Dès lors, la délibération dégénéra en disputés 80v-
t. Ui ttâAMiMtt dMÈ ëé» FMiôlitDaiieëéi «raiiià'à pUA^ «» t éiWiOB, en ^^S^^-ÔSiP.".'^^'^^ P^^ ^^ >*2i l«^prodjait iif & Revîmes. penuABS aMloiiqrféj, mmugencea, arinates, électionàet collàtiôiis de bénèEees. My.