Ces mots ont servi à fabriquer la jolie chanson
Adieu, plaisant pays de France, 0 ma patrie La plus chérie, etc.,
oui fut faite par le journaliste Meunier de Querlon et imprimée par lui dans V Anthologie. (Voy. les preuves dans Ed. Fournier, VEeprit dans Vhistoire, p. 109-It4.)
CHARLES IX (1560-1574). la
royale ne meurt pas, puisque le mort saisit le vif, et « qu'il n'y a acte tant digne d'un roi que de tenir les états, que de donner audience générale à ses sujets et faire justice à chacun. »
Les états ne rendirent pas les services que l'Hôpital en attendait. La dette montait à 43 480 000 livres, qui vaudraient aujourd'hui 350 millions de francs; les revenus nets n'atteignaient pas 12 260 000 francs. Le roi était bien, comme le représentait l'Hôpital, c l'orphelin le plus engagé, le plus endetté, le plus empoché qu'on pût trouver dans tout état et condition. » La noblesse n'o£frit rien ; le clergé, depuis François I*', accordait presque annuellement des décimes ; il consentit encore à fournir un don gratuit de 1600000 livres pendant six ans, et à racheter en dix années 630000 livres de rentes au capital de 7560000 livres ; pour le tiers état, qui portait tout le poids des impôts, il demanda un dégrèvement, l'abolition de la vénalité des charges et des douanes intérieures, la réunion des états tous les cinq ans. Sur la question religieuse, les trois ordres furent divisés. Le clergé voulait l'extermination de l'hérésie; le tiers état était pour la liberté du culte ; la noblesse fut partagée.
Wesuresdel'Hèpttoli ordomumce d'Orléans (11161). — Le chancelier agit alors résolument, espérant entraîner la nation après lui. Il rétablit l'équilibre entre les dépenses et les recettes par des réformes dans la maison du roi, et le retranchement d'un tiers des pensions. L'édit de Romorantin fut confirmé et des lettres royaux^ du 28 janvier 1561, enjoignirent au parlement de surseoir à toute poursuite pour le foit de la religion. Trois jours après parut la célèbre ordonnance d'Orléans, qui rétablit les élections canoniques *, défendit de rien exiger pour les sacrements, obligea les ecclésiastiques à la résidence, et, achevant la réforme commencée par Louis XII, ôta définitivement l'administration de la justice aux baillis et sénéchaux, d'ordinaire hommes de guerre et ignorants des lois, pour les donner à leurs lieutenants, qui durent être de robe longue ou de judicature. C'était la première application du principe de tolérance, et une réforme
t. Poar un archevêché, douze députés de la noblesse du diocèse, doue députés du tiers du diocèse, réunis aux éTèques de la province et aox membre^ da chapitre, devaient présenter trois candidats à la nomination du roi. (Art. i de Tordonnance , Recueil des anciennee loit ^rmnçaiieê, t. XIVip. 94.)
4^$ radmioîslraitiou d^ la j^sficid et daiu» to4»sci(4io^^ rÉglise gallicaae, trois grands bienfaii$. Le duc de Gi4se, ]^ maréchal de Saiût-Ap4ré et Mojitijaoreûcy, men^içés d'ailleurs du rappel des sommes qu'ils avaient extorquées à la facile bonté des rois préc^d^is^ quittèrent la cour ^ Ibmièreipt une alliance secrète, w triumvirat, ppuf défeadr«e)ejuraî^wt| et, disaientrils, la religion ^^ péril.
pitqJ, sdBS se laÂ^ser idisi^air.e p^ ces iniriguef»» ^OAtiima ^ politique de conciliatio». To^t ^n dôrtajr4»t, jw J'^«W d© juillet, les précises illicites, il apçjorda une ^mni^Ue gén^^al^ et suspendit rexécu(io|) i» tp^fe sentence, pojur {a^dereij^ gion, jusqtt'à la déçisioa d'un jcapciie. U ^mi éW .W^F^ew aux états d'Orléaos, que treis^ /îojq^mûsi^i^e» de pbaf^ue ofdm» uQ par pr^oviace, »^ ré)u;iir9jie)4 m^ de pliein^ p/ouyoirs pQuf la question des sabtsiides^ I^ cto¥)elier ]les coj^yeqi^» j^ 97 août, à Ponjtoise ; en môme temps, il r^uftit, k P^is^Y» ttu cplloque 4e théologiens des deux f ejigiof^?, de^tUjé ^ trowWt s'il était possible, un compromis m^ piît fyi ^ux di$pi4e9>. Ces ét^its^j ou siégèrent plusieurs cflJvinirtes, depji^dèirei;^ leur réunion tous les d^^ix af^9, U tpl^aace jnetig^ai9, Jft réforme des ^ices de judicaturi? ^)i4e Ân^Aœ, qui« m ii#u d'être vendus ^ pli^s offrit, ^ f^ eipi i^s^i Is^ pjpopriétj^ des acheteur^, m ser^eot pii^s ^ue 4e ^|mp)es ^^on^i](^is§i^^ tiieppajlep ; ^nfi^, pour p^yer tes 4e*4es 4e rÉt4, lA vej?<ie d^s A)iens de l'Église, esli«i^ l?p ^aiJJiopft, les jpÊ>efia})res4u clergé devant ètr^e idjé^o^magéf» par 4e3 ]^^,mom •' c',étajjt déjà l'idée qui fut ^pi^qwée pajr 1^ Rôypljitiw, Le fi]^Tgé ne put parer le cp¥p Kiu'en x^ant de libérer l'éjtat 4p$ Tegl^ cojftsti tuées swr J^es aides» le^gf^lee et les domaifaesp^w don aAnuel de 1 600 OOQ liyre^ pe^daiat ^ejof aus. f Cet eyp^gemeni;, ^ous l'acquitjtoiiis eneorei ,i di^^j^ )'«abbé lili^ury à l'As^mblée constituante de 17Ô9,-
CoUoqiipe A^ Poiftfr <|i#iO*)- -- Le coUpque (jle Pûissy ne tou^D^k pas aussi bien. L'tij^tal TaYait o^yerfi p^r de graves paroles, c Nous avons fait, 4J>^i]ij cpippoe ies mauvais capitaines qui vont assailliir le ioÀ de leure e^nenû^ avâc toutes leurs forces, laissant dépourvus et désarmés leurs logis ; il nous faut maintenant les assaillir avec les armes de charité, avee prières^ persuasion, paroles de Dieu, qui soot propres à tels combats!» Puis il ajoutait: c Otonsces mots diaboliques, noms de partis et de séditions, Juthérien*,
huguenots, papistes ; ne changeons le nopoi de chrétiens 1 » La conférence commença hien. Les docteurs catholiques bissèrent Théodore de Bèze exposer sa doctrine. Mais, quand il nia la présence réelle dans TËucharistie, rassemblée entière frémit. Le cardinal de Lorraine se récria contre les abo* minations qu'il venait d'entendre. Le général des jésuites, Lainez, un des assistants, s'éleva contre la reine elle-même^ en revendiquant pour le pape seul le droit de prononcer sur les questions religieuses ; et U fallut rompre au plus vite rassemblée.
Édit de JanTier faTorable aux calTinUtes (1562). — Mais la reine soutenait le chdjacelier; elle allait mêmei h ce moment^ plus loin que lui. Ses lettres ai; pape réclamaient de graves réformes dans la disciplise et les rites. Aussi laissât-elle l'Hôpital rendre Fédit de janvier (1562), qui autorisa le culte calviniste dans les campagnes en le prohibant dans les villes fermées ; suspendit toute peine portée contre les hérétiques, mais leur interdit de troubler l'ancien culte. C'était le premier acte réel de tolérance. Le gouvernement faisait ce que Castelnau dit dans ses Mémoires : f Donc, puisque l'on n'avait rien pu gagner en France contre les luthériens par le feu, par la mort et autres condamnations, trente ans durant, mais au contraire qu'ils s'étaient multipliés en nombre infini, il était expédipnj de tenter une autre voie, et d'essayer si l'on gagnerait quelque chose de plus par la douceur. »
ImpMJ^nce des p^rM«* — Cette vertu, malheureusement, n'était guère comprise en ce .temps-l?i. — Plus le gou- . vernement allait à la tolérance^ plus les haines de catholiques à protestants s'envenimaient^ Les moines, et principadement les jésuites, qui avaient e^teince légale en France depuis deux ans, e{:^altaient la Xf^rveur des jSdèles .et les excj* talent ^ prendre en main la défense de la religion abandonnée par la reine. Le cardinal de Lprraine, des docteurs de Sor^ bonne imploraient secrètement l'assistance de Philippe U, qui faisait à la reine-^ère de menaçantes r^résentations^ De leur côté, les protestants, croyant avoir cause gagnée, ne se contentaient pas de ce qu'on leur uvait accordé, c Elevés de leur droit, ils estimaient tous doutes efEacés, et tenant l'édlt de janvier au poings retendaient par delà ses bornes. ;i
Celui dont nous rapportons ici les paroles est Agrippa d'Aubjigné, esprit vigoureux, caractère antique. Il raconta
lui-même que quelque temps après les exécutions, âgé de huit ans, il traversa avec son père la ville d'Amboise, où les cadavres des suppliciés pendaient encore aux créneaux. Son père se découvrit devant ces restes mutilés, les lui montra, et, au milieu de la foule, s^écria: « Les bourreaux! ils ont décapité la France ; » puis, lui posant la main droite sur la tète, le menaça de sa malédiction sUl désertait la cause sainte des martyrs, t Mon enfant, il ne faut pas que ta tête soit épargnée après la mienne, pour venger ces chefs pleins d'honneur. » Ces hommes-là avaient Pâme de fer, comme l'armure.
(Juand les réformés donnaient de telles leçons à leurs enfants, comment s'étonner que les rixes, les querelles éclatassent partout. Un jour l'Hôpital, répondant aux calomnies dont il était abreuvé, prononçait ces belles paroles : « Je sais bien que j'aurai beau dire, je ne désarmerai pas la haine de ceux que ma vieillesse ennuie. Je leur pardonnerais d'être si impatients s'ils devaient gagner au change ; mais quand je regarde tout autour de moi, je serais bien tenté de leur répondre comme un bon vieil homme d'évêqùe qui portait comme moi une longue barbe blanche, et qui, la montrant, s'écriait : Quand cette neige sera fondue, il n'y aura 'plus que de la houe, »
L'Hôpital oubliait un mot : il fallait dire aussi du sang, car le sang allait couler à flots.
Massacre de Vassy (1562). — c Le clergé, partie de la noblesse, et presque tout le peuple, dit Castelnau, jugeaient que le cardinal de Lorraine et le duc de Guise étaient comme appelés de Dieu pour la conservation de la religion catholique. 1 Cependant, à cette heure môme, ils avaient à Saverne, avec le comte de Wurtemberg, cette entrevue dont il nous est resté un si étrange récit. Ils furent rappelés à Paris «outre l'Hôpital, par le maréchal de Saint-André et par le roi de Navarre, qui avait abandonné le parti protestant» dans l'espérance d'obtenir de Philippe H la restitution de son petit royaume. Le 1«' mars 1562, le duc de Guise passait par Vassy en Champagne. C'était un dimanche, il s'y arrêta pour entendre la messe. Les chants de six ou sept cents protestants réunis dans une grange voisine arrivèrent jusqu'à lui. Quelques-uns de ses gens voulurent faire cesser ce qu'ils appelaient une injure et une bravade contre leur duc, et, sur le refus des protestants, mirent l'épée à la main. Ceux-ci se dé-
fendirent à coups de pierre. Le duc de Guise, accouru à Taide des siens, fut atteint à la joue; alors toute sa suite se jeta sur ces malheureux sans armes, en tua soixante, en blessa plus de deux cents, sans distinction d'âge ni de sexe. Quelques jours après, à Sens, dont le cardinal de Lorraine était archevêque, d'autres furent massacrés en revenant du prêche.
Première guerre civile (156S). — Ce fut le signal d'une guerre qui, sept fois suspendue par des traités précaires, recommença sept fois, et, pendant trente-deux années, couvrit la France de sang et de ruines. A la nouvelle du massacre de Vassy, les huguenots prirent partout les armes ; le duc de Guise enleva le roi de vive force, avec sa mère, dans Fontainebleau, et l'amena à Paris, où les protestants étaient en petit nombre, c Quant à la force nerveuse et asseurée do quoi ceux de la religion fesaient état, dit Castelnau, elle consistait en 300 gentilshommes et autant de soldats expérimentés aux armes; plus en 400 écoliers et quelques bourgeois, volontaires sans expérience. Et qu'étoit-ce que cela contre un peuple infini, sinon une petite mouche contre un grand éléphant? » Mais, hors de Paris, ils croyaient pouvoir coopter sur le dixième de la population, et ils avaient pour eux la meilleure partie de la noblesse de province.
Ils proclamèrent Condé défenseur du roi et protecteur du royaume; en quelques semaines ils s'emparèrent de plus de deux cents villes, parmi lesquelles Rouen, Lyon, Tours, Montpellier, Poitiers, Grenoble, Orléans et Blois. Les Guises ne s'attendaient pas à des résolutions si promptes. Ils étaient mal préparés, mais ils avaient le roi entre leurs mains ; ils firent déclarer les calvinistes rebelles, et Condé criminel de lèse-majesté. Philippe II, le champion du catholicisme par toute TEurope, leur donna un corps de 3000 hommes de ces vieilles bandes espagnoles d'une bravoure froide et féroce. Condé, de son côté, recourait à la protestante Elisabeth, qui lui envoya autant de soldats pour défendre Rouen, à la condition qu'on lui livrerait le Havre, en gage des sommes qu'elle avançait. Ainsi, des deux côtés, on commettait le crime d'appeler Fétranger.
Montlme et le baron des Adreto. — Dans le Midi, la guerre se fit partout à la fois, sans ordre et sans plan, selon les sollicitations de la haine ou de la vengeance, et avec ce caractère de cruauté qu'ont toutes les guerres civiles. On