MaHêoJMoînette à la Conciergerie, par jSmfle Campardon
51d LA oomrcNTM»!
êê a^vll If IM). — - Les Montagnarés en viwnfiQt à se iMÀ*rer entre eux. Les plus mUnto, les iittMrtistes, toui-puûh sants à la Commune, araient pour osgana le journal ^pakh h Père Duehà^é, Ils prétendaient faire de la Terreur la §m^ yemement régulier de la France, professaient l'athéisme et firent placer la déesse Raiion sur Tautel de Notr»*ûame, Laa Dantoniates n^étaient déjà plus que des inàuigeniM, Leurs chefs, Danton et Camille Desmoulins, le rédacteur du Vieux Cordelier, attaquaient à la fois les anarchistes du parti d'Hébert et le Comité de salut public, auquel ils reprochaient sa
quence. Robespierre, qui} ayec la haute main dans le comité, s, qu'il accusait de corrompre iéisme, et de conspirer avec [2k mars 179%); douze jours lux qu'on appelait maintenant sort, sous la prévention d'or-
dant R
H, pour
société
[ues-uu
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ie, ainfi
avec efl préparait. Collot-d'Herbois et Biliaud-Varennes s'unirent avec Tallien, Bourdon de l'Oise, Barra^, Fouché, et engagèrent indirectement la lutte au sujet de la fête de l'Être suprême, célébrée par Robespierre avec un éclat théâtral et une pompe où le maître s'ét^t affiché trop ouvertement. Robespiert'e alors fit proposer par Gouthon, sur l'organisation du tribunsd révolutionnaire, une loi qui, pour accélérer les meurtres juridiques, efraçait juS(|u'à Tombre des formes légales et plaçait la Convention sous le couteau. Il croyait par là tenir ses adversaires. Cette loi atroce, dite du 2â prairial, fût adoptée, mais avec dés p^odifîcatiohsqui faisaient échouer le plan de son auteur. Sa force était immeiise*^ on nf pouvait attaquer sa probité, on n'osait articuler encore le mot de tyran; on espéra l'atteindre par le ridicule. Le Comité de sûreté générale dirigea des poursuites contre une secte fanatique qui révérait en lui cuie «Me de Messie^ Alen il «'ieoki
DU 21 SEPtCHMlff 1792 AU M OCTOBRE 1795. &tt
é« goutMniéDMBi «t m retira au «iob dealaoobii»^ attendùil rooeasion da firappar on coop ddqaif. Gapendant laa a£feÉa da la loi de prairial te feisaient aaatir : la Tarreur vedonUaii. En 47 Jours, du 10 juin au S7 juillet^ 1400 parsonnes pôrirani, et parmi ellea tout ie parlement de Toulouse, les muécliaux de NoaUtes et de Mouchy, ies portes André Ghénier et Rou^ dier, le général Beauhamais, des femmes, un enfant de seixe ans.
Une si horriMe situation nepoumlt durer. Le en de la pitié publique s^élera eontre les auteurs de ces abomtnalioas et surtout contre Robespierre, qui menait tout encore, quoiqu^it s'abstînt de pan^tre au Comité de salut public Ses ennemis eiploitèrent ce mouTemmt de Popinion ; ils l^aocusM^nt d'aspirer à la dictature, de aaéditei contre l^Assemblée un nou*- ▼eau 81 mai, et ils firent clreuler dMmmenses listes de pro* seripUon dressées, disait-on, par lui. Le8 thermidor, la lutta s^ngagea danti la Con?ention. Robespierre fatigua PAssem* blée par une interm nable apologie et Tirrita par des m«ia« ces. Il demanda que tout le gouvernement fût reconstitué et qu'on punit les traîtres. Il désignait ainsi la plupart des mem^ bres des comités, même Carnot et Cambon, qif! alors sau* Talent la république en organisant les finances et la guerre* Le débat fût orageux et longtemps indécis. La défection de Barrère, « cet homme qui venait toujours au secours du plus fort,» entraîna celle de la Plaine ; TAssemblée refusa de voter rimpression du discours de Robespierre. Il courut alors aux Jacobins, qui jurèrent de le défendre, et la Commune prépara pour le lendemain une insurrection. Le 0, la lutte recommença au sein de la Convention. Robespierre y fût en* fin déin'été d'accusation avec Gouthon et Saint-Just. Son û*ère el Lebaa voulurent être associés à son sort. Ils furent arrêtés et dirigés sur diverdes prisons. Mais la Commune fit sonnw le tocMa dans les faubourgs, délivra les prisonniers et les amena en triomphe à l'Hôtel de ville.
La guerre ouverte éclatait donc entre les deux pouvoirs ph vaux, les représentants de Paris et ceux de la France. La Convention agit cette fois avec résolution et vigueur. Elle mit Robespierre et tous les siens hors la loi, elle appela les sections de la garde nationale à la défendre, et fit marcher sur l'Hôtel de ville des forces imposantes qui ressaisirent les condamnés. Lebas se brûla la cervelle. Robespierre le jeune se jeta par une fenêtre sans se tuer. Son frère eut la mâchoire
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àrisAe d'où coup de pisU^t qae lui tira on gendarme, lim furent conduite à Féchafoiid, à travers les outrages d^une foule qui Tovaii dans leur supplice la fin d'un épouvantable régime (9 et 10 thermidor, 27 et 28 juillet 1794). Henriot, Coffinhal, 20 représentante, furent sans discussion, sans jugement, envoyés au supplice, le môme jour ou le lendemain. C'était une digne fin de la Terreur. Dans les 420 jours qu'elle avait duré, 2669 condanmations avaient été prononcées par le tribunal révolutionnaire et exécutées. Mais comment ccHnpter les victimes de Gouthon et de Gollot-tfHerbois à Lyon, de Lebon à Arras, de Carrier à Nantes, de Fréron à Toulon et à Marseille, de Tallien à Bordeaux?
AboliUoM des loi» réYolnUoMMalre». — Qudques-uns des hommes qui avaient renversé Robespierre étaient ceux-là mêmes qui avaient poussé la Terreur aux dernières limites. Mais telle était la force de Popinion publique, qu'ils furent contrainte de paraître n'avoir vaincu que pour la modératioo. « Toute la nation cria que la journée était contrôla tyrannie, et cette croyance la fit finir. i> La chute de Robespi^re de« vint ainsi le signal d'une réaction qui, malgré ses excès, laissa respirer la France. La guillotine cessa d'être le grand moyen de gouvernement ; et, si les partis continuèrent encore longtemps à se proscrire, du moins le peuple ne fut plus appelé au hideux spectecle de trente ou quarante tetes tombant cha* que jour sous le couteau.
Tous les ressorte du gouvernement se détendirent L*importance des Comités de salut public et de sûrete générale fut considérablement amoindrie ; la loi de prairial fut rapportée; les prisons s'ouvrirent; à Paiis seulement, 10000 captifs en sortirent. La Convention s'attribua les-pouvoirs de la Commune de Paris, qui avait si longtemps neutralisé ou dominé l'Assemblée ; et le club des Jacobins, dernier asile du parti vaincu, fut fermé, aux applaudissemente de toute la France. Carrier et d'autres massacreurs furent envoyés au supplice. Lebon, Fouquier-Tinville, l'accusateur public, ne périrent que l'année suivante. CoUot-d'Herbois, Bairère, Billaud-Varennes, Vadier, furent déportés à Cayenne, après un dernier effort du parti jacobin, à la journée du 1» prairial (20 mai 1795). Dans cette journée le peuple ayant envahi la salle de la Convention, le députe Féraud fut tué. Boissy d' Anglas présidait. On lui présente au bout d'une pique la tete de Féraud. Il se découvre, s'inçline« et, par son sang-firoid
et sa dignité, imposé à ces furieux*. On désarma alors le faubourg Saint-Antoine.
CSlorlente campagne de 1903. — La gloire des armes avait iieureusement consolé la France dans son deuil. Du Comité de salut public, Carnot, organisant la victoire, avait envoyé aux armées des plans que nos soldats accomplirent, t^s stratégîstes de la' coalition n'avaient su imaginer autre chose que d'envelopper la France d'armées nombreuses, mais divisées en une foule de petits corps, et, s'ils avançaient d'un pas sur nous, c'était après s*être bien assurés qu'ils ne laissaient aucune place sur leurs derrières. A ces opéfations lentes et méthodiques, à cette guerre de sièges et de positions, Garnpt substitua la guerre par grandes masses. Au lieu de savantes manœuvres que nos généraux improvisés ne connaissaient pas encore et que nos conscrits ne comprenaient point, il demanda qu'on frappât des coups rapides, marchant droit devant soi, à la baïonnette, sans compter l'ennemi ; qu'on menât enfin la guerre et la victoire au pas de charge. Cetj^ç. tactique, qui convenait fort à l'inexpérience et à l'enthousiasme de nos jeunes armées, était aussi la meilleure pour couper l'immense et mince cordon que la coalition serrait autour, de nous: elle réussit. A la fin d'août 1793, la France, ^it envahie par toutes ses frontières et on pouvait désespérer d'elle ; à la fin de décembre, elle était presque partout victorieuse.
Perte i|e Condé, de Talenclennet et de Mayenee (mai-aoÀt)* — Après la défection de Dumouriez, les coalisés, au lieu de marcher tous ensemble sur-^Paris pour y étouffer la révolution, seul but, disaient-ils, qu'ils poursuivaient, n'avaient sqn^é qu'à leurs intérêts particuliers : les Anglais, à mettre enfin la main sur Dunkerque, objet pour eux d'une longue convoitise : les Autrichiens, à réunir nos places fortes de l'Escaut à leurs provinces belges. Dampierre, qui s'était réfugié sous Valenciennes, dans le camp de Famars, fut tué le 9 mai, en essayant de débloquer Condé; le 23, les Autrichiens forcèrent le camp de Famars, et l'armée se retira sous Bouchain, au camp de César. Condé et Valenciennes se trouvèrent investis. Dès le mois d'avril, Custine, reculant jusque sous le canon de Wissembourg, comme il avait avancé jus-
1. Six semaines plus tôt, le 12 germinal (!•' avril), les Jacobins avaient fait une autre tentative contre la Convention, en sonlevant les faubourgs.
Du âl SEPTEMBRE ll9i AU S6 OCTOBRE I7d5. 515
qu'à Francfort, étourdiment, arait laissé les Pmssîetis envelopper Mayence. 20000 de nos meilleurs soldats y étaient et avec eux Kléber et deux représentants d'un courage indomptable, Rewbel et Merlin de Thionville. Beauharnais, successeur de Gustme, ne fit pas mieux pour 3auver Mayence. Les coalisés dépensèrent trois mois, mai, juin et juillet, à ces trois sièges. Ils en vinrent à bout^ Mais pendant ces trois mois, la France entière s'était levée, et l'énergie des moyens de défense s'était proportionnée au péril.
Les coalisés perdirent un mois encore à préparer de nou-
Mayence.
velles opérations. Sur le Rhin, ils remontèrent de Mayence vers les lignes de la Lauter et de la Sarre,, qui couvraient l'Alsace et la Lorraine. Au nord, ils se séparèrent; les Anglais marchèrent sur Dunkerque et les Autrichiens entreprirent un nouveau siège, celui du Quesnoy. Houchard, chargé d'opérer contre les premiers, reçut de Carnet un bon plan. Il devait, tandis que Souham et Hoche défendaient énergi-
1. LMnvestlssement de Mayence eut lieu dans les premiers jours d'avril î la première parallèle fut tracée le 16 juin, les Mayençais sortirent de la place le 25 juillet. Depuis longtemps la disette était extrême dans laylllfi. Un chat se vendait 6 f r , une livre de chair de cheval mort, 2 fr. 25 c; le
Sénéral Dubayet, donnant un dîner à son éUt-major, fit servir un cûai anqué de douie souris. Condé fut pris de même par famine. Valenciennes se rendit le 28 juillet, après avoir reçu, pendant 41 jours de bombardement, •4000 boulets, 48 000 bombei et 20000 obus.
quement Dunkerque, âe porter en masse entre Tarinée qui faisait le siège et celle qui lo couvrait, pour les écraser Tune après Pautre. Il battit en effet les Anglais à Hondschoote (8 sept.). Mais ce ne fut qu'un demi-succès, parce qu'il n'o-
Catbédrale de Mayence.
béit qu'à demi aux ordres du Comité. 11 avait conduit sa marche et son attaque de telle sorte, qu'il avait rejeté le corps d'observation sur le corps de siège, au lieu de les séparer. Cinq jours après, il battit encore les Hollandais et les chassa de Menin; mais uno panique ramena son armée en désordre
80US Lille. Il fut destitué et monta, comme Gustiii^ sur Téchafaud.
Les coalisés avaient échoué à leur extrême droite, vers Dunkerque ; ils avaient réussi à leur gauche, où ils avaient pris le Quesnoy. Maîtres de TEscaut par Gondô et Valençiennes, de l'intervalle entre l'Escaut et la Sambre par le Quesnoy et Mons, ils voulurent prendre Maubeuge pour s'assurer aussi de la haute Sambre. C'était presque la position du prince Eugène en 1712. Le péril pour la France semblait aussi grand ; il fut aussi heureusement conjuré. Au lieu d'agir
Maubeuge.
à gauche, comme Villars, le long de la Scarpe, Carnot fii agir par la droite, le long de la Sambre. Jourdan, simple chef de bataillon au commencement de la campagne, avait été promu au commandement de l'armée du Nord ; il vainquit le prince de Cobourgà Watignies, en avant de Maubeuge, et débloqua cette ville (15 et 16 octobre). Ainsi de ce côté nous n'avancions pas, mais deux places importantes étaient sauvées.
Dans les Vosges, les armées du Rhin et de la Moselle perdirent d'abord la bataille de Pirmasens (14 sept.) et les lignes de Wissembourg, que Wurmser força (13 oct.) ; Landau fut bombardé. Mais Hoche, qui venait de se distinguer à la défense de Dunkerque, fut mis à la tête de l'armée de la Moselle, Pichegru à la tête de l'armée du Rhin, et les repré-
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sentants Saint-Just et Lebas vinrent animer de leur énergie les troupes et les {>opulations. Carnot avait arrêté que Tarmée de la Moselle essayerait de reprendre la chaîne des Vosges, pour être maîtresse des passages sur les deux versants, et libre de se réunir à Tannée du Rhin. Brunswick aida au succès de ce plan, en reculant, après une vaine ten« tative sur Bitche, jusqu'à Kaiëerslautem, à la hauteur de Manheim, tandis que Wurmser, de Tautre côté des Vosges, restait presque en vue de Strasbourg. Hoche échoua d'abord à Kaiserslautem contrôles Prussiens (17 nov.); mais, se rejetant tout à coup, à travers les Vosges, sur le flanc droit des Autrichiens, que Pichegru attaquait de front, il leur reprit les lignes de Wissembourg (27 déc), et les obligea de repasser le Rhin, tandis que les Prussiens, découverts sur leur gauche, reculaient jusque sous le canon de Mayence. Hoche hiverna en pays ennemi, dans le Palatinat.
En Italie, Français et Piémontais se disputaient la chaîne des Alpes ;' les premiers étaient à Nice, les seconds à Saorgio, et nous avions été battus en voulant enlever cette position. Vers les Pyrénées, les Espagnols, sous Ricardos,* gardaient aussi l'offensive; Tarmée républicaine, après plusieurs rencontres où le succès fut souvent balancé, se retira sous Perpignan (décembre).
Succès et défaite ûeu Tendéens (1903). — Mais à ce moment la guerre civile finissait. Les républicains avaient repris Lyon (9 oct.) et Toulon (19 déc.) : l'un à demi ruiné, l'autre pillé par les Anglais, qùî mirent le feu à l'arsenal, aux chantiers et aux vaisseaux qu'ils ne purent emmener. La Vendée résista plus longtemps. En Bretagne et dans -le Maine, les chouans ne faisaient qu'une guerre de partisans et d'embuscades ; les paysans du bas Poitou firent la grande guerre. Le mouvement commença à Saint-Florent, petite ville au bord de la Loire, sur la rive gauche de ce fleuve, audessous d'Angers. Le 10 mars 1793, les jeunes gens de ce canton y furent appelés pour satisfaire à la loi qui exigeait une levée de 300000 hommes. Ils vinrent, mais décidés à ne pas obéir, se mutinèrent, chassèrent les gendarmes et pillèrent rhôtel de ville. Le coup fait, ils retournaient tranquillement chez eux, quand un voiturier, Cîathelineau, leur représenta que la Convention tirerait d'eux une éclatante vengeance. 11 les décide à le suivre, court de village en village, sonne le tocsin, ramasse les hommes de bonne volonté,
et à leur tôte enlève quelques postes, des armes, du canon, même la petite ville de Ghemillé. Un garde-chasse du comte de Maulevrier, Stofflet, qui a fait comme lui, vient le rejoindre avec ceux qui le suivent, et tous deux s'emparent de 2:hollet. Ce n'est plus une bande de paysans soulevés, c'est une armée ; les gentilshommes accourent à sa tète. Guidés par Lescure, Bonchamps, d'£lbée,laRochejaqu6leinet Gharette,qai ne dédaignent pas de s'associer les deux chefs populaires, les
Saint-Florent.
Vendéens prennent encore Saumur (29 juin), et pour se faire jour par deux points, vers la mer, c'est-à-dire vers l'émigration et les Anglais, ils attaquent les Sables et Nantes. Bou* lard sauve la première, Canclaux la seconde, et Cathelineau est tué dans cette dernière attaque (9 juin) ; mais les Vendéens restent maîtres de leur pays et en chassent les républicains par deux victoires : au sud, celle de Châtillon (3 juillet), remportée sur Westermann, qui, sorti de Parthenay, s'était trop aventuré au milieu de l'insurrection ;