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%i9B notable» ( 1 7 8 9 )9 «^ Ainsi le moi fatal revenait toujours, les privilèges ! les abus! Le gouvernement, n'ayant pas l'appui du parlement, avait besoin, pour ces réformes, de recourir à la nation. Mais les états généraui^ effrayaient ; on n'osa pas aller plus loin qu'une assemblée de notables. Bien des gens encore s'en alarmèrent : « Le roi donne sa démission, » dit le vicomte de Ségur; et le vieux maréchal de Richelieu demanda quelle peine Louis XIV eût infligée au ministre qui lui eût proposé pareille chose. Les notables se réunirent le 13 février 1787. Ils comptaient Ikk membres, dont 27 étaient censés représenter le tiers état; en réalité, il n'y avait que 6 ou 7 roturiers. Galonné y développa sas plans, qui furent accueillis avec une bonne volonté assez générale. Les notables furent moins faciles à Tégard de la subvention territoriale. Il demandèrent Tétat des recettes et des dépenses. Galonné présenta des compte? si obscurs qu'on ne put rien vérifier*. Les uns y trouvaient 100 millions de déficit, les autres 300, Mais les notables étaient moins occupés de voir clair dans les finances que d'éviter la subvention territoriale. La querelle se ralluma et devint fort vive. Galonné se fâcha ; le roi fit de même ; il fut ordonné aux notables de délibérer sur la forme et non sur le fond de l'impôt. Sur quoi ce pamphlet d'un cuisinier parlant à ses poulets : a A quelle sauce voulez'vous qu'on vous mange? *^ Mais nous ne voulons pas qu'on nous mange. — Vous changez l'état de la question ; on vous demande à quelle sauce vous voulez être mangés. » Les ennemis de Galonné l'emportèrent enfin, et peu de jours après que Louis XVI avait dit très-haut : « Je veux que tout le monde sache que je suis content de mon contrôleur général » , il l'exila en Lorraine*.
1. Baillv, gai a retrouvé aax «rçhÎTes du minUtère des finances, r^/a< au vrai de^rexercice 1786, estime (t. II, p. 294) que le déficit poar 178T était d'environ 200 millions de livres qui feraient aujourd'hui 29t millions de francs. Quant au cbilTre de la dette publique, il est impossible de le déterminer en capital. D'après Bailly. sur les 5iO millions de livres perçus par le trésor au nom du roi, il y avait & prélever pour rentes, gages, intérêts de cautionnements et autres créances privilégiées, 22^ millions. 37 pour les pensions et 76 pour les frais de recouvrement, de sorte qu'il ne restait pas à l'État, pour toutes ses dépenses, 900 millions, sur lesquels la liste civile prenait 40 millions, les acquits de comptant 0$. On n'arrivait donc à couvrir le déficit que par des emprunts que la ruine du crédit de l'État rendait bien difficiles et très-onéreux à 16 pour 100 au dIbs bas taux, ou par des anticipations qui ne faisaient que reculer la difnculté et la rendre plus grave. Voy. pour les évaluations faites en 1790 à l'Assem* blée constituante, p. 483, note 2.
2. De Galonné, malgré tous ses efforts, ne put reparaître en scèifis. H st
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Mtetoftère dm llHanne (198f *1988). — Un dM plus actifs contre Cdonne avait été Brienne, archevêque de ToulonWy brillant ambitieux, mais prélat sans mœurs et peut-être sans croyanoes, que le pieux Louis XVI repoussa longtemps du ministère. Il Ty appela enfin ; Brienne se mit en crédit auprès des notables par des plans d'économie. Cette assemblée, au reste, ne tarda pas à se dissoudre (25 mai). Les gentilshommes en avaient assez; le comte d'Artois s'y ennuyait ; le duo d'Orléans et le prince de Conti partaient au milieu des séances pour la chasse. Ainsi les notables ne firent rien ; mais dans leur sein avait été prononcé le mot d'états généraux^ même (Rassemblée nationale. « Il faut, avait dit la Fayette, une assemblée nationale. — Vous voulez dire des états généraux, reprit le comte d'Artois. — Oui, monseigneur, et même quelque chose de mieux, si c'est possible. >
Brienne, débarrassé des notables, se retrouva en face du parlement, plus difficile encore à aborder. L'édit qui concernait les assemblées provinciales fut enregistré sans difficulté ; mais la lutte s'engagea vivement à propos de l'impôt du timbre et de la subvention territoriale. Le roi tint un lit de justice et fit enregistrer les deux derniers édits. Le parlement protesta ; les meneurs étaient Duport, Robert de Saint-Vincent, Fréteau de Saint-Just, surtout d'Espréménil, dont l'ardente éloquence dominait alors cette assemblée, et que la foule, au sortir des séances, portait en triomphe jusqu'à sa voiture. Le roi exila le parlement à Troyes. Il y eut peu d'hommes plus impopulaires alors que Brienne : d'abord on le savait d'accord avec la reine, à laquelle il devait sa place et son crédit sur le roi. Or la reine était déjà vivement attaquée dans les pamphlets ; on l'appelait Mme Déficit, Elle fut insultée dans le parc de Saint-Cloud, et, à la prière du lieutenant de police, le roi l'engagea à ne se point montrer dans Paris. Brienne n'avait pas même l'appui de son ordre. L'assemblée du clergé lui réfusa un misérable subside de 1 800 000 livres. Tout le monde mettait alors des bâtons dans les roues, et quand dans trois ans le char se brisera, ils crieront à la violence.
Au dehors le ministère n'était pas plus heureux. Il laissa, en Hollande, les intrigues de l'Angleterre et les armes du roi
relira à Londres et se jeta avec ardeur dans le parti de l'émigration. U rentra en France en 1802 et mourut six semaines après, à Paris.
de Prusse renvdrser le gouvernement républicain de ce pays qui nous tendait les bras, disant qu^au milieu de reffervescence intérieure, il était dangereux de soutenir la liberté au dehors. C'était marcher au rebours de tous les sentiments de l'époque •.
Cependant un rapprochement se fit entre le gouvernement et le parlement. Cette compagnie rentra au milieu de Pivresse générale; le mannequin de CaUmne fut brûlé sur la place Dauphine, et Taudace croissait si vite qu'on voulait brûler aussi Teffigie d'une personne auguste. Pourquoi le parlement était-il si populaire, lui qui défendait 1 C'est que, d'un autre côté, il soute principe que les états généraux seuls la base de l'impôt. Cependant Brieni trigue, avait gagné la majorité des i édit pour un emprunt de 420 millions Il voulait d'un seul coup se pourvc n'avoir plus à marchander des emprui tait, en échange, la -convocation des ( fin de celte période, bien résolu d'a^ promesse. Il y eut d'énergiques protes famille faisait de semblables actes, di cent, en parlant du taux usuraire des de tribunal qui hésitât à les annuler, gistrer l'édit d'autorité. Sabatier et été très-vifs, furent arrêtés. Le duc d' nonce le mot d'illégalité, fut exilé à V légalj avait répondu le roi, c'est légal parce que je le veux. » Le parlement s'émut de l'atteinte portée, en deux de ses membres, à la liberté individuelle. D'Espréménil rédigea, au nom du parlement, un acte où était résumé ce qu'on appela les lois fondamentales de la monarchie : un jeune conseiller, Goislard de Montsabert, proposa de mettre obstacle à la per* ception de l'impôt du vingtième : ordre du roi de les saisir tous les deux. Le parlement était en permanence. Le marquis d'Agout, aide-major des gardes françaises, s'y présenta do nuit et demanda qu'on remit entre ses mains les deux ma-
1. En 1785, la France s'était interposée comme médiatrice entre la Hollande et l'Empereur. Celui-ci, exigeant une indemnité de 9 500 000 florins, et la Hollande ne voulant payer que 5 millions, la France donna la diirérence, et en même temps signa un traité d'alliance avec la Hollande. On accusa la reine de sacrifier les trésors de la France aux intérêts de l'Autnche.
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gistrats ; les conseillers des reguètes se levèrent : « Nous sommes tous, s'écrièrent-ils, d'Éspréménil et Montsabert. x Ceux-ci pourtant se livrèrent en protestant, et furent envoyés, Tun à Pierre-Encise, l'autre à l'île Sainte-Marguerite.
Le gouvernement profita de ce coup : le parlement, mandé à Versailles, le 8 mai, dut vérifier plusieurs ôdits qui lui enlevaient l'enregistrement pour le transférer à une cour plénièrey sorte de conseil d'État composé à la dévotion du roi,
Château de Vizille (Isère) *•
et qui prescrivaient l'érection de 47 grands bailliages pour juger les procès civils de moins de 20 000 livres. Ainsi Brienne livrait, comme Maupeou, un nouveau combat à la puissance des parlements. La résistance s'organisa partout et des mouvements eurent lieu en Bretagne, dans le Béarn, en dix au-
I. Cest dans le château de Vizille que les députés des municipalités dauphinoises se réunirent le 21 juillet 1788 et préludèrent à la révolution en réclamant la convocation des états généraux. Ce vaste château avait dû sa splendeur à Lesdiguières, qui, en 1623, y reçut Louis xni avec toute M cour.
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très provinces ; une insurrection à Grenoble, t J*ai tout prévu, disait-il d'un air profond, même la guerre civile. » Il avait seulement oublié que le trésor était vide. Pour trouver quelques ressources, il s'empara de la caisse des invalides et du produit de plusieurs loteries de bienfaisance. Ces honteux moyens le firent vivre quelques jours; mais le 16 août 1788, il fut obligé de déclarer, par un arrêt du conseil, que les payements de rÉtat auraient lieu partie en argent, partie en billets du trésor. Tout le monde fut saisi d'effroi, croyant voir revenir le papier-monnaie, la banqueroute. Ce fut le coup fatal pour Brienne ; il implora le secours de Necker, qui répondit : € l-.'année précédente, j'étais^lt^rètà partager ses travaux ; je ne veux pas partager maintenant son discrédit. » Il fallut céder la place à Thabile financier qui était en ce moment rhomme le plus populaire (25 août) *.
Seeonil minist^ire de Meeker (If 8 8-17 80). -^ Le retour de Necker provoqua des acclamations de joie, le départ de Brienne, des scènes de désordre qui malheureusement furent sanglantes ; des attroupements brûlèrent son effigie et persistèrent avec assez d'opiniâtreté pour que la troupe tirât sur eux» Ce premier sang versé dans Paris fit une grande impression ; le parlement procéda. Cependant la confiance renaquit, grâce à Necker. En un jour les effets publics gagnèrent 30 pour 100. Mais il n'avait trouvé dans le trésor que 500000 livres : les besoins étaient urgents et considérables. « Que ne m'a-t-on donné, disait Necker, ces quinze mois de l'archevêque de Sens I » A présent, en eff*et, il était trop tard pour sauver le pays avec de petits moyens. Les choses ne pouvaient plus marcher, à moins d'en appeler à la nation. Brienne, dans un moment d'exaspération, avait jeté la promesse de convoquer les États généraux en 1789; Necker reprit cet engagement.
Couvoeatioii de« étiàts généraux. — La réunion des états devint l'unique pensée de la France. En quelle forme se réuniraient-ils ? Le tiers y occUperaît-il le même rang qu'en
1. Brienne fut comblé de grâces; en sortant du ministère, il eut nombre d'abbayes et le chapeau de cardinal que le roi obtint pour lui da pape. U
Fréta serment à la constitution oivile du clergé, mais refusft de donner institation canonique à deux évéques oonstitutionneU, oe qui mit oonirt lui tous les partis. Le pape Tamena à se désister du cardiualat et le suspendit de ses fonctions religieuses. Arrêté une première fois k Sens, U 9 novembre 1792, et emprisonné, il le fut une seconde fois, le 17 lévrier 1794, et dans la nuit, dit-on, mourut d'une attaque d'apoplexie.
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1614, lorsquUl fut tant humilié, ou, au contraire, y serait-il rendu dominant? Depuis deux siècles les choses avaient bien marché. Le tiers état était devenu un ordre considérable, par sa richesse, son savoir, son activité et les hautes fonctions que ses chefs remplissaient dans le gouvernement et Tadministration du pays. Le respect pour la noblesse était singulièrement ébranlé, et tout le monde, mèçie les nobles, avait applaudi sur la scène, en 1784, les hardies épigrammes du Figaro de Beaumarchais : c Parce que vous êtes un grand seigneur vous vous croyez un grand génie I Vous vous êtes donné la peine de naître, rien de plus. » Or, pour que le tiers état occupât la place qu'il méritait, il fallait, au moins, doubler le nombre de ses membres et établir le vote par tête au lieu du vote par ordre. Ce parti était soutenu par Necker et par tous les hommes libéraux*. Mais la noblesse résistait; celle de Bretagne surtout se montra si obstinée qu'il y eut à Rennes plusieurs combats sanglants entre les jeunes bourgeois et les gentilshommes. Necker voulut faire résoudre la question par une assemblée de notables, qui refusa tout changement à l'ancienne forme. Il se décida à trancher luimême une partie de la difficulté, et fit rendre un arrêt du conseil qui établissait la double représentation, sans rien décider quant au vote par tête, et qui convoquait les états h Versailles pour le 1«' mai 1789.
1. Le doublement da tiers existait déj:à dans les états du Languedoc. En général) les roit araioat combattu dans I«s états provinelaox Tinfluenoe aristocratiqae en s'y aopuyant sur le tiers. Aux éta'ts généraux d'Orléans, de 1560, il y avait 393 députés, dont 98 pobr le clergé, 76 pour la noblesse et 219 pour le tiers; en 1576, aux états de Blois, 339 députés, dont 134 pour le clergé. 75 de la noblesse^ 150 du tiers; en 1588, aux seconds états de Blois, 505 députés, dont 13% du clergé, 180 de la noblesse et 191 du tiers. Aut états de la Ligue, il n'y avait qu'entiron 138 députés, la plupart da tiers ; enfin en 1614, aux états de PariS} 464 députés, dont 140 du clergé, 132 de la noblesse et 192 du tiers. Dans les qualre assemblées provinciales, projetées ou instituées par Necker, dans le Berry, la haute Guyenne, le Dauphiné et le Bourbonnais, les députés du tiers avaient la moitié des Yoix. Les deux premières de ces assemblées restèrent debout jusqu'en 17S9: 22 autreé ftiteût instituées, eh 1787, par Galonné, toujours d'après le même principe.