‹ Histoire de France (volume 5)Chapitre 22 sur 64 · HISTOIRE EXTERIEURE · texte numérisé non relu

HISTOIRE EXTERIEURE

jours, à trarers des chemins affreux. Il tombe sur les impériaux qui le croyaient à 50 lieues de là : il les presse, il les culbute à Mulhouse, à Colmar, à Turkeim,- il les pousse en désordre devant lui, il les rejette enfin au delà du Rhin, après leur avoir tué, blessé ou pris 40 000 hommes (janvier 1675). -

Cette campagne , préparée avec tant de secret , exécutée avec .une adresse si prévoyante, terminée en moins de six semaines, excita Fenthousiasme dans la France entière. Louis XIV écrivit au maréchal : « Je désire que vous reveniez près de moi, où j*ai bien de l'impatience de vous voir pour vous témoigner de vive voix la satisfaction que me donnent les services considérables et importants que vous m'avez rendus, et la dernière victoire que vous venez de remporter sur mes ennemis. » Sur toute la route, les popular tions que Turenne avait sauvées des ravages d'une invasion accouraient émues d'admiration et de reconnaissance, et son retour ne fut qu'un triomphe jusqu^à SaintnGermain.

Bataille de Héaef (167^). — Pendant que Turenne refoulait victorieusement l'invasion de l'est, Gondé arrêtait celle du nord ; il empêchait 90 000 Espagnols et Hollandais d'entrer en Champagne. Il s'était retranché près de GharlO' roi en avant de la Sambre, dans une position que le prinœ d'Orange n'osa attaquer. Condé, qui ne faisait pas volontiers longtemps la guerre défensive, suivit l'ennemi dans sa retraite et atteignit son arrière-garde à Sénef, près de Mons (août 1674), la renversa, entama le corps de bataille, mais vint attaquer en désordre le reste de l'armée rangée dans un poste très-fort. Quand la nuit arriva, il avait eu trois chevaux tués sous lui, et la victoire n'était pas encore décidée. € Alors, dit un témoin oculaire, la Fare, il ordonna qu'on fît avancer des bataillons nouveaux et qu'on allât chercher du canon pour attaquer les ennemis à la pointe du jour. Tous ceux qui entendirent cette proposition en frémirent; et il parut visiblement qu'il n'y avait plus que lui qui eût envie de se battre encore. • Le lendemain les deux ar* mées se séparèrent avec une perte égale de sept à huit mille hommes.

Le prince d'Orange, afin de prouver qu'il n'avait point été battu, assiégea Oudenarde. Condé montra qu'il était le vainqueur, en le forçant d'abandonner cette entreprise ; mais Grave, le dernier res^te de nos conquêtes en Hollande, ouvrit

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